YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 33/99, Chapitre 11 – premier milieu. Il fallait que ce fût très violent ou très désopilant…Doux et fort comme un miel des Pouilles.

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Le père d’Erika, un peu démâté par deux ou trois verres de Pouilly-Fuissé, avait dit :

« Comme si c’était pas déjà si compliqué, le narratif, fragile comme un cerf-volant de papier, gluant comme un escargot mal cuit dans son trop d’ail, tu parles, ça court tout seul, et tu le rattrapes quand tu peux, le narratif, qu’est-ce que tu crois ? »

S’en suivent dans le désordre des épisodes que la presse stupidement glosera : opérations longuement discutées vivement ratées de libération, enfant très maltraité, Giovanni BRUSCA condamné à perpétuité mais sur d’autres motifs car on n’a pu établir de liens, puis vient l’ordre de l’assassinat.

La déposition de Gaspare Spartuzza, plus tard, fournit ces informations de première main (troisième couteau, première main) qui bouleversent l’opinion publique. Erika retrouvera l’écho de ce meurtre, et de ce temps, aussi, dans un rayon de la maison de campagne, en Toscane, parmi beaucoup d’autres et, pardon, de bien meilleurs. KAOS II (à l’origine « Tu ridi ») raconte l’affaire, c’est l’un des deux sujets du film que Paolo et Vittorio présentent en septembre quatre-vingt dix huit à Venise. Ils ont fait beaucoup mieux depuis, de sorte qu’Erika change le DVD après quatorze minutes de visionnage, y a heureusement pas que ce truc à regarder.

Elle se retourne vers la terrasse, le soir est doux et fort comme un miel des Pouilles, un verre de blanc dans le coucher rouge serait bienvenu. Elle s’enveloppe d’une sorte de boubou rapporté d’Addis Abeba par sa mère, à l’occasion du congrès « Femmes noires, femmes libres, femmes d’avenir, l’excision témoignage d’un esclavage moderne ». Sa communication y avait été accueillie avec enthousiasme.
Le temps passe paisiblement, mais le père de famille, lui, s’inquiète, bien que les évènements annoncés redoutables –et donc redoutés de tous les braves gens –n’aient pas eu les retentissements cataclysmiques (ou presque) décrits aimablement pas de bavards chroniqueurs un peu hagards au rencart.

On est passé à l’Euro, et le monstre glapissant nommé ‘Bug de l’an 2000’ n’a même pas réussi à faire bugguer les ordinateurs IBM des carabiniers de Reggio di Calabra, c’est tout dire. En février 2000 on a bien ri, car Erika persévérait dans la précocité : « Savez-vous quand sera la prochaine année à nouveau à la fois bissextile et centenaire ? Non, eh bien moi j’ai cherché, ce sera le 29 février 2400 ».

En ces moments-là, personne n’ajoutait à ces chiffres une plainte convenue, du genre : « Si la planète existe encore ».
Aujourd’hui, dans sa plate Mantoue frétillant de chaleur et d’éclats, sans doute Erika pourrait-elle penser : on a le temps, mais il n’y aura sans doute plus de thermomètre qui n’ait fondu. ET part se rafraîchir

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Didider Jouault  pour  YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 33/99, Chapitre 11 – premier milieu. Il fallait que ce fût très violent ou très désopilant… « Doux et fort comme un miel des Pouilles »A suivre.Le 11 octobre, ça devrait aller. Sauf s’il pleut trop, sauf si on se ré-enferme en écoutant Bashung, si les terrasses sont vides.

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