Note de Madame Frédérique : « Sur tout cela, rien ne peut s’ajouter, fiction, réalité en fragments ?
( on ne peut pas oublier que Madame Frédérique, la parfaite Assistante, dépouille la dépouille de I.d’Y, dit Ydit, à travers l’ouverture progressive ( au moins le prétend-elle) des volumineuses enveloppes intitulées « Lettre de A.« ( en hommage répété à Olivier Rolin, « Extérieur Monde »), » Version B. » ( réappropriation, et comme on dit : « Série B« .), dossier à elle parvenu après la disparition inexpliquée de I.d’Y..
Texte de Ydit, depuis Extérieur monde, Olivier Rolin, depuis tout ce temps, ce livre, et le roman-images : « Lettre de A. », version B .
TOURNUS, nouveau passage : ERIKA n’est pas venue, et dix ans plus tard les jeunes femmes du séminaire
peuvent raconter en se serrant un deuxième café à l’hotel » Le Rempart » que le département veut faire de l’ancienne maison Grovarie, dite le « Musée fermé », un Musée des souvenirs oubliés.
Passons : Ici, pas d’oubli, au milieu des fragments on parlera souvent, beaucoup, tendrement, avec un injuste regret, beaucoup donc de Fred on parlera. Il faut savoir ( j’aime beaucoup cette expression des orateurs arrogants au début d’une explication : il faut savoir) que Fred est une image rapportée d’une réalité disjointe. Disfractée par les miroirs des mémoires. Elle est figure complexe d’une présence longtemps essentielle et pour toujours inoubliée, car (on le sait) le désir est à la fois menteur et inoubliable. Avec Fred on refera les chemins, y compris, en compagnie de TYNE parfois ( TYNE, l’autre visage mythique des compagnes d’errance finie et de présence infinie) et peut-être cela même qu’on a pas su parcourir ensemble, ceux qui ont été trop tôt interrompus par la réalité maligne des séparations : quai de gare, intrument principal de l’oubli.
Fred a souvent été l’un des mirages de la meilleure ligne de fuite jamais inventée pour éviter d’entreprendre la chasse aux parrains, bien qu’YDIT sût très confusément -et très obstinément -qu’il faudrait un jour s’oublier dans cette tâche, « La chasse au Parrain », Marcel Malbée, dit MM, Die Pate, s’y anéantir comme le chasseur ivre dans son brouillard matinal, fusil oublié face au sanglier mal visé dans l’appareil photo.
Quand on a une amoureuse telle FRED, une passante comme GENEVIEVE, une aimée comme TYNE, ou l’incroyable possibilité dite ERIKA, jamais vue sinon nue sur les photos crues, et d’autres plus faibles pour d’ultérieures aventures narratives ( Anne-Jean, Myriam , Coco, et des broutilles bredouillantes), 






d’où sont préservées les femmes de la vie au long cours ( l’épouse première, ou Laurence, ou Edith ) quand on a cela, les amours jamais accomplies ( si accomplir c’est achever), que pourrait-il inventer de plus utile, l’YDIT d’ici qui dit, pour assécher les vents de Septante et chaque jour plus étant venus?
Fred, après tout, est simplement le souvenir qu’on a de l’envie de se souvenir, l’image du désir de conserver les images : Fred lorsqu’elle accepta la première fois de se laisser prendre en photo, avec l’un de ces appareils antiques qui bruitaient clic-clic, elle fut et dit aussitôt que ce serait sans peine avec joie sans limite avec toi, y compris les plus crues des images. Mais, dit-elle en se déshabillant déjà, je ne veux jamais rien d’autre que moi sur l’image, hormis d’usuels vêtements, un chapeau de paille posé sur l’épaule pour un cliché noir et blanc très cadré où sa position sur le canapé de velours brun, sa chair émouvante et pleine, laisse sans réticence voir les réserves discrètes de mousses légères et les aplats brillants de son intimité. Cette série de poses livrant sans pudeur les appels à la profondeur a longtemps été l’une d’une des photos secrètes qu’YDIT dut conserver dans un vide-poche de bureau, dans un tiroir, entre deux ou dix cartes postales du labyrinthe de la cathédrale d’Amiens, ou d’une représentation assez bien imprimée de la Sainte Anne de Vinci. Mystères de la représentation. Epaisseurs des voisinages : ça se contamine, les images.
Amoureuses : c’est cela qui fut le rail. On aurait dû choisir le croisement des rails, ou la descente en marche. Choisir le repos, accroupi, en toge de lin, sous un orme, un olivier, un cèdre, solitaire, regarder passer les chats, le temps, les vents essoufflés de n’avoir prise sur rien, sinon un pan de lin blanc- encore lui. Au lieu de cela, « stage d’été» pour le parti (on va raconter cela, tout de suite après ceci, et aussi Gédéon Le Sénateur, c’est juste après, épisodes soixante-six et beaucoup ensuite), on est là, simplement débout sur une hanche près de la table, et les stagiaires entrent, on les observe, elles et ils parlent, on s’assied, tous, on commence, et – le soir, à la table du dîner où elle a choisi de s’asseoir toute proche, l’une murmure, pas encore trop déraisonnée par le vin : « J’aime vraiment beaucoup ce geste que tu as fait tout à l’heure, pour nous accueillir, à l’entrée, ton mouvement des lunettes, et des yeux, l’empathie et la confiance, et en même temps la fermeté, j’ai beaucoup aimé. ». On n’a rien préparé. Mais, demain, à l’heure de la pause, Irma passant une main sous le bras, demandera si on n’irait pas faire une sieste ?
Parlons de FRED, c’est annoncé, promis, ducal. Pas un devoir, un plaisir, toujours FRED.
Fred on l’a vue dans un amphithéâtre écoutant un pédant évoquer un duc (Episodes 19 et 20, 2023). Sur la page de garde de l’édition Garnier, cette vieille collection d’un jaune étonnant ou les notes infra paginales ( j’ai mal prononcé, le logiciel de reconnaissance et de caviardage à confondu V et P, ce qui n’étonnera aucun orthophoniste, et lorsque je disais paginales, l’imbécile intelligence cachée sous le clavier entendait *******, et m’interdisait l’emploi du mot, les notes infra vaginales de Fred- quel sens ?).
Cette collection donc ou les notes du bas de page et les annexes occupaient souvent un volume au moins équivalent à celui du texte originel, et d’autant plus que l’on confrontait avec érudition des éditions successives, ce qui était le cas ce jour-là, lorsque le pédant évoquait un duc, Fred écrivit joyeusement à l’encre bleue, celle qui ne sèche pas tout de suite, sur la page de garde, cette Maxime qu’ensuite nous pourrions rééditer ensemble : « Le sommeil ou le sexe ne se peuvent regarder en force ».
Même si, avec le Septante de Ydit étant venus les ans lourds, on le sait depuis longtemps : le sommeil est fuite et le sexe est sa poursuite. On ne peut échapper ni au sommeil ni au désir, l’un se refuse et l’autre s’impose, tous deux résistent à l’arrogante volonté de la raison.
Mémoire : sujet : écrire c’est se souvenir, combien même on n’inventerait que des fables et du futur ; au moins on se souvient des mots, on se souvient des règles, on se souvient des temps, et aussi des sourires, des amis, des livres, des verres de saint joseph ou chablis bien partagé, de pains frais et des corps vus, de si près ou de trop loin, bus. Voila pourquoi, Septante plus que bien sonné, la pire frayeur n’est pas de mourir mais de se trouver banni de la mémoire, exilé du territoire du souvenir. La mémoire est un choix, on veut choisir ce qu’on oublie
( déjà dit !)



