INCIPIT : INCIPIT : On aurait pu commencer ainsi : » Si le premier devoir de l’éducation religieuse consiste à éviter l’enfer à son prochain, le premier devoir de l’éducation lubrique consiste à l’y précipiter » ( Lydie SALVAYRE, » Petit traité d’éducation lubrique » « Points », 2016)
.
Mais on a préféré ça :
» Et les quais ne cessaient de s’emplir, se vider, et les gens affluaient, repartaient, régis par des mécanismes complexes en rapport, peut-être, avec les flux migratoires, ou les grandes marées, gagnant chacun une destination de hasard ou longtemps méditée sans bien savoir pourtant, malgré les préparatifs, les bagages emportés, les rendez-vous accumulés, sans bien savoir ce qui les attendait.« (Cécile WAJSBROT, » Mémorial « , Le bruit du temps, 2019 )
Note de Madame Frédérique :
En épluchant cette accumulation de textes et images, la « Lettre de A. », Version B. , expédiée par mon ex-directeur, Y.d’I.,
je me suis aperçue que mon prénom, Frédérique, au moins son abréviation « FRED », apparait à de nombreux endroits (vous le verrez). J’ai même pu observer qu’une série d’images- déclinaisons d’un maigre nombre de poses- était supposée me représenter en divers lieux du récit. On dévoilera cela peu à peu, je ne suis pas pressée. Leur nature- halo d’érotisme et teintes de tendresse- m’a surprise (c’est le mot le plus neutre). Y.d’I a fait de moi non seulement un personnage (porteur d’une longue histoire) mais une espèce de commentatrice, comme il en avait installés dans les Séquences Publiques d’Oubli ( VOLTAIRE, GERMAINE) ou son « Jardin de Giorgio Bassani » : CECILE, MARKO, SERGUEÏ. Procédé littéraire un peu éculé selon moi…Ainsi, à mon tour, à présent, je joue le rôle de comparse. Mais ne suis en réalité qu’une paisible ex-assistante. Pas très satisfaite de certaines images- détournées, moi, en exhibée. Mais c’est trop tard : Ydit a sifflé son départ du récit. Tout est programmé : nul arrêt posible.
TEXTE de YDIT : » LETTRE de A, version B «
Présentation de FRED (pas besoin de présentation pour YDIT : on est supposé se souvenir du « narrateur intempestif », plus de 300 posts en cinq ou six ans, et tous récupérables ici. Ou irrécupérables?).
Si j’en parle en disant Fred, et la liant à l’adjectif comme une déesse grecque à ses attributs, n’essayez pas de compliquer les quatre lettres, ou de jouer avec les questions si actuelles du genre, profitant de l’équivoque de l’abréviation. Fred ce pourrait en effet designer un garçon ou une fille. Fred pour moi, Yd’I dit Ydit le Didi, est sans la moindre discussion du genre féminin, et aussi du sexe féminin,- dans un récit où le mot sexe peut apparaître (si l’on dicte devant le clavier, comme je fais parfois en lisant les notes manuscrites, l’énoncé sexe devient **** à l’écran, faire la queue s’écrit ainsi :*****). 


D’ailleurs nous sommes quelques-un(e)s à pouvoir en témoigner avec ardeur, avec douceur, et avec infini regret de l’avoir vue partir : Fred est une femme.
- BOB : affirmation nécessaire dans un récit qu’on suppose a priori d’assez mauvais genre. Puisqu’YDIT est au clavier…
- MORANE : d’autant que ça marche souvent par paires, dans la nouvelle « saison » de YDIT-BLOG, la saison IV, on va voir.
- Par pair, impair, passe et manque ? demande BOB.
- Un peu tout ça, oui, comme nous, ça roule par deux, explique MORANE.
Ce qui n’étonne pas pour un dialogue, précise l’un. Ou l’autre.
Présentations, poursuivons : BOB et MORANE, on a compris ; les détectives pas si sauvages que ça. On ignore encore ce qu’ils enquêtent ? Retrouver Marcel Malbée vivant ? Errant solitaire et dépecé au sein d’un soliloque déprimé ? Mais vivant. Mot d’ordre permanent : « Patience dans l’Azur ». Chasser le Parrain.

En coulisses, pendant ce temps du démarrage, YDIT joue sa mémoire aux dés. Comme dans le plus énigmatique des tableaux de Garouste, Gérard, peintre, et qui se dit fou en couverture de « L’Intranquille », son autobiographie dialoguée. Comme le peintre, le manieur d’écriture est un menteur à grand nez, et comme le peintre ses coups de toujours provoquent le hasard. Mais Patience, à cela aussi, on reviendra.
Nous avons entre 190000 et 190001 mots à parcourir ensemble. Voila pourquoi on prend le temps de s’étirer, s’installer, se coussinner. Tant de mots. Vous les comptez? décomptez? Mais ça va aller, ça va aller : on retrouvera, vivant ( usé, cul-de-jatte, minable, rogné de l’intérieur, courbé de partout, en loques dans la tête, mais vivant, vous allez voir) on retrouvera Marcel Malbée,
dit M.M., Le Parrain. Die Pate.
Espérons, Espérons, Espérons, sinon : gémissons
Juste pour ceci : qu’il raconte la première fois de cela et comment le gamin n’a pas dit NON, et claqué la porte. Eut-ce été en pyjama.
Vert, cette fois, le pyjama. Sur le palier. Après avoir dit NON. Au froid, l’air stupide qu’a toujours celui qui s’en va. Mais qui a dit NON. En haut des marches, seul. Blotti dans l’irradiation du NON
Et le pyjama bien tenu autour des reins, par la cordelette de coton blanc.
A cet âge, Septante et davantage étant venus, posséder le ferme trésor d’un projet vaut mieux que posséder la fragile mémoire d’un sujet. Allons y ! Chassons le Parrain.
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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode DOUZE : Fred est une femme. Bonne nouvelle ? Allez savoir ! prochaine séquence : mercredi 29 novembre, l’hiver arrive, brrr…on est pas si mal au chaud devant l’écran et YDIT-BLOG.