Est-ce l’âge ? Est-ce l’âge ?Est-ce l’heure ? Est-ce l’heure ? Attendons encore un peu.
Etait-ce l’affaissement d’un certain désir d’écrire ?
Aurait-on omis cette évidence que, de jour en année, les effets de langue paraissent de plus en plus menus ? Si menus?SEPTANTE VENU
La Saison 3 marquait des arrêts à quai et inquiets. On se demandait, je/tu/ilelle s’interrogeait : que se passait-il ? On peut en parler au passé : il ne se passait pas assez. Trop de mots.
La poussière du poussif et du poncif bloquait la machine à récit.
On se dispersait comme des convives d’un Enterrement de Vie de Garçon raté : au matin, la mariée ne vient pas, elle a mieux à faire. On peut comprendre. .
Très bien, disait YDIT, le narrateur intempestif (et un temps festif), attendons. On ne risque rien d’attendre, n’est-ce-pas ? On peut toujours s’occuper autrement.
Oui, voila, oui, c’est cela, oui, attendons.
Après on verrait bien ce qui sortirait, dans la vraie vie, les neiges fondues et les annonces de prix Nobel, les épidémies et l’argent qui coûte plus cher, la rentrée littéraire et la grève des abeilles sans soleil, les tempêtes et les silences, les voix des femmes et les absences des femmes, et si malgré tout cela qui arrive en vrai,
ça vaut la peine ( l’à peine) de s’y remettre, à ce tout autre chose : les récits d’Ydit.
Oui, voilà, oui oui, on disait : attendons.
Patience dans l’azur, et toute cette sorte de mots.
Avertissement , à la suite de demandes récentes depuis cette publication de 2026 : la reprise du YDIT BLOG n’exige pas une connaissance de la saison IV , mais il suffit de cliquer la fêche en bas de post pour… un retour progressif en arrière sur les 100 ( à vrai dire plus de 100) posts dédiés à « l’Affaire du pyjama ».
Mais – aujourd’hui- ce retour en arrière semble radicalement dénué d’interêt.
SAISON VI, EPISODE DEUX, encore années Soixante-dix, donc.
Le Parti, son héraut de la culture, et Bernard P. est ( d’une manière amène et distante, mais efficace) le principal Responsable Kulture pour le Parti Rose en vif développement.
Que va -t-on faire, sinon regarder le Tour de France ?
FRED : YDIT, dans l’Histoire, c’est tout de même un peu le brave homme qui regarde. passer les caravanes, non, les Garçons?
BOB et MORANE ensemble : » Madame FRED, arrêtez de nous appeler » Les Garçons », ça fait mauvais genre, non ? »
Selon Ydit : Du temps a passé car, l’épouse d’alors avait raison, il y a beaucoup à faire pour un couple de jeunes mariés : sortir le chien, repeindre les papiers peints dépeints, payer chez le traiteur, payer de sa personne, ne pas rater son train de 6h14 à Austerlitz, ni le cinéma, les films à l’époque pas x (L’ami MARC en ferait une thèse ) et pas chers, et encore moins rater les câlins, presque autant que d’occasions, pratiques attendues de jeunes mariés, concept épuisant, donc épuisé. Plus tard ( bien plus tard, on sortira le chien pour appeler G., en ces temps de communications à distance où la cabine téléphonique est un détour pour les amours)
La scène principale pour le Parti rose se déroule, ensuite, dans le hall du Palace.Le Palace. La nuit, espace pour la musique – de plus en plus célèbre-, puis club et restaurant, de plus en plus sélect.Déjà un peu louche. Un lieu-dit Parisien. Si présent de puissances cachées mais vives. Oublié, depuis.
BOB : Je ne me souviens pas, Le Palace, c’était là, pour les mélanges à douze?
MORANE : Non, là c’était juste le mélange des lignes !
BOB : Les lignes du Parti ?
MORANE : Les lignes des susbtances ?
FRED, la minutieuse et pragmatiquemeneuse de récit, demande s’ils ont entrepris, BOB et MORANE, d’altérer le flux narratif ?Le flux narratif, ça les fait ricaner, mais ils se taisent.
Selon Ydit : La commission Kulture, où Bernard P. l’auteur primé a introduit le jeune YDIT, organise la Journée des écrivains et intellectuels au profit du Parti Rose. Bien sûr, 49 ans plus tard (peut-être 50, si l’on flâne sur les bords du récit ) se souvenir d’avoir regardé depuis le balcon une salle radicalement pleine, avec beaucoup de participants radicalement contents d’eux-mêmes, strapontins occupés par des noms de couverture (La Blanche, chez Gallimard, encore l’un des maîtres du jeu éditorial, ou la montante du Seuil, Fictions, pas trop encore de « Minuit« , cérébrale), travées où sont assis au sol des astres roses, c’est une étrange torsion de la mémoire.
N’empêche : la liste de noms, quand il contribuait à préparer la Journée, avait émoustillé YDIT, autant qu’une série de shorts au jardin du Luxembourg.
Selon Ydit : A la tribune, on voit les meilleurs, qui sont aussi parfois parmi les plus célèbres, au sein des divers cercles par ailleurs concurrents. Poètes, romanciers, dramaturges, essayistes, « féministes » ( en petit carré), plasticiens, trois ou quatre galeristes.
BOB : Faquins et coquins? Malins et catins? Auteurs et fauteurs?
FRED ne comprend pas cette ironie du Détective. Elle fait signe de se taire. De temps en temps. Tout de même. Histoire : respect. Au moins, prudence.
Selon Ydit : Il en manque un grand nombre : elles et ils seront plus tard dans d’autres salles, place du colonel Fabien, ou à La Mutualité, sous le drapeau rouge avec faucille et marteau, parce que la ligne politique du Parti Rose leur paraît trop molle : mélée à du blanc, parti voisin, encore pas « allié »: Tintin ma caille !..
On attendait The First, l’ex-candidat vaincu de peu, assez communément célèbre pour ses retards. Sur la scène, les aiguisés parleurs déguisés en faire-valoir tentaient d’introduire la patience dans les émotions prévisibles des présents, plutôt habitués à faire eux-mêmes patienter.
Il y avait même un poètecélèbre qui déclamait à voix rauque, sous ses cheveux troussés comme une tendre servante du viel Hugo, les passages les moins érotiques de son œuvre dite pornographique, comme si c’était Noël : nul silence alors sur les anciens gestes agresseurs de l’enfance, sur les corps caressés sans demander : certains pronaient presque l’usage de jeunes garçons comme un remontant pour désirs pâlis, allez, un petit coup n’a jamais fait de mal à personne…On dirait ensuite : on ne savait pas que ça peut faire mal.
Temps d’insouciance horrible mais vraie. En ces temps-là, Ydit vivait dans la paix de l’oubli, ignorant lui-même ( ou feignant par paresse d’omettre) qu’il avait été l’un d’entre ceux-là, les garçons-caresses, bravo la fermeture de la machine-mémoire,
et donc, en ces temps lointains des années Soixante-dix, Marcel Malbée, « La Chasse au Parrain », les fragments du fatras mémoriel : inconnu au présent de ce passé !
MORANE : n’a rien dit, mais grifonne sur une addition de bistrot, et passe sous la table à BOB : » il avait été », avec la liaison, tu comprends quoi ?
Selon Ydit : Bernard P. L’auteur, dont nul ne réussissait jamais à fragiliser le calme, et encore moins la distance dorée à l’humour, avait envoyé YDIT sur les parvis, en -dehors de la fumée, elle aussi grise : devant Le Palace, c’est quartier populaire, rue du Faubourg, avec un trottoir étroit, un flux de voitures bruyant, mais du soleil partout : on était assez bien ici, pour
changer la vie et changer le monde.
Et attendre celui qui allait faire ça. Le Premier. The First. Pas moins. Et toc, l’estoc .
Le Grand Mage.
Entre le Grand Boulevard très populeux où prenait la rue, et Le Palace, deux cents mètres, que YDIT allait ensuite ( mais c’est beaucoup plus tard, une histoire dont nul ne sait encore si elle sera ici racontée, la longue et lente et tendre histoire des Frères) parcourir des centaines de fois, en trente ans, pour gagner le siège voisin de l’Association Des Frères.
Debout sur la plante des pieds, on l’apercevrait plus vite et mieux, l’attendu arrivant.
The First-, avait acquis sa popularité, déjà grande, et cependant ici presque personne ne l’observait. Sa présence, à pied, tranquille, sur ce trottoir, restait inaperçue parce qu’elle était impensable. Comme trapu, comme paisible, vêtu d’un veston vieillot, Le Premier Secrétaire avançait d’un pas de sénateur, un livre sous le bras gauche.
A la main droite, il tenait un cornet de glace. On peine à s’en souvenir. Mais oui, un cornet de glace. Toute une salle qui attend, et lui, vanille fraise ( déjà ).
BOB : Un peu Madone des sleepings maquillée en statue de la Liberté ?
MORANE : Social-fondant et tendance vanille-fraise, c’est bien lui !
Selon Ydit : Dans la salle maintenant très chaude du Palace, quelques-uns des contents d’eux-mêmes commençaient à se poser la question de leur départ- donc de leur futur abandon de la Cause du Futur. Un écrivain, ça tourne vite la page. Un poète ça va vite. Sans hâte visible, The First arrivait sur le parvis : il finissait à peine le cornet, se frottait le bout des doigts en prenant garde à ne pas laisser tomber le livre relié qu’il venait probablement d’acheter chez un bouquiniste voisin (remplacé depuis par un marchand de gauffres au Nutela).
Sur le parvis, l’homme ne se pressait pas de rejoindre l’essence de l’essentiel des publieurs de gauche. YDIT – un peu ému, un peu agacé- accueillait ainsi le quasi-promeneur, qui souriait, et lui parlait avec une infinie courtoisie, comme si on entamait tout à l’heure une partie de bridge dans le salon de la sous-préfecture, ou l’arrière salle du » Vieux Morvan », tout en ayant ce jour là laissé son Chardonne dans la voiture (avec chauffeur).
« Y-a -t-il beaucoup de monde ? » demanda The First. ( on progressait dans le couloir, et – en ces années reculées- nul moyen de s’informer en marchant). « Certains sont-ils partis sans m’attendre ? » ( on supposait – le connaissant un peu-, qu’il retiendrait les noms).
« Ah, bonjour Bernard ( l’écrivain-Kulture qui patientait au guichet de la billetterie, plus rose qu’une ouvreuse), merci de m’accueillir, et vous Monsieur, merci de m’avoir guidé ». Un sourire à effacer toutes les factures. Pour Ydit, vingt-six ans, ou vingt-sept peut-être ?
Puis, d’un même pas sans urgence, Le Premier traversa la salle qui se taisait peu à peu, paisiblement s’assit en tribune, se redressa pour parler, fut lyrique et cultivé : convaincant. Savoir-faire. Immense. Toujours : lyrique et cultivé, ici c’était bien. Savoir-faire, ensuite, jusqu’en 1981, ce fut efficace.
RAPPEL : à présent, fragment de réponse très construite d’une « IA » à la question des actions menées par les trois gouvernements Mauroy, mai 1981/juillet 1984 :
» SÉQUENCE 2/25
Je vais garder cette approche chronologique, factuelle et documentée, car elle permet vraiment de voir comment la politique du gouvernement Mauroy évolue au fil des trois années.
Un point particulièrement intéressant sera de pouvoir suivre le passage de l’élan réformateur de 1981-1982 au changement de cap économique de 1982-1983, puis la politique menée jusqu’à la démission de Pierre Mauroy en juillet 1984.
Et surtout, je distinguerai bien ce qui avait été annoncé, ce qui a été voté, et ce qui a été effectivement mis en œuvre.
C’est une distinction importante pour cette période.
Je suis prêt à construire la chronologie complète.
Vous avez dit :
« Avec plaisir — allons-y ! »
ChatGPT a dit :
Je vais procéder comme convenu : mois par mois, en distinguant les mesures du Gouvernement, les textes parlementaires et leur mise en œuvre.
Je signalerai aussi les mesures qui sont seulement annoncées afin de ne pas les confondre avec celles qui sont juridiquement adoptées.
La période Mauroy commence officiellement le 21 mai 1981 et se termine le 17 juillet 1984.
Il y a donc trois gouvernements Mauroy successifs. «
Texte de YDIT : FRED, pragmatique et lumineuse, se demande si on oserait encore faire « ça », au Palace, ou aux » Café de la Place », la fête des têtes, les auteurs, les cinéastes qui, depuis la coulisse, dressent sans rien attendre pour eux-mêmes l’image de leur fidélité implacable, ouvrant de grands yeux maquillés au rimmel de l’avenir..
Un hommage pour le Pacifique
MORANE, puis BOB, s’esclaffent. On a beau être Détectives sauvages, on sait lire.
Selon Ydit : Deux ou trois semaines plus tard, YDIT buvait le Perrier dans la vaste pièce-bureau chez Bernard P. l’auteur-délégué-Kulture.
« C’est bien, disait l’hôte, tu as pu voir de près la majorité des nos bêtes fauves déguisées en grands hommes de la culture s’asseoir sur leur queue et donner la patte au dresseur. Mais je comprends que ramasser les miettes du cornet à glace t’amuse encore moins que de ramasser les balles à Roland Garros. Tu es trop sérieux, YDIT, bien que dramatiquement dénué d’ambition, et je vais donc te présenter à plus intensément sérieux que tu n’oses rêver. C’est un très ancien compagnon de « The First », un qui travaille et ne rit pas, et qui donc va déjà loin, je vais te présenter à notre responsable des formations.
Il s’appelle Gégé- ce sont des initiales. Dit Gédéon, ou encore Le Sénateur, et même La Naine Noire, pour les amis, anticipateurs de son trajet. Se trompent-ils? L’Histoire le dira »
Didier JOUAULT « YDIT-blog », saison VI, « YDIT-blog », nouvelle saison, souvenirs de la-bas. Episode 2, Gédéon le Sénateur, fragment n°2 . Les débuts de la Naine Noire, suite. A suivre…une semaine de répit, un peu moins
Pour cette séquence de 28 fragments, peut-être 29? qui commence à présent – Ydit paraît avoir tenté une insertion de la politique dans l’intimité de son récit. Voila pourquoi, sans doute, les précautions liminaires, ou par la suite l’accumulation de détails, tranchent avec le ton habituel: distancié – en pariculier gràce aux images discordantes. En plusieurs endroits, cependant, surgit plus ou moins sévèrement – comme une punition à recommencer – le thème de « La chasse au parrain » .
Rappel : les épisodes qui suivent ont été écrits, et illustrés, pour servir de « pauses » au récit de « La chasse au Parrain ». Restons aimablement posés dans la pose, oublions la ici ! 31 épisodes ( avec « avant-dire ») : par groupes de deux ou quatre. Ils sont ici- les temps aidant, publiés en continu.
Par ailleurs ( voir épisode précédent), ils sont » enrichis » par des extraits d’un texte ( revu d’après une production par une IA) récapitulant les actions des gouvernements de Pierre Mauroy, 1981-1994
DeeJeePap YDIT semble avoir préparé les fragments pour une « version définitive », où alternent 11 et même 11 bis autres textes où le personnage nommé TYNE ( à peine recemment présenté ) mène un long récit de « La royauté sacrée », dans une Afrique pré-coloniale – ou imaginaire ? Y voir une autre représentation du monde contemporain ne serait ni abusif ni totalement exact.
L’ensemble représente donc près de 30 fragments- soit plus de trois trimestres de publications (ce qui permet de sécuriser les parutions : vancances pour tout le monde). On a essayé de clarifier les continuités, de vérifier les numéros, sans jamais intervenir sur les contenus, – bien que le désir en vînt souvent.
E P I S O D E :
GédéonLe Sénateur ou La naine noire de Festen-Le Parti Rose
1/15 : Bernard mène le bal au Palace
Avertissement :
« La couleur des étoiles correspond à la température externe de l’astre. Elle varie du « rouge, pour les étoiles les plus froides, au bleu pour les plus chaudes. En effet, comme « dans la flamme d’une gazinière, la partie bleue possède la température la plus élevée.
« Une fois son hélium épuisé, une étoile « ordinaire » devient de plus en plus dense et « maigrit alors que son atmosphère, très instable, se dilue dans l’espace. Seul reste le noyau « appelé naine blanche. Ce dernier refroidit jusqu’à s’éteindre et mourir. On parle alors de « naine noire. » (encyclopédie du ciel pour enfants)
FRED est un avatar délicat et tendre de » Mademoiselle A. » ( voir saison V, DeeJeePap ). Elle va suivre (ou même doubler par la gauche) une histoire que YDIT lui-même ressuscite avec peine ( et – on s’en doute- invente en partie ??) : 1974-1981, autrement dit, la version YDIT des cheminements parallèles, discrets, limités, ou comment un jeune professeur marche avec l’ombre d’un sénateur.
Ainsi que naguère (voir saison IV), deux comparses épars et dérisoires (mais attendrissants de sottise,ou pétillants d’intelligence, selon les épisodes) soutiennent sa démarche : BOB et MORANE. Issus de romans (et de lectures ) des années soixante, ils sont aussi les gamins plus ou moins légitimes du Big Sam. Autant dire : exotiques, mentant-vrai, jouant juste.
Selon Ydit, en cette période, il y avait eu beaucoup de paroles et d’attente autour de la grande opération cultuelle régulière : les élections. Cette fois, le décès du président Pompidou avait surpris les moins initiés. Le candidat à la succession, avec son joli prénom très vieille France, porteur de ce qu’on nommait l’Union de la gauche, n’avait pas réussi- d’assez peu en somme. Au premier tour : 11,04 millions de voix, environ 43 % et 8,33 millions ( plus de 32 %) en faveur de son concurrent moderniste, bardé de son prénom absurde et d’un patronyme à particule.
BOB : Tu les reconnais?
MORANE : Je crains que ce récit s’adresse à des anciens.
FRED : Mais les souvenirs aussi, c’est ancien, les gars, non ?
Selon Ydit, au second tour, en ces temps les votants sont un peuple nombreux : 87,3%. L’enjeu est fort, à hauteur des espérances, et les attentes – ensuite- vont s’aggraver, puis les espérances diminuer, à la vitesse d’une déception amoureuse.
FRED : Ydit ne devrait pas nous servir la sauce du regret en même temps que le plat du succès, vous ne croyez pas ?
Selon Ydit, 420 000 voix d’écart permirent au plus jeune (48 ans) d’être élu, par 50,8 % seulement. Au cours de la campagne, YDIT et l’épouse d’alors se sont arrêtés près d’un mini-stand du Festen / le Parti. On voit là trois ou quatre jeunes garçons et filles. On bavarde. On prend les tracts, on achète la rose, symbole et participation. Plus tard, devant l’échec- et si peu de différence, YDIT pense, puis dit : 400 000 voix- il faut les trouver une par une. Réellement ? demande l’épouse, en tirant la laisse du chien ( lui aussi a disparu depuis : presque cinquante ans de cela). Elle hésite, on a tant à faire, déjà, dans le vie de ce qu’on nommait alors un « couple de jeunes mariés » ( concept épuisant, donc épuisé).
FRED : J’aimerais savoir ce que c’était, un couple de jeunes mariés? A quoi ça ressemblait, en vrai ? Ils buvaient des bières en terrasse jusqu’à minuit?
