Propos de L’intranquille,(*)
Texte de BOB et MORANE, s.l.n.d. et non validé.
C’est dans un petit bar de la rue Dupetit Thouars que les détectives-ravages rencontrent l’Intranquille, au moins MORANE et BOB l’affirment-ils, en remettant la transcription ( qui suit) à leur véritable commanditaire,
FRED ( le patron, l’aimé, le modèle, abandonné, on le connait : 
Mais- chacun.e s’en aperçoit depuis de longs ( pardon, de nombreux) épisodes (non réglés sur un « module » : tantôt longs, parfois brefs, toujours imagés ) : autant l’existence des sus-dits BOB et MORANE est indéniable- attestée par de multiples témoignages visuels incontestables, bien que diversifiés par leur goût désatreux du déguisement, du camouflage, comme ici-même– autant la qualité de leurs productions- leur rapport à l’authenticité- reste à interroger…
Mais il ne faudrait pas que de comparses du bonneteau, maquillés en promeneurs, ils devinssent héros du roman-photos. Surtout que ceci, le Dit ici de Y.d’I dit Didi le YdIT, est un Roman-Images.
En outre, comme il convient à présent, une fois de plus, les genres sont incertains, au moins pour MORANE- car un certain MORAN, qu’on dit né près de Rennes aux alentours de 650, a été porté, dans la même ville, à la cathèdre d’évêque, en 71O, vieux déjà donc en son temps, avant de – sagement, prétend-on, se retirer dans un monastère italien, ou grec, ou mauresque, voire turc- d’autant qu’il n’y avait pas de Turquie : un monastère ensoleillé, où ne jouaient pas déjà des pianistes grecs, dans le scriptorium désert de l’après-déjeuner, à Sylvanès, sur un Steinway très accordé au décor du cloître défoncé. Cela pourrait ajouter à la confusion, mais le roman-images ici présent, dit ici d’Ydit, n’en manque pas, on l’observe, de confusions, de contorsions, de contusions .
BOB : (sur le fim espion tourné depuis l’IPhone, mis en œuvre à distance par les services d’urgence psychiatrique, on le voit terminer un verre de menetou-salon rouge) : « Si nous revenions à ce que vous disiez hier à propos du Président(**), ça nous intéresse, le thème « politique » avec les doubles noirs et blanche de Gédéon et Tyne, ça fit naguère les choux gras de YDIT, qui ne rate pas une occasion de mettre en scène les personnages TYNE
et FRED, de préférence à poil ou quasi.
MORANE : on dit plutôt : nus. Depuis toujours. Surtout que les poils font sale, voir les épisodes des « jours moins 4 ou 5 », sauf erreur de mémoire, mais dans ce fatras, comme dit la mère Madame Frédérique (l’usurpatrice bien connue de nos services d’urgence psychiatrique), on s’y perd, j’avoue. Donc, l’entretien d’hier le Président ?(**). MORANE interroge Garouste :
L’Intranquille répond : » J’entends encore Serge Gainsbourg réclamer pour le sien(concert) un décor que j’avais fait, » je voudrais le truc façon Paul et Virginie au XVIIIè », il parlait à Fabrice ( patron du lieu-dit Le Palace), j’étais là, en retrait, soudain prêt à revendiquer mon travail. Vint la soirée « Votez Mitterrand »
. Et puis ce soir, où un homme sortit un couteau, nous révélant une forte présence policière parmi les danseurs : en quelques secondes, nous vîmes dix pistolets pointés sur lui. Le petit ami de la costumière était même commissaire (…) Les seventies folles et utopiques touchaient à leur fin, les années 1980 se profilaient, plus clinquantes, plus froides aussi. Les dandys désinvoltes et cultivés ( tels ceux de Gédéon, qui apparaîtra dans quelques épisodes), allaient bientôt ressembler à des clowns tristes » ( tel Gédéon à venir, et pas Tyne, ni Fred)
MORANE demande au peintre Garouste si cette rupture lente lui rappelle un autre temps ?
L’intranquille : « On a quitté les arts plastiques et on est dans l’univers conceptuel. Même si les empreintes de nus de Klein sont exposées comme des toiles abstraites, on n’est plus dans le champ de la peinture. Moi, j’aurais aimé arriver après Matisse et que Duchamp n’existe pas.
Je serais resté dans le domaine des arts plastiques, en cherchant à aller un peu plus loin. Mais la rupture de Duchamp ayant tout remis en question, tu te trouves face à une impasse et tu dois prendre ton courage à deux mains. »
BOB : Comme lorsqu’il s’agit de retrouver la toile et les pinceaux après les crises et les séjours en hôpital psychiatrique, dans le rôle du Schyzo ??

L’Intranquille Garouste répond : « C’était agréable cette sensation de ne pas exister, je quittais mon identité.(…) A l’intérieur de l’hôpital, on fait avec le folie. On s’organise. C’est un monde sans politesse ni pudeur.
(…) La sortie n’est pas une libération, c’est une punition. La réalité vous rattrape comme une brûlante coulée d’angoisse, et l’on se découvre faible et lâche. » Puis se tait, voit un verre, boit un verre, se tait.
