YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode CINQUANTE – CINQ Docteure MEUNIER 6/6- (donc dernier): Dans le cœur froid du superviseur

Si Madame Frédérique n’avait pas suspendu son oeil, à défaut du vol et du temps, elle observerait – sous forme de rappel- que plusieurs (deux? trois?) épisodes de « Docteure Meunier » ont été simplement supprimés : leur programmation ( figée depuis l’été 2023 ) correspondait à un temps sérieux de l’Histoire, à l’été 24. On se demandait si les forces de l’extrème passé ( si mal déguisées en puissance de l’extrème à venir) ne parviendraient pas bientôt à décider du destin de tous. Il y avait donc autre chose à faire et dire que de publier de menus fretins de souvenirs éculés, du coup acculés à leur vacuité. On regrettera toutefois les poèmes qui accompagnaient chaque prescriptionnde Meunier. Ainsi que cette fois.

Voici donc ( tel quel, selon l’engagement primordial ), l’épisode six de  » Docteure Meunier ». Par commodité on a rectifié l’assaisonnement, c’est-à-dire la numérotation des séquences.

Saison 4, Episode CINQUANTE – CINQ Docteure MEUNIER 6/6- (donc dernier): Dans le cœur froid du superviseur.

Et l’avenir, dans tout ça ? La Prévention de la Diction ? L’empêchement du NUIRE de DIRE ? Bah, Déjà trop tard pour Meunier, raté. Traditionnaliste même dans la conservation de pulls à l’identique, tricotés par son ex-directeur de thèse ( la célèbre thèse sur « Parole tue, Doxa crue/paroles crues, Doxas tues », approche epistémoépidémiologistique à travers douze cas de septentenaires en cure de désinformation »), la Docteure trouble, et de mieux en mieux troublée d’une opération à l’autre, avait pensé que si son Ydit de patient acceptait d’aligner les fragments de souvenirs comme on regarde les tickets de carte bancaire, il parviendrait sans doute à bloquer la dépense verbale. Avant dire. Avant la parole première. Donc, faire en sorte que la parole soit perdue ? Se taire avant c’est gagner ensuite. Mais combien de temps ça gagne?

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Pour l’instant, une autre séance avait été de nouveau escamotée avec la Docteure Meunier, dont les chaussures de peau retournée ou le pull verveine-prune tricoté pure main n’attendrissaient plus Ydit, homme pourtant fragile de l’attendrissement.

C’est ainsi, aurait dit FRED ( bien silencieuse en ces temps) : ce qui amuse et vous émeut dans les petitesses de l’autre quand on se met à l’aimer, devient de bonnes fausses raisons de s’en irriter, quand on se met à ne plus aimer. Parfois, FRED semblait d’une effroyable platitude. Quand elle se retournait tout allait mieux?

CFe jour là : encore une dérobade imprévue : la Meunier-Docteure fuyante avait fait envoyer un SMS par le cabinet : sera pas là. Mais trop tard disait-elle pour organiser une consultation en visio. On percevait une forme de réticence dans l’usage de son téléphone par une Meunier, alarmée peut-être de son trouble perçu lors d’une précédente consultation récente depuis le Maroc : dans l’écran, on voyait YDIT nu quoique pudique, sur la terrasse du riad ( ses pudeurs, jusqu’à aujourd’hui, n’étaient pas là, sur la chair, et elles ne sont désormais nulle part).

Ils communiquèrent par mels – en passant par le site du cabinet. C’était d’un effroyable transparence, maintenant, plus d’obstacle. Elle demanda s’il avait fini avec le Lexomil offert par son médecin de famille- remède à la vigilance des mémoires, à l’expression des souvenirs ? « Il y a longtemps que finie, la boite, et je comptais sur vous, sinon à quoi bon une docteure préventive? », ricanait Ydit.

Nâvrée de ce malentendu, elle avait demandé comment s’excuser : d’accord pour expédier une petite ordonnance de rien du tout.

.

Mais en plus de prescriptions étranges, elle avait rempli la feuille. On devinait, par l’écriture, la hâte, et aussi l’étrangeté. Comme si ce fut Ydit qui l’écrivit sur le quai d’un port, et au bord d’un récit, au bord d’un récif ? A Port Soudan, sur la ligne des cargos Extérieur Monde ?

(…)
mon imprécatrice chauve
aux talons gercés dans la boue de l’hiver
ma folle aux dix chats sataniques
aux douze tortues pieuses (…)
ma rouleuse de semoule
ma brodeuse
ma distilleuse
ma sellière
ma marieuse
ma dinandière (…)
ma datte fourrée
au cheveu de la possession
mon herboriste
ma vendeuse d’œufs d’autruche
et de poils de souris orpheline
ma guérisseuse (…)
poussée ainsi qu’une caravane de gitans
vers le large incrédule
échouée sur le roc
sommée d’apprendre le dur métier
des navigateurs

(Abdellatif Laâbi , Migration- Tous les déchirements, MESSIDOR, 1990)

En marchant vers la pharmacie et la médiathèque, YDIT pensait un peu à elle.

Ils se retrouvèrent un samedi à midi, pour déjeuner au « Canon de la Place ». Ce fut un peu comme deux vieux copains qui se croisent dix ans après le service militaire. La Docteure avait semblé comme désarmée, fatiguée. Ydit eut presqu’envie de lui demander ce qui n’allait pas, de lui raconter un rêve de sieste à Essaouira : elle, Meunier-docteur, nue en chaussures de peau retournée, derrière le bureau, écrivant des ordonnances désordonnées. Un coin de soleil sur un rayon de sexe. Vue de loin, ce repas, on aurait pu croire, plutôt, à de paisibles retrouvailles entre amoureux de jadis.

Meunier avait encore maigri, son pull de laine sentait l’affaissé, Ydit se demanda même si elle avait récemment lavé ses cheveux.

Elle lui avoua : Je me demande si ce que vous attendez de moi est authentique, mais je me le demande pour la plupart de mes patients. Si les récits d’ici, votre dit Roman-Images, , James l’éventré, Mamie la voyeuse, Père impair passe et manque, s’ils sont tous des faux, des faux-semblants, des faux-fuyants ? Des charabias ? des Romenteries ? Qu’est ce qui serait vrai, alors, si le récit ne l’est plus ?