BOB et MORANE : combien elle paierait pour cette nouvelle enquête Mademoiselle FRED ?
Selon Ydit : Puis, en ces temps, dans la semaine, YDIT ( jeune professeur) rejoint plusieurs fois le lycée de province. Train tôt, 6h14, quai 8, gare d’Austerlitz, trop tôt en général pour le soleil. On s’habitue, sans y prendre goût. Et puis, elle, l’épouse, pas de temps : étude de médecine en cours. On court.
Voilà pourquoi, guidé par un collègue, YDIT rencontre Paul Hinnerman, seul. C’est un écrivain, qui gagne ses vies ( assez arrosées, dommage pour le poncif) avec tous les moyens qu’ofrre le stylo : moins fructueux que la fraise du dentiste, mais aussi moins saignant. Ensuite- c’est l’inexplicable enchainement des « réseaux » – déjà sociaux – YDIT est invité à finir un café rapide chez l’homme important, un universitaire qui participe depuis de nombreuses années au parcours du » Premier ».
Quelues essais. Vite on s’aperçoit que la nourriture intellectuelle de YDIT coïncide peu avec les pas si patients et les paroles si muettes de » militants de base », et pas du tout avec la posture du militant de base ( alors, on s’exprimait ainsi) au Festen– le Parti des roses et du poing.
FRED s’amuse : c’est vrai, avec sa tête de l’époque, et ses trajets de petit prof., on n’imagine pas Ydit raser les boites à lettres pour jeter des tracts comme des billets de train compostés.
BOB : donc YDIT rencontre Bernard P.
MORANE : dont un roman a obtenu un prix.
BOB : est-ce que ça compte pour l’histoire ?
MORANE : on disait pas » réseaux« ?
AVERTISSEMENT/RAPPEL ( voir épisodes précédents) : les textes anciens de YDIT, ici présentés, ont été, en octobre 2026 « engraissés » d’extraits de textes proposées par une IA, après dialogue, sur les déroulements des trois premières années de la présidence de François Mitterrand.
DEBUT TEXTE de l’IA , La chronologie historique détaillée du gouvernement Mauroy, de mai 1981 au 17 juillet 1984.
» SÉQUENCE 1/25
La chronologie historique détaillée du gouvernement Mauroy, de mai 1981 au 17 juillet 1984.
Je vais privilégier les mesures effectivement prises plutôt que les seules annonces, et indiquer les dates de vote, de promulgation ou d’entrée en vigueur lorsqu’elles sont distinctes.
Les archives de l’Assemblée nationale confirment bien les trois périodes : Mauroy I jusqu’au 22 juin 1981, Mauroy II jusqu’au 22 mars 1983, puis Mauroy III jusqu’au 17 juillet 1984.
Structure que je vais retenir
Pour chaque mois :
Date
Mesure
Nature : loi, ordonnance, décret, décision budgétaire, etc.
Référence officielle, notamment Légifrance ou les archives parlementaires.
Je ferai également ressortir les grandes inflexions de la politique gouvernementale.
C’est important pour comprendre la période : par exemple, la première phase de 1981-1982, avec les nationalisations et les réformes sociales, puis le changement de politique économique de 1982-1983.
À titre d’exemple, la loi du 9 octobre 1981 abolissant la peine de mort sera évidemment intégrée avec son parcours parlementaire : adoption par l’Assemblée nationale le 18 septembre, puis par le Sénat le 30 septembre, avant promulgation le 9 octobre.
De même, les archives montrent l’importance des projets de nationalisation à l’automne 1981.
Je vais donc traiter cela comme une véritable chronologie, et non comme un résumé politique.
Cela devrait vous donner un document particulièrement utile pour suivre, mois après mois, ce que le gouvernement Mauroy et le Parlement ont réellement fait entre mai 1981 et juillet 1984. «
Selon Ydit : l’EcrivainBernard P.,en effet, quand on le rencontre dans son vaste appartement très bourgeois près du Val-de-Grace, fréquente tout le monde, et tout le monde l’aime. Il bavarde en regardant du coin de l’œil une étape du Tour de France, sur un écran muet. Le Premier Secrétaire du parti, également surnommé The First, un vieil habitué des ministères, que Bernard P. n’appécie pas trop, surtout en raison de leurs goûts littéraires divergents (Bernard P. a détesté Chardonne! ), n’a pas encore, en 1974, trouvé son futur et définitif héraut de la culture, le Jack ensuite omniprésent. Et encore ensuite radicalement dévalué. Aussi Bernard P. est-il (d’une manière amène et distante, mais efficace) l’un des référents Kulture pour le Parti Rose en vif développement. Kulture : en ces temps, l’avis de la vie de papier impoe beaucoup.
Que va -t-on faire, sinon regarder le Tour de France ?
Didier Jouault pour YDIT-BLOG/ DeeJeePap : nouvelle saison, SAISON VI épisode 1 : Gédéon le Sénateur, fragment n°1, Les débuts de la naine noire. A suivre, dans moins d’une semaine.
RESUME EXPRESS et RELANCE NON MOINS RAPIDE: au cours de la SAISON IV, le personnage YDIT, avait accepté de mener le récit, comme sous la dictée, de « La Chasse au Parrain » menée par son ami,le commanditaire du blog.
Tout ceci est encore ( sur le site YditBlog), accessible, évoqué/imagé au flambeau d’une mémoire menteuse, au long des mois de publication(2023-2025)
La chasse au Parrain fut entrecoupée de « diversions » diverses, selon un usage (une déviance ?) caractérisant les publications depuis la SAISON II de ce blog , ( « Le jardin de Giorgio Bassani » 2020-2023) .
Commencée en août 2023, la » Chasse au Parrain », publication programmée pour TROIS ans (« diversions » comprises) prendfin prématurément au cours de l’été 2025.
Dans les jours qui suivent, aussitôt, commence la Saison V– …
(Elle aura été plus courte, bien qu’elle ait été pensée pour ne finir qu’avec l’impossibilité matérielle ou mentale de toucher ce clavier, tard, tard …)-
…Saison V: DeeJeePap75, dans les tendres détours de la mémoire et du présent.
La rencontre inopinée de « Mademoiselle A » lors d’une exposition, image très inférieure à un sourire dérangeant de Nadja (et d’ailleurs Mademoiselle A. n’écrit aucune lettre), provoque l’engrenage de la SAISON V, au cours de l’été 2025 ( les habituels « avant-dire » au moins). Il y avait de bonnes raisons pour cela, sans pudeur.
La succession de posts, comparée à des « Carnets », en dépit de lourds ajouts directement historiques et politiques (La « Commune de Paris » et Jules Vallès par exemple, la scène étant surtout située à BELLEVILLE),
la succession de DeeJeePap75trouve assez naturellement son terme un an plus tard, à l’été 2026. On en est là.
Un soir, (voir épisode précédent, la flèche en bas de ce blog), pour anticiper la préparation d’un travail présumé fastidieux ( l’état factuel des décisions politiques entre mai 1981 et juillet 1984) , une « I.A. » a été interrogée.
Après courts échanges, le produit final consiste en VINGT SEQUENCES, qui seront au coeur des TRENTE EPISODES de la SAISON VI, à venir.
En préambule, l’IA transmettait :
TEXTE de l’IA( peu modifié) :
« Et voilà pourquoi votre idée de départ était particulièrement pertinente. Vous vouliez partir de l’élection présidentielle et regarder, mois après mois, ce que le pouvoir exécutif et le Parlement ont réellement fait. Nous avons maintenant exactement cette trajectoire : 10 mai 1981 : élection de François Mitterrand ↓ 21 mai : Pierre Mauroy à Matignon ↓ juin 1981 : majorité parlementaire ↓ 1981-1982 : mise en œuvre du programme ↓ 1982 : transformation profonde du droit social et de l’État ↓ 1983 : réorientation économique ↓ 1983-1984 : modernisation et restructuration ↓ juin 1984 : crise scolaire ↓ 17 juillet 1984 : fin du gouvernement Mauroy Et cela nous donne une excellente base pour… »
On en est là : les tonalités de l’environnement politico-social, ainsi que, par exemple, la lecture de « Les Irresponsables », conduisent à préférer le retour à la mémoire et au champ politico-sensible du récit.
Or- et la précaution ici s’avère généreuse- environune trentaine d’épisodes avait été prévue pour s’insérer, sous cette forme ou une autre, en tant que « digressions/diversions/diverticules« , au sein de la saison IV- en son temps raccourcie d’un an, à l’été 2025 ( dix ans après le début de ce « Blog »).
« Prévue », c’est-à-dire longuement écrite, lardée d’images, revue et ( trop peu !) corrigée.
Déprogrammés dès qu’avait été prise la décision d’abréger « La Chasse au Parrain », saison IV, les épisodes « diversion » étaient supposés figurer en « brouillons » dans la mémoire immatérielle ( ou peu s’en faut) de l’hébergeur WORDPRESS.
Hébergeur qui se montra économe : espaces réduits, de sorte que le site « YDIT-BLOG » n’était plus accessible par « l’auteur », un peu comme recouvert par un autre millefeuilles : DeejeePap.Disparition ( apparente ?) des longues heures/journées de travail (heureux) mises en attente, brouillons si propres, mais si perdus.Trahison. Gène : on avait compté sur eux pour ne rien écrire entre la fin de DeeJeePap75 ( regards tendres sur le temps qui avance) et l’élection presidentielle de 2027 – de toute façon bouleversante. L’habituelle paresse de l’âge (qui n’interdit pas le désir de paraître) y conduisait.
L’abonnement ( précaution là aussi précieuse) prévoit qu’un Happy Engineer dialogue, selon des rythmes variables, avec l’auteur démuni des brouillons.
Un dialogue alors incertain, car malhabile de la part de YDIT, et qui s’est ainsi engagé entre Belleville et un lieu de « réponses » non désigné, sauf par sa distance en fuseaux horaires, que trahissait l’heure signant les réponses.
Non sans passer (on le devine) pour un septante-quinze franchouillard (et un peu plus) perdu dans les dialogues, Ydit (encore lui) parvint tout de même, après sa propre date prévue pour un départ de Saison VI (le 22 août 2026), réussit à récupérer l’accès aux textes des « brouillons », en mode »travail ».
Ce sont les environ TRENTE EPISODES qui arrivent, début octobre.
Mais il aurait fallu revoir les textes, peut-être aussi les illustrations.Surtout, il avait été décidé, là encore selon la marche des évènements, d’enrichir le texte avec des fragments de l’histoire, factuels, de 1981 à 1984.
L’inévitable paresse que l’âge introduit dans tous les quotidiens, et le retard sur un calendier mental que nul n’impose, ont provoqué un autre choix : interroger une I.A.
Question :
« Je cherche à retrouver le fil des mesures prises par les gouvernements de Pierre Mauroy, entre mai 1981 et juillet 1984. »
Un soir- tard déjà – la machine répondit à toute vitesse par un luxe somptueux de détails, par un dialogue plus vrai que nature ( et le Happy engineer faisait piètre figure), par des tableaux, des chiffres, des données peu nombrables, et cependant assorties d’analyses très sournoisement pertinentes (écho bien dressé des tonalités du questionnement, peut-être ?).
Aussi , « AVERTISSEMENT » : le texte initial des épisodes ( il y a peu « brouillon » ) sera livré, dans les semaines qui arrivent avant l’élection présidentielle,
engraissé ( mot à lire sans ironie) des passages tirés de ce stupéfiant dialogue nocturne avec l’I.A., au sujet de « Mai 1983/Juillet 1984 »
Début réel de cette saison : 6 ou 7 OCTOBRE, sous peu, et ici, ensuite, chaque 6 ou 7 jours, jusqu’au 16 avril 2027. C’est programmé tel quel…A suivre ! ( et à diffuser, si on veut ?..)
Didier Jouault, pour Ydit-Blog/DeeJeePap, SAISON VI, Souvenirs de là-bas/ Avant dire : Résumé Express et Relance non moins rapide, Episode zéro, fagment 2 sur 2 : à suivre ! (Et à diffuser si on veut)
La saison V de ce « blog » (été 2025-été2026) passait par les SOIXANTE QUINZE ANS du narrateur, YDIT, également nommé DeeJeePap.
On écrit cela pour les arrivé(e)s récents(e)s, ici-même.
Un an de récits de « DeeJeePAP 75 : Une identique citation de Proust, selon le variable décor des jours. Impudeur- pas seulement celle des images.
Avant de commencer la saison VI, en OCTOBRE 2026, bref rappel :
La « SAISON IV », naguère, c’était : « La Chasse » au Parrain (tout ça pour expliquer où nous en sommes)
Il avait fallu, selon la demande pressante du viel ami, publier en longs et fréquents posts, ses aventures intimes dues à une » Chasse au Parrain », par lui commencée, car pour lui devenue nécessaire. Impudique, mais nécessaire.
Dictionnaire de l’Académie Française :
Manque de pudeur de nature à scandaliser. Spécialement. Manque de réserve et de dignité dans l’expression de ses sentiments. Parler avec impudeur. Par extension. L’impudeur de ses confidences nous a gênés.
L’année de DeeJeePAP 75, l’année dernière, avait été l’occasion de posts enracinés dans la terre de Belleville, où l’on venait de revenir vivre, attendre, vivre, se souvenir. DeeJeePap 75 – récits, sourires, émotions, Histoire surtout,- ce temps d’été 2025-été 2026 avait permis d’interrompre ce récit de ‘La Chasse au Parrain’, récit sur commande, périlleux, difficile : bon débrras ! Fin et oubli de ce qui fut la SAISON IV » de YDIT-BLOG :
« La Chasse au Parrain ».
« Il y a une sorte de surface où l’on peut écrire sans vouloir absolument être entendu, ou sachant qu’on ne le sera pas, et que ça en vaut la peine-et que c’est possible, acceptable même. »
(Olivier Cadiot, Histoire de la Littérature récente, P.O.L.)
A VENIR : SAISON VI : ce seront deux récits anciens, enrichis par une sorte de jeu. En raison des proximités temporelles, l’idée est venue d’introduire dans chaque épisode une série de données factuelles correspondant à la période mai 1981-juillet 1984, terme de la présence de Pierre Mauroy dans la fonction de premier ministre. La paresse de l’âge (qui n’interdit pas les volontés de savoir) a conduit à poser la question à …une » IA ».
Question : est-il possible de fournir le maximum d’éléments sur les mesures décidées ( et le cas échéants mises en oeuvre) pendant cette période du premier gouvernement de la première présidence de François Mitterrand?
Peu de minutes ont suffi pour un texte très long, très dense,très riche. La paresse de ‘age ( qui n’interdit pas la volonté d’être lisible) a conduit à suggérer :
Question : Serait-il possible de recomposer ce texte en 25 séquences ( correspondant au coeur des trente épisodes de YDITBLOG-DEEJEEPAP déjà écrits, composés).
Réponse : après de courts préliminaires, l’IA, en trois minutes, propose VINGT-CINQ séquences. On les trouvera au long des épisodes de cette SAISON VI, à peine modifiés.
En voici le préambule méthodologique:
Texte IA (formulé tel quel à la première personne) :
« En réponse, voici la chronologie historique détaillée du gouvernement Mauroy, de mai 1981 au 17 juillet 1984. Je vais privilégier les mesures effectivement prises plutôt que les seules annonces, et indiquer les dates de vote, de promulgation ou d’entrée en vigueur lorsqu’elles sont distinctes. Les archives de l’Assemblée nationale confirment bien les trois périodes : Mauroy I jusqu’au 22 juin 1981, Mauroy II jusqu’au 22 mars 1983, puis Mauroy III jusqu’au 17 juillet 1984.
Structure que je vais retenir : Pour chaque mois : o Date o Mesure o Nature : loi, ordonnance, décret, décision budgétaire, etc. o Gouvernement / ministre concerné o Parcours parlementaire, lorsque pertinent o Contenu concret de la mesure o Domaine : économie, emploi, social, fiscalité, industrie, institutions, justice, décentralisation, éducation, culture, agriculture… o Référence officielle, notamment Légifrance ou les archives parlementaires.
Je ferai également ressortir les grandes inflexions de la politique gouvernementale. C’est important pour comprendre la période : par exemple, la première phase de 1981-1982, avec les nationalisations et les réformes sociales, puis le changement de politique économique de 1982-1983. À titre d’exemple, la loi du 9 octobre 1981 abolissant la peine de mort sera évidemment intégrée avec son parcours parlementaire : adoption par l’Assemblée nationale le 18 septembre, puis par le Sénat le 30 septembre, avant promulgation le 9 octobre. De même, les archives montrent l’importance des projets de nationalisation à l’automne 1981. Je vais donc traiter cela comme une véritable chronologie, et non comme un résumé politique. Cela devrait vous donner un document particulièrement utile pour suivre, mois après mois, ce que le gouvernement Mauroy et le Parlement ont réellement fait entre mai 1981 et juillet 1984.
Je vais garder cette approche chronologique, factuelle et documentée, car elle permet vraiment de voir comment la politique du gouvernement Mauroy évolue au fil des trois années. Un point particulièrement intéressant sera de pouvoir suivre le passage de l’élan réformateur de 1981-1982 au changement de cap économique de 1982-1983, puis la politique menée jusqu’à la démission de Pierre Mauroy en juillet 1984. Et surtout, je distinguerai bien ce qui avait été annoncé, ce qui a été voté, et ce qui a effectivement été mis en œuvre. C’est une distinction importante pour cette période. Je suis prêt à construire la chronologie complète. »
La suite, lors dun début de nuit, a demandé de brèves minutes.
Donc, ce fut « La Chasse au Parrain, SAISON IV », écrite en 2021-2022, environ, ici (YDITBLOG) publiée entre 2023 et 2025.
Les ombres avaient fondu au soleil du temps qui passe. La mémoire, décisive, effaçait à tour de bras les minces souvenirs « M.M. » dit « Le Parrain », cette mémoire d’un autre que YDIT acceptait de porter.
MAIS, c’est AUJOURD’HUI FIN SEPTEMBRE 2026. AUTRE CHOSE enfin ?..
Oui, bientôt, mais encore une fois « le retour » de SAISON IV, pour finir. Pour comprendre les enchaînements. C’est tellement difficile d’en finir avec l’étonnante joie du récit.
Ce fut alors, prévue pour un cycle de TROIS ANS, la SAISON IV, comme une progressive et tumultueuse marée, que YDIT tentait d’écire au nom d’un autre, selon la demande de « raconter », car il faut raconter, tout va mieux sans le silence.
Puis, ensuite, la montée de fragments, de mots, de sons, des riens encore rien, mais voici que ça devenait comme une image, floue, mobile, très incertaine et pourtant si sûre d’elle-même, sûre de s’imposer, d’avoir raison. Il était temps de sortir. Il était temps de vivre, le vent se lève, tout ça.
TOUT CELA TRES LOIN.
YDIT-BLOG, SAISON IV, voici pourquoi on y revient cependant : à l’intérieur de la série de cent épisodes, il y eut- écrits et mis en page, comme des passages en impasse mais qui méritent le détour de leurs tours de malice, il y eut des « diversions » qui supposaient scander le récit de « La Chasse au Parrain ». Temps de pause, reprendre souffle, aimer l’oxygène rude et vert d’histoires sans débacle ni gravats.