MORANE et BOB :
Donc, peinture de l’irréel ?
Garouste L’intranquille : « Elle dit mon rêve, mon choix, l’imbroglio de mes pensées, mon langage des signes, cette idée, à laquelle je tiens, qu’on représente une chose et qu’on en raconte une autre (…) Avec l’introduction de modèles, je fais une mise en scène du questionnement. Plus les portraits sont réalistes plus ils mettent en valeur tout ce qui dans l’image n’est pas la réalité, mais est du côté du mythe(…)
Il faut qu’on ressente qu’une histoire va se raconter, mais qu’elle se dérobe (…) Je conçois la peinture comme la mise en scène d’un mensonge : si je vous dis que je suis un menteur, est-ce que je suis du côté de la vérité ou du mensonge ? »
BOB (qu’on sait intéressé par le sujet, surtout depuis sa rencontre avec MORANE, qui – sur les films archives des services psychiatriques détournés d’IPhone, semble-t-il, ne boit pas, au début ) : Il y a ce tableau de vous en entier, comme désarticulé, jambes écartées , vous tenez un miroir où se reflète un sexe, mais le sexe du corps et le sexe dans le miroir ne sont pas le même. Masculin/Féminin. Etonnement ? Incertitude ?
Tromperie, duplicité de l’imaginé ? Le sexe : improbable dicible, bien que doublement présent?
L’Intranquille ( certes un peu troublé par l’inhabituelle pertinence de l’interrogation) : « La question n’est pas de savoir où est la vérité, mais d’avancer dans une aventure nouvelle (…) Du fait de l’âge j’ai fait le tour de ma propre aventure. Je m’amuse avec ma technique, à l’intérieur de ses limites(…) »
MORANE : Non pas pour finir, car l’intranquillité ouvre sur l’infinissable ( les Détectives-ravages auraient-ils pris des leçons de questionnement ?), sur la durée, le temps, donc l’inévitable effritement du Secret ?
L’Intranquille répond à sa façon : « Tout ce qui tourne autour du secret et du dévoilement m’intéresse. Le masque introduit un côté ludique, mais a aussi un aspect érotique ( …) Un nu c’est jouer avec une référence à la sensualité, plutôt qu’avec son expression.
Une figuration du réel de l’érotisme serait de très mauvais goût. «
BOB ou MORANE : Pour vous, les nombreux vrais et faux nus de YDIT-BLOG, rêves, auto-portraits cachés, souvenirs caviardés, fesses à tout vent et sexes atouts lents, ça ressort de cette même esthétique ?
L’Intranquille : lève les sourcils et les épaules, mimant : Il dit , qui ça ?
Les Détectives : YDIT, de YDIT-BLOG , quand ce sera fini près de 500 posts depuis environ quinze ans, ça ne vous dit rien ?
L’Intranquille : lève les sourcils et les épaules, mimant : YDIT ?
Qui ça ? NON, rien …
Il ajoute, de façon un peu hermétique, est-ce pour expliquer à cet inconnu, YDIT :
« J’ai peut-être fait une œuvre en forme de circonstance atténuante. »
(*)Paroles de Gérard GAROUSTE , provenant de :
- Vraiment peindre, Gérard Garouste avec Catherine Grenier, Entretien, Points Seuil, 2021, édition illustrée ;
- Gérard Garouste avec Judith Perrignon, « l’Intranquille », collection Proche, 2022.
(**) Cet « entretien d’hier », n’existant peut-être que pour justifier des émoluments, n’a pu être produit par MORANE et BOB, « on ne sait pas qui nous l’a volé, c’était le clé USB verte, celle du CNRS donnée par Marko » ( – sans précision quant au « MARKO » : le compagnon d’Agence des temps de FERRARE et du « Jardin de Giorgio Bassani », saison DEUX ci-devant, étrangement et pour cette deuxième fois réapparu d’un roman-images à l’autre ?)
N.B. : oeuvres de RAUCH, exposition MOCO Montpellier
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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG , Nouvelle saison, saison 4, Episode SOIXANTE-DIX : Entretien de BOB et MORANE avec Gérard GAROUSTE. Nouvelle Pause, en somme. Ou tremplin pour le « Troisième mouvement » du Roman-Images :
Car voici qu’ arrivent (enfin?) les épisodes annoncés, différés, entrecoupés : les marches de YDIT dans les villes ( telles que Fred en mémorise la trace) et des infos sur la mort de Marcel Malbée dit MM, Die Pate…Environ vingt épisodes… patience et lazure pour les teintes. On va s’informer : marches, souvenirs, reportages sur Le Parrain.
Ensuite, la fin : Gédéon Le Sénateur et Tyne la blanche Africaine, du coup – enfin du repos !- c’est en route pour environ TRENTE Episodes, sans compter les interruptions de parcours… On va respirer. Tyne : le plein. Gédéon : le vide. Effets de rythme, on vous a prévenus dès les annonces des premiers jours, août 23…
Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison 4, Episode SOIXANTE-DIX : Entretien de BOB et MORANE avec Gérard GAROUSTE