Elle demandait un autre verre de Chablis. Cela ferait quatre. On allait commencer à entrer dans le dur du vrai. Meunier-Docteur : « Quand tu racontais la pauvreté de ton enfance, les privations, les toilettes sur la palier, en ajoutant que pauvre on pense que c’est la faim et le froid, mais non, pauvre c’est surtout juste honteux, humiliant ( elle finissait le verre, le montrait à la serveuse Tereza)…Quand tu racontais les premiers jours de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain, la cigarette allemande tourneuse de tête, la cordelette leste, et les voyages immobiles rue Dupetit-Thouars, numéro 12, premier étage droite, les mains à gestes, les mains agrestes, les mains à reste, des mains d’arrête, avec les premiers détours de dénis, les tours de pénis, et ensuite soudain le  » Secret » devenu banal dans les radios, puis la violente extraction de ta parole vite installée, c’était vai-disant? C’étaitfaux-sembant ? Faux-fuyants ? Tu ne réponds pas ? Tu as une cigarette, une Camel sans filtre? On a fini toi et moi de ne pas dire ? De dire Rien.Tu ne veux pas un autre verre ? Tu as quelquechose à préciser avant de signer ? Tu sais bien que c’est infinissable ? C’est écrit partout que c’est infini-sable, dune escaladée à l’instant même de son effondrement, ainsi est ta mémoire,Toi, moi, cela qui est l’empêchement du NUIRE de DIRE ? Infini – sable, désert, dunes, amble du chameau, soleil cou coupé, soleil vers la nuit, vases communicants, et pas d’eau pour le Touareg. Ta tête se détourne, un nouvel amour…

Même avec un bon bagage en Lacan, ça l’inquiétait, Ydit.

Docteure Meunier sort un doudou d’un grand Tot-Bag portant une citation d’Antonin Artaud, la dernière phrase de sa conférence au « Vieux Colombier ». Docteure Meunier le pose sur la banquette de faux-cuir Violet. Un doudou volé à un enfant de la crèche, son propre doudou à elle, revenu d’une malle imaginée dans un grenier fantasmé ? Elle se lève, passe derrière Ydit, pose la main sur ses épaules, appuie faiblement : « Je dois te dire, mon chéri, que mon régulateur souhaite que je cesse de te recevoir, il s’inquiète pour la santé de ton silence ». Cette fois encore, elle affabule. Son régulateur n’existe pas, Ydit a vérifié auprès du cabinet. Mais s’inquiéter pour la santé du silence, c’est gentil.

Ydit : si tu fais ça, Docteure, me quitter un samedi matin, avant même qu’on aie commencé un samedi soir d’histoires, tout de suite je programme d’un coup TROIS ANNEES, CENT TRENTE à CENT QUARANTE épisodes d’une nouvelle saison, la SAISON IV, et personne ne peut supporter ça.

On voit bien qu’elle hésite. « Alors, ce qu’il faudrait, pour continuer… »

Je crois, dit-elle dans l’un de ces sourire déséquilibrés, je crois que maintenant, ce qu’il faudrait, ce serait qu’on parle un peu de moi , de moi Meunier-Docteur, et presque plus de toi, Didi dit le YDIT, Didi, dis, YDIT, tu voudras bien ?

Elle se tait, vide le cinquième verre, ( plan de coupe sur le verre) et lui prend les mains- qu’il a froides : « Mon vrai nom est …FRED, tu le savais ? » Un peu comme si  » détruire, dit-elle ».

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Didier Jouault pour YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode CINQUANTE CINQ MEUNIER 6/6 Dans le cœur froid du superviseur. Cette fois, c’en est fini avec le surgissement de la docteure Meunier, mission de prévention de la diction, ratée, tatatinée. ET, bientôt, finie aussi la menue et trompeuse saga du FRERE, nécessaire mais peu agréable ( on peut le dire) passage du vent mauvais de la mémoire revenue. Ensuite, on se promène dans les villes, pour respirer. Tournus ? Pas déjà ? Encore trop tôt ?

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YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, EPISODE CINQUANTE QUATRE Rapport Bob et Morane quant à le Frère, séquence 1 sur 5 : La Mère dit de ne pas les regarder, ces deux là.

Note de Madame Frédérique :

RAPPEL car à toute redite savoir est bon : stupeur et regrets… Dans mon dépouillement d’ex-Assistante préférée, remonte le désir de laisser les textes de la série Père/Frère sans desceller quelques enveloppes encore au fond de la pile, portant la mention : « Confidentiel », au feutre rouge.Confidentiel ET feutre roge : tout le paradoxe des aveux qui sont mensonges? Des silences qui désirent parler?

Il est arrivé, je m’en souviens, que Y.d’I, dit YDIT, exprimât un soir tard ( on se quittait après une soirée forte ) son inquiétude : relever la barrière de l’indicible, livrer la «  LETTRE DE A. », version B, cette séquence cardinale surtout, n’était-ce pas prendre le risque de provoquer, l’apparition, dans le regard des autres, d’un mélange de compassion un peu dégoutée avec une interrogation un peu déboutée ( on ne saurait donc jamais TOUT ?)

Bob et Morane ont  poursuivi, sinon des chimères ( mettre la main sur Marcel Malbée), au moins l’œuvre assez noire pour laquelle ils sont ( grassement, FRED le voulait ainsi ) rémunérés, rétribués, respectés, sauf ( on s’en doute, par Le Vrai Patron de leur duo, Le Vieux samuel, paix à ses poubelles !) (image : Bob et MORANE ??)

 BOB et MORANE : comme il convient à présent, une fois de plus, les genres sont incertains, au moins pour MORANE- car un certain MORAN, qu’on dit né près de Rennes aux alentours de 650, a été porté, dans la même ville, à la cathèdre d’évêque, en 71O, vieux déjà donc en son temps, avant de – sagement, prétend-on – se retirer dans un monastère italien, ou grec, ou mauresque, voire turc : un monastère ensoleillé, où ne jouaient pas déjà des pianistes grecs, dans le scriptorium désert de l’après-déjeuner, sur un Steinway très accordé au décor.(re-voir SYLVANES, supra)

« LETTRE de A », Version B.