Ces épisodes :Tyne l’Africaine, Gédéon le Sénateur, les villes où marcher, les amis à croiser…
Autant d’autres fuites dans les jolies arabesques d’une mémoire-rideau de scène, cloison de tulle, mur de béton, selon les jours-et les aubes.
Entre temps, les nuages mauvais de l’actualité conduisirent à réduire la durée prévue de « La Chasse au Parrain ». Tant mieux : moins de travail pour YDIT. Les « diversions » prévues, très diverses, furent confinées/ réfrigérées dans la rubrique « brouillons » de l’hébergeur, WordPress.
On croyait que tout cela resterait accessible d’un « clic ».
Surgit à leur place, évènement fructueux celui-là, une jeune personne amateur de tableaux et de bavardages, dite « Mademoiselle A. », pour qui la définition de « La pudeur » correspondait en gros à celle d’un pudding aux chataignes le jour du jeûne.
Ainsi, se conclut prématurément « La Chasse au Parrain », et survint donc DEEJEEPAP 75, commencé (avec pré-textes) à l’été 2025. Puis-vite- terminé à l’été 2026. Changer d’année, de 75 vers 76, s’avérait trop lourd pour un paresseux.On n’a plus l’age.
Vous savez tout, les arrivé(e)s récent(e)s ? On raccroche? Alors …
Didier Jouault pour : YDIT-BLOG / DeeJeePAP 75 : Saison VI, nouvelle saison, introduction à une mémoire coupée net sans être au net. Episode Zéro, 1 sur 2, pour expliquer les suites. A SUIVRE ! (et à diffuser si on veut…)
YDIT, au cours des mois et mois de travail pour le fatras » LETTRE de A. VERSION B », nuits et jours de mots reconnus et d’images pourchassées, capturés puis remis à l’eau comme des poissons trop petits, YDIT sait qu’on pourrait ne plus jamais en finir, avec CELA de ce ROMAN-IMAGES.
Nul ne sait y parvenir, car c’est empêché dès le départ, empêché parce qu’il y a dans un gouffre de la mémoire l’image invisible mais réelle de Hanged James, qu’il y a dans la mémoire profondément secrête l’image absente et les souvenirs enfouis mais actifs de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain.
Ces deux-là, l’incorrigible duo, main aux fesses, corde au cou, ces deux-là comme Mamie ou Père qui savaient, les duettistes, les deux qui tirent les pieds vers le sol, qui nouent les mains dans le dos, et alors voici que YDIT est toujours occupé sans le savoir ( est-ce pire?) à écarter leurs fantômes qu’on ne voit même pas (et cependant, au fond du fond, quelqu’un d’ici sait leur présence, leur désastre, lourde menace), on n’avance que dans leurs ombres, mais on l’ignore ( non pas le déni : l’oubli, est-ce pire ? ) .
Et c’est seulement des années plus tard que – la parole de beaucoup devenant publique, et Le Secret des unes devenant récits des autres -, cent années ensuite, cent et cent années pleines, mille et mille déserts intérieurs plus tard, dans la confusion générale des silences brisés, YDIT comprend soudain- soudain : en quelques années, peu à peu – déchiffre tout ce qui a été tant et tant étonnant pour soi-même, dans la façon de répéter ou de modifier des actes, des parcours, l’intuition, l’impulsion, l’impossibilité de trouver le chemin de la nuit dans le papier mal plié du sommeil; la nécessité fréquente de s’exposer; les retrouvailles involontaires des fantômes habillés de mémoire bleue, Marcel Malbée, Hanged James, dans leurs silhouettes de métal rouillé, c’est là que YDIT peut trouver la réponse : Hanged James et le Parrain chacun ensemble- les mains dans le dos, aussi, terrassé sans le savoir.
Mais tout ce qu’on a su faire fut : se taire sur soi ; écrire dans les nuits; marcher dans les jours; regarder les yeux du soleil; écouter les caresses des filles; attendre l’interlocuteur qui toujours s’enfuit; écrire dans l’exposition au vide; diriger le vent; regarder les gestes des frères; photographier les pleins sur les plis des filles; produire tant d’images et de mots.
Furent ainsi pour YDIT les réponses immobiles aux clandestines présences de Marcel Malbée ou Hanged James, les deux comparses complémentaires, malgré eux, tapis dans le coin des labyrinthes intimes d’où surgissent, soudain, parfois, l’angoisse et le remords.
Ce soir, l’angoisse et le remords.
YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode CENT : TANT ET PLUS . DEJA . CELA VA-T-IL JAMAIS FINIR ? APRES…TOUT?
Ce soir ( et ceci, bien plus tard, le 11 novembre 2025, trois ans après avoir été pris en note puis parlé au clavier, ceci sera « posté ») : étape du méhariste qu’est l’auteur de tout Roman-Images. Arrêt sur passage sans piéton, fondu au noir, fondu au frais. Que se sera-t-il passé d’ici le 11 novembre 2025 ?
Dans un coin, près de la fontaine à présent sêche, nul ni même YDIT ne voit rien, pas de pistes sur les sols, surtout pas une trace de FRED , qui fut de plis et de papier, l’haleine des orages et la parole des vents, l’histoire de bouger inventée au coeur de ses mots.
Nul regard, non plus, lancé depuis l’absence par TYNE, qui fut d’ombre et de cuivre, le regard des moussons et l’esprit de la forêt, l’aventure de vivre lovée au creux de ses plis.
Nulle ombre non plus de tous les autres, les visages des voyages et des rivages. Les visages des ages et des usages.
Ce soir ( mais ce « post » CENT est programmé pour l’après-midi), étape du chamelier près du feu dont les braises halètent encore, ici et maintenant est un autre monde. Il ne se nourrit que des passés les plus lourds, les plus noirs et des « poursuites » de scène posées sur les paroles de « Le Secret« . Voila bien pourquoi, sortis du fond du bois de l’oubli, libérés des dunes de chair et de rêve, les Grands Masques de Marcel Malbée, dit M.M., Die Pate, et le crâne décharné de Hanged James réapparaissent avec une violence muette au devant de la scène, et reviennent férocement pour poser en silence leur désormais lancinante et à jamais sans réponse question :
« Et toi, mec, avec tes fuites faciles et tes silences de mentir-faux, toi, vieux mec, tu pensais réellement toujours t’en tirer ? Non mais ?..Et maintenant, rattrapé d’un coup de hache, ça fait quoi ? »
Allez, « ça » ne fait plus Rien. C’est – ici et maintenant- FINI.
Didier JOUAULT,, pour en finir avec YDIT BLOG …YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode CENT( Partie 3 et dernière ): TANT ET PLUS . DEJA . CELA VA-T-IL JAMAIS FINIR ? APRES…TOUT?
POINT EXPRESS : le personnage YDIT, sa mémoire avait été « réveillée » par les récits récents, et il s’est souvenu – malgré lui au départ- des jours et nuits avec et chez Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain. Un Ancien assez chauve et pas très dru de la verge qui lui demandait si- dans le petit appartement rue Dupetit Thouars, Paris, près du Temple)- ce gamin-là ne voulait pas enlever tout son pyjama, tant il faisait chaud. CHAUDE la MAIN et FROID DEDANS. YDIT n’avait su dire NON, dès le début, et pas davantage à à la suite : quand c’est parti-parti, et pas la première fois de la « surprise », alors déjà trop tard pour dénoncer. Il sentait revenir aussi en lui, en même temps, cette image et cette injustice : James, jeune ami, lui aussi à sa façon privé de pyjama et corps convoqué par un Autre sans amour, James n’a pu rester si longtemps vif et joyeux. Hanged James. Aidé d’un duo bavard d’enquêteurs, BOB et MORANE ; renforcé par TYNE et FRED, deux compagnes de jadis mais pour jamais présentes dans le futur du désir, YDIT se lançait alors à la poursuite de Parrain. Tout ceci fut évoqué/imagé au flambeau d’une mémoire menteuse. Imagitative et précise dans le maniement d’un irréel bati de vérités. Tout ceci fut raconté/illustré (ou contrarié, coquinement) en lambeaux dans un « fatras » de documents expédié à une ex-assistante (Madame Frédérique,désignée présentatrice), sous l’appellation « Lettre de A. Version B.« , en hommage à l’incipit de « Extérieur Monde » (Olivier Rolin). La chasse au Parrain, où l’image parlait aussi, ( conviant le nu ou l’allusif du sexe à façonner l’atmosphère de marbre et de nuage propre à ce récit) cett e chasse fut entrecoupée de diversions diverses, nombreuses, agaçantes, propos délibéré de labyrinthe. Commencée en août 2023, la publication aurait dû prendra fin- selon les épisodes conçus, écrits, revus, réalisés, programmés ici ( ici : WORPRESS , YDIT-BLOG) aurait dû finir en août 2026.
MAIS le temps passé dépassant le temps prévu, l’age venant et d’autres épisodes, maison, déménagements, naissance, survint comme un sentiment de vacuité un peu lasse, et l’aventure a été interrompue ( suspendue à son fil comme un araignée vivante et silencieuse), le 1 er novembre 2025.
CEPENDANT, pour dénier à ce qui restait « programmé » ( dizaines d’épisodes, milliers d’heures de travaux) l’abusif droit de suspendre d’autres écritures au seul motif de sa pure ( et future ) existence ( comme si RIEN ne pouvait plus se concevoir car trente épisodes attendaient), YDIT a déposé les masques, pour reprendre le fil d’un récit à présent ( au présent, justement! ) débarrassé de Marcel Malbée – ou décidant de l’être.
Cette errance joyeuse ou nostalgique, lavée des ambitions anciennes, se lit quand on veut ou peut…
Ce genre obèse de phrases obscènes, assène BOB d’une voix gaie dans une oreille grave (celle de MORANE) , des formules de ce genre, continuent les après tout un peuobsolètes Détectives-Ravages (d’attentives lectrices les soupçonnent d’intégrer en catimini les photos insidieuses de ces fameux nus, malvenus pour certaines,nus plus ou moins réellement deshabillés, toujours soigneusement pudiques, sensuellement respectueux de formes et des traditions)… MORANE poursuit ( à part ses rêves, le, récit, et aussi sa mission ici-même) : selon lui, tous ces mots depuis août 2023, tant de mots – bien au-delà des 200.000 formant un théorique plafond d’usage, les mouvements des mots, on pense ( malgré soi, car on est somme toute vertueux ) à la jupe levée sur un coin de jarretelle en dentelle, couleur émeraude ou améthyste – selon le moment de l’année chrétienne.
Mais NON, ajoute BOB : mais non, c’est le troisième millénaire, maintenant, le temps passant du récit d’Y.d’I lYDIt d’ici, et la métaphore a du vide dans l’aile, la phrase s’est auto-mutilée, toute image devient suspecte, aussi on l’embarque menottes aux mains pour une garde à vue en cellule de dégonflage du vocabulaire. Et de désorientation du regard. Steinway du scriptorium dans l’abbaye de Sylvanès ( on va lire/ on a lu cela en 2024) , costumes de cérémonie pour les soirs de Fraternité (on ne racontera sans doute jamais cela), et l’attente, toujours.
L’attente. Mais, depuis que septante et bien plus, que reste-t-il de nos attentes? De nos atteintes? Nos étreintes? Nos astreintes? L’hiver, vétues de dentelles et de cachemire, les filles de famille observent le futur arriver dans la fenêtre -et ( dirait-on) elles ne voient rien venir.
YDIT, le Y.dI dit Didi d’ici ne dit mot. Il relève, sur un carnet : pendant les marches solitaires
( désormais non)
en campagne, autour de la maison de Nadia, ou de celle d’Elisabeth,
(ou maintenant, 2025, de façon tendre et joyeuse, dans la maison du Berry)
ou dans les innombrables venelles de Paris ( pas seulement rue de la Vieille Lanterne, et Gérard pendu à sa grille, on lira/ on a lu cela en 2024 ), Paris, ou dans n’importe quelle ville où le travail l’emmène,
( désormais ne le conduit plus)
Alençon, Béziers, Cambrai, Dublin ( où un autre James n’est pas Hanged), Evreux, Falaise, Grenoble, Houlgate, Issoudun, Joigny … le soir, on décompte les pas. Les cours de la course. Le podomètre de l’Iphone est pire qu’un chronomètre : il mesure la distance du passé.
Aujourd’hui, au matin, éloigné de la terrasse où Lézard et Adèle complotent contre le réel, en cette curieuse et toujours silencieuse étape de pause posée, entre deux fragments du récit d’YDIT, nu devant le miroir (mais tournant le dos) : 67,36 kilos,
( 69,45 ?)
nu, sur la balance, le podomètre intégré de la veille indique 25624 pas et 19,7 km, la radio l’assure : l’action XASX a encore perdu 2,86 % , 611683 actions vendues, la plus haute à 0,176 la plus basse à 0,169, clôture à 0,171, on dirait que c’est l’un de ces mauvais jours, quand le réel (encore lui !) tente de s’échapper, quand presque rien ne se raconte, quand les brouillards narratifs ralentissent la vitesse de cheminement du récit, bloqué aussi par les congères, le vent glacial en pleine face, le risque de verglas sur la petite route sinueuse menant à Lucie-l’Eglise, ou à la Chapelle Montligeon ou Vailly sur Sauldre, avec tout ça, 67,36 kilos, évidemment c’est un peu trop, malgré tout ( diraient MORANE et BOB) c’est encore bien conservé -même si XASX à 0.171 c’est encore trop dépensé.
Didier JOUAULT pour Ydit Blog,pour en finir avec YDIT-BLOG, Saison IV,Episode CENT, (partie 2) NON ce n’est pas une NOUVELLE SAISON, après la saison 4. Aujourd’hui est le 11 novembre. Hier c’était l’épisode 17 bis, un an ou presque après le début de l’aventure « MM dit le Parrain, Marcel Malbée…avec Le Gamin en pyjama, mais sans pyjama, texte qui s’intitulait : « Suspension du réel du récit ? En regardant la mémoire dans les yeux, on tire à balles perdues vers les devantures blindées de la vie ». Avant une hypothétique » SAISON V », peut-être ici, peut-être ailleurs, c’est donc une re-publication détournée, modifiée, à mi-chemin entre l’avant ( le dernier post « Marcel Malbée » publié le 1er novembre 2025 ), et un après incertain quoique probable…Entretemps, s’est dévéloppée une autre tentative, un effort amusé de suivi du temps réel, un jeu de brefs regards portés par le vieil homme qui traverse la cour de récréation qu’est maintenant sa vie, et raconte les recoins.
THE END
Mais depuis septembre 2025, le nouveau post, Deejee-PAP- 75 sur Worpress
Le Parrain, dit MM, Die Pate, une fois mort, et l’enfant YDIT dès lors à jamais privé de son dû, (mais lequel ?)
et quand par ailleurs les ombres de Pérec n’illuminent plus le nouveau quartier, Belleville ,
le Vingtième arrondissement de Paris, là où on naquit Septante et quinze plus tôt,
( et ce fut le tout début de Séquences publiques d’oublies , SPO, il y a DIX ans )
quand nulle ombre d’aujourd’hui ne sait plus allumer ou illuminer les coins des ruelles dans la mémoire, quand on surprend des pages d’un livre tombé de la bibliothèque , quand on entend une nuit de « France culture » le journaliste citer une lettre de Flaubert à Georges Sand , » La crainte du grotesque m’a retenu sur le pente des désordres« ( au passage, quoi, un hiatus, non pourchassé ?);
quand on tape « article cent » et qu’on obtient – parmi de stupéfiantes et vides réponses , ceci :
» L’article 100 de la Constitution dispose que « la liberté d’expression, y compris le droit d’obtenir, de conserver et de distribuer des informations et de manifester ses opinions , est garantie à tous » – ce qui n’a pas rien à voir avec la présence des mots et des images dans YDIT-BLOG, si l’on accepte l’incohérence stimulante des illustations comme une espèce d’espace de sens, l’insoumission du langage comme une sorte d’œuvre au noir à sa mesure et ( souvent reprochée), la monstration du nu comme un vêtement posé sur le réel intime,
QUAND...
DIX ans, près de QUATRE CENTS PUBLICATIONS, SEPTANTE QUINZE ANS sont déjà venus : ainsi le moment surgit de déprogrammer vingt-cinq ou trente épisodes tout prêts de YDIT-BLOG saison IV, tout atiédis par l’attente (ils sont en boite depuis 2023), mais aussi d’effacer ou reléguer vingt ou trente autres encore à l’état de brouillons, donc d’indécisions.
C’est Fait : l’ensemble des posts prêts est reprogrammé pour décembre 2026, autant dire très loin , très tard : ça laisse du temps pour d’autres espaces, ici. Rêveries joyeuses.
Et d’attendre.
De regarder. Les enfants, la toute nouvelle petite fille, les amis, les comparses, les frères et sœurs, la Ville, Belleville, ses mélanges, ses humeurs juvéniles, ses tracts et canettes au sol, regarder le temps, les jours qui durent, les nuits longues à commencer, toujours trop tard.
Et d’attendre.
Regarder, bouger, apprendre, écouter : ensuite, peut-être ? (mais l’on devine que ce « peut-être » signifie « sans doute« ) ensuite : écrire autre chose, écrire autrement ?
Et d’attendre que dérivent encore les délires du réel, et d’attendre- sur un autre blog- que passent paisiblement les tendresses du temps à 75 ans .
L’autre blog, depuis septembre 2025 : sur WordPress, DeeJee-PAP 75
Venu habiter- ma dernière demeure – près du parc de Belleville où l’on traverse la rue PIAT ( Piat, élu de Paris, en 1871, et ici, La Commune est partout présente, La Commune exceptionnel moment de radicalité fraternelle et sociale , et j’aime qu’une arrière grand-mère maternelle habita rue Ramponneau, la dernière barricade tombée à la fin de la « Semaine sanglante »), ici – Belleville la Rouge – un artificiel balcon de béton sur la colline domine Paris ( des gens plutôt jeunes y viennent adminer les couchers de soleil, boire des bières, fumer des joints, écouter des sons, polir leur peau), une plaque sur un grillage célèbre la disparition de la fameuse rue Vilin, je ne peux que traverser les fantômes de « Lieux » qui rappellent le nom de Pérec- soudain revenu
s’installer dans le présent de ma mémoire proche.
« Lieux » : amours, errances, personnages, écritures, angoisses, livres (ou projets), gueules de bois et achats pornos, depression et désirs,
Tous ces ans plus tard, redécouvrant Pérec à travers les fragments inédits, une personne en pleins feux de l’abscence réapparait soudain au-delà du « faiseur de génie » sous les feux du succès. Derrière la barbe rigolarde, le visage tendu de la Disparition ( soi, un peuple) montre la fêlure originelle. Et c’est la fêlue de tout homme confronté à une blessure, une violence, une part d’enfance à jamais dispersée.
Alors, ce Pérec mort et soudain de nouveau vivant, son fantôme, le fantôme de Pérec bande-t-il encore ?
Dans le parc où se promènent de jeunes mères et de vieux marcheurs, dans le parc où l’on se détourne la tête avec des bières ou du shit, devant la plaque PEREC/VILIN, le fantôme vient-il parfois regarder l’absence en face ? Ricaner en songeant à ce Gérard qui se pendit un matin à Paris ?
