YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, Episode CINQUANTE (oui ! ) rapport signé BOB et MORANE : les chiens et les chats, autrement dit, le PERE 1 sur 2

Note de Madame Frédérique :

Note de « Madame Frédérique », Assistante de publication, désormais  :

…. Horreur et stupeur, désir de laisser les autres textes du fatras dit  » Lettre de A. » ( on se souvient de l’incipit de « Extérieur Monde », Olivier Rolin ? ) sans desceller quelques enveloppes encore au fond de la pile, réservées là car portant une mention : « Confidentiel », qu’on dirait sortie d’une insipide parodie de série d’espionnage….Mais engagement de ne pas corriger, car – couper est la pire des corrections, on connait ce que des frères, des sœurs, des mères ( en effet majoritairement des femmes, peut-être parce que elles memes tenues à l’écart des écritures ?) ont pu faire subir aux œuvres dont elles sont devenues de tortionnaires dépositaires oeuvrant des ciseaux...

Il est arrivé, en outre, que lors d’une discussion brève et sans suite, YDIT exprimât son inquiétude : relever la barrière de l’indicible pour laisser passer- c’est-à-dire circuler en laissant voir, la «  LETTRE DE A. », version B, c’était une bravade – du « courage » ?- une tentative (tentation ?) de parvenir en ce point de la voie, dans le chemin du récit, où s’allègent  les

besaces des promeneurs de la vie sans mémoire.

Mais aussi, mais autant, le risque de percevoir l’apparition, dans le regard des autres, d’un mélange de compassion un peu dégoutée (on aurait pu éviter ça au fond)  avec une interrogation un peu déboutée ( on ne saurait donc jamais TOUT ?). A t-on envie de cela? Mais comment l’éviter, sinon dans le mutisme même du rejet ? Qui n’est pas ce projet?

TEXTE de YDIT : YDIT LE SAVAIT : parmi le nombre important d’épisodes où le clavier s’ébroue et bruisse  directement sur les récits de Marcel Malbée, dit MM, Die Pate, deux thèmes allaient franchir la ligne, et depuis la terre prétendue libre revenir, d’un pas noir, en zone occupée. Occupée de quoi ? Occupée de mémoires vides, de films brulés par l’acétone, de vieilles boites jaunes à moitié emplies de diapos racornies ? Occupée, avant tout, par l’inépuisable bestiole qui rampe et griffe, la culpabilité.

Ici, dans les récits autour du père ( épisodes Trente-Neuf et Quarante et Un) et de grand frère ( beaucoup plus tard, à partir de l’épisode cinquante-deux, en octobre prochain, patience ) , ici la densité atteint la pointe sur l’échelle du pesant présent. Ici, mille et mille fois une preuve qu’en d’autres lieux ou temps, il aurait fallu dire aussitôt NON.

MAIS:

Le père, après la retraite, forcément travaillant ( la famille, l’argent : jamais ), le père faisait le gardien de nuit chez Prisunic. Avec sa jambe toujours raide – depuis on n’a jamais su quand -, et lui aussi Septante et bien davantage étant passés, sans doute sa présence dissuasive de « gardien  » restait-elle de l’ordre du principe. Sur place, au cours de la veille nocturne (ne pas savoir s’endormir vient-il de là?), son droit était de se nourrir ( et de s’abreuver, revenir aux sources du gros rouge, on le connaît) dans les rayons médiocres, non moins médiocre moyen pour l’entreprise d’éviter une indemnité repas. Cependant, sans doute gràce à son amitié ( sa solidarité de classe? leurs choix communs?) avec le gardien de Jour qui lui succédait ( à l’époque très rarement un homme noir grand et massif ) il rapportait malgré l’interdit quelques boites de conserves, dont du jambon en gelée et du corned beef – savoureux compléments -, valeurs ensuite inscrites au titre de la  » démarque inconnue ». Ainsi, gràce à l’Homme de Jour chez Prisunic, Porte des Lilas, la famille a souvent pu bénéficier d’un déjeuner dégustation : soupe Maggi tous légumes, Pilchards à la tomate Petit Navire, – plutôt désagréables poissons sans nom baignés de tomate sans origine- Gratin Dauphinois Saupiquet, Riz au lait Danone, festin à digestion assez lente pour anticiper un dîner très léger, c’est ainsi, les pauvres, ça doit s’organiser pour étaler la protéine.

Savoir cela, l’humiliation du rogaton dérobé, savoir aussi que chez Marcel Malbée dit MM dit Le Parrain, Die Pate, on allait jusqu’à manger des fraises Chantilly-vanille après une balade en 4 CV à fontainebleau, n’explique rien, surtout pas l’absence du NON- qui aurait toutefois eu encore plus de prix. N’explique rien. Ne DOIT rien expliquer.

Ceci étant (dit et rappelé) Bob et Morane ont  poursuivi, sinon des chimères ( mettre la main sur Marcel Malbée), au moins l’œuvre assez noire pour laquelle ils sont (grassement, FRED le voulait ainsi ) rémunérés, rétribués, respectés par les confrères en détectivade hard et sage. Et voici donc leur « rapport », quelques fragments, peut-être au coeur du coup du creux du coeur ?