TEXTE de YDIT : YDIT LE SAVAIT : parmi le nombre important d’épisodes où le clavier s’ébroue et bruisse  directement sur les récits de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain, die Pate, deux thèmes allaient franchir la ligne, et depuis la terre crue libre revenir d’un pas noir en zone occupée. Occupée de quoi ? Occupée de mémoires vides, de films brulés par l’acétone, de vieilles boites jaunes à moitié emplies de diapos racornies ? Occupée, avant tout, par l’inépuisable bestiole qui rampe et griffe, la culpabilité.

Elle vous occupe son intérieur et dresse contre la paix du monde ou l’amour des autres son violent mur de l’Atlantique. Ici, dans les récits autour du Père et de Grand Frère, la densité atteint sa pointe sur l’échelle du pesant présent. Ici, mille et mille fois qu’en d’autres lieux ou temps, il aurait fallu dire aussitôt NON.

Rapport 2 : Grand Frère ( il jouait du piano partout).

(Chap. 1 sur 5)

Selon plusieurs témoins, La porte des Lilas, son métro, marquait encore un peu la mémoire d’échos sales et bruyants jusqu’à la pétarade. En ce temps, c’était  encore «  La Seine », le département. YDIT, la famille, passait d’un côté à l’autre des boulevards des maréchaux, et la fastidieuse fente infertile et fouilleuse du Périphérique ne portait pas encore son portrait de guillotiné urbain.

MORANE et BOB n’avaient pas ménagé les avertissements : leur enquête de moralité en manquait, mais tous les témoignages avaient été recoupés, au Duralex ou au Tippex : Père, inspiré, la rejouait assez façon Zola, et Mère, son action, c’était l’Assommoir, écumoire encore un peu grasse sur le crâne d’en face, toujours habile à l’éviter. Ce qui est agaçant, ça se comprend.

YDIT parvint au collège l’année où Grand frère venait de le quitter prématurément. Peu de jours ensuite, dans la cour des petits, sans agressivité ni inquiétude, par intérêt sociologique en somme, Hiet et Perfetini, élèves guillerets à peine plus agés, avaient gentiment posé la question : «  Alors, il paraît que c’est toi le frère du Pédé ? »

Ensuite, ce fut davantage discret .
BOB et MORANE seraient en peine d’expliquer pourquoi.

Ce qu’ils ont appris , en revanche, d’un  témoin digne de foi ( bien qu’il en tînt lui -même  le récit de son grand-oncle, par le biais d’un journal intime que les détectives à ramages et ravages prétendent tenir à disposition d’un archiviste honnête, mais on les connaît capables de le vendre à un amateur mexicain), ce que BOB et MORANE prétendent savoir, c’est le déroulement d’une brève étrange scène. MORANE – mieux frottée de grammaire, préférait : étrange et brève scène.

Porte des Lilas, au milieu de ce fatras fastidieux de banlieue populaire ferme et fermée, c’était une autre fin d’après-midi, proche sans doute de celle où l’agent à pélerine et vélo avait apporté son involontairement courageuse contribution à l’Histoire locale, aux couleurs très parisiennes du sang sur la pélerine en période « Evènements d’Algérie ». Il va de soi ( sinon plus rien ne va) qu’une confusion sur l’image est sans retour.

Ils sont là, Ydit et la mère, en sortant du métro en contrebas, près d’un boulevard bruyant et de rues sales. Lorsque l’on quitte la station Porte des Lilas, le voyageur revient des profondeurs (cette partie de Paris est une colline) et la forte lumière de la saison l’éblouit un peu. Cependant, il ne peut manquer d’apercevoir, tout prêt sur la droite, moitié debout contre un banc de la ville, le père -pas tellement éternel dans sa personne actuelle.

Le Père, pour cette fois, est là, pas las.

Les archives réunies avec patience et malice par BOB et MORANE sont sans équivoque : le père est assez loqueteux, et moins que moyennement propre. Ce qu’on voit : il parle de près et même plus que très près à un homme encore jeune, pas si mal vêtu, silhouette agréable, et -dans la circonstance- ça ne peut pas être un étudiant, un collègue (le père navigue dans l’une de ses galères de chômage qu’il fréquente assidûment),

ou encore moins un voisin ou un ami.

Ydit, le garçon, sa pente naturelle en sortant du métro tend à le diriger vers ces deux là, Le Père et un Autre, duo très inattendu flattant la curiosité. Puis, c’est le père, plusieurs jours qu’on ne l’a pas vu. Mais le mouvement que le Garçon commence, la mère l’interrompt avec une sourde fébrilité, brutale presque, tirant comme par un crochet la main du fils. Elle presse le pas, et choisit un détour absurde pour traverser trois ou quatre rues afin de s’éloigner. Du Père et l’Autre, s’éloigner.

Elle dit, voix violente : « Ne les regarde pas, ces deux-là« . Très vite, on atteint le numéro 1 de la rue du Belvédère, toilettes sur le palier, un seul poele à charbon pour tout chauffage, refuge que, semble t- il, la mère désire avec une sorte de frénésie soudaine retrouver comme un âne son puisatier.

Sur le lit qui sert à grand frère pour dormir, car il n’a pas encore installé à demeure- au moins ponctuellement- tel de ses amis à développements loocal érotiquement compatible mais moins que durable, tel le célèbre Jacky à joues et fesses rondes déployées à tout va (et tout, là, va ! ), sur le lit ex-conjugal, plusieurs vêtements ont été posé en vrac et sans grâce.