« Soif de rangement = mettre sa vie en ordre : petits tas, petits casiers, les années, l’une après l’autre, les souvenirs empilés; devenir seulement comptable d’un passé à peine passé; puis ressasser « ( ‘Lieux », p. 169).
A QUOI BON YDIT , si le fantôme de pérec bande encore, les après -midi de soleil, dans le parc de belleville où s’allongent de rêveuses jeunes femmes ? A QUOI BON, l’autant d’épisodes écrits et programmés ?
Les nombreux épisodes à venir de la SAISON IV (close en août 2026…) , écrits, emboités par leurs mises en jeu, condamnés par la programmation implacable ( dix fois modifiée mais désormais inerte), fallait -il et pouvait-on admettre l’idée de les publier, tels quels, encore ? Maintenant que – soudain– au milieu de leur silencieuse programmation, de leur quasi oubli ( tant de tout passé depuis les jours de leur écriture ) – réapparaissait le fantôme rieur de Pérec, ses infernales réussites – comme ses parfaits échecs- tel » Lieux » – maintenant ne fallait il pas, courageusement, humblement, stupidement aussi , appuyer sur la touche : supprimer.
Se débarasser, ainsi, du bruit de fond permanent de « La Chasse au parrain », de cette rumeur insidieuse et continue, essaims de guèpes et de personnages, Bob, Tyne, Morane, Fred, encore trop présents, permanentes piqures dans le rythme régulier de leur implacable publication. Et puis, même assourdis par la volonté d’innocence, les éclats des guerres et des pouvoirs déglingués, les coups de poings toujours plus nombreux sur les pauvres et les solitaires, ces fracas de l’actualité ajoutaient à l’interrogation. Encore du texte sur le coût des morts ? Sur le goût des mots ? Oser, encore?
La TENTATION d’EFFACER d’UN COUP DE DOIGT ce qu’il reste de projets de mémoire, et retrouver le silence d’une pure et finale humilité?
Puis, les oeuvres passent au rythme des pinceaux, des tiroirs remplis, des étagères que pose un menuisier serbe dans la nouvelle chambre d’amis ( plus de 80% des livres n’ont pas été déménagés, dont certains ouvrages de Pérec), le déménagement peut se dire enfin terminé, divers Pérec rangés dans la bibliothèque, voisinage exploré, on retrouve les copains, on goûte les restaurants simples repérés, on dure sur les terrasses au soleil d’avril pour un café, la rue VILIN est photographiée de haut en bas, et inversement, et ses environs aussi, traces de la Commune, panneaux, fresques, places aux noms de dirigeants communistes, de femmes résistantes : l’Histoire du monde redevient la toile déjà pleine d’images sur laquelle se peint en trainées claires ma nouvelle histoire d’après SOIXANTE-QUINZE venu.
Alors, dans la paresse d’une terrasse où bavardent les jeunes femmes du quartier, dans la douceur d’un verre de rouge avec les amis à qui on fait visiter « Belleville la Rebelle », peu à peu la question s’atténue, s’efface, disparaît. Quelle était la question, au fait ?
Pure paresse : et parfaite humilité : à quoi bon tout interrompre parce qu’on a croisé, soudain, l’ombre de Pérec mélangée avec le souvenir d’une Histoire ?
A QUOI BON se prendre assez au sérieux, pauvre Ydit le Didi le Petit, s’arrêter pour croire que tout ceci (YDIT, saison IV, encore un an d’épisodes programmés avec férocité, après dix changements de programmation…) serait assez important pour qu’on l’interrompe ?
Il l’a déjà dit :
« Soif de rangement = mettre sa vie en ordre : petits tas, petits casiers, les années, l’une après l’autre, les souvenirs empilés; devenir seulement comptable d’un passé à peine passé; puis ressasser ».
Ressaser ? Non, à présent : Dépasser ! Pour cela : continuer, passer à l’oubli de la question…YDIT, humblement, sauvé par sa petitesse et la paresse.
Derrière le grillage du Parc de Bellevile, au milieu de la pente, le fantôme de Pérec distribue l’aumône des mots à la silhouette d’Ydit, qui ne s’arrête.
Didier Jouault , pour : YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison IV, Episode QUATRE-VINGT-DIX NEUF (bientôt CENT ??) / Comment je n’ai pas commencé à faire du petit vélo, à écrire certains souvenirs d’enfance commencés par Y, à parcourir à genoux la montée de la rue VILIN, à me déprendre d’espèces d’écrits : TROISIEME et DERNIERE MARCHE RUE VILIN : – autrement dit Parc de Belleville (Paris 20 ème) tendance fresque de la commune et shorts de touristes.
Venu habiter- ma dernière demeure – près du parc de Belleville où l’on traverse la rue PIAT ( Piat, élu de Paris, en 1871, et ici, La Commune est partout présente, et j’aime qu’une arrière grand-mère maternelle habita rue Ramponneau, la dernière barricade tombée à la fin de la « Semaine sanglante »), ici – Belleville la Rouge – un artificiel balcon de béton sur la colline domine Paris ( des gens plutôt jeunes y viennent adminer les couchers de soleil, boire des bières, fumer des joints, écouter des sons, polir leur peau), une plaque sur un grillage célèbre la disparition de la célèbre rue vilin, je ne peux que traverser les fantômes de « Lieux » qui rappellent le nom de Pérec- soudain revenu s’installer dans le présent de ma mémoire proche.
Avec »Lieux », en ce début de 2025, derrière le mécano méticuleux d’un faiseur de formes (et de récits réussis tel « La vie, mode d’emploi »), apparait bien davantage qu’ailleurs – même dans les textes les plus autobiographiques- le tsunami ( les marées noires succesives) de l’angoisse, de la déprime grandeur catastrophe, de la mise en cause de soi par soi : multiples allusions au doute, au vain, à l’échec, par une liste d’amantes ou de « coups », comme cette liste griffonnée, jointe dans l’enveloppe au « Texte 63 » ( Saint Louis, souvenir 3)( Perec décrit la rupture ancienne avec Suzanne, qui le ravage encore), liste qui commence ainsi :
» 1953 Huguette,
1955 une putain
1959 Marceline
1959 Jeannette… »
( « Lieux », p.275)
Le tapuscrit joint au texte 41 ( Saint Louis, Souvenir, 2), écrit le samedi 25 avril ( mais le texte 41 a été écrit le vendredi 2 octobre 1970, six mois plus tard ) , explore le néant : » Je suis de la merde et je mérite que ça m’arrive. Je ne supporte pas le silence, l’indifférence » (‘ »Lieux », p.201). L’identité, page sur page, grille sur grille, mots croisés et brûlés, l’identité ne revient pas , fondée qu’elle fût, et perdue qu’elle est dans cette rue VILIN, largement écrite/décrite, et désormais détruite ( il ne reste pas une pierre de ce qu’elle a été, même sur quelques dizaines de mêters de tracé conservé)
« LIEUX », notes intimes , souvent spontanées ( le cadre est rigide, l’écriture semble libre) : les angoisses répétées, les moments d’exaltation, les mépris comme les dégoûts, les minables jalousies ( du succès , de la renommée), les ruptures amoureuses , les » souleries » fréquentes, les » gueules de bois » ou les » trois vodkas d’un coup »…la présence discrête de l’analyse ( Dolto jeune, Pontalis adulte : du beau monde !), mais avec le dédoublement du deuil et de l’oppression passée, avec la permanente obsession de l’absence de soi et des autres, à soi et avec les autres, jeu de Go ou pas, la certitude des mensonges quand on fémit de faire semblant, toujours faire croire que Perec ça existe, l’infervale vacuité de l’absence maquillée en vieille comédienne un peu pouiffiasse : « l’ECRITURE », et tous les mots pour ne pas se souvenir qu’on n’est pas? Et le cynisme désespéré: » Je payais l’analyse avec la pension des Allemands » (« Lieux », p.75) il s’agit de la pension de « réparation » pour les camps). Aussi : » Je ne suis pas triste. C’est plus grave. Je touche une limite, un mur » (p.206).
Perec, « Un homme qui dort »? Un homme plutôt qui court le plus vite possible en fuyant sa propre absence, même dans les jeux affreux ( épuisants) de » La disparition », « Elis Island », « W »…, un homme vivant (mal) qui fuit le mal fait à d’autres ( sa famille disparue, les camps, tous les morts juifs et autres ), qui persévèrent -eux- dans l’existence, au milieu des errances, des recherches, des cadres et bi-carrés latins où l’écrivain tente (diablement sournois) d’enfermer l’absence définitive à soi . Un Perec perdu dans le fond du silence intérieur, qui publie, se propage en hype-actif ( et que le prix Médicis pour » La vie, mode d’emploi « , en 1978, sauve enfin du désespoir, avant que le cancer s’en occupe directement ?).
Dans » Lieux »( rappelons le : projet abandonné, inédit tel quel), les descriptions de » l’Origine du monde » ( la rue VILIN) forment un portrait d’une catastrophe en cours : déjà tous les magasins sont fermés, et les HLM » semblent récentes mais déjà vieilles », et » à partir du n° 3 les immeubles cessent d’être ravalés », et le vocabulaire du désatre domine , « immeuble condamné », « magasin condamné », portes murées », « fenêtres aveugles « .
Plus tard, après la « dèche » véritable de la jeunesse, un peu d’argent ( puis pas mal d’argent, assez pour bien vivre sans autres travaux que les écrits) , les sorties, les théatres, beaucoup de « restos », une vie quasi mondaine et tant d’amis ( dont la liste des invités pour une double crémaillère). Mais les notes prises pour « Lieux », dans les chapitres (enveloppes) « Reel » ( notes sur observations in vivo) cumulent les absences, les ombres vides de personne, les fantômes de passagers absents dans leur costume, les vides et fermetures ( cafés, boutiques), les destructions ( carrefours, rues) . Ce monde, sous le masque infiniment (- mais pas infailliblement – ) rieur de « Perec à la télé » est celui de l’absence, de la fracture, du déni aussi, mais encore de la destruction intime et des faillites répétées, des réussites achevés mais – au fond du fond- inutiles.
Quand on lit « Lieux », la rue VILIN » (à la fois Origine et signification du monde et de sa Disparition ) c’est (id est : les notes sous enveloppes, ouvertes et réunies pour l’édition) – dans l’imprescriptible programme imposé par le » bi-carré latin » , le rue VILIN apparaît
1969 février
1970 juin/juillet
1971 janvier/décembre
1972 octobre/novembre
1974 ( en 1973, projet » oublié ») octobre/novembre
1975 septembre
1976 fervier/mai
1977 janvier/mars
1978 avril/juin
1979 mai/juillet
1980 avril/aout
1981 :mars/décembre.
Mais la rédaction des notes ( réel) ou des « souvenirs » s’achève en 1975, précisément avec deux enveloppes-projets » VILIN » , N°137 « VILIN souvenir 6″ : vide. N° 138, » VILIN réel 6″, quelques mots crayonnés sur une feuille de carnet à carreaux :
en rouge
« Travail = torture
Sur un des panneaux de ciment qui couvrent la presque totalité du côté impair de la rue »
en noir, plus gros : 27-9 1975 vers 2h du matin. «
Etait-ce vers deux heures du matin ( nécessairement non ! ) que Pérec parcourt les fonds d’un bouquiniste à la recherche, avec » espoir de trouver un vraiment porno , mais les rares achats sont toujours plus que décevants « (« Lieux », p.253).
Pérec est mort en 1982.
Beaucoup de temps, avant que les manuscrits de « Lieux » soient complétés, ouverts, beaucoup de temps avant que la stupide et indifférente marée des ans lui fasse passer le « pot au noir » de septante et davantage venus, Pérec est mort- douloureusement.
Voici que je retrouve tout cela, je réinvente mes lectures faites il y a quarante ans pour la première, » Je me souviens ». Je repeins sur le portait de Perec en gloire un Pérec en désespoir.
Dès lors, à quoi bon, les facéties usées de » YDIT-BLOG » ?Oser appuyer sur la touche supprimer?Déprogrammer sans honte ces nombreux épisodes tout prêts à porter? « Saison IV » : tellement futile, sous un certain regard, celui de Pérec?( et quelles que fussent, ou aient pu être, les vérités retrouvées, explorés, exposées ? Ou les dérives de souvenirs des corps ou désirs ?)
Appuyer la touche « supprimer »?
Se débarasser, ainsi, du bruit de fond permanent de « La Chasse au parrain », de cette rumeur insidieuse et continue, essaims de guèpes et de personnages, Bob, Tyne, Morane, Fred, encore trop présents, permanentes piqures dans le rythme régulier de leur implacable publication. Et puis, même assourdis par la volonté d’innocence, les éclats des guerres et des pouvoirs déglingués, les coups de poings toujours plus nombreux sur les pauvres et les solitaires, ces fracas de l’actualité ajoutaient à l’interrogation. Encore du texte sur le coût des morts ? Sur le goût des mots ? Oser, encore?
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Didier Jouault pour : YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison IV, Episode QUATRE-VINGT-DIX HUIT / Comment je n’ai pas commencé à faire du petit vélo, à écrire certains souvenirs d’enfance commencés par Y, à parcourir à genoux la montée de la rue VILIN, à me déprendre d’espèces d’écrits : DEUXIEME MARCHE RUE VILIN : – disons Par de Belleville tendance canette de bière et mégot de shit
Venu habiter- ma dernière demeure – près du parc de Belleville où l’on traverse la rue PIAT ( Piat, élu de Paris, en 1871, et ici, La Commune est partout présente, et j’aime qu’une arrière grand-mère maternelle habita rue Ramponneau, la dernière barricade tombée à la fin de la « Semaine sanglante »), ici – Belleville la Rouge – un artificiel balcon de béton sur la colline domine Paris ( des gens plutôt jeunes y viennent adminer les couchers de soleil, boire des bières, fumer des joints, écouter des sons, polir leur peau)
j’explorai le parc dans sa descente de méandres et d’escaliers couverts de lierres et glycines (mais non, pas en février) j’explorai une brumeuse pluie de fausses lumière printanières, puis j’ai vu et lu ce panneau de petite taille, usé un peu, émail réglementaire dont la fonction n’est pas d’attirer l’oeil du passant, bière en main, piètre information quasiment administrative, accroché sur la partie supérieure d’un grillage vert-rouille :
Pour le déménagement, plus des quatre-vingt pour cent des livres ont été repoussés hors de la future bibliothèque : donnés, beaucoup, un peu de ventes. Quelques Perec même ont subi ce désinvolte geste de l’abandon, tel « Le Condottiere », ennuyeux. Mais, bien entendu, plusieurs volumes ont pu traverser l’espace, et gagner les étagères neuves, dans l’appartement du 20 ème arrondissement, à quelques longues enjambées de la rue VILIN.
Lorsque j’ai visité la très neuve et encore assez vide bibliothèque de la Place des Fêtes ( la Place Dèf quand j’avais douze ans, on la longeait de la périphérie vers le centre, Porte des Lilas et République, c’était de vieux espèces d’espaces miséreux, des boutiques obscures, un bastringue, on n’y allait pas,
Dans la bibliothèque de la Place des Fêtes ( elle remplace un Lycée professionnel métiers de bouche où j’avais déjeuné, dîné- membre du jury ),
dans la bibliothèque de la Place des Fêtes l’épais et lourd volume de « Lieux » ( La Librairie du XXI ème siècle, mai 2022) s’est imposé, presque seul à tenir debout sur un rayon de joli bois encore presque désert.
C’était vers la fin du mois de janvier 2025, YDIT BLOG en était encore entre deux rappels de « Ce que Mamie savait« , bien avant l’épisode SOIXANTE-DIX, cet entretien déambulateur de BOB et MORANE avec les œuvres (et les dire) de Gérard GAROUSTE. Coincidence, mais évidemment pour quiconque a croisé les deux, PEREC et GAROUSTE sont environ un même personnage déguisé en duo de comédie. BOB et MORANE ayant simplement chnagé de scénario.
Longtemps, j’ai lu Perec – y compris tard dans la nuit- avec la passion aveugle des amoureux éblouis. « La vie, mode d’emploi ». Puis, au fur et à mesure des meilleures connaissances de l’oeuvre, j’ai subi cette fréquente désillusion : la fatigue du trop connaître. Et, ici, s’agissant de lui, comme un recul devant la rude mais sêche folie du cadre, ce bi- carré latin d’ordre 12 régissant ( au moins en apparence) la construction progressive du livre devenu » LIEUX » sous forme d’inédits , de notes, de pages blanches), la rédaction d’un « objet » pendant les douze années prévues. DOUZE ? DOUZE !Les amateurs, qu’ils diposent d’un cabinet ou pas, savent que le projet n’a pas vu le jour.
C’est en découvrant, comme tout le monde, les « structures et chiffres » de »La Vie, mode d’emploi » que ma passion pour PEREC avait commencé à s’étioler dans la raideur du cadre. Des nuits à lire en continu ce roman-amazone, dans l’immense salon lambrissé au premier étage de « La Coudreraie », pas loin de L. ( comme écrivait Pérec, en initiale), le bonheur si vrai. Puis la carcasse du livre, sa » construction » génialement diabolique. Admiration d’amateur, fascination de professionnel (j’enseignais alors la littérature), éblouissement devant l’acrobatie réussie.
Puis, peu à peu, les années venant, loin du grenier lambrissé, n’enseignant plus la littérature, surgissait une sorte de déception, à trop savoir quel os et quel tendon régissaient la pliure des reins chez l’acrobate. Comme si – retrouvant un soir un corps aimé, on apercevait la radiographie superposant sa lueur de grisaille sur l’ombre d’un sexe doré.
Pour » Lieux » , dont je découvrais l’intégralité inachevée, éditée depuis peu : douze lieux, douze ans, un fois » souvenirs » (évoqués dans l’une des langues de Pérec, parfois tapuscrits) et une autre fois « réel » (observé : noté, sur place, parfois debout, coin de papier,écriture hâtée, mal déchiffrable), la vision du passage du temps, du vieillissement des lieux et de l’écriture ensemble ( et contradictoirement, bien entendu ) … Rituel et protocole : la mise sous enveloppe cachetée de chacun des fragments écrits ( presque tous inédits), références spatio-temporelles, auto-documentation, et -en théorie-on n’ouvre les enveloppes qu’à la fin : douze ans.
Ainsi, sans équivoque , tout indique la lourde déraison du cadre, du cadre inventé comme garde-fou brûlant (efficace d’autant) : s’obliger à contenir le vide, tenter de convoquer une identité ( on se souvient de la biographie, des disparitions de proches dans les cendres d’un camp, de la judéité), espérer croire en soi comme sujet d’unité. Compliquer à l’infini la règle pour oublier que les souvenirs sont finis- à tous les sens. Projet fou, et doux?
J’ai lu « LIEUX »- édition d’inédits ( presque tous). J’ai retrouvé le Pérec qui note « ce que je cherche à dire » en évoquant la clôture des contraintes et la liberté des formes. J’ai retrouvé, ensuite, le « volume lipogrammatique sur la rue où je suis né », toujours la VILIN.
