ENTRACTE  6/6 : PIQUE NIQUE A TAXOS, sixième et dernier mot,  le nu vêtu et dévêtu par on ne sait pas trop qui même (et aujourd’hui on a bien tous les droits?)

IMG_1079 ENTRACTE  6/6 :

PIQUE NIQUE A TAXOS, sixième et dernier mot,  le nu vêtu et dévêtu par n’importe qui même ( et aujourd’hui  justement on a bien tous les droits?)

Perplexes depuis le coin de la rue, l’essentiel dans le regard, les Hôtes Absents mais attentifs suivent activement le sein du dessein comme les pérégrinations mentales ou plastiques du Narrateur.

« Fais gaffe, dit Jérémie le psy, dont Germaine désormais se fait accompagner partout, elle en rouge qui enrage, lui en bleu éblouissant, jolis comme une sortie de tranchée Garance, accompagner depuis que tout le monde peut grimacer des dents sous son Covimasque, fais gaffe, te mettre à nu dans l’atelier de Taxos sans réserve ni même un pagne au détour d’un sentier de chèvres, te faire portraiturer l’Integral Épiderme par des personnes de rencontre à la moralité incertaine, t’asseoir sans rien pour te couvrir dans l’immense lumière de l’autre terrasse ( les voisins Achille et Nausicaa ne sont pas encore arrivés pour l’été), c’est donner peut-être la viande à déchirer par les  chiens asociaux et simples des réseaux… »

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D’accord, poursuit-Il, on sait bien que ces poses sont pour le regard précis de quelqu’une, et pas seulement pour toi, mais je te le dis l’ami qui sent l’anis, le thym, la myrrhe et le cabri, et le répète, te montrer ainsi mis à nu par tes faciles rencontres jamais ne dément le chiffre pas secret d’une blessure que toute exhibition narcissique avoue sans réserve…Et, ça, terrible.

Le galimatias pédant du voyageur me fait rigoler, je lui sers un nouvel ouzo, le troisième, qu’il méprise en écrasant de glaçons, et remplis la coupelle de cacahuètes grillées. Trois ouzos, trois mousquetaires, trois poses ( la même et cependant une autre ?)

 Entre temps, CLAUDE avait envoyé un texto : «  C’est amusant ici, sur l’île, j’ai bavardé avec un Moldave qui tend des fils de clocher à clocher, près du musée vide consacré à la poésie des Cyclades. Finalement on va dîner ensemble, aussi  je dois venir plus tôt chez vos amis absents, et pas plus d’une heure. Nous mangerons la lumière d’été sur votre terrasse et je sais comment manipuler une image pour -avec du jour-faire la nuit. Préparez le vin, j’apporte le geste, Vale. »

TAXOS appelle d’autres images ?… Il se peut que les mémoires photographiques s’emmêlent un peu dans le souvenir et l’imaginaire du Narrateur, et que l’illustration malicieuse de cet entracte anticipe sur la reprise à venir du récit majeur : « Le jardin de Giorgio. Bassani ». On ne peut pas en vouloir au Narrateur Spéculatif d’être un peu un Raconteur Alternatif. Pendant l’entracte, on peut encore rêver un peu à la suite du scénario, comme si tout n’était pas déjà donné, puis l’annoncer par un clin d’œil : voici donc ici la future Erika de Mantoue. Saluts à Erika (toujours bienvenue quelle que soit sa langue !)

Le foyer du théâtre fait autant de bruissements et de ruines qu’une pièce de Shakespeare mise en scène par un lecteur de Kafka et joué pour le club  » Bonjour la comédie » d’un Camp de jeannettes (si jamais cette sorte de choses a le malheur d’exister encore). Il est difficile d’y tenir une conversion qui ne se bornerait pas au décompte des bulles dans la coupe.

-« Cependant, grogne V3, dit Voltaire, faux frère s’il en fut, pourtant, naguère quand l’heure venait de projeter les images de contes ou de voyages, et je m’y connais, il fallait changer la bougie, au moins avait-on le temps de regarder. A présent ( il tapote l’écran de son vieux doigt d’écrivain mourant, néglige l’aspersion d’hydroalcoolique) il suffit d’une pression pour qu’éclate le corset de la mémoire ». Et le corps se libère alors. »

V3 fait défiler des images où, c’est juste, on ne peut pas regarder YDIT Le Narrateur Spéculatif sans sortir son masque, son face-à-main, son pinceau à caviarder le trop montré. A nouveau je souris : poser du noir sur du noir, couper juste à temps, barrer d’un trait coloré ou nier d’une touche rose, n’est-ce pas tirer le regard vers ce qu’on refuse de laisser voir, et qui ressemble du reste ( s’il en reste !) si stupidement à tout ce que tout le monde peut voir ici et partout?