La mère en saisit l’un puis l’autre, ceux probablement identifiés par les copains du collège comme des preuves incontestables de ce qu’on nomme aujourd’hui l’orientation sexuelle de Grand Frère. Haussant les épaules, mère mûrmure avec un accablement résigné, que parfois une joie non feinte peut redoubler : «  les chiens ne font pas des chats ». Cela dit avec tendresse, aussi, bien entendu ( et ces deux là plus que tout s’entendent), car son amour pour grand frère, l’amour de Jésus pour les hommes n’est que de la breloque à touristes, de l’ersatz pour amateurs, à côté. Lui et Elle, tant d’amour débordant de la casserole.

L’étrange phrase, étrange dans le contexte, resta longtemps privé du moindre sens. Les chiens ne font pas des chats. Certes. Mais ?..

BOB et MORANE ont observé que parmi les nombreux documents consultés, et d’abord ceux qu’ils ont pu découvrir dans les caves des archives départementales encore aujourd’hui installées à quelques mètres de la scène, nulle explication n’a pu à l’époque être fournie. Cela, au passage leur assure de confortables revenus à venir, et ils ne vont pas s’en plaindre : YDIT semble avoir organisé sa mémoire avec les soins habituels grâce auxquels, pour mieux ne pas chercher de réponse, il est meilleur d’effacer dès l’origine certaines questions.

Sauf quand le babillage braillard de l’actualité se prend pour le Grand Inquisiteur, et vide tout le monde du Secret.

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YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode CINQUANTE-TROIS/ Docteur MEUNIER 4/6 : Grenades asphyxiantes en téléconsultation.

Note de Madame Frédérique :

ydit dit : J’avais pris des notes silencieuses plein mon carnet, et sur une grande feuille à carreaux, écoutant la suggestion assez imprévue de MEUNIER-la-Docteur-Prévention d’addiction, surprenant métier, boule de cristal pour empêcher l’image.

Rendez-vous reporté, texto in extremis ( quelle impertinence, aurait songé le Vieux Duc de Fred ) pour « cause d’enfant ». Obtenir un rendez-vous, en visitant plusieurs fois d’un pas de miel et d’un oeil de coquelicot la belle de l’accueil, avait laissé le temps d’explorer davantage les pages annuaires de la fac. MEUNIER, donc ?

MEUNIER, Clémence : Thèse ne permettant pas de savoir ce qu’elle sait, comme d’habitude, d’ailleurs très détournée ( sujet : Le taux de lecteurs de Céline chez les internes de dermatologie, hopital de Charenton), (ça gratte, Céline?) et un diplôme sur Thérapies cognitivo-comportementales et motivationnelles des addictions, statégies de prévention situationnistes pour les Plus de Soixante Dix ans, Paris, Université Paris Descartes, 2018, Prof. Guytounet DEBORD.

Rien de mieux pour YDIT.

Pour le rendez-vous suivant, ( en réalité le fantasme n’en tient plus le compte ) l’inaltérable incapacité du logiciel « Rendez-vous » à tenir compte des réalités horaires de la gentille MEUNIER, (écrire « gentille » aurait été, chez Proust, tendre la jouet au soufflet) s’était combinée à des obligations professionnelles : c’était 16h20, donc inutile d’arriver avant 17 heures, on la connaît. Au bar de l’accueil, la factionnaire de plus en plus complice – et compatissante- aurait ajouté : « au moins ! », et tendu un volume d’attente : Rolin ou Cadiot, selon la tête des clients.

Quand YDIT s’approcha, les principales portes des stations du métro avaient bouclé leur grille de nuit.

« Par une sortie un peu lointaine, il parvint a retrouver le jour« .

Cette formule à elle seule aurait conduit à plusieurs séances de consultation chez la docteure MEUNIER. Mais, pour l’heure, il s’agissait plus évidemment (et olfactivement) d’anti-émeute. En approchant, on ne pouvait éviter les fumigations roboratives mais lacrymales des grenades de dispersion. Deux couleurs s’affrontaient dans l’atmosphère fumeuse de la fin d’après-midi. Le camp bleu paraissait suréquipé d’immobilité à l’abri de barrières épaisses entourant toute la place, et le rempart s’entrouvrait – on aurait dit 1214 – pour de redoutables « sorties » de grands gaillards qui avaient de toute évidence surinvesti dans le cuir, de la tête aux pieds, et gagné leur droit à une forme de brutalité. Très mobiles, très dispersés, très violents, circulaient en face des groupes aux torses et visages maquillés de noir. La route menant au Cabinet de MEUNIER passait – environ – par le milieu du terrain de dialogue. Comme si on faisait un pique-nique au milieu du champ à Bouvines. Pas question de faire retraite, cependant.

Sans trop craindre pour lui-même, ni bleu ni noir, YDIT avait essayé de revendiquer sa liberté de passer. Son argumentation, développée il est vrai sous la forme la plus brève, avait manqué de force, sinon de conviction.

Car que faire d’ un coup, sinon que l’on l’évite ?

Sur le clavier, MEUNIER nota : ne s’est pas présenté. Ce jour là, faute du remède illusoire de la demi-heure à 80 euros, YDIT écrivit l’épisode CINQUANTE TROIS, le Frère- mais on a compris de quoi il s’agit, que Madame Frédérique mit en ligne la semaine dernière, ici-même, fidèle à sa promesse, depuis la reception à domicile du lourd paquet de fatras divers, nommé « Lettre de A, Version B »- en hommage à « Extérieur Monde« , l’interrogeant roman de Olivier Rolin, écrivain friable. On se souvient de tout cela , qui est ancien? Rolin, prétexte et déclencheur de l’envie d’écrire, et pas sur n’importe quoi, mais sur « Le Sujet  » : le garçon et son Parrain, jadis.