BOB et MORANE, détectives à pressage lent, ont travaillé de nombreuses heures, rencontré des poivrots, des ados, des  amis, des souvenirs, puis traversé l’orage muet des mensonges, et récolté la moisson grasse des aveux.

La veille, avant de rédiger les deux rapports ( Père et Grand Frère), ils ont exigé de FRED qu’elle leur  verse par avance une forte somme, aussi forte que serait peut-être l’émotion de YDIT rejeté par une lectrice, ou la répulsion d’un lecteur dégouté par les mots (seulement les mots, pas d’image « illustrative » concevable pour ces rapports).

Inquiets, bien que les virement fussent parvenus aussitôt, ils lui avaient proposé de prendre connaissance des faits – plus précisément de ce qu’il fallait bien accepter de considérer comme des « faits » – toute considération mise à part. FRED n’avait ni lu, ni dit, ni vu, ni ri. Savait-elle ? Tout le monde ici boitille avec cette question telle une chaine aux pieds : qui savait? Réponse, vous le savez, les Mamies savaient ( voir épisodes précedents). Mais ?…

RAPPORT 1 : Le Père ( ça ne le regardait pas ).

(Chap. 1 sur 2 )

Selon plusieurs témoins, La porte des Lilas, son métro, portait encore un peu la mémoire d’échos sales et bruyants jusqu’à la pétarade. En ce temps, c’était  le département de «  La Seine », limite de Paris. YDIT, la famille, passait d’un côté à l’autre des boulevards des maréchaux, – sinistre ou brillante couronne, c’est selon le temps de l’Histoire -, et la fastidieuse fente infertile et fouilleuse du Périphérique ne portait pas encore son portrait de guillotiné urbain.

Esplanade de ce métro, pâté-station isolé au centre d’un vaste embrouillaminis de rues, avenues, boulevards

  , comme au sommet incertain d’une série de pentes menues.

Les documents font défaut, ont peut-être été escamotés, mais on sait que YDIT, sortant du métro (ici très souterrain), soudain revenu vers une lumière, avait trouvé sur son passage ( attroupement qui se formait autour) , le cadavre d’un agent de police tout juste assassiné, forme de pélerine bleu-nuit décolorée de rouge déjà sombre, vélo pas loin – mais la roue ne tournait plus, on n’est pas dans un film.

La scène a lieu en pleine guerre d’Algérie, ce policier, un militant de quel côté tué par quel côté ? BOB et MORANE, lassitude ou paresse, n’ont pas voulu dater l’image. D’après France-Soir du lendemain, le veille une bombe avait explosé sur la palier d’une HLM voisine, sans blesser le rédacteur de «  l’Humanité » qui habitait l’étage.

Pour BOB et MORANE, une certitude : les traces du Père sont indécises, fluctuantes, elles échappent comme il échappait : souvent. La période voulait ça: tout le monde mentait. Pour des jours entiers, le père disparaissait, on le supposait hébergé ailleurs, un centre d’accueil ( toutefois rare en début 60), une connaissance de bistrot, ou bien à demi errant, selon sa saison, dans les Parcs et Jardins beaucoup moins surveillés qu’aujourd’hui ? C’était l’un de ses moments de clochardisation, de déshérence, son mode à lui de parcourir l’ascèse en silence, sa façon intime de s’enrôler en secret dans la secte sélecte des trappistes de la vie intérieure et du dernier verre, -compagnie nombreuse près du zinc- de faire corps avec l’infinie absence du Bouddha, en caressant avec émotion les verres vite vides de « Chez la Mère Jeanne ». Les deux détectives sauvages responsables du rapport présentent d’ailleurs un témoignage, qu’on peut consulter in extenso ici :

( publié en juillet 2017, dans la série SPO, numéro 40 : sélectionner/puis  » accéder à …)

https://yditblog.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=5803&action=edit

On l’aurait fredonné : vieux  pardessus brodé de mégots mal éteints ( il les ramassait dans les caniveaux), ou de boueuses poussières éparpillées dans la nuit du square, tel se dévoilait le personnage de Le Père, carte secondaire dans la main du joueur, photos ratées dans ce roman- images : une silhouette à la découpe,  parfois réintégrée dans les cendres mollassonnes d’un foyer où l’entente paraissait n’avoir jamais été qu’un mot allusif, abusif aussi, pour décrire une légende.

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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, Episode CINQUANTE ( OUI ! ), rapport signé BOB et MORANE : les chiens et les chats, le PERE 1 sur 2. A suivre, la suite en coup double, un par semaine : d’abord une nouvelle fois la belle et inexplicable Docteur Meunier, psy de son état et de son néant, telle que la mémoire sans soin et le soin de la mémoire la figent ; puis Le Père, suite et fin. Toujours le même jour, vers la même heure ? Oui, toujours. Pas de raison de changer, pas « ça ».

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