YDIT – Bis, 1 rétro calendrier de l’Avant

 

 

 

 

 

En ces temps moins fracturés par les douleurs des autres, j’occupais les interstices du temps avec l’agréable manie de raconter des OUBLIeS.

Avec une maladresse de mise en page que les changements de format amplifiaient si l’on passait de l’écran à la tablette ou au téléphone, je mimais l’oubli de dits mauvais souvenirs en les illustrant de mots souvent rapides.

C’était le projet : mettre de lunettes rouges aux statues ( marqueur 1), porter ou montrer un T Shirt « Omissions« (marqueur 2), raconter, en trichant, comme si raconter permettait d’anéantir les échos d’instants plus ou moins noirs, faire des photos menteuses ou modifier celles repérées sur les infinies diversités biologiques des réseaux, accrocher ou tenir le badge à ruban bleu »YDIT -SPO« , suspendu n’importe où (marqueur 3).

Mais pas d’authentique oubli. On n’oublie pas. On fait semblant de vouloir comme si on essaierait. On tire les rideaux, et des montagnes de guimauves trop sucrées simulent un rempart contre les mouvements du passé. Franchement, passé trois ans, la guimauve, ça fait pas le poids. Au moins, cela permettait de jolis parcours dans les galeries des images mentales… et pas seulement.

Des amis se gaussaient (emploie -t-on encore « se gausser? ») de mes recherches d’images, prétendant parfois que le texte d’YDIT ne constituait qu’un hypocrite prétexte à la chasse visuelle. D’autres -avec un soupir/sourire- avouaient le regret que je me conformisse tant aux codes de censure. Va savoir.

Délicates conversations d’amis, possibles occupations d’après-midi pour homme désormais sans autre activité que de mentir, et d’abord à soi-même : se souvenir.


 

Puis, il y eut le fait rare de Ferrare. Chez Gustave, il écrit : « Ce fut comme une apparition ».

(Mais je vais ralentir les allusions et fausses citations, il parait que ça fait hermétique.)

Le fait rare– forcément- ça a de la racine, comme le pissenlit et le rutabaga. Sauf qu’on assaisonne pas de même.

(Je vais aussi suspendre la chasse aux hiatus, la recherche de sonorités, les rimes cachées, il parait que ça fait pédant. Donc : « le fait ça a », tant pis, d’ailleurs ça sent la gorge rouge chez le médecin ).

D’une certaine manière, tout a commencé parce qu’on cherchait une date pour dîner, avec Cécile ( et J.), c’était compliqué, ils étaient à Vérone.

-« C’est beau Vérone ? » demandais-je sottement,  car j’épuisais mes  ultimes réserves de finesse (apparente) pour taper YDIT et chercher des images montrables ( les meilleures auront été les non-montrables ).

Ce que répondit Cécile m’avait donné le désir d’y aller.

Tant pis pour le dîner. On irait une autre fois à « La Fourmi ailée ».

 


Didier Jouault                       A suivre…

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