Ensuite, par souci de progresser (où l’on reconnaît son impatience de trouver l’ombre jaune de Marcel Malbée dit MM, dit Le Parrain immobilisée entre les mains de BOB et MORANE, juste avant l’éviscération espérée lente), et malgré toute les règles du face-à-face, YDIT accepta une consultation en Visio avec la Docteure Meunier. L’épidémie en avait popularisé l’usage barbare. Image contre image, et rien de visible sur « les entours ». Ce jour là, son Iphone était en sevrage, l’image tressautait comme un échange de longs procédés au sein de l’Ecole Freudienne. Docteure et lui finirent par se dire qu’ils ne pouvaient pas se voir. Plutôt que se parler suffisait. Meunier prétendit : Je sens que vous ne progresserez pas tant que vous ne me direz pas encore mieux quelque chose d’encore plus intime. Toujours plus intime pour assasiner la mémoire de l’intime. 😯 euros la demi-heure. Pas se mettre à nu, mais se dévoiler l’intime…

C’est ainsi que- suivant le conseil un peu enfantin de docteure Clemence MEUNIER, YDIT rédigea FRERE que plus tard ( pas plus tard que la semaine prochaine) Madame Frédérique mettra en ligne, sous le numéro Episode CINQUANTE-CINQ (quoi, déjà ?), redoublant (selon sa « mission »)les paroles de plusieurs publiantes ou parleuses ( car surtout des femmes) encore très nombreuses à raconter leur vrai sur  » Le Secret« , ce qui leur a été fait. ( observez que le flux des paroles, depuis, s’est notablement diminué).

Quoi qu’il en ait été, Ydit bouda – régression banale.. Puisque Docteure Meunier jugeait qu’ils n’était pas nécessaire de se voir, rageur, il ne se présenta pas au rendez-vous suivant, annulant vingt minutes avant, chacun son tour. Le choc de l’absence.

Arrivant à l’heure, à la séance encore suivante- vingtième ? ( car la bienséance des séances est leur régularité d’approche de l’infini) – il décrivit les arabesques délicates mais bruyantes des bleus-gnons et des black-blocs combattant au milieu de la place, entre vitres bien ravagées ou grenades mal explosées, ce qui justifiait son absence, mais il savait qu’elle ne le croyait pas. Elle se contenta, fatiguée voyait-on, d’un geste de sa proie détaché, signifiant « on s’en fout de tes pâles excuses ».

MEUNIER, selon un protocole vite installé, depuis tous ces mois – des années peut-être? – tapait le clavier en relançant les questions. Où ? (on le savait! Forêt Noire, vomi dans le bac à géranium, Saumur le drap compluicfe de MAMIE, Dupetit-Thouars, pyjama inusé), Quand ( tout le temps)? Comment (par-ci, par-là)? Combien de fois? Dans la chaleur inhabituelle de la salle de bains, dangereuse douceur de chez Marcel Malbée, car la famille, elle, c’était le baquet d’eau tiède au milieu de la cuisine froide, auprès de la cuisinière en fonte : comment dire  » NON » à la chaleur d’un certain confort, c’est ce qu’on avait malheureusement ignoré. Certes, s’impatientait la Meunier, Docteure, mais combien de fois? Au juste? Comptées sur les doigts d’une main ? Qu’on sache le détail. Elle l’avait sur le bout de la langue.

Ydit, le dit, l’avait ici dit, assidu à l’assez dit, mais la répet. semblait structurante. L’inverse de l’oubli.

Ydit faisait le tour, lui, de la réponse, toujours, toujours, comme n’entrant pas au chateau, ni au jardin de Tarbes avec des fleurs, mais ça n’aidait pas du tout la prévention de la diction. Pas de barrage contre ce maléfique. Au moins aurait-il essayé, en venant ici, persistant comme un houx, un pou, un loup, de ne jamais commencer cette déraison double : La CHASSE AU PARRAIN, et – en conséquence- l’entrée sauvage dans « ROMAN-IMAGES », saison IV. Simultanément. Deux lièvres à la fois, mais pas tant de foi. Docteure MEUNIER n’avait pas brossé les chaussures de vieille peau retournée. YDIT les regardait sous le bureau. Mais Docteure MEUNIER avait aujourd’hui brossé ses cheveux dans le bon sens, avec un soin visible, variable d’un mois selon l’autre. YDIT les regardait quand elle entrait le dialogue sous le clavier.

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« Vous m’observez ? » semblait dire son regard quand elle s’éloignait de l’écran. Ce qui se produisait de plus en plus souvent.


Elle hausse à peine (mais tout de même) les épaules. Cela s’aperçoit qu’YDIT la fatigue – on se demande pourquoi YDIT vient ? D’ailleurs, pense-t-elle peut-être, YDIT devient le genre de client à qui proposer à chaque fois la téléconsultation, surtout sans visio : rien que la parole, au bar du théâtre de l’Atelier pendant l’entracte,ou aux Bouffes du Nord, même dans le couloir de correspondance à la station Grands Boulevards, avant la réunion de Frères, à la caisse du Monop pour changer de crème après-rasage : tous ces lieux propices à l’expression plate du moi calme.
Au fait, pense-t-il peut-être, elle devient le genre de femme qu’on invite – pour commencer- au « Canon de la Place », quand elle ne s’occupe pas des enfants de la crèche dont elle est référente? C’est là qu’il l’avait vue déjeuner en bonne et revigorante compagnie, dans un épisode précédent.

Elle dirait : « Transfert ? ». Il dirait : « Pépère!  » Elle dirait : « Déjeuner ? » Il dirait : « Canon de la Place ! ». Elle demanderait s’il ne fait pas la cuisine (pour son dossier). Se faire cuisiner.

En réponse, YDIT dépose l’enveloppe qu’il a préparée comme les vieux faisaient jadis des honoraires du médecin traitant, petit volume, fort titrage (à défaut de tirage). Le voici :

Et ton sourire trop léger
De toi à moi
Les paroles libres
Les gestes retenus
Des mains ailées qui avançaient pour tout ouvrir
Alors dans la trame serrée livide se découvre
La blessure inouïe dont je voudrais guérir*

Oui, c’est un peu excessif, et MEUNIER n’ouvrant pas l’enveloppe, on ignore si elle aussi consomme ?

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  • Pierre REVERDY,  » Pour éviter l’écueil » – Main d’œuvre, 1925, Gallimard.

Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode CINQUANTE-QUATRE. /MEUNIER 4/6 : Grenades asphyxiantes en téléconsultation. A suivre, la semaine prochaine : FRERE , pas très rigolo, un peu cul un peu glauque. On a pris l’habitude ?

