YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison 4, Episode SOIXANTE-QUATRE visite (Bob et MORANE 12 rue Dupetit Thouars) Passer la serpillère, propre en début d’année

Note de Madame Frédérique :

Note de Madame Frédérique

La succession des passages, ici, semble se coordonner de façon à peu près lisible. Il s’agit d’un premier « doublé » de visites domiciliaires. Dans la succession des fragments, un second « doublé « apparait, plus tard

Quand je fus son Assistante Personnelle, à plusieurs reprises, Y.d’I acceptait en souriant que je lui reproche son  écriture à peine lisible. Mais il ne s’agissait que de notes prises en réunion ou pour une intervention : les saisies de notes sur « tablette » n’ existaient pas encore…Peut-être, donc, dans ce qui va suivre, quelques mauvaises « lectures ».

TEXTE de Y.d’I,  «  La Lettre de A. , version B »,  (Lettre de A : ironique rappel de l’incipit de « Extérieur Monde », voir supra – Olivier Rolin ) :

Petite activité sans désolation et avec humour. Le vent s’est levé dehors fort et puis la pluie et moi qui suis occupé la suite du suivi à écrire, je n’ai pas entendu l’eau qui tombe vive et puissante l’eau qui pénètre dans la pièce depuis la  terrasse sans doute parce que le joint a été mal fait ou parce que l’orage est d’une imprévisible puissance.  Mais j’écris – dans le berceau du roman-images – et le cliquetis du clavier malmené couvre les friselis de l’eau qui peu à peu envahit le sol de tomettes, flaque encore peu visible, elle forme sans que j’y prenne garde une sorte d’Aqua Alta inattendue dans cette région de collines,  et l’eau monte encore et le récit nage et les pieds trempent.

Je m’en aperçois tardivement, quand les chevilles commencent à flotter devant l’écran, et je me dis que l’activité de l’écriture ainsi conduite requiert le passage rapide d’une serpillière, l’usage d’une pompe à eau, par exemple.

Il faut toujours passer la serpillère après les pendus. Pour avorter les traces. Et un peu d’eau ne fait pas de mal.

Lorsque je me lève et me dirige vers le placard de la cuisine ouverte sur la grande pièce où se trouve la table à laquelle je travaille, on sent le vent saluant la lumière incertaine sur des collines un peu molles,  et je m’aperçois que les portes ont été forcées : quelqu’un a-t-il voulu s’emparer comme d’un trésor des notes que Madame Frédérique tentera de mettre en ordre- sans jamais y parvenir ?

Moi, j’écris «  La Chasse au Parrain ». Ecrire c’est passer de l’eau de Javel sur un évier intérieur.

– Sale image, dirait BOB.

– En plus, ça pue, ajouterait MORANE. Mais ça blanchit les mains sales.

MORANE et BOB, vous savez ?  Comme il convient à présent, une fois de plus, les genres sont incertains, au moins pour MORANE- car un certain MORAN qu’on dit né près de Rennes aux alentours de 650, a été porté, dans la même ville, à la cathèdre d’évêque, en 710, vieux déjà donc en son temps, avant de – sagement, prétend-on- , se retirer dans un monastère italien, ou grec, ou mauresque, voire turc : un monastère ensoleillé, où ne jouaient pas déjà des pianistes grecs, dans le scriptorium désert de l’après-déjeuner, sur un Steinway très accordé au décor.

Dans ces fragments peut être réunis en portrait possible, le narrateur-ni ricaneur ni éperdu, ni espérant, ni désolé, ne procède qu’à une seule recherche : évidemment pas celle du temps perdu (tout a été dit et nié sur le sujet), mais tout à fait précisément celle de MM, dit « Le Parrain » : Marcel Malbée, 12 rue du Petit Thouars, Paris. C’est là que vous le trouveriez, s’il existait encore. Tentez votre chance. Métro TEMPLE. Ligne 3. Levallois Gallieni. Changement à République pour aller à Porte des Lilas par la 11 .

Porte des Lilas, appartement familial, toilettes sur le palier, pas d’eau chaude, devinez dans quel sens on préfère prendre la ligne. DE plus, entre La Porte des Lilas et République ça descend, ça descend, ça descend. On descend longuement si on va au 12 rue Dupetit Thouars. Chez Marcel Malbée. C’est là qu’on été envoyés les limiers suggérés par FRED, MORANE and BOB, célèbres duettistes. C’est là que : pour l’instant, personne. Nadie. Nobody. Dans les sous-sols de bar et les sorties de lycée, oui, là, ça peut aller, ici traces de Marcel Malbée dit MM die pate. BOB et MORANE en ont trouvé. Mais 12 rue Dupetit-Thouars, personne, ici, rien.