Comme ici on peut deviner ( attendre? espérer?), je me suis aussitôt, livre terminé, posé la question du « A quoi bon? »
Après CELA , Lieux , et tout ce que Perec fit de Lieux divers – passages , rues, îles, carrés latins d’ordre dix, ( projet sans nul rapport avec YDIT, sauf les apparences de formalisme ), aprsè CELA , qu’oser dire ?
Le premier des EPISODES ouvrant cette SAISON IV ( en août 2023 ! ) envisageait déjà l’inquiétante étrangeté de la question : POURQUOI DONC ? A QUOI BON ? Mais – ainsi est la vie de Yd’I, dit YDIT le Didi, l’urgence l’emportait sur le silence. Etait-ce à tort ?
Les nombreux épisodes à venir de la SAISON IV (close en août 2026…) , écrits, emboités par leurs mises en jeu, condamnés par la programmation implacable ( dix fois modifiée mais désormais inerte), fallait -il et pouvait-on admettre l’idée de les publier, tels quels, encore ? Maintenant que – soudain– au milieu de leur silencieuse programmation, de leur quasi oubli ( tant de tout passé depuis les jours de leur écriture ) – réapparaissait le fantôme rieur de Pérec, ses infernales réussites – comme ses parfaits échecs- tel » Lieux » – maintenant ne fallait il pas, courageusement, humblement, stupidement aussi , appuyer sur la touche : supprimer.
Se débarasser, ainsi, du bruit de fond permanent de « La Chasse au parrain », de cette rumeur insidieuse et continue, essaims de guèpes et de personnages, Bob, Tyne, Morane, Fred, encore trop présents, permanentes piqures dans le rythme régulier de leur implacable publication. Et puis, même assourdis par la volonté d’innocence, les éclats des guerres et des pouvoirs déglingués, les coups de poings toujours plus nombreux sur les pauvres et les solitaires, ces fracas de l’actualité ajoutaient à l’interrogation. Encore du texte sur le coût des morts ? Sur le goût des mots ? Oser, encore?
Didier jouault pour : YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison IV, Episode QUATRE VINGT DIX SEPT / Comment je n’ai pas commencé à faire du petit vélo, à écrire certains souvenirs d’enfance commencés par Y, à parcourir à genoux la montée de la rue VILIN, à me déprendre d’espèces d’écrits PREMIERE MARCHE RUE VILIN
Venu habiter- ma dernière demeure – près du parc de Belleville où l’on traverse la rue PIAT ( Piat, élu de Paris, en 1871, et ici, La Commune, La Commune la Belle, toute pleine d’espérances et d’erreurs, est partout présente, et j’aime qu’une arrière grand-mère maternelle habita rue Ramponneau, la dernière barricade tombée à la fin de la « Semaine sanglante »), ici – Belleville la Rouge – un artificiel balcon de béton sur la colline domine Paris ( des gens plutôt jeunes y viennent admirer les couchers de soleil, boire des bières, fumer des joints, écouter des sons, polir leur peau,griser leur temps), une plaque sur un grillage célèbre la disparition de la fameuse rue Vilin, je ne peux que traverser les fantômes de « Lieux » qui rappellent le nom de Pérec- soudain revenu s’installer dans le présent de ma mémoire proche.
Chez la librairie, Nathalie, on fait connaissance, je feuillette le superbe livre de Denis COSNARD, « Le Paris de Pérec, la Ville mode d’emploi« . On aurait pu avoir : « Chez Denis COSNARD, on fait connaissance, et je regarde la libraire, Nathalie, Belleville mode d’envoi ».
Mais non .
« Lieux » : amours, errances, personnages, écritures, angoisses, livres (ou projets), gueules de bois et achats pornos, depression et désirs, c’est cela qu’un volume de » LIEUX »- mêlant de nombreux idédits, projette en couleur sépia sur les murs de ma promenade. Sous le bras, acheté à l’instant chez le libraire d’occasions de la rue du Transvaal, ( j’ignore encore le prénom du libraire) un exemplaire de » l’Amour fou », André BRETON dans l’édition de la blanche (édition du 24 mai 1968…) :
« La mort, d’où l’horloge à fleurs des campagnes, belle comme ma pierre tombale dressée, se remettra en marche sur la pointe des pieds pour chanter les heures qui ne passent pas « (P.92)
Note de Madame Frédérique : Comme détaché du reste, et cependant du pareil au même dirait-on revenant, immobile immolé oublié dans le fatras nommé » Lettre de A. Version B » que vous et moi tentons encore à ce jour d’inventorier ou d’explorer, le fragment qui suit n’est pas numéroté, et fut imprimé sur un papier un peu différent, plus gras, plus vélin-félin, de sorte qu’il aurait été déplacé, volontairement ou non, ou qu’il ferait même peut-être partie d’une version antérieure, archaïque, rédigée imprudemment à la première personne de YDIT – ce qui est au plan grammatical insensé…Ou même d’une préfiguration d’une Saison V ? I prefere do not !
« Lettre de A », version B
Texte de YDIT:
Je me décidai tout de même à tenter de revenir vers une page, à revenir vers cette pénombreuse lumière d’une solitude qui écrit, et j’ai ouvert un vieux carton. Modelage et musique, tout cela pas très frais. Peu à peu, sans choix et sans grâce, j’y avais déposé une série de documents dépourvus de tout statut, découverts au hasard des errances. Feuillet dans une corbeille à papier, à part ça vide. Sur un banc d’église, page lisse. Au sol, en limite du trottoir, brouillon gribouille. Dans la poche-révolver d’un jean’s d’amie resté au sol ( ça, non, jamais : on ne met pas les mains dans les pantalons des amies quand elles n’y sont plus). Fragments disjoints et privés d’avenir, quoique chacun lové sur sa propre certitude d’existence, fût elle insignifiante : de quoi longtemps lire et murmurer dans les nuits de l’insomnie, ou dans l’étau des tôts matins, les matins frais et frèles de l’écriture, quand bien même celle-ci, l’écriture, n’eut-elle été qu’un projet sans cesse reconstruit, sans cesse abandonné, sans cesse enfui, comme ceux par exemple de regarder devant soi, de perdre du poids, de lire davantage, de ne plus désirer les filles inconnues du Luxembourg, de bavarder moins et demain mieux, de boire moins et marcher plus, divaguer moins et donner plus.
J’ai ouvert le carton, décidé à y remettre un peu de vent, un peu de souffle, un peu d’émotion, dans les voiles efflanquées d’un voilier immobile, dont la chaine rouillée grinçait autour d’un bite mal peinte, près du port.
Le feuillet plié en 8 a sans doute été un peu humidifié par une pluie légère de mai qui a posé dans la fine épaisseur les traces des cailloux, ou simplement du gros sable, (celui-là fut trouvé sur une plage irlandaise) puis a écrasé la feuille. Extrait de son caniveau, le document reste lisible.
C’est la page 5 du livret d’évaluation de Timéo B (CM 2).
Pour l’ensemble ce n’est pas très bon. Massivement les notes de l’élève sont inférieures à la moyenne de classe. Il atteint 13,41 alors que la cohorte est notée 15, 83. « La honte »
Dans la rubrique lexique, Timéo B n’est pas si mauvais pour les sous-rubriques /le dictionnaire /les familles de mots/ termes et termes génériques et termes particuliers. Marcel Malbée, dit M.M. dit Der PATE, paraissait en connaître peu, des mots, et ceux qu’il apprit au garçon n’étaient ni les plus beaux de la tribu, ni d’un usage facile pour ménagères de cinquante ans. Pour les gestes, c’était mieux direct au but. On parvenait toujours à ses fins. Une fois lancé, pourquoi balancer? D’ailleurs, et l’YDIT d’ici le dit DIDI en conserve la trace : puisqu’on est occupé à ceci qu’on n’a pas choisi, ne perdons pas de temps, plus vite fait, mieux fini.
En mathématiques dans la rubrique « grandeurs et mesures » Timéo s’en tire plutôt mal pour les angles ou encore le périmètre et c’est un peu meilleur pour les conversions de longueur, bien que, matière longueur, MM dit Le Parrain ne fût maître que de peu.
Cela fait sourire : on dirait la fiche d’évaluation d’un pousseur de phrases, d’un pousseur comme d’une barge, derrière la péniche ou plutôt devant, d’un pousseur sur le quai d’une rame de métro à Tokyo (mais les images de pousseur à Tokyo, que j’ai en tête, ne serait-elle pas totalement obsolètes ?). Bref : l’évaluation passionnément délirante et minutieusement implacable à laquelle s’expose toute tentative non pas d’écrire (car elle peut rester clandestine) mais de publier. Tyne l’Africaine-et son infini reflet du désir tendre. Gédéon le Sénateur, et l’ombre interminable du vide satisfait. Même sur un écran de tablette ou de téléphone, par à-coups de riens réguliers, petits riens régulièrement postés, hebdomaires épanchements, depuis longtemps déjà, ainsi que ici, ainsi que YDIT dit qu’ici il dit, chaque semaine, ou presque , l’épisode, comme une paisible marée que ne détourne aucun mascaret.
C’est en lisant « Extérieur monde » d’Olivier Rolin, c’est en parcourant les déambulations rieuses et tristes dans sa mémoire si pleine, c’est ainsi qu’est revenu le désir (le souci ?) décrire depuis l’extérieur devenu le dedans. Il m’a fabriqué, pour moi, au cours du temps des livres généralement courts, toujours pleins, pour lesquels une possible larme à l’œil sèche sur la joue au soleil de l’ironie.
Sur la terrasse de chez Nadia, quand il n’y avait pas la tentative de la visiteuse Adèle, avec son lézard de hasard,
Adèle, sa tentation de se transformer en tentation ( récit d’ici même aussi déjà fait, épisodes SEIZE et DIX-SEPT) ), tendue et presque dévétue dans la lumière de l’après-midi, à cette heure grave, mélangée, ou le sommeil peut resurgir dans la sieste, Adèle dormait, la tête posée sur le cuir de lézard, je lisais particulièrement ce passage :
« Le temps qui altère les lieux, les visages, ménage des caches où les mots se terrent pour ressortir un jour, intacts. Comme des capsules de vie éternelle »
(Extérieur monde, p.127)
Reprendre l’écriture, on ne cesse pas de s’en étonner, malgré le temps de l’été, malgré le bonheur de la coupure, la tentation de ne pas reprendre souffle, car quelle impudence imprudente ! – relancer la clavier gris, c’est comme d’avoir posé l’allumette sur le papier et le petit bois de la cheminée, crissements, chaleur soudaine mais fragile, c’est comme d’avoir ôté le premier sous-vêtement de l’autre, glissements, senteur subtile mais forte, et tout cela sans qu’on puisse revenir en arrière, jamais d’arrière pour l’écriture sauf à devoir infiniment dommages et intérêts.
Déja dit ? Souvent, ici, retours et répétitions, l’urgence n’est pas le dévoilement du récit, mais la rythmique des accords d’ambiance. Récit-images : rythmes.Retours, déambulations, reprises, ok pour pas de ko.
On peut encore espérer s’en tirer par la fuite de l’érudition moqueuse, et c’est ici qu’il faudrait parler en même temps de FRED et du Vieux duc, à nouveau, si ce n’était déjà fait, Episodes VINGT et VINGT- ET UN.
Il y a si tant de mois de cela.
L’avantage du détour narratif vers les moments de mes propres origines, Fred et les maximes (Fred et les maximes ça pourrait faire un joli titre de roman), l’avantage c’est qu’on diffère la chasse au Parrain, Marcel Malbée, dit MM, Der Pate. Ou Die PATE. Toujours ça de pris. Presque, on effacerait les comparses Détectives ravages, BOB et MORANE, mais non, ils veillent, les vieux, tenus de loin en laisse par FRED, qui les solde si hautement, et Samuel , le père songeur.
Quatrième âge, Septante et toujours davantage étant venus (car le 22 aout un an de plus), maintenant l’avenir se doit pourtant d’être vu brièvement.
YDIT raconte l’Afrique, la Blanche Tyne aux yeux profonds et jambes hautes, et Marie Claude P , qui lui avait dit dans un couloir de vieux trains verts ( il n’avait pas sommeil, assis sur le strapontin près de toilettes, elle encadrait le voyage) : « Avec ta raie au milieu, on croirait Proust ». ET lui – quinze ans : C’est qui Proust ?
Mais la rayure était-elle aussi à l’intérieur ? Cachée ? Secrête? Interdite de parole? Le secret de famille pour tapisser l’intérieur de ma mémoire seulement, mais
…tout le monde savait? OUI, TOUT le MONDE, Mamie qui ne disait mot, Père et ses verres aux arrondis rouges, Frère et Ses Garçons à fesses rondes, Mère- mensonge et la petite boite en bois, Episodes TRENTE-SIX à CINQUANTE-DEUX, entrecoupés de diversions, TOUT LE MONDE
Avoir en tête cela: TOUT LE MONDE SAVAIT ET TOUT LE MONDE NE MOT DISAIT. ET ALORS, MAINTENANT? ENCORE LA MEME CHOSE SUR TOUT AUTRE CHOSE ?
Trouver l’arrêt du train des souvenirs, et ne pas descendre en marche, attendre son quai, inquiet. Descendre à l’arrêt, pour effacer le parrain, le faire disparaître, équarrir sa mémoire, émietter ce qu’il fut ou au moins ce que j’ai en mémoire qu’il voulait être en son faire de fer.
Mais que reste-t-il de ce qu’il fut ? Mon ombre de septante et bien davantage court après lui, son ombre est morte avant la mienne, tant mieux, je n’aurais pas aimé que son ombre me courût après le long des sommeils et des insomnies, l’ombre et le soleil, aux bords où nous fûmes laissés, s’accordent à dévorer notre course avant que le soleil se lève aussi, ainsi de suite.
Alléluia. Mazel Tov. Ainsi soit-il. inc’h Allah, ne lésinons pas :
Quatrième âge, Septante et très davantage étant venus, l’avenir se doit donc d’être vu brièvement.
Didier JOUAULT, pour YDIY-BLOG, Nouvelle saison, saison IV, Episode QUATRE VINGT SEIZE: une solitude qui écrit la présence. Rassurez vous : Gédéon n’est pas loin et Tyne non plus. Ils reviennetn. Après la légitime pause d’été. OUF .A suivre- mais vous le savez- le 7 septembre ou en replay (flèches en bas, ici).
YDIT BLOG S 4 E 95– Recette de cuisine du Parrain gras.
« Reniflons. Odeur de pieuvre morte dans une boîte à sucre en métal abandonnée-contenant des biscuits, écroulés de l’Intérieur, effondrés sur les parois métalliques. ça sent le cadavre de bonbons au miel au fond d’un tiroir ».(Olivier cadiot ibidem)
Recette de cuisine du Parrain gras: ou comment s’en débarasser.
(Faute de le menotter)
Note de Madame Frédérique : Malle aux manuscrits, épaisse couche de textes dans les enveloppes, lente apparition de souvenirs tranchants et piètres acteurs, main de vieux /bourse de gamin, bouche rêche et fesses rondes, on connaît tout cela -depuis deux ans
Ydit raconte. « Lettre de A, Version B », donc. Pourquoi pas. Il y avait longtemps.
Ydit raconte. Parfois, comme aujourd’hui, on ne devine pas très bien s’il s’adresse à une personne en particulier, ou même à un personnage de roman, ou encore,à- évidemment- l’inaltérable et quelquefois invisible FRED (dont chacun sait depuis longtemps qu’elle est un personnage de synthèse, vêtu de désir et habillé de mémoire),
ou à l’inénarrable et souvent imagée TYNE (dont chacun voit depuis longtemps qu’elle est une figure de style, bâtie de songe et maquillée de rappels),
ou à l’un de ces frères du sang et du soir qu’il rencontre souvent, mais déjà plus assez de mots dans le réservoir pour en parler de ces Frères là, dommage, toute la place vive de leur fraternité ici s’efface derrière l’urgence du récit,
ou à un ami de passage revenant de Naples ou Boston, on boit un café à la terrasse ombreuse du Osteria Ferrara, restaurant italien rue du Dahomey- tout ça très roman-images,
ou à une femme sur une terrasse, parce qu’il la perçoit émouvante, et c’est un autre épisode, il y a dans quelques semaines déjà, on s’en souvient, Venise, Tournus, Bordeaux, Paris, avec les récits des » Emouvantes« );
ou à un psychologue de hasard- corsaire de la mémoire, payé trop cher- ou un médecin de boulevard tel l’incroyable docteur Meunier ( butte-témoin en quelque sorte de saisons antérieures ?);
ou même à une psychiatre repue et tapie au fond d’une impasse bourgeoise, le docteur Bas-de-Hurlevent, personnage crée jadis, pour la saison d’avant, et naguère abandonné (trop irreprésentable ), mort-né dans un fichier mal écrasé de ce même ordinateur- imbattable machine pour la conservation des faits, vrais et faux-faits;
ou si (peut être?) YDIT est simplement occupé à parler devant l’écran tiède et maigre de l’ordinateur, encore, à manipuler le clavier gris-souris, à parler assis à sa machine, à parler debout à son Iphone tout en achetant du pain lourd chez une boulangère en short léger, rien n’est ici garanti possible, à très juste titre-s’agissant de roman-images, et « ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman », une fois encore, un roman saisi lentement sur l’azertyuiop^$ d’un ordinateur -connu sous l’appellation générique, chez Windows, de « Façade » : on ne saurait mieux dire … »Façade ». Sérénade. Sausade. Passade. Rasade.
Façade
Ydit, celui-ci qui dit ici, dit que lorsque vous avez un parrain gras et mou qui encombre toujours et encore les escaliers de la cave…
si donc, un Marcel Malbée dit MM, Die Pate gras et mou encombre les escaliers de votre cave, espèce de SDF incertain, où qu’elle soit, ce qui provoque un sentiment mêlé de frayeur et d’ennui, la meilleure façon de s’en débarrasser, dit-il, est de le conditionner au frigo, plus exactement au congélateur, où son immodeste et encombrante, et molle, et lourde, et précautionneuse, et peu bavarde personne affrontera non pas la rigueur du temps qui passe, mais cette possibilité d’être un jour décongelé, autrement dit cuisiné sans merci. Tel l’agneau de Pascal.
Marcel Malbée sous plaqtique, dur davantage que d’usage, et qu’on prépare pour la célébration ultime : sa disparition (disparition, pas seulement des E de Malb..)
Certes, l’opération demande un peu de dextérité, du temps, de la patience. De la volonté active. Certains matins, pas le désir de ça : s’y mettre. A dépiauter le Marcel Malbée. A s’occuper de tout ce gras, ce mou, le sale et le coulant. Le résultat cependant vaut la peine : ce n’est pas un plaisir, mais c’est une chance. Au fond, même : une dernière chance. Au fil des jours (ou plutôt tandis que les années passent, tandis qu’elles sont de moins en moins nombreuses à permettre une action, ou encore pire un projet) il est facile de se munir d’ une cocotte, par exemple, ou d’un fait-tout, drôle de vocable si l’on pense à ce qu’est un parrain, un Marcel, un Malbée, un MM, et d’ouvrir une boîte Tupperware : il y a du parrain dans l’air, ça va chauffer, ça va bouillir, les morceaux congelés de mémoire : on s’en frotte les mains, préparées à l’action par quelques gouttes d’une lotion huileuse : souvenirs, mémoire vierge, première pression à froid.