Je n’ai, ajoute YDIT, de pudeur que pour mes histoires du dedans,

« Sur les illustrations de YDIT, d’accord, c’est la balade tête lâchée, oui c’est l’entracte (qui touche à sa fin, notez ! ) mais on se demande, murmure Germaine, on se demande tout de même si tout ceci ne devient pas super, comment dire, scolaire? Tout à l’heure, ne m’en veuillez pas, YDIT, si on vous laisse faire, vous allez nous assourdir de synecdoques sournoises ou de métalepses coquines, sans oublier cette écolière ribaude, l’anacoluthe, toujours  à chercher une liaison!« Serait elle purement visuelle ? Monter pour descendre?

-« Et on attend mieux -ou bien pire encore, ricaneV3, – de vous que la pédanterie tartinade en WordPress, et Même en WordPress deux fois par semaine, ça fait beaucoup, ne trouvez vous pas ? »

LA VENGEANCE DE LA FILLE EN SHORT ?

Le type tant et trop de fois montré à poil justement aujourd’hui, et pourquoi pas soixante-dix fois ( on sent que ça ne lui aurait pas complètement déplu à Vassiliki), c’est un peu la vengeance de la fille en short, non ? L’exposeur a son tour exposé,  bien fait, bien joué ?«

YDIT, que rien n’affecte pourvu qu’on parle de son texte, car c’est encore la plus habile manière d’éviter qu’on parle de lui, reconnaît que l’illustration pour lui à chaque publication, se donne seulement avec un certain sourire, un sarcasme attendri dénué de cynisme ou d’amertume, un jeu de contrastes, de démentis que l’image oppose au texte, et, comme il perçoit la renaissante lassitude chez Germaine, préfère laisser les comparses ripatonner en scène.

-« Quelquefois quand même », ajoute la Russe Vassiliki ( ah, retrouver ici son accent de Verveine poussée en Sibérie est un bonheur-du-jour sans mélange, bonheur des personnages Renaissants et Résistants) , quelquefois et même un plus que cela, on sent que vous avez eu la flemme. Vous écrivez cheval et montrez une selle, des naseaux, même un facteur, fastoche… »

Les plus fidèles des ZadYdits ( ainsi se sont désignés entre eux quelques lecteurs qui se retrouvent au café Georges Bassane, rue Belles Fleurs ) savent toutefois que s’il évoque ( on se demande pourquoi !) une gaie voltigeuse, plutôt qu’un si léger Degas ou un troublant Toulouse Lautrec, Le Narrateur Spéculatif montre plus volontiers une belle image de Percheron bien rond, quoique non buveur, lui.

Des fatras de ce méli-mémo du foyer dramatique, YDIT reprend, et répète que, à ses propres yeux, l’écran propose à chaque fois, à chaque post, une construction d’échos mensongers  texte-images menteurs vraiment, de préférence en contradiction et en défaut grave de sérieux. Hélas, la lecture ailleurs que sur le site originel, WordPress, déclenche des cascades imprévues de décadrages et glissements, mais on peut encore tirer malgré tout le fil du sens et des contresens que l’effort long de mise en page tente de produite, au moins de suggérer.

-« Chaque mot publié est un coin de peau dévoilé, sourire en sourdine, et gamineries en prime. À cet âge, on croit pouvoir tout se permettre, murmure avec bon sens Germaine, on n’a plus trop de temps pour le reste. »

IMG_3626Mais chut, le drame reprend sur la  scène.

Aujourd’hui même s’achève un certain entracte. Le temps s’élève il est temps de rire.

 GENDARME ! VITE, VITE, VITE :  TROIS COUPS ! RIDEAU !


Didier JOUAULT , pour YDIT-SUIT,  ENTRACTE 6/6 : PIQUE NIQUE A TAXOS, sixième et dernier mot, le nu vêtu et dévêtu par on ne sait pas trop qui même (et aujourd’hui on a bien tous les droits?). FIN .

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