YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, EPISODE CINQUANTE-SEPT Rapport Bob et Morane sur le frère 2 sur 5 : Et alors ils n’ont pas su que faire !

Note de Madame Frédérique :

LETTRE de A, Version B

TEXTE de YDIT :

YDIT LE SAVAIT : parmi le nombre important d’épisodes où le clavier s’ébroue et bruisse  directement sur les récits de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain, Die Pate, deux thèmes allaient franchir la ligne interdite, et depuis la terre crue libre revenir d’un pas noir en zone occupée. Occupée de quoi ? Occupée, avant tout, par l’inépuisable bestiole qui rampe et griffe, la culpabilité. Ici, dans les récits autour du père et de grand frère, la densité atteint la pointe sur l’échelle du pesant présent. Ici, mille et mille fois qu’en d’autres lieux ou temps, il aurait fallu dire aussitôt NON, et encore NON, et puis aussi NON.

Rapport 2 : Grand Frère ( jouait du piano partout).

                                                                                    (Chap.2 sur 5)

C’est donc au moins 10 ans et plus qu’il faut attendre pour comprendre l’étrange phrase de la Mère, sur Les chiens qui ne font pas des chats, et la fuite devant l’étonnant duo aperçu Porte de Lilas : Père et un homme, parlant de très près.

Dix ans, ce qui est tout de même long pour une quête surtout sans objet, ou vraiment trop court lorsque l’on préférerait ne jamais savoir qu’une question se posa, ce qui fut l’état d’esprit et le fond de commerce de YDIT, longtemps, avant que le bruit du monde, les paroles des consenteuses, les aveux des abuseurs, les pépiements des journalistes, essayistes, papistes, éditorialistes, contraignissent le personnage de ce ci-présent roman-images, Septante et de plus en plus étant venus, à écouter les obscures voies intérieures d’une mémoire jusque là sans lumière.

Haussant les épaules, mère murmurait, dix  à quinze ans plus tôt, Porte des Lilas, avec un accablement résigné, que parfois une joie non feinte peut redoubler : «  les chiens ne sont pas des chats ». C’était , au sujet de Grand frère, dit avec tendresse, aussi, car son amour pour grand frère, l’amour de Jésus pour les hommes n’est que de la breloque à touristes, de l’ersatz pour amateurs, à côté.

La suite, le sens de la phrase, n’est plus Porte des Lilas. Cela se déroule dans le milieu des années soixante-dix, peut-être quinze ans plus tard ?

Le décor de la pièce ( mauvaise, éclairage du type ‘intime complice’) est un restaurant de l’île Saint-Louis, à public plutôt aisé, donc les goûts et les couleurs en matière de vêtements et de gestes conduisent Ydit à penser que grand frère le fréquente avec ses amis proches, ses Jacky d’alors, multiples en cette saison d’avant le Mauvais Sang, raison pour laquelle peut-être c’est en ce lieu familier qu’il a voulu inviter la famille réduite : son cadet. Grand frère, depuis très longtemps, ils ne se sont pas rencontrés, Ydit et lui, ceux qui suivent ce roman d’images déjà supposent pourquoi, ou s’ils ont lu d’autres épisodes, ils savent. Cependant veut-on jamais savoir ?

Mais on doit répéter.

Avec le temps (qui rien n’arrange) on peut se dire que grand frère a tenu à tenter une sorte de Paix des Frères, sinon des braves : l’occasion précédente avait été une invitation calamiteuse à un anniversaire de trente ans, assez somptueux et baroque, (brocanteur aux puces, fabricant de faux vieux meubles dans un garage de l’île Saint Denis, grand frère gagnait alors beaucoup d’argent).

Le présent dîner, en tête à tête, des années plus tard, autour d’une table un peu chic est un troc assez toc : Concours et babioles diplômantes de Ydit ( modestement vêtu en petit prof) contre salle dite haut de gamme et carte voulue chic, ici et ainsi grand frère fantasme l’équilibre. Il ne perçoit pas que son luxe aussi est faux, et sa démarche mal assurée.