La séquence qui paraît la plus complexe, la mise en boîte, ne présente réellement aucune difficulté. Il suffit de commander chez votre fournisseur (car de nos temps l’article est de moins en moins en stock, et ne se montre plus en vitrine) la taille de cercueil pour un bon parrain bien gras, élevé en liberté (ce qu’on regrette), en veillant à ce qu’on vous le livre tout préparé ( le traitement des ébats n’apporte aucun avantage). Afin de vous débarrasser des poils qui pourraient encore rester ( rappel : aucune image VRAIE ne reste du Marcel Malbée, incroyablement, intimemement proche, cependant, rien sur les poils sur la poitrine, les mains, le ventre, les couilles)
dans ce but le chalumeau qui vous a servi pour la crème brûlée de samedi dernier semble tout indiqué. Bien chaud. Bien ferme. Bien pointé. Plutôt même deux fois qu’une. Ou trois. Très bien, trois.
Si votre parrain, ce qui est le cas pour Marcel Malbée dit M M, n’est plus de la première couvée, le hachoir sera préféré au couteau, même bien effilé. Sur la planche à découper, on répérera les articulations, parfois peu discernables, du réel et du fictif, on séparera les parties ultérieurement utiles de celles qui ne vous serviront à rien au moment de la décongélation narrative, parce qu’elle ne participent à aucun soubresaut de mémoire restituée, et ne contribuent à nulle reconstitution. Inutile ici de les désigner, chacun-ou chacune-voit ( très en détail et gros plan, hormis cet YDIT qui ne voit plus rien de par-là) de quelles parties de parrain il s’agit.
Afin de faciliter une optimale utilisation ultérieure – ce dont rêve toute mémoire- nous vous conseillons de choisir un nombre de morceaux pas trop élevé, en proportion directe du nombre de jours, ou de mois, ou d’ années, ou de vies que vous avez encore ( malgré tout ! ) l’intention de consacrer à faire griller les tranches de parrain, dans le grille-parrain, de ci de là. En effet si la quantité des boîtes est très grande, outre que cela encombre votre congélateur en défaveur des sorbets chocolats ou des crevettes sauce thaï, vous risquez de vous trouver face à une profusion, une prolifération,
une diversité qui vous déborderont, vous dépasseront, vous émulsionnneront, au point d’empêcher une belle et bonne cuisson du souvenir, une de ces recettes qu’on peut se flatter d’avoir réussies, tant les amis conviés à partager le repas mémoriel ont apprécié la qualité du met, certes dense à l’ingestion, mais aussi incomparablement léger à la digestion.
Car n’oublions pas ( déjà cité! ) ce qu’écrit l’impeccable bien que douteux Borgès: » Je me souviens pour oublier, pour tromper mes amis, et pour attendrir le goût de la chair. »
Ensuite, enfin : poubelle !
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Didier JOUAULT pour YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, saison IV, finales d’été, après la pause Episode QUATRE VINGT QUINZE Recette du Parrain gras Miam Miam
TEXTE de YDIT ( Tiens , où est passée la » Note de Madame Frédérique « ?)
Y.d’I, mots de « La Lettre de A. », version B
Ensuite, entre les signes de ce Roman-Images, sautant de ligne en ligne comme un singe sa liane, comme un roi sa Diane, comme un égoût sa vanne, comme un fou son âne, ensuite, encore ensuite, après les détours de FRED, la marée de l’Aqua Alta vise à l’immobilité, bizarrement.
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, mais en haut c’est mieux, en haut de l’Aqua Alta toutes les écumes se valent, écumes des regrets, écumes des oublis, écumes des projets, et seule une désatreuse ( bien que dérisoire) tendance à la décrue pose les méfaits de l’âge sur la vivacité d’un narrateur alternatif, impulsif, offensif, itératif, inchoatif, gérondif, pensif et droit comme un if, rétroactif comme tout bon menteurde narrateur, car ici-même tout décroît sans peine, après Septante, sitôt passée la ligne des Septante, lorsque septante et de plus en plus davantage sont bien venus, car Septante s’efface derrière l’allumage prochain d’Octante, narrateur dégressif et régressif narratif, c’est la pente, sans pinte, sans peine et sans regret, bien sûr, car comment regretter une pente?
GIL , plusieurs fois, dit : « après quatre-vingt, rien. « Episodes ? Années? Cahier de souvenirs?Bonbons de Stilnox?On ne sait.
Avec QUATRE-VINGT, quoi ?
Passer le jour, passer la nuit : traverser d’un rien vers un autre, en souriant, le verbe aux dents et une parole fraîche à la main. Comme une paysanne rêvée de Greuze ou une courtisane peinte de Fragonard : la cruche brisée ou l’escarpolette levée, c’est toujours le même lieu du secret qu’on entrevoit, sur la toile, la page, sous l’étoffe ou le symbole.
Sexe nu, peut-être, nus ici et alors ? Intimité, sur l’image : NON, l’intimité profonde n’est jamais de la surface de la chair, toute fesse à l’air n’a l’air que des dessus, l’intimité vraie n’est que par ici, pour ici, cette si longue Lettre de A.Version B.
On peut alors, en ce temps de d’histoire (l’histoire d’une chasse au Marcel Malbée dit MM, Le Parrain, e récit ne sait que raconter son infini commencement) on peut tourner la tête vers le reste de la très vaste pièce où l’on écrit, où l’on tente de taper sur le clavier les sentiments certains (peut-être?) et les souvenirs confus (sans doute ! ) d’un roman-images dont
l’immobile héros pour toujours est un David de Donatello posé dans l’entrée d’un vieux Marcel Malbée, David gâché dans une mauvaise statuette de plâtre peint qu’on voit en premier, quand – à dix ans, onze ans ? nul ne se souvient du détail -on pousse le rideau lourd, rouge, en velours, glissant derrière la porte palière du petit appartement de vieux garçon, et dans le cartable un pyjama bleu ou vert qui ne sert bientôt plus à rien, « Tu n’as pas trop chaud, Didi, enlève le, donc… »
Marcel Malbée, dit MM, Die Pate, rue Dupetit-Thouars, 1er étage droite.
Et maintenant, soixante ans et bien davantage depuis étant passés, l’on s’aperçoit alors que, près de la cheminée à l’autre bout du long rectangle où YDIT écrit, pendant qu’on rêve et pendant qu’on chemine sur le clavier, pendant qu’on serpille la marée Alta de la mémoire, rêvée au plein de sa hauteur, pendant ce temps qu’on perd ou qu’on passe à écrire simplement, il y a toujours la présence de HANGED JAMES. Posée sur l’épaule droite, ou la nuque, selon les soirs, selon les insomnies, encore l’image désolée de lui, ainsi que noué au terme de sa corde l’humanité le tord.
Tranquille dans l’azur, car il se balance paisiblement dans le carré de la fenêtre, pendu pas pressé de se mouvoir, plus grand-chose à dire, déjà bien mort bien que mal mort. Le vieux compagnon impassible, compagnon involontaire et indicible, usé lui aussi mais plus en profondeur par l’étranglement des « mains de vieux sur les bourses imberbes », LUI désormais rigole sans ardeur et sans malice, présence à peine perceptible, dans le quotidien du rêve, dans le quotidien du vivre banal. Parfois, dans un pas , c’est son ombre qu’on devine.
Son masque vide affiche un sourire sardonique. Sourit-il cependant, ou s’agit-il d’une grimace que maquille la volonté de tout dire? Va savoir. YDIT peine à déchiffrer le masque mortuaire de ce pendu d’il y a si longtemps -son frère si proche et toutefois tellement différent qu’il ne sut jamais apprendre à survivre au-delà d’une main de vieux, d’une bouche de vieux, d’un cul de vieux. Surtout si on l’a connu de face et en vrai. Qu’on parlait avec lui de Joyce en buvant du vin blanc sous la tonnelle.
Et de Marcel Malbée, dit M.M., dit Le Parrain, grand amateur de pyjamas pour garçonnets, au point de collectionner les catalogues de « La Redoute », on en dit quoi ? On en sait quoi? On en veut quoi ? On y peut quoi, surtout, à présent ? Des milliers de mots, des centaines de jours à écrire, poursuivre les images, POURQUOI ? ON y peut QUOI ?
Mieux : pour QUI ?
Seuls BOB et MORANE sauraient, si MORANE et BOB savaient l’art de l’enquête ? Mais, engagés à la suggestion de FRED, ils ne savent rien du réel sauf le mensonge qu’elle leur en fait à chaque fois qu’elle verse, en liquide, dans un sous-sol de bar, quartier du Temple, Paris, proche de la place de la République, leur salaire de détectives sots et vagues.
Ils savent encore moins la réponse à l’effroyable question :
Pourquoi lui, Hanged James, lourd de mort , et pas Ydit-le-léger, rieur de vie ?
A jamais l’interrogation trouble fait vaciller le matin. Celui-là, HANGED JAMES, n’a d’autre destin, épisode dix, épisode cinquante, épisode d’ici et même après le mot « FIN » de l’épidode ultime, d’autre vaniteuse prétention que tenir compagnie au récit, au récit de ceci de jadis ici inscrit par celui-ci YDIT, Y.d’I. dit YDIt, le YDIT de Didi, mais aucun récit ne peut se poursuivre sans sa compagne, sa jumelle, sa marâtre : la question sans réponse. Pourquoi pas moi?
La narration est une ombre, l’ombre portée de James sur la pelouse, la corde est la question, tandis que le soleil va se lever ici, et lui, Hanged James, non.
Et chaque fois que l’histoire déambule dans la plaine ( car Septante et davantage étant venus, les gorges ont été creusées depuis longtemps au fond des plateaux de la mémoire, et les cours naguère brouillonnants sont apaisés) ,
chaque fois que l’histoire parcourt de son eau paisible les terres enrichies d’alluvions anciennes où tout peut pousser sans que rien soit planté, chaque parole en germe devenant fleur à volonté,
chaque fois -dans l’ombre- il y a HANGED JAMES, le fruit qui pend, l’ami pendu à la fin de la nuit, la question du pourquoi, Hanged James, l’ami de la mort qui paisiblement (désormais ! ) attend au coin de la rue, de toutes les rues de tous les matins, au cœur de la fenêtre, parmi les plantes vertes un peu fatiguées du balcon sur la rue, dans les fentes du parquet au grenier,
dans les tiroirs sur mesure de la bibiothèque,
dans les irréguliers rayons de la bibliothèque,
ou dans les volutes du tapis persan au mur,
ou dans les trous que font les taupes dans la pelouse,
et lui les pieds presque dans le sable, et lui presque le tire-bouchon dans le vin : il y a HANGED JAMES,
Gentiment présent, même pas tournoyant sur lui-même, et qui lorsque le mouvement de la vie lui permet de faire face offre son sourire amical et goguenard, un peu tendre et lassé donc, comme s’il s’apprêtait à dire ( quoi qu’il soit impossible de plus rien dire dans son état) à demander, le petit gars malin du petit matin :
« Alors quoi, mec ? T’oses pas ? T’oses vraiment jamais pas ?
Répondre à la question ? POURQUOI ? Pourquoi pas aussi TOI ? »
Didier JOUAULT pour YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, Saison IV, FAUX EPISODE 94, en fait REPRISE de l’ Episode SOIXANTE-TREIZE, en feignant d’oublier Père et Frère, si étonnants Père et Frère, ‘les chiens qui ne font pas des chats’, mais des dégats, FRED demande à YDIT s’il se souvient, et lui répond que pendant ce temps de mémoire il errait dans les villes, troisième séquence-souvenir sur dix, VENISE de nuit, VENISE 3/3, troisième marche/ fin… FRED, je rêve « Aqua alta », mon rève, Refrain de Hanged james. Parce que- précisément – refrain.
RESUME EXPRESS :La chasse au Parrain, où l’image parle aussi, est entrecoupée de diversions diverses. Commencée en août 2023, la publication prendra fin en août 2026.
Note de Madame Frédérique :
DEEJEE PROD.
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Didier JOUAULT pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison ( encore, bien que de moins en moins nouvelle) Saison IV, EPISODE QUATRE-VINGT-TREIZE . Un mois de silence YDIT. Retour de moments de l’été 2025 : on repart, jamais de ZERO. Tout ce temps. QUATRE VINGT-TREIZE EPISODES. A PRESENT, un de plus !
ET (précisément), le 22 août 2025 : SEPTANTE-QUINZE …
(dans le vieil immeuble des Hauts de Belleville, l’une des caves communique avec les eaux de la ville par un escalier serré dans un corridor noir. Sur le mur, un panneau de faïence, vieux et bleu, signale que à partir de cette limite la propriété est communale, Ville de Paris. On pourrait prendre la fuite même si le conduit d’eau exigerait qu’on fût à quatre pattes, cette hypothèse de sauvetage peut devenir réalité, surtout dans ce quartier ou les populations immigrées, d’abord juive lors des siècles précédents-vivent souvent avec un sentiment de menace, d’autant que l’eau coulant ici n’appartient pas au réseau des égouts, mais à un très vieux système d’alimentation des fontaines de Belleville, dont les plans retrouvés chez le notaire montrent à quel point elles furent nombreuses dans ce quartier populaire. Et vives, et propres, et fraiches?
Et c’est ainsi que les hommes vivent, à quatre pattes dans des caves pour explorer la limite souterraine entre l’eau de chez eux et l’eau de l’égoût, le souvenir de leur Marcel Malbée à eux, et celui des égoûts publics, presse et réseaux, les égoûts déversés sur les miroirs des appartements bourgeois, des égouts sans lesquels – il y a si longtemps maintenent on s’en souvient -? probablement l’histoire de Marcel Malbée, du pyjama, de la cordelette, de la statuette de Donatello rue Dupetit Thouars, tout ce fatras et ces dégats sur les gars seraient à tout jamais restés inconnus du, cependant, principal interessé- YDIT),
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YDIT-BLOG, Nouvelle saison (encore, bien que de moins en moins nouvelle) Saison IV, EPISODE QUATRE-VINGT TREIZE Un peu de silence YDIT. Retour de moments au terme de l’été 2025 : on repart, jamais de ZERO. Tout ce temps. QUATRE VINGT-TREIZE EPISODES. A PRESENT, un de plus ! ET (précisément), le 22 aout 2025 : SEPTANTE-QUINZE …
« Aristide Aubert du Petit-Thouars, dit Dupetit-Thouars, né le 31 aout 1760, au château de Boumois, près de Saumur, et tué le 2 août 1798, à la bataille d’Aboukir, est un officier de Marine français du 18 ème siècle. Capitaine de vaisseau, il se distingue à la bataille d’ Aboukir, au cours de laquelle il trouve la mort.
Suite ( et fin, heureusement ? ) du récit biographique, épisode inévitable de tout roman d’aventures.
Le hardi Aristide Aubert Dupetit-Thouars, bien conseillé par ses amis de la noblesse ou de la loge de LA FLECHE (ce sont les mêmes en ce temps), réussit à obtenir une belle somme de la jeune Assemblée Nationale, la même somme et une décoration de Louis XVI ( preuve qu’il a le sens de l’équité). Par ailleurs, ça tire un peu à la ligne du côté de la banque- surtout que en 1791 la brouette d’assignats ne se vend pas très cher, le passionné brade ses propres biens (passe encore) et ceux de sa famille (mécontente : une lettre furieuse de la tante l’atteste, BOB et MORANE en ont pris connaissance dans la bibliothèque de Mortagne au Perche).
Son frère, associé au projet, n’est pas vraiment en mesure de l’accompagner lors du départ ( août ou septembre 1792, septembre 92, mieux vaut être sur un pont qu’en prison, les septembriseurs approchent) car le Cher botaniste s’est fait arrêter par les révolutionnaires qui l’ont bloqué à Brest pour des raisons que les plus curieux ou les plus perfectionnistes d’entre nous pourront aller chercher en cliquant sur une autre fiche.
On voit notre Haddock de révolution, selon BOB et MORANE, sauver des Portugais naufragés Au Cap Vert, perdre son équipage, rater radicalement son but, se faire harponner par d’autres Portugais au Brésil, être enfermé à Lisbonne, et surtout -donnée indispensable à la compréhension de la suite -vivre trois longues années ans en Nouvelle-Angleterre. Il y fréquente un certain nombre de ces faquins et coquins à l’époque en fuite, dont un certain Talleyrand (qui fera largement se preuves ensuite dans le domaine du Grand Retour …). Retour du défoulé. On oublie les vies de ces hommes-là, venus de pas grand’chose, passés par les allées du luxe nouveau, partis vers l’exil, condamnés, récupérés par la dentelle, de nouveau puissants et luxueux.
Pendant tout ce temps-là, les révolutionnaire conséquents – et soucieux d’abréger…- l’ont destitué de tout commandement. De plus, il est ruiné. Mais le Grand Maximilien reçoit un sale coup de revolver dans la mâchoire en Thermidor, et perd la tête le lendemain. Sale coup, en effet, pour la Terreur.
Retour du défoulé : sitôt la nouvelle connue, Aristide revient ventre à terre, est promu capitaine de vaisseau, et le voilà déjà reparti on accompagnant Bonaparte pour l’expédition d’Égypte, en tant que commandant du « Tonnant ». Étonnant. Quelle vie dans quelle époque.
Une époque où c’est compliqué le combat maritime, surtout que en France, l’on a depuis un certain temps oublié la modernisation des navires autant que celle des armements (sauf pour les corrompus, selon BOB et MORANE, dont les sources sont à préciser), gouvernants de la Révolution trop intéressés à se guillotiner sans arrêt et faisant la guerre à tout le monde, et puis banqueroute et corruption, voyez Georges Jacques Danton ou le bel Pierre-Augustin Caron, dit Beaumarchais, encore selon BOB et MORANE. Ou bien est-ce la malice anglaise, bien connue, qui lui veut du mal ?
Toujours est-il qu’un boulet lui fracasse le pied, sur le pont. Douloureux, et incapacitant pour un combattant, et même symbolique.
Selon les archives manipulées par BOB et MORANE, le chirurgien-barbier Louis Gabriel de D’Ydit l’ampute sans même quitter son uniforme de parade en rade, recoud le tout avec le peu de moyens du bord, et notre commandant retourne au combat avec la jambe dans un sac de son pour diminuer l’hémorragie. Étonnant. Quelle vie dans quelle époque.
Mais on a connu plus efficace. Et ce que rapporte un mémorialiste sur cette dernière demande de Dupetit-Thouars moribond « Equipage, n’amenez jamais votre pavillon ! », pour un navire à moitié défoncé par le canon anglais, au 3/4 démâté sous la mitraille, l’ordre n’atteste pas d’une grande hauteur de lucidité, à défaut d’une hauteur de vue (car le bateau s’enfonce).
On perd la trace de son cadavre, ainsi que d’usage en combat maritime (coule-t -il accroché au mat du « Tonnant » ?) Tel un Hanged Man à sa branche ?.. Mais les commandants de deux autres navires, eux aussi Frères de la loge « Ouessant Levant d’Orient », lui rendent hommage au cours d’ une discrète cérémonie dans la rade de Brest.
Un témoignage existe, sous forme de plaques mémorielles dessinées, conservées à la Médiathèque de Mortagne-au-Perche.