Les souvenirs, et donc les mots des souvenirs, sont comme le bruit glissé, un peu aigu, un peu tremblé que font les pièces de monnaie qu’on doit ramasser, partant au matin sur le marbre encore ombré de la commode, avant de se glisser, nu et noir, vers la salle de bain, sinon comme un évadé, juste pour ne pas éveiller l’autre trop tôt.
A cette heure-là, si tôt, et ce pouvait être pour prendre le train vers le lycée de province, 6h27 à Austerlitz, ou pour arriver le premier dans le bureau, 7h45 à Créteil, ou pour ne pas rater l’avion vers Venise, quand les pièces font un bruit agaçant sur le marbre de la commode, quand on se reproche d’avoir laissé dans la chambre l’étroit slip blanc près du lit ( ou rouge, bleu, noir, gris), voici qu’arrive alors, très exactement et très inévitablement l’heure de peindre l’aube en rouge sur les seins des actrices, de peindre la fin de la nuit en bleu sur les épaules des visiteurs, comme si la vie au petit matin ressemblait à un rush non monté d’un vieux film de Robbe-Grillet un peu raté.
Mais qui connaît encore Robbe-Grillet? Et encore moins Madame Robbe ?
On le sait, dans un polar, il y a deux voies. Ensemble, le flic et nous /vous, on cherche qui a commis le crime. C’est dur, on nous trompe, ça part faussement dans tous les sens. Mais au bout du compte tout devient bon : c’est elle ou c’est lui, ou eux, pincés ou morts, ou l’auteur lui-même. Reste ceci, roman terminé : on cherche à savoir comment le possible (qui nous a trompés ) fut possible.



L’autre voie, inverse : ensemble, on sait tout de suite qui a tué, tout est connu, l’auteur se trahit, quant au meurtrier on le voit où elle ( moins souvent) qui se prépare à tuer encore, et encore- haletant, exhibé, et on regarde, un peu agacé, le lecteur analyser comment la ou le flic progresse, se trompe, se perd, mais finit toutefois par arrêter la chaîne des crimes, juste à temps, avant l’ultime. Le lecteur elle ou lui ne cherche qu’à briser le possible.



A chacun de savoir si la poursuite de Die PATE ( Die PATE ? Marcel Malbée ! ) est un polar 1 ou un polar 2. Une polaire ? Pour se protéger du Grand froid qu’expulse toute mémoire qu’on entrouvre, comme d’une cave, d’un congélateur ?
Roman , c’est ici : donc choisissez. Le groom attend l’étage.
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YDIT blog Hors saison, saison 4, épisode SOIXANTE SIX : FRED lui demande à nouveau s’il se souvient? Quand il battait la campagne ?YDIT répond qu’il errait dans les villes / cinquime séquence-souvenir sur dix de « Fred se souvient », cette fois, ici, TOURNUS ( deux sur deux, fin).