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Note de Madame Frédérique : Redite, certes, mais à l’utile d’un souvenir la répétition vaut la cruche à l’eau

…. Horreur et stupeur, puissante envie de laisser, pour la série Père/Frère, les textes non déjà mis en ligne sans desceller quelques enveloppes encore au fond de la pile, réservées là car portant une mention : « confidentiel », on sait de mieux en mieux pourquoi.

Il est arrivé, en outre, que lors d’une discussion brève et sans suite, YDIT exprimât son inquiétude : relever la barrière de l’indicible pour laisser passer la «  LETTRE DE A. », version B, et surtout les épisodes avec une mamie, un père, un frère, ceux qui disent qu’on ne disait pas, et qui racontent l’avant de l’après, sans les détails, mais à quoi bon les détails si TOUT est DIT, faire ce choix, était-ce une bravade de fin de partie- etait-ce du courage ?- Une tentative (tentation ?) de parvenir en ce point de la voie où s’allègent  les besaces des promeneurs de la vie désormais sans mémoire. Mais aussi, mais autant, le risque de percevoir l’apparition, dans le regard des autres, d’un mélange de compassion un peu dégoutée (on aurait pu éviter ça au fond, dit-on en lisant par dessus l’épaule !)  avec une interrogation un peu déboutée ( on ne saurait donc jamais TOUT de cette fin là ?)

« LETTRE de A », Version B :

BOB et MORANE impavides détectives, ont  poursuivi, sinon des chimères ( mettre la main sur Marcel Malbée), au moins l’œuvre assez noire pour laquelle ils sont ( grassement, FRED le voulait ainsi ) rémunérés, rétribués, respectés par les confrères en détectivade hard et sage, et montrés en héros sur les images clandestines, comme dans les marbres des musées en province. Et probablement maudits par leur seul vrai patron, le Vieux Samuel, paix à ses didascalies !

YDIT LE SAVAIT : avant tout, l’inépuisable bestiole qui rampe et griffe, c’est la culpabilité. Ici, dans les récits autour du père et de grand frère, la densité d’aveu ( ni regret d’avoir tu ni plaisir de dire si tard ) atteint la pointe sur l’échelle du pesant présent. Ici, mille et mille fois PLUS qu’en d’autres lieux ou temps, il aurait fallu dire aussitôt NON.

MAIS:

Le père, après la retraite, forcément travaillant ( la famille, l’argent : jamais ), le père faisait le gardien de nuit chez Prisunic. Il se servait dans les rayons, gros rouge pour lui, petites boites pour la famille.

Savoir cela, l’humiliation du rogaton dérobé, savoir aussi que chez Marcel Malbée dit MM dit Le Parrain, on allait jusqu’à manger des fraises Chantilly -en se baladant -vanille, câlin de surface dans les bois, savoir n’explique rien, surtout pas l’absence du NON- qui aurait toutefois eu encore plus de prix.

BOB et MORANE ont travaillé de nombreuses heures, rencontré des poivrots, des ados, des  amis, des omis, des souvenirs, traversé l’orage muet des mensonges, récolté la lourde moisson des aveux.

à FRED, qui les solde grassement, ils avaient proposé de prendre connaissance des faits – plus précisément de ce qu’il fallait bien accepter de considérer comme des « faits » – toute considération mise à part.

RAPPORT 1 : Le Père ( ça ne le regardait pas ).

(Chap. 2 )

BOB et MORANE ont pris toutes sortes de précautions, le rapport n’est pas une fable, même si ceci d’ici dit par Y.d’I dit le YDIT est un roman. Ils écrivent donc ( mais pourraient caviarder contre une forte somme, à déterminer en M.P. ) que :

….les parents se frappaient  de conserve, et en concert, avec ou après de puissants cris de génies coléreux, on dispose d’un témoin  selon qui l’usage de la poele à frire remplaçait le bouclier d’Achille, dans la famille. Les pauvres usent d’armes pauvres. Les ascendants- qui en montraient peu- s’entrecognaient sans fureur et sans joie, de temps en temps, espèce de rite purificatoire de leur absence commune, purge régulière presqu’indifférente. Les enfants regardaient. Puis, vainqueur ou vaincu –(mais le sait-on parfois ?) le Père disparaissait d’un coup, pour plusieurs coups.

Ensuite, un soir ( jamais le matin, le matin il dormait le juste repos du pinard d’Algérie, 9.5° à la tireuse ) on le retrouvait devant la porte, même pas penaud, pas non plus goguenard, il était de retour et – bien qu’ils eussent divorcé depuis longtemps à ses torts- le voici qui regagnait la place de père dans la cuisine ( à lui surtout la fonction de maître-queue, la mère c’était pommes-vapeur et Pilchards  à la tomate, quatre poissons gras par boites, quand le Père s’absentait, on faisait ripaille du tiers ajouté par son absence).

Pour les lits, nulle pitié : le conjugal était devenu lit de Grand Frère ( et chambre autour avec), et plus tard ( pas si tard) lit partagé avec Le brun Jacky, premier garçon d’un petite mais jolie série de doudous chéris, avant que Grand frère pût habiter ailleurs. Étonnant pour YDIT, ce brun et musculeux Jacky, pas géné de traverser nu l’espace réduit du couloir pour aller se tailler un morceau de baguette sur le compte de la famille, fesses et joues rondes sous le nez de Petit Frère Ydit, du père, de la mère, ces deux derniers on aurait dit réjouis du bonheur de l’ainé ( mais on lira- cela se regarde aussi dans le regard du père- que son intérêt pour fesses et joues rondes de Jacky n’était pas que paternel : histoire de chats n’aimant au fond que les chats ?).

Ydit observait, regrettant alors, et déjà, que ce ne fut pas plutôt une Jacqueline.

Et toujours souriant, Jacky, sauf les soirs où Grand frère et lui s’acharnaient tous deux ensemble et résolument à briser le peu de sérénité ambiante, rare substance, en s’adonnant à l’une de ces délicieuses crises de jalousie exténuée auxquelles le service Duralex (un peu décimé déjà par le débat conjugal : en famille, Mère jetait les verres dans les murs et Père les buvait hors les murs) apporterait par ses éclats de verre  succédant aux éclats de voix une brillante mais fugace contribution. Quelle phrase, dirait BOB.

