YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode CINQ : Lire ceci, sans vous agacer, de préférence.

INCIPIT : On aurait pu commencer ainsi :  » Toutes les images disparaitront .  » ( Annie ERNAUX, « Les Années », Gallimard, 2008)
Mais on a choisi ça :

Note de Mme Frédérique.

« L’assez important volume que représentait, sur mon bureau, la Lettre de A.-Version B., titre inspiré de l’Incipit de «Port Soudan», était formé de textes très différents. Il s’agissait en général de tirages imprimés, parfois de notes encore manuscrites mais où les corrections (préparatoires à l’impression) paraissaient lisibles, d’une sous-enveloppe où se trouvait la clé USB «  Images » : de nombreuses photos en large partie récupérées sur le net, et même de quelques photocopies de passages d’ouvrages,

soigneusement référencés…

Il va de soi que l’ensemble, pas si disparate que mon  ex-patron paraissait l’affirmer, avait fait l’objet d’une préparation : presqu’un ordre de « saisie » pour un opus final, au moins dans sa version 1. Celle qui dit tout.

Seules les photos, peut-être, avaient été rangées par ordre de thèmes ( ou de personnages ) plus que par ordre chronologique. Un petit nombre de tirages papier provenait d’une époque à format carré, Noir et Blanc, bords dentelés.

Après avoir un peu fouillé, j’avais- je l’avoue- été surprise : si les femmes, et les histoires de femmes, foisonnaient, venues du réel ou tirées du virtuel ; si les représentations de « pendu » du Tarot semblaient anormalement nombreuses ; si ( bizarrement ai-je d’abord cru) des extraits de publicités par correspondance, pages pyjamas, et surtout des reproductions d’oeuvres peintes se froissaient au fond du dossier, on ne trouvait aucune photographie de MARCEL MALBEE, nommé M.M., Le Parrain dit Der PATE.

L’ensemble témoignait d’une réelle volonté d’organisation soigneuse, presque méticuleuse, sous un aspect facile, léger en somme. En cela, je retrouvais cet usage de mon ancien directeur, habitué à couvrir son anxiété par une couche  qu’on aurait dit de désinvolture. Souvent, cela lui avait nui auprès des Sérieux.

En tête figurait ceci   « Madame  Frédérique, ne m’en veuillez pas, mais si jamais vous vous engagez dans ce labyrinthe en trompe-l’œil, avec mes encouragements (comme toujours) il faudrait commencer par lire ceci, sans vous agacer, de préférence. »

J’avais donc lu : Citation liminaire ( encore Olivier ROLIN).

« Il y aura je le pressens pas mal de portraits de jeunes filles, jeunes femmes, beautés entrevues, touchantes, dans ce livre qui commence (j’ai bien l’air de commencer). Dois-je m’en excuser ? C’est ainsi : rien, dans le chatoiement immense du monde, ne m’a plus ému, rien, même pas la beauté de l’art, de certains tableaux, certaines pièces musicales que j’ai goûtées et écoute sempiternellement cependant que j’écris  (…) Entreprenant de relever quelques-unes des traces que le monde a déposées sur moi, qui m’ont dessiné, raturé, surchargé comme un palimpseste, je ne vois pas de raison de ne pas célébrer celles qu’y ont laissées, à leur  insu la plupart du temps, ces figures féminines qui furent un moment pour moi l’image de la beauté et de la joie.(…) la légèreté de ce qui vous ravit en passant puis que le vent ( le temps) emporte… certaines, je ne les ai même jamais vues ».

(Olivier ROLIN «  Extérieur au monde », page 22-23, toutes les citations proviennent de l’édition Folio de 2019) , signalait le dossier. Par la suite je me dispenserai  de redonner la source.)

Un deuxième feuillet d’imprimante-maison, en tirage vert clair,  présentait ceci :

…………………………………………BOB et MORANE :…….

« -Bonjour, dit BOB

-Bonjour, dit MORANE

– Tu crois qu’on peut commencer comme ça ? dit Morane après un temps (c’est une hésitante sans détente)

– Si on était dans un « roman« , on pourrait, dit Bob, sortant de sa tente et sans attente, toujours pressé de passer. Pas de parler. (C’est un mutique sans toc.)

– Mais, on n’est pas ? interroge Bob

– On n’est pas ! confirme Morane.

– Dans quoi on est, alors ?

-Ah, ça, on est dans la …

-La .. ? ici ? On est ?

-Pour sûr ! On y est ! »

MORANE et BOB ( détectives secrets et suspects, dectectives -ravages, engagés sur recommendation de FRED, ils mettront en oeuvre , dans de nombreux épisodes, leur talent de camouflage, voire de camouflet): ………………………………………………………….

Y.d’I ( je préserverai son anonymat, ceux qui le connaissent le reconnaissent) précisait :  « Rien de tel qu’une parodie affectueuse pour commencer. Pour recommencer, après tous ces temps de silence en ligne. »

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Didier JOUAULT, pour « YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, épisode CINQ : Lire ceci, sans vous agacer, de préférence. A suivre, une fois par semaine, plus ou moins- on verra ! Le prochain ( douloureux, initial) : « Noué du Col » est programmé ( quoi qu’il arrive ! )le mercredi 10 octobre. Désormais, sauf exception : chaque mercredi après- midi. Entre 14 et 17 heures. C’est ainsi

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