Finir en morceaux dans un rafiot qui coule n’est pas un destin si glorieux. Mais sa sœur- qui l’a toujours admiré ( cf. op.cit) -tente de créer une sorte de mouvement de gloire posthume. A tour de bras, elle publie lettres, mémoires, opuscules …excluant au passage du manuscrit de ses mémoires – dont certains passages croquignolets (souvenirs d’escales), et d’autres grotesques (souvenirs de batailles), ou certains sulfureux (réflexions sur la question annuelle à l’étude desLoges ) n’auraient pas augmenté la gloire du frère. Elle achève son œuvre aussi austère que dévouée avec une « notice » sur la vie d’Aristide Dupetit-Thouars qu’on peut lire dans :
Sur ce texte, BOB et MORANE ont à peine brodé sans se brider.
Bel engagement, pas si tonitruant et virulent que la Isabelle de Rimbaud, tout de même.
Mais, soudain, au détour d’une ruelle, ou d’une impasse, dans le quartier où se tient l’expo « Anonymous Project », deux posts, vous vous souvenez ? .. sur une plaque de mur gris, on note la présence d’un beau-frère, donc portant le même nom. La sœur hagiographe s’est mariée en 1791 avec un actif Bergasse, fils de marchands, avocat, membre de la « Société des amis des Noirs » –
Jusque-là ça va bien, nous sommes en 91, 1791, cet homme incarne un peu le modèle basique prêt-à-porter du bourgeois éclairé, révolutionnaire mesuré. Monsieur Beau-frère devient banalement – dans le « sens de l’Histoire » – député aux états Généraux ( 5 mai- 9 juillet) puis à la Constituante. Mais le vent ( malgré le savoir maritime du beau-frère Dupetit-Thouars) tourne mal ensuite : entre autres l’ami Bergasse est favorable à un pouvoir Royal fort ( on a le sens des affaires, et les affaires c’est l’ordre ! ). Il se range parmi les monarchiens, estime qu’une Déclaration des Droits de l’Homme n’est pas vraiment une urgence ni même une nécessité, au fond. Bref notre homme cesse d’être recommandable. D’ailleurs il démissionne. Par la suite Monsieur Beau-Frère vote non à la vente des biens de l’église, participe à une série d’opérations plus ou moins anti- révolutionnaires, au point qu’il devient conseiller de Louis XVI ( lequel avait, on s’en souvient, accordé une somme au navigateur, frère de son épouse à lui Bergasse ) ce qui n’est pas franchement une bonne idée compte-tenu de la saison III dans laquelle s’engage la Révolution.
Après la journée du 10 août 92, la constitution de La Commune, on découvre des papiers pour le moins compromettants- délicate posture de l’imposteur et notre bonhomme Beau- Frère doit se cacher avec soin au fond de la province méridionale. Cependant, arrêté dans les environs de Tarbes (ce qui n’est pas très loin de la frontière espagnole), il n’est transféré à Paris que bien plus tard – la justice a parfois des lenteurs dans les provinces…Enfin, on ne le présente à un juge ( il en reste un peu ) qu’après la chute de Robespierre, « Une chute qui tombe bien » osera-t-il ironiser. Le tribunal, aligné sur le sens de l’Histoire ( le Directoire : retour du défoulé) bonnement l’acquitte.
Par sur la suite, le monsieur Beau-Frère finit par devenir proche de Charles X, ce qui n’est pas du tout honorable. Avec persévérance, il combat la Franc-Maçonnerie, pour son sens de l’égalité ( affectant d’ignorer les affiliations passées du Capitaine Dupetit-Thouars), et l’esprit de la Révolution, pour son sens de la liberté. Deux absurdités, qu’il véhicule entre autres par des publications ( parfois payées de ses deniers ) dont il est hors de question de donner ici la liste de tous les titres, mais on la connaît. BOB et MORANE les ont recopiées à la main ( vieil usage de détectives impécunieux)
Dupetit-Thouars, le marin, aussi a un frère, qui lui survit longtemps puisqu’il ne meurt qu’ en 1831.
A point nommé, la bibliothécaire de garde s’est approchée de YDIT, qui allait s’engager sur cette piste ( parfaitement détachée de l’actuel récit) : C’est un botaniste, son ainé, Louis Marie Aubert du petit Thouars. Œuvre importante, Membre de l’Académie des sciences, Voyage océan Indien Madagascar etc.
Encore cinq minutes, et on ferme.
D’ailleurs il a cessé de pleuvoir sur Mortagne-au-Perche. BOB et MORANE, à qui rien d’essentiel n’échappe ( ils sont détectives…bien que non sauvages) ont déjà renoué leurs cache-cols et fermé le K-Way. Détective, on s’équipe, même si le vieux Samuel rechigne sur les notes de frais.
Didier Jouault pour YDIT-BLOG Nouvelle Saison, Saison IV Episode QUATRE-VINGT DOUZE: visite dans la mémoire Dupetit Thouars (seconde partie FIN). On en avait besoin, n’est ce pas ? D’un petit tour sur la marée de la mémoire ? Une échappée en mer ?
RESUME EXPRESS : le personnage YDIT, sa mémoire ayant été « réveillée » par les récits récents, se souvient des jours et nuits avec et chez Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, qui lui demandait si- dans le petit appartement rue Dupetit Thouars- le gamin ne voulait pas enlever tout son pyjama, tant il fait chaud. Il n’avait su dire NON à la suite. Il sent revenir en lui cette image et cette injustice : James, lui aussi à sa façon privé de pyjama et corps convoqué, n’a pu rester si longtemps vif et joyeux. Hanged James. Aidé d’un duo bavard d’enquêteurs, BOB et MORANE ; renforcé par TYNE et FRED, deux compagnes de jadis, YDIT se lance à la poursuite de Parrain. Tout ceci est évoqué/imagé au flambeau d’une mémoire menteuse. Tout ceci est raconté/illustré en lambeaux dans un « fatras » de documents expédié à une ex-assistante ( Madame Frédérique,désignée présentatrice), sous l’appellation « Lettre de A. Version B.« , en hommage à l’incipit de « Extérieur Monde » (Olivier Rolin). La chasse au Parrain, où l’image parle aussi, est entrecoupée de diversions diverses. Commencée en août 2023, la publication prendra fin en aout 2026.
Note de Madame Frédérique :
CAP à CENT passé ?Yes, SIR !
Episode CENT- UN:visite dans la mémoire du Capitaine Dupetit Thouars début
(1 sur 2).
Interstice, alors, pour une autre façon d’inventer la rue Dupetit-Thouars, lieu d’un petit-deux pièces tiède et nu pour Parrain à mains sûres d’elles-mêmes et gant de toilette effaçant les traces sur les draps ?
OUI, Temps venu, dans le flux du Roman-Images, pour le …
Surgissement (attendu et redouté ?) du récit biographique, épisode inévitable de tout roman d’aventures. Pause ? Pendant que se noue un long double lien, double hélice, lin et laine, corde faite de cheveu et de peau, Marcel Malbée et Hanged James, YDIT d’hier et YDIT d’ici, liens de coton et de chair, de chanvre peut-être, Blanche Africaine et Gédéon sur fond de Dupetit-Thouars ? Chanvre et soi, Corde de pendu ? Retour Dupetit Thouars, Marcel Malbée, dit MM, le chassé fuyard, Dupetit Thouars, mais ce n’est pas là que Marie-Christine dort nue sous la couette, ainsi qu’on verra, ou que se résume à un « post » le mystère de « La liberté retrouvée »?
Note de Madame Frédérique :
On observera les répétitions, et je n’ose penser que ce texte est de la plume de mon ex-patron. Une baisse de régime ? L’aurait-il conservé in fine. Ou bien l’un de ces formes d’ironie caractérisant « Le Lettre de A, version B » comme semble indiquer le sous-titre ?
« Aristide Aubert du Petit-Thouars, dit Dupetit-Thouars, né le 31 aout 1760, au château de Boumois, près de Saumur, et tué le 2 août 1798, à la bataille d’Aboukir, est un officier de Marine français du 18 ème siècle. Capitaine de vaisseau, il se distingue à la bataille d’ Aboukir, au cours de laquelle il trouve la mort.
La fiche précise qu’il participa à la guerre d’Indépendance des États-Unis et aux guerres de la Révolution. Merci. Les détectives BOB et MORANE ont parcouru le quartier, selon leur méthode : un verre, un témoin, une note ( de frais).
La concierge au 12 rue Dupetit-Thouars leur a ouvert ses portes (mais une visite des lieux par YDIT en personne a déjà eu lieu, vous vous en souvenez ? Comme si on essayait de comprendre la Révolution en descendant les escaliers profonds à la station Robespierre du métro parisien… Mais, pourquoi pas, « Ce sont des échos par lesquels une mémoire s’éveille« . Dit BOB. Et MORANE : lève les yeux au ciel.
DUPETIT-THOUARS
Sous la rubrique ‘hommages’ :
six bâtiments de guerre à son nom,
une rue à Paris ( celle-là m’intéresse plus que n’importe quelle autre : au numéro 12, au premier, à droite, un petit appartement propret, ni pauvre ni riche, deux pièces de célibataire jamais trop illuminées, salle de bains médiocre, humide, qui sent le froid. Une entrée coupée par un rideau rouge et lourd- mise en scène -? conduit à une vieux gros meuble verni (brocante ou héritage ?) que domine une assez grande mais assez laide reproduction du David de Michel-Ange, et, à côté, incontestablement plus gracieux grâce au déhanchement et aux superbes fesses, le fameux David de Donatello, qu’on imagine avoir recueilli les rêves, sinon davantage, les soirs de solitude de Marcel Malbée, dit MM, Die Pate, locataire des lieux –
Angers et Lille, une statue
et une place à Saumur,
encore une statue à Saint-Martin-de-la-Place,
GMR (groupe mobile de réserve, prédécesseurs des CRS) basés à Tours puis à Nantes. Note : Cette dernière notation reste parfaitement hermétique : serait-ce qu’une compagnie de GMR les ancêtres de la CRS, porte le nom du capitaine ? Mme F.
C’est tout de même beaucoup,cet homme ayant surtout accumulé des échecs.
BOB et MORANE sont installés à la médiathèque de Mortagne-au-Perche . On se demande ce qu’ils y font ? ils exécutent non pas un client (détectives, pas « Tontons Flingueurs ») mais un contrat en bonne forme. A vrai dire, tout ça est tout de même un peu spécial : pour suivre les méandres mémoriels de YDIT (commanditaire = portefeuille), les deux héros (si l’on n’ose dire) ont suivi ses déambulations en campagne, fréquentes- hélas pensent-ils.
Aujourd’hui , c’est pluie, donc médiathèque, donc lecture. La scène n’est pas torride, mais baroque- ainsi qu’on dit de ce qui est surcharge et surprise : YDIT avance vers Marcel Malbée avec une minutie de bousier, il prend des notes sur Dupetit-Thouars. Attentif. Plus loin, s’ennuyant, BOB et MORANE ont achevé « Le Perche libéré », mais ne se permettent pas de trop parcourir les rayons de l’étage. De plus, les rayons BD ne voisinent pas avec Histoire. Sinon, ils auraient relu
« Si l’on travaille davantage la fiche, on apprend que Aristide Aubert Dupetit-Thouars descend d’une famille de la noblesse de Touraine (anoblie en 1714), selon une source sûre : le « Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du dix-neuvième siècle », tome 2 page 20 à 22, ouvrage de référence du à l’irremplaçable Gustave Chaix d’Estange (dans une autre période de la littérature ou de la vie de YDIT, bien sûr, suivrait ici la notice ou au moins le commentaire De Gustave Chaix d’Est-Ange, surtout que ce nom ferait miroiter bien des découvertes de généalogie. D’Est-Ange, ou D’Estange, ou Destange, selon un glissement du patronyme vers une forme « sans-culotte », par sécurité ou prise de conscience citoyenne ?)
Pour aller plus loin, le volume 39, numéro 2, 1937, page 416-432(ISSN 00 35-1962) révéle tout ce qu’on n’ambitionnait pas de savoir :« Du petit Thouars à Aboukir ». Le célèbre Wilhem von Humboldt fait le récit d’une visite le mardi 22 mai 1798 (mais c’est aussi le 3 prairial !, ne jamais oublier le calendrier, après Septante) ( et il y aurait aussi de belles pages à re-donner sur le calendrier Julien, le Grégorien, le Chinois, le Juif, le Maçonnique-qui existe ! – , le Musulman…)
Visite au cours de laquelle il rencontra Mademoiselle Dupetit-Thouars, qu’il décrit ainsi :
« Elle paraît fort religieuse, ce qui la rend particulièrement sentimentale. Elle priait et se montrait souvent étonnée qu’on l’observa. Elle me parla presque exclusivement de son frère. Depuis l’âge de 11 ans, il éprouvait un penchant irrésistible pour les voyages au long cours. A l’Ecole Militaire on le destinait à l’infanterie, mais il ne voulut point suivre cette voie. Il étudia les mathématiques, en autodidacte, et l’idée lui vint, après l’entreprise infructueuse de d’Entrecasteaux, de partir à la recherche de Lapérouse »
( assez alcoolique, ou trop social, le logiciel de dictée où j’énonce mes brouillons a compris : la recherche de l’apéro…)
Les amateurs, on l’imagine, consultent déjà ce qu’on peut découvrir en ligne sur « l’entreprise infructueuse de d’Entrecasteaux », tout apport est bienvenu.
Soyons précis : notre Aristide Aubert a seulement 14 ans quand il fait la connaissance du navigateur préféré de tous les solitaires et les voyageurs au long cours (sauf erreur de patronyme), Yves Joseph de Kerguelen de Tremarec. Le père Dupetit-Thouars ( qui fut capitaine au régiment du Rouergue) est chargé de garder ce prisonnier au château de Saumur,( – ville par ailleurs négativement marquée dans la mémoire de YDIT :
la Mamie qui savait tout et ne disait mot y tint, probablement, un café-civette assez louche) Saumur où il est exilé à la suite de sa disgrâce. Le jeune Dupetit-Thouars découvre le goût de la mer(l’amer ?).
Pendant son internat au collège militaire de La Flèche, inspiré par la lecture de Robinson Crusoé, Aristide Aubert D.-T. se fait auteur d’un roman, et pour l’ enrichir s’échappe afin de s’embarquer à Nantes comme mousse. Mais pas longtemps : on le ramène à La Flèche… on passe rapidement sur ses années à l’Ecole Militaire de Paris, sur le fait également qu’il se porte volontaire pour accompagner Master Cook, et qu’il obtient seulement en 1778 l’autorisation d’aller à Rochefort ( que Pierre-Loti habita non sans magnificence, plus tard, mais c’est une autre histoire de Marine et de récit).
D.-T. embarque sur différents navires ( dont la liste existe : le lieu même de l’imbroglio emberlificoté de plus ou moins vrais souvenirs assez frelatés où parfois effarés .)
Il se bat à Ouessant, il contribue à prendre Fort-Louis du Sénégal, (l’ennemi est alors l’Anglais), et passe beaucoup de temps à tirer ou boire des canons dans les Antilles. Pendant la paix il voyage entre autres en Angleterre, en Grèce, en Turquie, plutôt semblable en cela aux Hommes de Noblesse et de Marine du 18 ème siècle. En Ecosse, il se lie d’amitié avec des Free-Massons qui lui apprennent trois mots de l’encyclopédie…
Pour ce qu’ils en savent, moins qu’il le faudrait, BOB et MORANE n’ont pas repéré de longs voyages relatifs à Marcel Malbée. Dès qu’il en devînt propriétaire, il venait avec la 4 CV visiter la famille YDIT dans le bungalow assez minable loué pour l’été, au camp de saint Georges de Didone ( la mère YDIT « gardait » deux enfants confiés à la famille, contre espèces rares mais sonnantes, ainsi se passaient les vacances : petits insupportables, lits superposés dans le bungalow doté d’une ampoule unique, vaisselle lavée dans l’eau brulante des sanitaires…). Les arrivées de Marcel Malbée dit MM dit Le Parrain n’apportaient ni joie ni répit. Trop de promiscuité pour les affaires de pyjama, mais compagnie garantie dans les douches tièdes sans cabine, côté hommes. Toujours ça de pris, devait-il penser ( on, s’aperçoit ici qu’on ne sait RIEN de ce que Die Pate, le Marcel Le Malbée,
savait,
pensait,
aimait (si, ça on sait)
rêvait,
disait,
regardait,
attendait (si, ça on sait)
appréciait
détestait
redoutait
de ce garçon (évolutif) à fesses rondes et silences perplexes : YDIT sur divan.
Bob et Morane la petite terreur municipale : une enquête de Louise Toffin, envoyée spéciale à Dupetit-Thouars.
9 – Neuvième (et dernier) article : Qui était réellement le père d’Hergé ?
Mise en page, illustrations-montages : Rose AUBERT ( merci à elle une fois encore)
Notre lectorat s’en souvient, on en était resté là (question généralement suivi de réponse positive dans le YDIT-BLOG…) : question…
Nue ? Avait-elle demandé, à son tour fausse ingénue.
Le déjeuner sur l’herbe, Édouard ManetNu dans le bain, Pierre BonnaudL’homme de Vitruve, De VinciNu descendant un escalier, Marcel DuchampNus bleus, Henri MatisseLes baigneuses, Gustave CourbetAnthropométries, Yves Klein
Le photographe plaidait histoire et culture, dévoilant Le Nu, vêtu ou dévétu. Dans quelques épisodes, assuraient les détectives – donc plusieurs mois, sinon davantage – on pourrait lire et voir les discours de FRED sur le nu, donc pas d’anticipation. (FRED, TYNE, les personnages réelles de ce roman-images). Auparavant, on aura pu lire les récits de TYNE et Gédéon, Afrique et Parti. Sans doute. Probablement, Peut-être.
Sauf si ?
MORANE : avec tout ça, on finirait par en oublier un, de mort. Et les morts sont toujours tout nus dans leurs linceuls.
BOB : je vois qui tu veux dire, et bien vivant, si on ose dire. Dans la mémoire.
MORANE : Hanged James.
BOB : et je cite Dany Laferrière dans « Je suis un écrivain japonais » : « Le présent est déjà dans l’escalier ».
Il se fait tard et il reste peu de passantes dans la rue pour admirer les atours de nos détectives à ravages et ramages. Trop tard pour élucider l’étonnante citation : le Présent, il nous rejoint ou il nous quitte ? Va savoir !
Surtout, le lecteur l’a compris, cette quête de la vérité, cette CHASSE AU PARRAIN, est close par ces récits d’à côté, ces métas-narrations, ces déambulations oratoires qui visent à minorer des aveux tonitruants d’évidents échecs.
Echec sans appel : Il est dead de dead , Die Pate, Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain. C’est fini pour la raclée. Plus la peine d’un détour rue Dupetit-Thouars !
Nous ne saurons donc jamais, en dépit de leurs travaux et de l’insistance des entretiens, comment fut conclue cette vie de MARCEL MALBEE,
et encore moins comment YDIT accepta de savoir qu’il ne saurait pas.
Jamais.
Comme d’habitude, et pour toujours, le dernier à savoir, ou celui à qui on n’a RIEN voulu dire sur lui-même, c’est Ydit le Didi.
Quant à nous, cher Lectorat, nous annonçons avec plaisir la prochaine série de sept articles : Qui était réellement le père d’Hergé ?