Raison pour laquelle il n’y a pas de service de Sèvres dans la famille.

L’ambiance ne manquait pas d’éclats.

MORANE et BOB n’avaient pas ménagé les avertissements : leur enquête de moralité en manquait, mais tous les témoignages avaient été recoupés, au Duralex ou au Tippex : Père, inspiré, ou détourné par on ne saura qui, la rejouait assez façon Zola, et Mère, son action, c’était l’Assommoir, écumoire un peu grasse en somme comme sabre à tirer au soleil d’Astyanax. Rien de virtuel, d’authentiques bosses à réduire.

Jacky (ou aussi Jaky) avec Grand frère, les documents sont absents – hormis quoiqu’incertaine la photo d’un chat gris et jaune qu’ils se partagèrent en se séparant-. Avéré, en revanche, plus ancien naturellement, l’épisode reconquis sur  l’âpre désert d’une mémoire avare :  YDIT ayant été reçu avec Brio et plaisir à l’humble certificat d’études, il parvint au collège l’année où Grand frère venait de le quitter prématurément, non sans abandonner aux couloirs d’inhabituels souvenirs. Peu de jours ensuite, dans la cour des petits, sans agressivité ni inquiétude, par intérêt sociologique en quelque sorte, Hiet et Perfetini, des Cinquième délurés, avaient gentiment posé la question au petit Sixième tout frais : « Alors, il paraît que c’est toi le frère du Pédé ? »

Ensuite, ce fut davantage discret.


BOB et MORANE seraient en peine d’expliquer pourquoi, mais ils ne sont en peine de rien, jamais : bonnes natures ! On reconnaît bien à cela les créatures de leur vrai père, le bon Vieux Samuel, et la fraternité avec Vladimir et l’autre, son nom c’est comment déjà, une plante genre Verveine ?

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Didier jouault pour YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, Saison 4, rapport Bob et Morane Episode CINQUANTE-DEUX le père 2 sur 2, Les chiens ne mangent pas du chaton ( mystère) : on en saura davantage sur PERE, les chats et les chats, avec les épisodes FRERE, les fils ça délate , en et novembre et décembre 2024 ; on a le temps, patience, mais la petite flèche en bas permet de gagner du temps vers l’avenir…

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YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, Episode CINQUANTE et UN / docteur MEUNIER 3/6 : Problème de progéniture

Se levant pour le quitter en lui offrant une main douce – quoique mal manucurée-, la fois d’avant, MEUNIER la docteur de prévention ou de l’addiction ( nul ne saura) ajoutait : écrivez donc, tiens (elle se retenait de pouffer) pourquoi vous êtes venu me voir ! C’est pour éviter le devoir – imposé par le retour du raconté– de croiser Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, d’avoir à décrire  » Le secret « , que je suis venu vous voir.

Mais, trop tard, YDIT est déjà dehors.

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À y penser, en renseignant le formulaire internet reçu à l’issue de chaque paiement de chaque consultation, 100 euros ( et sait-on si on parviendra tout de même à cent autres épisodes, après ce tantième d’aujourd’hui ?) MEUNIER Doc. ressemblait assez à MIOU MIOU encore jeune, mais déjà plus débutante, le genre La Lectrice plutôt que Les valseuses. Sur ce dernier point, YDIT s’était toujours senti si bien élevé qu’il aurait été incapable de prononcer le mot (ne fréquentant ni les bals de pompiers, ni les sous-préfectures, le mot ne serait qu’imagé). Lectrice, oui, c’était bien : comparse de lecteur, on s’assied près du feu, carrelage qu’étouffe un tapis, on est ensemble, on sort les vieux crus, chacun se met à sa consommation, son petit vers, sa petite ligne : FRED et TYNE.

Indubitablement mieux que BOB et MORANE.

Ce qui agaçait un peu Ydit, malgré tout, dans cette histoire presqu’ancienne déjà de consultations d’addicton chez la belle mais triste Meunier, c’était que Meunier avait tenté de le déconcentrer, de le divertir, de le dérouter : « J’ai regardé en vitesse, vous savez j’ai si peu de temps libre, j’ai vu de travail dont vous m’avez passé, le lien WordPress, vos « Séquences publiques d’oublis », et bien davantage votre travail de maintenant, SAISON IV, ces histoires invraisemblables de Marcel Malbée, oublié, Die Pate, omis puis de retour, MM devenu présent si longtemps absent, ce curieux mélange de réticences et de narcissisme, d’exhibitionnisme apparent, dur à lire,… trop dense, et trop d’images,… Vous savez, la mémoire, pour de vrai, ça ne fonctionne pas comme ça, la mémoire, pour de vrai…et je me demande si, en réalité, vous n’êtes pas plutôt, et bien carrément, attaché, enfin je vous vois faire la moue, d’accord… si vous n’êtes pas accroché plus nettement au… comment dire, j’ai pensé ça en raison de la récurrence de certaines photos, enfin, les filles en short de dos, les tableaux ciblés (Ydit se demandait alors si un « tableau ciblé » servait au jeu des buveurs dans un pub irlandais, endroit où – en cet instant – il s’interdisait de rêver être ?), les statues prises de derrière, enfin je veux dire les personnes photographiées à l’arrière… des histoires de derrière par derrière, de petit derrière, le derrière du Petit, Dupetit Thouars, Du petit Toi , on dirait?.. « . On sent qu’elle a dû être éduquée dans une pension bien tenue, côté vocabulaire.

Hypocrite, Ydit se dit, elle a travaillé tout de même beaucoup : au long de son exposé, la Docteur Meunier a tourné son écran, et fait défiler en face de son patient (et en cet instant plus patient que jamais, il l’avoue) diverses preuves de son interprétation

« Oui, approfondit-elle, tout de même, votre façon de prendre la vie d’une façon, euh, postérieure, de voir les choses « par derrière », enfin, on pourrait dire que voici le cœur même de votre addiction, et (elle se lance), pour tout avouer… ( elle a repris la frappe sur son clavier, on devine qu’elle vient de penser à ce qu’elle pense et qu’elle doit noter ce qu’elle note, avant que « ça » s’oublie, aussi le débit se ralentit)…La vision dite « par derrière » selon les critiques formalistes fin, XXème, Balzac, Lukacs ( non, pas celui des Etoiles), Le Flaubert de Sartre, vous ???Vous voyez ?

