Fred lui demande s’il se souvient, ou même à quoi il pense quand elle est dans ses bras, ou à quoi il pense quand elle n’est pas, ou à quoi il pense quand elle enfile ses bas ( elle qui se rhabille toujours par le haut d’abord) et YDIT répond qu’il errait dans les villes
« On installe des carrosseries transparentes pour admirer son moteur en roulant (p.112) et « on bloque le temps, on bouge plus. On se colle à la lumière comme des papillons. On sert un verre de Chivas ordinaire, on fume des Dunhill rouges, on veut sa Citroën Maserati crème » (p.104) (Olivier cadiot, ibidem)
Écrire le roman-images, rêver la montée immobile de l’Aqua Alta de VENISE mentir avec la puissance ineffable des passés invérifiables à TOURNUS ?, à VERDUN ? ou ailleurs qui est installé partout,, et puis, après le café au bar, prendre le train, découvrir le panier du chat dans le TGV, et finir en fondu au noir .(Pour cette SAISON IV, voir épisodes 71-72-73, et 76-77 et aussi 80-81)
Fred intervient, elle qui toujours hésite entre le plaisir d’écouter et le désir d’interrompre, malicieuse et pragmatique, secrête et impudique,
Fred (la présence indéchiffrable de Fred on aura compris que c’est une image fluctuante de l’infini flou)
(comme autre part – surtout plus tard, en 2026 peut-être- celle de TYNE la Blanche -Africaine)
FRED intervient car elle ne supporte pas qu’Ydit choisisse la sandale d’Empédocle pour entrer dans le stage d’Olympie.
(Heureusement, BOB et MORANE sont occupés par leur enquête au PMU de la rue Dupetit-Thouars, ils disent « PMU » pour mieux retrouver l’atmosphère « années soixante » de Marcel Malbée dit MM dit Le Parrain, de sorte qu’ils n’ont pas le temps d’exprimer leur incompréhension d’Empédocle et d’Olympie)
Bref, dit Fred, chaque jour au matin se pose une question-que les années à venir pour toi vont sans doute rapidement modifier, avec tout ce Septante et bien davantage étant venu, mais tu ne le diras sans doute pas : après le café, un autre café en terrasse (on est sortis), après le footing conservateur (de forme et d’humeur), après les mails divers (on socialise pour survivre même l’hiver) après les derniers chapitres de « Histoire de la littérature récente » (avec Olivier Cadiot on croit vite arriver au bout, on a tort), après l’exposition chez Pinault où Arnaud (on regarde, on finance,on regrette, on s’en va ) après le dîner du soir, le spectacle, les réunions fraternelles, les soirées à la maison de la poésie, le cinéma rejoint à pied juste à temps, après…
oui oui, après : quoi ?
Après, il y a le choix d’écrire, sans la moindre nostalgie, et encore moins une trace de regret.
Saison I, Séquences Publiques d’Oubli.

Saison II, Le Jardin de Giorgio Bassani …
Saison III, le fourvoiement et l’impasse !

Saison IV : ici pour trois ans le mémorial de Marcel Malbée. Tu comprends ?
FRED : elle sourit en nouant se lacets, quasiment rhabillée, sauf au mileu – comme le sont les meilleures histoires – et elle (FRED) dit qu’écrire c’est le choix de ce qui ne sert à rien, c’est le choix le plus incertain : de plus, contrairement au sexe, ça ne se met pas en route à chaque regard sur le clavier, à chaque dictée devant l’écran. D’ailleurs, souvent Fred en fait le reproche, YDIT acquiert une sorte d’expertise maligne dans la découverte d’activités multiples qui lui permettent de ne pas « s’y mettre » : pas un petit bricolage à faire ? Une « tribune » essentielle à lire, bien qu’aussitôt oubliée? Des fruits verts abandonnés chez la libraire serbe de la rue du Rendez-Vous? Le vin à chercher pour les amis du soir ? Une lettre décommandée à porter à La Poste? Quelques photos de nus à lire sur le site familier qu’on ne nomme pas ?(un nu est d’abord un récit ). Ou sur les collections intimes personnelles, intérieusement cachées par le clos des paupières?
Eh bien aujourd’hui quoi répète FRED comme dans une liturgie paisible ? Au cours des neuf séquences où se racontent des errances dans les villes, sans Fred, sans Tyne et encore moins Alice, les atermoiements de récits -parasites qui tentent l’impossible fuite devant le fantôme souriant et sale de Marcel Malbée dit le Parrain, encore et encore des récits pour ne pas en finir avec la fin du Parrain, dit MM, alors aujourd’hui, encore, demande FRED, quel évitement ? ? ?
DONC, YDIT-dit-le Didi-qui-ne-se-dérobe raconte (ou fait mine de raconter) à quoi il pense quand elle est dans ses bras, à quoi il pense quand elle n’est pas là ( même si trois épisodes ultérieurs en diront davantage, fin 2025):
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A la gare TGV de Aix-en-Provence, presque allongée sur les bancs de lattes en bois sinuant comme des serpents sages sous son corps simple et souple, Sylvaine somnolait ou sommeillait, visage couvert par une revue ouverte, dont le titre a été oublié. Sylvaine c’était le prénom que portait en larges lettres le tot bag posé sur son ventre.
YDIT, quant à lui, revenait, seul, et regardait le monde.
Sylvaine, avec l’annonce du train, s’était levée, sans cesse s’avançait vers le quai. Elle était une fille jeune, friselis blond apparu derrière la revue, qu’elle avait abandonnée sur le banc, démarche paisible dans le short d’une étroitesse privée de réserve (banalité du temps), une sorte de chemisier blanc léger, opaque toutefois : impossible de rien savoir sinon l’étoffe des apparences.
Mais (hélas ! ) on reconnait ici le Ydit dit Didi, à ses tics en toc : images.