Le vin n’est pas triste, la chair est bonne, les deux Frères ont hérité du père leur goût pour les vins, celui-ci est meilleur que jadis le pinard algérien du Père, cristal engrossé de rouge criard sur sa nappe blanche, on peut écouter, on ne craint pas les ruses imprévues de la finesse : les termes de l’échange sont posés, avant même l’addition.

Sur la suite de ce document ( comme toujours d’origine incertaine et d’authenticité variable selon les heures ), BOB et MORANE ont répété à Fred, remettant le ci-présent-rapport, leurs précautions et le degré d’incertitude qui entache l’indubitabilité du témoignage. En général, un peu. Ici, beaucoup.

En effet ce que raconte grand frère est ceci.

Selon lui (selon ce que Bob et Morane savent de lui grâce à ce que leurs témoins avaient retrenu d’un récit entendu un soir d’anniversaire), selon lui, à l’instant Grand Frère quitte une séquence avec sa psychanalyste. D’un coup, comme un expulsion dans le plaisir mélée du sang de la blessure, Grand Frère vient de laisser revenir au jour du discours, de l’intérieur de son discours, de profondes histoires à propos de Père et de Marcel Malbée, ( personne à l’époque n’avait inventé la glaçante succession, l’agaçante chenille à dessein urticante, pétrifiée par YDIT : Marcel Malbée, dit M.M., dit Le Parrain, Die Pate, ainsi de suite…incantation essentielement utile à voiler, à disperser, à fantômer le cœur de l’émotion).

Grand frère : «  Alors, à l’époque où ils vivaient tous deux ensemble, papa et parrain Marcel, ensemble à La Varenne Saint-Hilaire, ensemble avec ce troisième homme (YDIT n’a pas conservé le nom), ensemble tous les trois oui, eux bien plus jeunes, lui bien plus riche, belle villa de beau quartier bord de Marne,

(le frère progresse avec lenteur dans le taillis de son discours, sur la falaise de la mémoire, piqures et vertiges),

…eux deux parrain Marcel et papa, quand l’homme qui les abritait soudain est mort, il était tout de même pas mal plus âgé, quand il est mort, ils ont dû se retrouver sans bien savoir que faire. Surtout que leur Ami, depuis plusieurs années, ils vivaient avec lui je ne sais pas s’ils se connaissaient avant, leur Ami n’avait rien écrit au sujet de la belle demeure au bord de la Marne, afin probablement de ne pas gêner la famille. C’était vers la fin des années quarante,

on ne disait rien de ces gens là. Je crois, ajoute Grand Frère, que cet homme avait eu un peu de célébrité sur scène, et gardé beaucoup d’argent, mais à l’époque, vivre ainsi avec deux hommes plus jeunes ?.. C’était leur Secret.« 

Dans un rapport tel que l’ont rédigé Morane et Bob, nulle place pour de ces didascalies dont leur vrai maître, le grand Vieux Samuel, usait avec si peu de parcimonie. C’est pourquoi on ne lit pas d’indications telle que : « Grand Frère marque une pause ; on sent comme une émotion dans sa voix et du trouble dans ses yeux. Il propose au cadet de lui remplir son verre, et finit le sien pour y vider aussitôt le fond de la bouteille, Oh les beaux jours! »

Le rapport de BOB et MORANE sur les chiens qui ne font pas des chats, Père et Frère, le rapport continue. Ils ont été payés pour cela, les détectives à ravages, pour continuer, jusqu’à tout savoir afin de savoir que faire. Grand frère : « papa et parrain Marcel, à trois vivant avec leur ami, sans doute ça allait, mais ils ne voulaient pas rester ensemble après, ça n’avait jamais été ça, leur lien à eux deux, ça ne leur avait jamais été venu à l’idée, d’habiter seuls ensemble, ou encore moins de chercher un nouvel abri sous les bras aimants d’un nouvel ami. Leur seul Ami était ce troisième homme, celui des chansons douces dans la radio, et il venait de mourir. Sans rien leur laisser, à ces gens là. »

Et alors ils n’ont pas su que faire.

————————————————————————————————————————————————-YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, EPISODE CINQUANTE SEPT Rapport Bob et Morane le frère 2 sur 5 : Et alors ils n’ont pas su que faire. Mais qui aurait su? Et quoi ? Et quand? Car c’est toujours trop tard après le premier oubli de dire NON.

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