-BOB : pourtant, Patron, nous avons interrogé les voisins. Enquête de badinage.

-MORANE : et pas les cousins, pas retrouvés.

-BOB : Les Voisins sont coquins : pas vu de Parrain, s’entourent les reins de rien blanc et de négation candide : point de Parrain.

-MORANE : dans le rien qui vient, il y a bien cette concierge de naguère

-BOB : à présent retraitée.

-MORANE : Germaine

-BOB : nous l’avons rencontrée dans la maison de Vieux de Pantin, rue Jaurès, la pauvresse, en faiblesse

-MORANE : Prétend se souvenir de Marcel Malbée. Elle dit : un grand et bel homme très athlétique, parole haute, marche rapide, chevelure blonde, toujours des jolies filles chez lui, souvent ça riait et la musique du phono dépassait du jazz partout, certains se plaignaient, mais cent francs pour les Etrennes.

-BOB : donc, un autre Marcel Malbée?

-MORANE : tout le monde ne peut pas se nommer Marcel Malbée, au 12 rue Dupetit Thouars

-BOB : mais ça ne ressemble pas au portrait-robot du petit patron Yd’I. Je dis ‘petit’ parce que le Grand, ça reste le Vieux Samuel.

MORANE et BOB concluent leur rapport par le mot : néant ( ils n’ont pas choisi fin, parce que mieux vaut faire durer, même réduits, leurs honoraires)

YDIT répète : s’il existait je le ferais disparaître, j’en ferais la brume opaque mal levée au matin des sanglantes batailles livrées entre Les Templiers ou les Chevaliers de Malte et les Ottomans, j’en ferais  le sable lourd et brun sur lequel va glisser le sabot du Minotaure ou le cheval de Perceval, j’en ferais la douleur noire qui enveloppe de sa fumée puante les portails des prisons ou des camps. Tout cela, de lui, face à moi je ferais.

-BOB : déjà dit. MORANE se demande si on peut jamais retrouver le souvenir du fuyant Marcel Malbée?

Lisant le rapport « Néant » , Ydit redécouvre une fois encore que la rue de Parrain dit MM nommé Marcel Malbée, j’écris son  nom depuis le début, tant pis pour l’anonymat,  sa rue était en plein cœur de ce qui fut jadis, dans le Paris médiéval, le fastueux et puissant domaine appelé l’Enclos du Temple. Mais voici que peut-être se bousculent, comme des pièces dans une poche trop large quand on fait du vélo dans une montée, comme les molécules d’eau dans la gourde à demi bue en cours de descente le long d’un sentier des Pyrénées, comme les chairs intimes rougies de frottements par l’après-midi du désir partagé, voici que se bousculent entre eux plusieurs rocs de souvenirs secrets, dérive des continents qui ne se retiennent, ceux de -entre autres- les nuits rue Dupetit Thouars et les nuits d’ailleurs- un hôtel mal éclairé en Forêt Noire, une chambre trop peuplée vers Saumur et les souvenirs des cérémonies, jamais avérées bien qu’avouées sous la torture, qu’on prêtait à ces bourrus guerriers spirituels et buveurs, bouche pleine et lance molle en main, les moines-soldats Templiers.

Blasphèmes. Trahisons. Mensonges. Reniements. Turpitude. Sodomie. Reniements, surtout de l’essentielle protection due au garçon tout entier caché dans son pyjama…

Rien que cela. Tout cela. Ah, dirait le Prieur, à genoux, on ne fait pas dans la demi-mesure ? Il faut donc se souvenir et punir ? Surveiller et courir ? Et on disait que le rapport, s’il se voulait complet aurait dû écrire :

« Il a fait tout cela, quand il ne s’agissait pas de plaisir neuf ou d’argent devenu facile avec Malbée-le-confortable ( la famille était pauvre, jamais d’argent), parce que – au fond- (mais il l’ignorait encore) il avait appris dans la proximité active de Marcel Malbée à faire les choses non seulement sans y penser, mais comme sans y être ».


Didier JOUAULT pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode SOIXANTE-QUATRE pour commencer proprement l’année, visite ( Bob et MORANE 12 rue Dupetit Thouars) Passer la serpillère,écrire : passer la serpillère après la fuite. Evacuer l’eau. D’accord. Mais trouver la fuite?

voici le début 2025, entre deux interrogations à venir sur ce que fait Ydit quand Fred n’est pas là ( VENISE ? TOURNUS? deux épisodes, attention, pas de mercredis en ce début d’année, mais les 13 et 21 janvier), puis Ce que Mamie savait (deux épisodes encore, « juste rappel des faits Monsieur le Présidenet », juste pour finir janvier, le 31, mais comment faire moins que se mettre sur le 31 ?)

Par défaut

Laisser un commentaire