Louise TOFFIN, envoyée spéciale à Dupetit-Thouars.
Didier Jouault, pour YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison IV, Episode QUATRE-VINGT-DIX Série d’entretiens page culturelle. Neuvième (et dernier) article : « Qui était réellement le père d’Hergé ? »
( elle s’adresse à lui un peu comme lors d’une interview, mais pour un petit journal local, on pourrait imaginer par exemple « Le Maine Libre« . On est assis dans le bureau directorial de YDIT, elle est en train de prendre des notes (on utilise peu le iPhone comme dictaphone à l’époque, mais un micro magnétophone de poche, vieillot) d’un côté de la table, et lui de l’autre il a retiré la veste, desserré la cravate, on perçoit comme des achèvements.
Sur la gauche une pile encore modeste de parapheurs, mais pendant l’entretien la chef de cabinet on augmentera la taille, « je passe juste la tête, je vous les mets là, c’est pas urgent », comme si elle vérifiait un peu- mais avec une bienveillance amusée presque attendrie -que l‘intervieweuse et le directeur n’étaient pas en train de se livrer à quelques autres coquineries qu’un simple bavardage, ça ne l’étonnerait pas la chef de cabinet, elle croit bien avoir compris, enfin bon.
YDIT (elle demande ) vous avez parfois dit que le sérieux de la vie ( le sérieux ou plutôt est-ce le sentiment de gravité ?) c’est tout à fait comme l’alcool ou comme le Lexomil ou les amours ou les livres : à prendre avec plaisir mais avec modération, à défaut de quoi on s’habitue, et l’addiction au sérieux est- disiez-vous- l’une des pires inconvenances qu’on puisse imaginer. Surtout quand on écrit. Surtout si l’on se souvient.
YDIT répond : que il n’a jamais pu se convaincre que la vie n’est pas un de ces complots, comme les complots dénonçés par Qanom à la grande époque, un complot très finement élaboré par des Outre-Monde imbéciles, ou par une Intelligence Artificielle en partie conçue par un codeur enluminé par l’alcool ou l’Alprazolam. YDIT dit ( le Didi) qu’il reste dans la stupeur en pensant à Stephen Hawkins, ou d’autres, pour lesquels plus on aperçoit loin dans le ciel et plus on voit loin en arrière, dans le temps.
FRED murmure : elle ne comprend pas, cependant elle ne se fâche pas, et sert une nouvelle tasse de thé.
YDIt dit ( le Didi) qu’il ne comprend pas, quand il monte dans un train ( VENISE, Ep 71-73 / TOURNUS, Ep 76-77 / VERDUN, Ep 80-81, /BORDEAUX , Ep 84-85, et maintenent, pour finir, PARIS, Ep 88-89 ) il ne comprend pas cette révélation que – sautant tel un chat vers le plafond et ne touchant plus rien, plus la moindre parcelle de sol, de matière entrainante, il retombe cependant sur ses pieds, ici, deux ou trois secondes plus tard, ici au même endroit… alors que la suspension de son corps désormais porté par rien devrait le mettre » en retard » sur le mouvement du wagon. Comme un objet posé dans le silence d’un vide immobile. Mais non. Il retombe sur ses pieds. Tout comme de se souvenir ou d’écrire.
Puisqu’il ne comprend pas, dit-il, reste à s’en remetttre à toutes ces images qui accompagnent le mouvement de ton corps, toi, tandis que je me tourne à gauche à droite, et que je regarde de loin dans le ciel et que en même temps, donc, je regarde de loin dans le temps. Les mouvements de ton corps de femme dans l’espace de mon amour d’homme decrivent mon chemin vers…
Dans l’enregistrement ( archaïque ) la voix se tait. Après un silence long, FRED interroge : Vers ? Ydit ne dit, puis ( mais on perçoit que cela pourrait être, ou au moins annoncer, une « finale« ) :
ANNONCE de « FINALE » (?)
EMOUVANTES :
Dans le tiède clair-obscur d’une fin d’après-midi, aujourd’hui 30 juin 2025, l’été venu, au milieu d’un été parisien encore mal installé, je savoure le très incroyable et très imprévisible et parfaitement puissant bonheur de simplement ce saucisse-frites, le saucisse frites que je viens de commander et que j’ai eu tort de trop saler, simplement, puis la masse jaune de moutarde à forme d’escargot sortie d’un sachet métallique au bord de l’assiette, et le bonheur lui non plus guère partagé du verre de Cotes-du-Rhône qui pétille en appréciable écho des frites trop chaudes, je savoure d’être là au retour de la campagne ou une femme est restée, mais ils se reverront bientôt, et sur la table ronde métallique de la terrasse « Au métro », place Daumesnil, Paris 12e, je regarde dans le ciel pour voir très loin, et tous, aux terrasses des cafés, regardent simplement, pour voir le loin du temps… Ils vivent leur émotion du temps.
ET ? inquisitionne FRED, peut-être lassée par la longueur ?
YDIT : Elle est émouvante la femme que je croise boulevard de Reuilly et qui simplement dans sa main frêle porte des biscottes, et puis de l’autre main commence à déchirer le paquet, parce que sans doute elle a une petite faim et que c’est l’heure du thé mais qu’elle n’a plus assez d’argent pour rentrer chez « Thé Tot ou Tard », en face. C’est une limite à la vie, d’être pauvre.
Elle est émouvante cette femme de quarante ans, un peu tirée en arrière sur le fauteuil de métal et de cuir assez usé, dans le coin gauche de la terrasse, devant la fameuse pâtisserie rue de Buci, le glaçage des gâteaux va devenir émail à la chaleur du soleil, et pendant ce temps elle caresse doucement les cheveux très bruns de son amie, ou de sa fille, qui la regarde dans les yeux. Et ne dit rien.
On ne dit rien quand on est simplement là .
Elle est émouvante cette femme, dans le tramway vers la Porte des Lilas, tenant d’une main gantée de gants usés la hampe centrale, elle protège entre ses pieds solidement plantés un gros sac Franprix orange, debordant de paquets, de boîtes de conserve, d’emballages de légumes, qu’elle vient d’aller acheter sur le marché le moins cher de Paris, et elle surveille d’un regard fatigué. Il faut venir de loin quand on est pauvre.
Elle est émouvante cette femme plus très jeune qui marche en pleurant au milieu du trottoir, rue Joursain, tout en fin d’après-midi, tee-shirt vert un peu déformé, robe vaste à fleurs, elle pleure en marchant, près de terrasses joyeuses et bruyantes ou d’inconsistants jeunes hipsters boivent des bières à 7€ en rigolant de la vie, et se préparent à rouler un joint qui fabrique la terreur au pied des tours dans les quartiers comme la misère des paysans au Maroc. Elle pleure ( Fin de mois? Séparation? Licenciement? Maladie de l’enfant?) et ils ne savent pas la regarder.
Elle est émouvante cette très jeune femme, si maquillée mais si mal, cheveux par endroits tachés de vert, tatouage bruns et violets sur le haut de cuisse, le bas du bras, mais aussi les jarrets ou les paumes, et qui a porté à son oreille son smartphone en perpendiculaire à l’axe de la tête comme elles font souvent, pour mieux entendre le message de son amoureux.
Elle est émouvante cette femme asiatique connue je connais depuis 20 ans, qui me salue dès que j’arrive à la caisse, et qui m’aide à déposer ( j’ai SEPTANTE et bien davantage) sur le tapis roulant les achats du jour, maillot bleu-nuit, elle ne va pas rentrer tard ( la magasin respecte les horaires), mais elle va rentrer loin, métro, loin, dur, loin, RER, long, complet.
Elle est émouvante cette femme d’age incertain assise en face de lui, dans le hammam mixte et public de la piscine, dans le Morvan, elle et lui regardent d’abord leurs pieds, puis se regardent enfin d’un sourire protecteur et banal signifiant qu’en réalité non ils ne se regardent pas pour de vrai, comme s’ils étaient des personnes avec des corps de personnes, alors ce serait vrai, ici, non, pas du tout, ils ne vont pas se regarder ainsi, car on est juste ici pour le chaud sec du sauna, la vapeur du hammam, pour l’effet produit, pas pour le regard porté, comme si les chaleurs dans les maillots de bain tuaient dans le respect l’effervescence du désir.
Elle est émouvante, elle, cette fois, c’est une femme un peu fatiguée maintenant, les cernes sous les yeux sont trop vastes, la couleur des cheveux a perdu son naturel, elle n’aime que les gestes graves mais rapides, et sur le zinc-cuivre et bois, son bar, celui où elle travaille, longtemps, mais quand même le zinc, le bistrot à tapas au fond d’une ruelle de Bilbao, elle pose les deux assiettes qu’il a demandées pour sa compagne et lui, ajoutant les verres de vin blanc très sec, et elle demande, usant d’un Espagnol chantant le Basque, si ce sera tout où s’il voudra un peu de douceur pour le dessert, et il répond qu’on va en rester là, et le regrette.
Elle est émouvante, soyeusement douce, jamais douce-amère, douce derrière la vitre, la violence apparente du sexe, subtilement concentrée derrière la dispersion superficielle qu’offrent au promeneur le vin rouge et la saucisse frites, le banc du hammam ou les degrés du métro, la couverture grise de » Je me souviens », sur le trottoir ou derrière la table de zinc, soigneusement douce, subtilement concentrée, elle est émouvante cette femme, elle est émouvante cette femme là d’ici, toujourd, elle qui passe sa vie dans mon regard, elle est émouvante et je ne lui parlerai pas, je ne m’approcherai pas d’elle, pour que ne s’éparpille pas l’émotion, l’émotion tendre des toutes celles-là d’ici, Paris, Paris, partout, ailleurs, ici, et voilà pourquoi.
Elle est émouvante, regardée loin des lumières du désir, mais avec le désir d’être ensemble sur le chemin du présent (impossible attente); émouvante au cours de ces gestes incertains et qui savent dire le silence, l’absence, la pauvreté du jour, la permanente inquiétude des fausses présences; émouvante par ce geste du corps où l’on pourrait s’accrocher si s’approcher ne tuait pas le geste; émouvante par la personne dont tout se voit et rien ne se sait, terrasse, rue, bar, rue, hammam, rue, métro…EMOUVANTE et jamais EPOUVANTE.
Et c’est ainsi que l’histoire se conclut sans commencer.
Et voila pourquoi tout ceci est dit.ici, Par Ydit, le dit Didi.
Didier Jouault pour YDIT blog Hors saison, saison 4, Episode : QUATRE VINGT NEUF / Marches- souvenirs des nuits dans les marges du récit de jour, Fred lui demande s’il se souvient, et Ydit, lui, répond qu’il errait dans les villes, des marches pour fuir la prison de l’enquête sur Marcel Malbée, dit Le Parrain, désormais cela est achevé, l’enquête, sur l’impensé du passé, l’enquête, et donc, c’est la onzième séquence-souvenir, cette fois définitivement, Paris, origine des ondes, arrivée des cendres, Paris : les mouvantes émouvantes, PARIS. Et ailleurs. Et chaque jour. Et nulle part.FIN, ou presque
Partout, sur chaque branche d’arbre de mes jardins secrets, au-dessus de l’impeccable Hanged James, il y a une émotion : une femme. Parfois ce fut TYNE, ( on en parlera davantage dans quelques mois), ou FRED. Personnges de roman-images.
FRED, ça se voit ce matin à cette façon de poser trop vite sa tasse de thé sur le meuble, est en colère.
Ydit a onze ans, douze ans, il a quitté les genoux de Marcel Malbée dit MM, Le Parrain dont les mains sont toujours sur sa cuisse en limite du short échancré, large, YDIT s’est encore tenu comme un gamin qui s’ennuie. Il a quitté la salle à manger ou les adultes sont encore en train de terminer le déjeuner. Mamie – qui savait tout- croque dans le biftèque dur des pauvres- mais pas si pauvres que le biftèque soit impossible. République pour entériner le décès du premier mari de La Mère, père qu’on réverait d’avoir vu revenir en Lieutenant FFI)
Ydit revient dans la salle manger, on observe son faux pansement, nul ne dit rien.
Si FRED est fâchée c’est parce que nul ne dit rien. C’est aussi parce que BOB et MORANE, les Détectives féroces, soldés pour ce faire, lui ont apporté une bande audio dérobée sur le Iphone de YDIT. L’enregistrement atteste qu’on a dicté en marchant, sans doute dans les bruits des rues de Paris, le souffle des pas rapides
(…) (…) (…)
Dernière bande ( connue ) :
Depuis que les femmes font tous les métiers, cela ne change rien pour certains, certains hommes, certains métiers, certaines femmes mais je dois dire que les rues de Paris sont plus jolies, et le regard plus joyeux, soyeux, curieux : la géomètre sur son trottoir déborde de blondeur, et de frais pull vert tendre, Jeans serré, quand elle se penche pour ajuster son œil à la machine, et que je passe près de son émouvante odeur… La jeune flic en bleu, dont les hanches sont entourées d’une série d’objets hétéroclites qui pourraient la rendre pataude, mais la silhouette dynamique joue de sensualité dans l’uniforme ajusté, rondes fesses bleues modelées par l’entrainement, la flic inscrit de très émouvants gestes dans l’espace… la cheffe de chantier, à peine plus que trentenaire, solide et décidée, des hommes d’outre Méditerranée sans réserve l’écouten avec respect, vous mettez ça là et vous me retirez ça d’ici, les bras levés entrouvrent la rondeur du gilet de travail…la guichetière du métro, service terminé, gravit sans hâte et sans réserve l’escalier profond de la station « Télégraphe » , ou c’est « Grands boulevards », où le Breton André suivait les parisiennes…
le tiers absent: Old Sam.
FRED : Donc ?
YDIT: Texte !
Immobile à côté du fauteuil, Clov le regarde. Teint très rouge. Il va se mettre sous la fenêtre à gauche. Démarche raide et vacillante. Il regarde la fenêtre à gauche, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête, regarde la fenêtre à droite. Il va se mettre sous la fenêtre à droite. Il regarde la fenêtre à droite, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête et regarde la fenêtre à gauche. Il sort, revient aussitôt avec un escabeau, l’installe sous la fenêtre à gauche, monte dessus, tire le rideau. Il descend de l’escabeau, l’installe sous la fenêtre à droite, monte dessus, tire le rideau …Il descend de l’escabeau, va vers les poubelles, retourne prendre l’escabeau, le prend, se ravise, le lâche, va aux poubelles, enlève le drap qui les recouvre, le plie soigneusement et le met sur le bras. Il soulève un couvercle, se penche et regarde dans la poubelle. Rire bref. Il rabat le couvercle. Même jeu avec l’autre poubelle. Samuel, (Fin de partie. p. 14-15).
La bande dérobée par MORANE et BOB continue ses impardonnables obscénités :
A la terrasse du restaurant de quartier où il est venu dîner seul (plat du jour, ballon de Côtes), temps passé – temps trouvé, tu es arrivée un peu de biais comme s’il ne fallait pas troubler la chaise où masquer la pub du parasol. Le cou est gracieux, on ne voit pas grand-chose de la silhouette (sur les photos d’art seulement les silhouettes ont du sens). Tu as croisé des jambes déjà bronzées, prises avec élégance et une forme d’indifférence bien élevée entre minishort et chaussures basses de couleur assortie. C’est un soir de presque été le 11 juin 2025.
Jusque-là tout va bien.
Et puis au milieu de tout cela, tu sors un livre du sac en toile floquée du sigle « Petit-Palais », et voici que tu lis Perec, tu lis Pérec, oui, c’est dans l’édition originale que tu le lis, celle par laquelle je l’ai moi-même découvert il y a très longtemps, à l’époque où P.O.L. n’était qu’une collection chez Hachette, « Je me souviens ».
Peut-on, peut-elle, peux-tu lire impunément Perec, « Je me souviens », au coeur de ce roman-images acharné à mentir ses vérités, à monter sa sévérité , lire vers la fin d’un récit (mais finira-t-il jamais) qui prétend noter les souvenirs selon qu’ils ont été soigneusement inventés ou simplement repeints, sous le nom de Marcelm Malbée, dit MM, DIE PATE ?
Là, tu es assise, tu lis Perec. Un livre, c’est aussi toujours une stratégie pour séduire une femme. Par exemple j’avais accepté, naguère, de rédiger de brèves fiches de lecture-par exemple sur Jacob De Valérie Zanetti-parce que MLR me l’avait proposé. Les fiches, je les rédigeait dans un seul but, je les faisais bien, je les faisais vite, dans un seul but : être vu d’elle. Il y a si longtemps de cela, vingt ans ? Et maintenant- j’ai trouvé SEPTANTE et chaque mois davantage- sur le palier à la place où la postière blonde et longue dépose le courrier, j’ai trouvé « LIEUX », l’amas -fatras ( organisation du désordre) qui regroupe les notes prises pour un projet inachevé, programmé pour douze ans de descriptions et souvenirs, mais Pérec mort avant. Sur la palier. « LIEUX ». Douze ans.
Depuis que je sais lire ( ou lier, anagramme) , je n’ai toujours pas appris à me surveiller en permanence pour empêcher ces gestes piégés : des gestes à destination unique, le regard d’une femme. Alors, je ne dis rien, sur la terrasse de quartier, où tu as sorti un Perec du sac, je ne te parle pas, je te regarde lire, ce n’est pas n’importe quel Pérec, je me souviens de « Je me souviens », et toi tu ne peux pas t’en souvenir encore, pas déjà…
Bien sûr, ensuite, tu pars. Sur la selle du vélo, sur le banc du métro, sur le carreau de la piscine, on se demande -malicieux et imprudent- si vous ( llectrice/lecteur de ceci ) ne verriez pas une touffe épaisse et rugueuse, le contraire même des blondeurs soyeuses et transparentes de TYNE l’Africaine : une pilosité moderne comme en découpent de jeunes femmes élégantes et radieuses, délimitée soigneusement pour former un ticket de bus de métro parisien -il paraît que c’était la mode il y a peu-, mais je ne prends jamais le métro, et FRED lisse sa volumineuse rousse toison, un ticket aller-retour, pour cette pilosité dans l’image noire grasse et crue. Grasse et crue comme le désir, on n’y peut rien, sauf ne pas le dire, ne pas le montrer.
Mais alors il faudrait aussitôt cesser d’écrire , de lire.
Bien entendu FRED est furieuse
( TYNE rierait à gorge déployée) :
comment cet homme, YDIT, ose – t-il encore ainsi nommer, aussi regarder, ici décrire , annoncer la vérité du regard et le mensonge du fantasme, à SEPTANTE et sans cesse davantage ?!
Didier Jouault pour YDIT blog Hors saison, saison 4, épisode Quatre-Vingt HUIT, Fred lui demande s’il se souvient, dixième souvenir de marche dans la marge du récit : YDIT répond qu’il errait dans les villes, l’escale précédente étatit à BORDEAUX avec un chat dans un TGV, ou bien vers MONTPELLIER, en tout cas c’était un chat et du TGV, l’avant-dernière évasion hors d’une prison, cet enfermement qu’est la quête de Marcel Malbée. DONC, épisode QUATRE-VINGT-HUIT, bientôt l’été, Ydit répond à FRED qu’il marchait PARIS, émouvantes /// Début (un sur deux)