YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison 4 Episode TROIS : Le retour du narratif intempestif, un temps festif.

Note de Madame Frédérique :

Depuis quelques années, dans le sud,  Y.d’I dit Ydit  occupait les soirées, en hiver, en rédigeant une sorte de feuilleton publié sous la forme d’une espèce de blog – même s’il détestait ce mot, archaïque. Dans une première série (commencée comme si elle ne devait jamais s’interrompre) se succédaient à rythme assez régulier des «  vignettes » collées sur les pages de sa mémoire : scènes de la vie, du métier, des amours et des oublis de vivre. Par ironie, l’objectif avait été d’un prétendu effacement de  mauvais souvenirs,  en les racontant. Echec certain. Il aurait dû le prévoir.

Il m’avait écrit : « Madame Frédérique, vous vous êtes amusée à ma dernière «  SPO », tout en l’estimant un peu hermétique, et, je vous le confirme : faire court et dense, puis investiguer, à la poursuite d’images si possible discordantes, posant la ligne d’humour, dépense une belle part de mon temps- mais je n’en manque plus. »

Ensuite, parce que je l’avais interrogé sur l’interruption assez brutale après deux ans et demi de parutions, il m’avait répondu, par un long texto :  l’obligation à lui par lui-même imposée, publication régulière, ton de préférence badin, touche d’humour( ?) , avait fini par lui peser.

Le plaisir devenait devoir. Il s’ennuyait de

se contraindre.

Il préférait marcher à la lisière des bosquets du Perche où il louait de successives petites maisons : fonctionnaire déguisé (mal) en mini-bourgeois local. Il ne désirait pas qu’on choisît pour lui le rythme de ses parcours.

Après la longue période consacrée à rédiger son roman «  Le jardin de Giorgio Bassani », puis à l’attente des réponses toutes négatives d’éditeurs tous enthousiastes, encore différées par le renfermement général du «  confinement »,

…il avait engagé une deuxième série de publications, découpé le récit, inventé ou retrouvé des images, là encore souvent distanciées du texte, avec une volonté d’humour et cette propension à l’érotisme quasi adolescent que je ne lui avais jamais connue- mais notre relation épisodique de travail n’y prêtait guère, même lorsque nos veillées au cabinet du ministre façonnaient un semblant d’intimité gaie et fugace.

(« Coupez vos phrases, Madame Frédérique » – aurait-il dit en me lisant aujourd’hui.)

Je me souviens qu’il avait  éprouvé une vraie difficulté à en terminer avec la publication, il aimait le récit, le décor (FERRARA), les personnages dont l’énigmatique logeuse Silvia,– Silvia, on pouvait douter de sa réalité, non de son existence- ni des mensonges ni de l’Histoire des Juifs de FERRARE.   Comme s’il eût été un écrivain véritable, ce à quoi il ne prétendait évidemment pas, YDIT avait regretté  la brusque et virulente solitude qu’apporte le mot « FIN ».

Si violent, disait il.

Dans la vie ou les romans, on hésite à ça : « FIN ».

Cependant, il faut.

Surtout Septante et davantage étant venus.

Septante et plus, c’est tard, déjà.

Quelques mois plus tard, une «  Saison 3 » -intitulée « saison » par dérision parce qu’il s’avouait friand de « séries ARTE ou NETFLIX », avait commencé difficilement, s’était continuée dans l’insatisfait, puis s’interrompait abruptement sous le flux ( relatif au nombre total de lecteurs : à peine plus de 3000 tous sites et réseaux  confondus) de messages négatifs : on n’y comprenait rien, à ce nouveau blog, c’était mal écrit, les habituelles images perdaient tout sens réduites à elles-mêmes, ça partait dans toutes les directions mais aucun sens.

Des filles en photo et en marge, s’il y a du texte au coeur, passe encore, mais sinon ça commençait à signer monomaniaque.

Je partageais ce mécontentement, plutôt cette déception. Si le  texte ne portait plus assez, les images dès lors se voyaient trop : dérision, détournements, décalages, montages arrogants, filles à moitié nues ( et souvent davantage) … . YDIT aurait détesté ce genre de commentaire, « retours du fonds puritain ». Mais…

Sans doute n’avais-je même pas regretté que ne parviennent plus, dans mes «  notifications », les publications régulières de mon ex-patron. Et je ne garde pas le souvenir d’avoir perçu un « manque » : l’affaissement  progressif du plaisir de lire. Vite- comme souvent- l’épuisement des  » signaux » provoquait l’éloignement de l’homme.

Ensuite -combien de temps plus tard ? Un an ou trois ? – était parvenu l’envoi dit  » Lettre de A, version B « , l’objet de mon travail, l’envoi qui va nous relier -vous et moi- pour des mois, au moins trente-six mois : j’avais reçu un épais volume de papiers, d’enveloppes, de collages,  presqu’un carton d’étudiant déménageur, accompagné de clés USB à forte capacité, peu utilisées, le dépôt appelé ici

« Lettre de A., Version B ».

« Lettre de A. » – même s’il modulait «  version B. », le fatras semblait-il désorganisé portait tout de même le principal message : une disparition.

Impossible, aussi, d’échapper au devoir de faire-part.

Et nous voici ici sans soucis, vous et moi, pour des mois et des moi d’émoi (?).

Monsieur Y.d’I., dit YDIT, le Didi, pas sûr que je vous remercie du poids.

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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison 4 Episode TROIS : Le retour du narratif intempestif, un temps festif. A suivre, chaque semaine, ou plus ou moins…Prochain épisode : Lire ceci sans vous agacer, DIMANCHE 30 SEPTEMBRE , vers l’heure de Vêpres, coca light, thé lapsang, gin tonic ? Parfois le dimanche, mais ce sera surtout le mercredi.

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