Fred aurait exprimé ses doutes quand à la réalité de l’image -tellement coutumier fantasme de conscrit sorti de sa chambrée-mais elle aurait aussi désapprouvé le regard du narrateur sur son personnage, un personnage vêtu de vain et de nudité candide, ou presque.
MAIS,-répondait le plus souvent YDIT-ceci est un roman, et nous écrivons de l’imaginaire, dans cet espace singulier rétif à la censure, et encore davantage lorsque sous la cape lourde du respect on sent poindre l’ongle pointu du nouveau puritanisme.
Fred : Et hop, paroles ! Toc.
Dans le récit du roman-images, à quoi tu penses quand je ne suis pas là, le personnage Sylvaine passa devant. Un panier d’osier entravait assez le mouvement pour qu’YDIT entreprit de lui proposer une aide, qu’elle avait refusée « Pas besoin merci » , et même sur la plateforme en haut des marches « ça ira encore ici merci » .
Tous deux voyagèrent face à face dans le même « duo ». Non, elle ne préférait pas le sens de la marche, merci.
Sylvaine-où prétendue telle- avait posé sous ses genoux le panier de jonc serré, ouverture vers le couloir. L’animal dormait, sans doute. Elle lui parlait cependant, le calmait entre autres lorsque la bruyante contrôleuse Germaine, volubile à son usage, passa.
Sauf à dormir, rêver, se taire, se terrer, se tirer, on ne pouvait ignorer Sylvaine, juste en face, qui avait grignoté quelques biscuits salés De Michel et Augustin, les ronds au comté, puis bu quelques gorgées de coca zéro en canette 33 cl.
A un moment elle avait désigné le livre entre les mains de YDIT : c’était qui, c’était quoi, c’était comment, ça valait la peine ?

Pour faciliter la compréhension générale du récit, alors que le lecteur pourrait facilement se perdre dans les correspondances ( et sans doute est-ce fait tous ces mois ensuite ): c’était Olivier Rolin, par exemple où Olivier Cadiot , deux bases uniques de » citations » ici ( on essayera plus tard de jouer avec tous les Oliviers, dans la saison V): « Histoire extérieure de la littéraruire contemporaine dans le monde », ou à peu près.
Sylvaine, Rolin ça ne lui disait rien, Cadiot non plus, et très vite son envie de parler avait disparu.
Fred reconnaît bien YDIT, les yeux plus vifs que l’accroche : pas du genre à engager la conversation avec une inconnue, serait-elle de vain vêtue, serait-elle porteuse pour viatique principal d’un short encore accourci par l’assise, et d’un panier à chat muet, qu’elle réconforte parfois.
BOB et MORANE observeront plus tard, las et même agacés – hypocrites ! – que depuis le commencement de ses posts, en 2015, YDIT semble avec une nâvrante obstination continuer à considérer le short comme une sorte de timbre à porter sur toute enveloppe de récit, à coller sur toute carte postale de mémoire, à engager comme des vignettes dans un album de jadis : timbres, cartes postales, album, autant de mots en voie de disparition, en tout cas disparition des usages, ce qui n’empêche pas que l’image du short( dont ici-même ci-dessus et ci-après) reste l’indice, le marqueur, le marque-page presque, et un peu comme le logo de marque des « saisons » YDIT-BLOG.

Bien après Lyon, Sylvaine s’était levée, avait souri largement, et-désignant le panier-« Vous pouvez me le garder, c’est une petite chatte sans problème » ?
Même roulant vite et lisant Rolin, en train, on aime savoir ( c’est la raison même pour quoi on écrit des romans-images) : YDIT s’était donc penché pour faire la connaissance de la « petite chatte sans problème ». Il avait fallu se lever, encombrer un peu le couloir, déplacer le panier qui avait semblé trop léger tout de suite, trop immobile.
Derrière la porte du panier, derrière l’espace du grillage de jonc, une grosse peluche à forme de léopard observait YDIT de ses yeux en vert bleu noir d’émail Monoprix.
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Didier JOUAULT pour YDIT blog Hors saison, saison 4, épisode QUATRE-VINGT-QUATRE, Fred lui demande s’il se souvient, huitième souvenir de marche dans la marge du récit : YDIT répond qu’il errait dans les villes, toujours dans les villes, la nuit, et c’était vers BORDEAUX, cette fois, ou peut-être Nantes ? Montpellier ? le chat du TGV. La poursuite de Marcel Malbée, avec les étapes du souffle à reprendre, car – contrairement à cet épisode, la poursuite n’a rien de SHORT.