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Tandis qu’en éteint Les Lumières 
sur la scène où se multiplient en même temps les « Poursuites », balayages aigus de l’absence gagnant le centre du plateau, moi, j’écris des recommandations légères, conseils pour des adresses de tables typiques ainsi que « Le Vieux Ghetto« , futur décor d’une scène cardinale, dans le parcours dédalien vers le labyrinthe qu’est sans doute le Jardin de Giorgio Bassani.
NOTICE :
Gourmet Burger, Saraceno, 11, Ferrara, menu midi 20 ou 28 euros, carte le soir, comptez environ 45 à 60 euros.
Tout ce qu’on peut dire du Burger Gourmet, c’est que l’ambiance y est à point de 11h à trois heures du matin. L’hiver, une salle dont les poutres apparentes ne brisent pas un bel équilibre de maison noble XVIII, cheminée dès les premiers froids. L’été, conquise (à prix d’or, il est vrai, et l’addition ne s’en cache pas…) sur la rue, la superbe terrasse étroite, à même le sol, aligne une dizaine de tables, très recherchées par les élégantes et les gourmands, qui sont parfois le même personne.
La carte joue des spécialités d’Emilie-Romagne, en colorant le Burger selon les produits très inattendus comme les poivrons, les anguilles, et naturellement la fameuse sauce « Ercole I », nom du Duc fondateur, à base d’épinards et de mozarella di buffa. Si vous préférez bouder le Burger (bien qu’ici le petit pain rond soit génialement croustillant) on peut le comprendre, vous agiterez les papilles avec les empereurs de la carte, une spécialité, les capelllacci alla zucca : vous prenez un potiron tout rond, gaiement cuit dans le prosecco, une variété d’herbes rares, vous en farcissez des raviolis bien épais (pâte recette maison, beaucoup d’œuf), en ajoutant beurre salé, sauge, tomate, et un peu de poivre en grains, servez brûlant avec- pour les insatiables sans cœur- de toutes petites tranches de castrato, cet agneau de lait grillé sur la pierre blanche, lamelle marinée dans le campari (pour le mélange sucre et amertume, belle image d’une fin de vacances) tout juste retournée à point. Personne n’aurait imaginé cela, mais on vous l’apporte sur le gril.
Pour le reste, en hiver seulement, un mélange très détonnant de recettes Sépharades et de non moins roboratives traces yankies dues à la deuxième guerre. Mais vous n’allez pas venir sous la neige, à Ferrare ( et vous aurez tort).
Un choix de crus assez limité, préférez les blancs dont un succulent Ovietto, ou bien – toute honte bue-, choisissez l’une des trente bières artisanales que les Ferrarais viennent déguster ici, au long de la journée.
Service toujours efficace, adorable en hiver, rigolard en été.
(réserver : http://www.STREETBURGERGOURMET.IT)
Pour en savoir plus : http://www.ferrarainfo.com/it/ferrara »
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Joint à la carte : un article de la revue municipale présente les parcours de la famille d’Este, et d’une courte ligne indifférente, les « faveurs » dont bénéficiaient les Juifs. Le texte, bizarrement, néglige cette immense et majeure « migration » fin XVème, et sa presque totale fin en 1943, deux petits « oublis », comme s’il ne s’agissait que d’une maigre surface de temps plissée par un souffle léger de l’histoire, une vaguelette croustillant sur sa crème anglaise; image insupportable.



Les touristes de le vie, rien ne sert de leur égratigner la mémoire, surtout s’ils sortent du Gourmet Burger.
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Didier JOUAULT pour YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 48/99, Chapitre 16 – premier milieu. Pour réserver http://www.STREETBURGERGOURMET.IT. La suite est proche, mais en décembre,le premier, par exemple ? ( le 9 décembre, ça irait?) Toujours pas d’urgence que je sache ?