Docteur Meunier,pour cette troisième consultation d’Ydit, avait donc proposé une lecture tirée de « l’Inconscient et l’étoffe » : Pourquoi pas. Ainsi, selon elle, l’accroche du récit de YDIT, c’était le short, enfin façon de dire, ou de voir, de baisser les yeux en-dessous de la ligne de frotation ( elle s’amuse, son Lacan lui revient)…elle analyse qu’YDIT réfuserait décidemment de voir la réalité en face : pas les yeux dans les yeux, seulement le face-à-fesse ( elle avait osé le mot) avec Celui-là, Marcel Malbée dit MM dit Le parrain. Vu de dos à l’éppque ? Aimant le fesse à fesse du sommeil érotique?…Pour faire court, c’est à dire…short?

Photo de Kampus Production sur Pexels.com

le short , et …ce qu’il voile d’accessoire tout en dévoilant son essentiel ? conclut-elle. Insiste-t-elle..S’alourdit-elle. Autrement ( et simplement dit?) que le sexe de cet homme, votre Marcel Malbée, n’est pas du tout encore ni déjà sorti de votre tête, mais qu’il s’est seulement caché dans le short des filles. Ici habite votre Parrain. C’est pourquoi vous regardez, euh, leur derrière : afin de ne pas voir, ni même savoir voir le devant de celui là, dit Le Parrain, Votre Marcel. Car dans le pli sérré d’un short ajusté au milieu du corps, rien ne ressemble à votre Marcel, sauf que votre Marcel n’épaissisait pas son sexe d’homme? Donc, voyez-vous, ne pas le voir dans le short creux des filles n’est qu’une façon trop évidente de le revoir dans le derrière des shorts pleins des filles.Et voila.

C’était clair. YDIT conserve un sérieux de Trappiste écoutant une adolescente parler de percing dans le nombril. En somme : Voir derrière (plaisir assuré) pour ne pas regarder devant (plaisir dérobé). Lumineux. 25 minutes de retard à l’arrivée, Docteur Meunier, et 100 euros au départ : ainsi tout allait bien. La semaine suivante, en route pour le cabinet, et vingt mots en tête autout de SHORT/COURT/DERRIERE/BEFORE, vers 10 heures du matin (rien pu trouver avant) il reçut le premier des messages, le premier d’une série comique, passé par DOCTOLIB, l’indifférent Mercure: du Malade- MM. « Rendez-vous avec docteur MEUNIER ANNULÉ. Avec les EXCUSES du cabinet. »

Et, presqu’en même temps, par un numéro caché (le docteur MEUNIER parle mais on ne peut lui parler, en quoi c’est bien le contraire d’un dieu post-antique, et on y a perdu, c’était assez productif au fond,pour le « mental », quand on pouvait apostropher Zeus, ou interpeller Athéna) « Excusez moi, je ne peux être présente, problème d’enfant, reprenons rendez-vous, et la séance ne sera pas prélevée. » Progéniture / Prélevée, on n’avait pas pensé à ces mots là. On était resté à MM. PP. Parrain/ Procrastiner?

Dans la séance suivante, savourée d’avance pendant chaque promenade solitaire, confrontée à cette interrogation : doit-on payer son addicto quand c’est elle qui s’est décommandée (la réponse dans la situation symétrique est connue), l’équitable MEUNIER Doc. promit que la dernière séance… lorsqu’on aurait fini… serait gratuite. BOB et MORANE pensent de même : quand ils auront pris Le Parrain, l’auront livré en vieux slip blanc à poche molle et débardeur grisatre, la gratuité reviendra au monde. Vaine promesse, vieux savoir : les dernières séances, quand on les connaît pour dernières, sont toujours les plus chères, et les plus coûteuses. L’engagement ainsi fortuitement formulé d’une rencontre échappant aux repérages implacables du logiciel « Rendez-Vous et paiment en ligne » suffisait cependant à ragaillardir la patience d’YDIT : donc, il y avait du possible après la fin ? La foi principielle (et principale ?) des religions.

Du possible après la fin de la Chasse au Parrain, quand on l’aurait ( soutenu par la molle main moite de BOB et MORANE) reconduit vers sa disparition ?

Vers l’heure du déjeuner, Ydit aperçut l’agréable MEUNIER Doc. dans une terrasse éphémère devenue permanente- effet d’une épidémie récente de confiance en soi – assise verre en main en face d’une autre jeune femme, dont Ydit pensait avoir perçu la présence parmi les patientes consommant du retard de MEUNIER dans la salle d’attente (ce qui, avec le temps, risquait de devenir une addiction collatérale). Compensation d’une séance ratée ? Une bévue n’est pas une baie-vue, prétendait Lacan. Sous cette forme, tête à tête profane, Ydit aurait acceptée dès demain la compensation, des deux mains. Un Nouvel amour ? MEUNIER Doc. fantasmée en appli.de Fred et Tyne ?

Meunier, et son amie, avaient-elles toutes deux choisi le menu de Blaise ?

Ailerons de requin confits dans la saumure
Jeunes chiens mort-nés préparés au miel
Vin de riz aux violettes
Crème au cocon de vers à soie
Vers de terre salés et alcool de Kawa
Confiture d’algues marines

(Blaise Cendrars « Menus »- Au coeur du monde, Poésies complètes, 1924-1929, Poésie/Gallimard)

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Didier JOUAULT,YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode 52 /Docteur MEUNIER 3/6 : problème de progéniture. On rappelle que deux épisodes porécédents ont été supprimés lors des moments graves de diverses élections été 2024 : la rencontre initiale avec le Docteur Meunier- addictologue du souvenir/ la première séance. C’est comme ça !

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