Ydit- bis, Rétro-calendrier de l’Avant, – 9 L’Arsenal de Picpus.

NB : On a pu lire ( Rétro calendrier 7), les précautions sur la publication.

Ici, main reprise, la décision de continuer  un récit ( qui annonce un  récit?!) n’écarte évidemment pas toute empathie  sensible avec les victimes du temps dit Coronavirus.


A Venise, Le troisième soir, le patron m’a reconnu Le patron pose à FIci, musique en Live, pas de menu polyglotte, tout le monde parle Italien, plats du jour déposés sur le zinc à la façon d’une provocation d’art contemporain.

« -Salut, le Français, on dirait que ça a mordu? »

ricanait-il.
Salade, poisson, vin blanc, deux ou trois ristretti : la dot pour marier la nuit, si difficile à séduire.

On le voyait tout de suite, ça avait mordu, et plutôt trois fois qu’une. A Cannaregio, dans mon deux pièces Airbnb -garanti XIXème – premier étage à gauche, lagune au bout de la rue, appontement Ospedale,  la présence commune se voulait secrète. On pouvait se croire discrètement à l’abri.FONDAMENTO NUOVE

 

 

Mais présence commune piquante : on partage avec de clandestins hétéroptères de la famille des Cimicidae, plus précisément le vraiment très  commun Cimex lectularius, rampants moins forts en texte que les Atrides, mais autant hématophages.IMG_1468.JPGIMG_1346

 

Certes, nourrir seul  c’est nourrir à moitié, mais les invisibles puces de lit se contentaient d’une demi-portion dans mon genre.

Être piqué un peu, ça va , on se connaît, on sait à quoi s’en tenir sur Ydit le Didi, mais devenir un banquet à soi seul ne rend pas philosophe.

 

J’habite le quartier Picpus, à Paris. Les amis ont souri de ma nostalgie: alors Ydit, on emporte la pique de la patrie sur l’épiderme du voyage?

 

Leur inquiétude :les puces, au retour, voyageraient -elles dans les plis ? La vie dans les plis, mi-chaud, mi -gelée, ma parole ! ( je ne  m’étais encore promis d’arrêter avec les allusions plutôt nulles). Si je ne craignais l’abus de parodie, j’écrirais  : La puce ni son mord ne se peuvent regarder de face -…surtout si la pique fut fessière.Picpus 1picpus à Venise

 

Piqué au vif, j’exposais à des pharmaciennes rigolardes, mais résignées à l’étrange étrangeté du touriste,  vers la place Garibaldi, les rouges excroissances, et me planquais ensuite à l’ombre des églises pour empommader les turgescences.

Activité vénitienne s’il en est.

Pour un peu, les puces vivraient dans les repentirs de toiles de maîtres : on désigne d’un doigt la composition en pyramide, mais c’est Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa.

Si l’on entre à San Zaccaria en venant du soleil, la Madone de Bellini, à gauche….
Mais, non , cette scène figurera dans les pages, prochaines, du « Jardin de Giorgio Bassani ». Et du Bellini, bonjour Sollers, reste surtout ce mélange imbuvable de proseccco et de purée de pèches blanches qui use les Américaines.

Pour l’heure, je flânais portant mes stigmates, car que faire à Venise sinon que l’on y flâne? ( ou qu’on y flatte ?). Je lisais du Grec pour illustrer en musique l’entrée des puces : comme des rats, suivraient-elles le flutiste?

 

De loin- il habitait Milan- le propriétaire du AirBnb me répondit : « Vous n’aviez qu’à utiliser l’anti-moustique laissé dans le placard du bas. » C’est un peu comme de confondre moineau et vautour. Je lui adressai, en revers, une rafale de selfies, bien cadrée, qui exposait- art contemporain- un pic de puces, tout en coupant l’image pour qu’il comprît où les puces poussaient sans trop apprécier le détail de mon intimité. ( les anciens d’Ydit-Blog  se souviennent de mon goût malicieux de cadrages aptes à contourner les censures des sites, sinon l’imaginaire des suites).

Je lui écrivis ceci :

Moralité ?

Je vis à Picpus, et je vais à Venise,

Je nourris les puces, et ne vois pas Denise.

Sur mes puces, mes pics mes tics et mes tocs, le prix du vin blanc à l’heure de la terrasse on n’en saurait pas davantage.

Le propriétaire jura, mais un peu tard, qu’il dépucerait à tout va, sans rechigner à l’attache. Il proposa de rembourser ( comme un spectacle annulé) pourvu que je ne fisse aucun commentaire sur le site du loueur. Ainsi disparût toute trace.

Quand on arrive à Venise, par le train ou la navette de l’aéroport, c’est comme un shoot lumineux. Quant on quitte Venise, la dixième fois encore, on sait à nouveau qu’on va mourir.

 

 

Encore un peu de temps, monsieur le ?

 

De Venise à  Parme et Padoue, c’est Pareil à Pareil, on transporte la mémoire pour visiter la solitude, ou l’inverse : à bientôt soixante dix ans, on est bien entendu déjà venu ici.

Le jour, j’écoutais les guides en plusieurs langues, et regardais les écoliers regarder la statue membrée, sous l’œil amusé que m’adressait la maîtresse en K Way rouge. Je laissais la dépouille d’Ydit trainer parmi les ombres au bord de puits comblés.

P1000648

Le soir, quand on ne dort pas,

on relit ses brouillons?

on regarde le fleuve couler dans son miroir ?

on compte ses puces ?planning brouillon

 


Didier Jouault pour YDIT-BIS,    Rétro Calendrier de l’Avant,    9   –  L’Arsenal de Picpus

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Ydit- bis , Rétro-calendrier de l’Avant – 8 Giardini au bout de Castello.

chat et poule à P, photo Catherine Fleurot

 

Ensuite – c’était le contrat- Aymeric et Adeline  ont libéré de ses contraintes le fabuliste amusé.

Parmi les Devoirs,  or depuis soixante ans le narrateur est un homme de Devoirs, l’un commençait à pousser trop loin ses épines intérieures : faire l’YDIT, le dit du Didi.

 

En ces temps, je m’imposais une sorte de régularité. Souvent, je l’aimais, car la contrainte éveille. Parfois je me le reprochais : pourquoi ne pas rester plutôt libre, et choisir de finir un verre de blanc à la terrasse bleue, ou regarder une statue sans la question de savoir où poser lunettes,  badge, ruban bleu, l’implacable trio d’une signature sans véritable auteur ?

Fin des fables, sinon des fabulations.

Mais le marcheur solitaire n’ignore rien de cette vérité grossière : on randonne parce que l’intérieur de la marche est le meilleur espace de liberté où s’enracinent les histoires qu’on se fait à soi-même. Tout comme flâner des heures sur les collections d’images ouvre les attentes des rêves  qu’on ne fera plus, et les routes vers des ailleurs déjà fermés à la rencontre par les oublis.

 

Pendant ce temps, les amis écrivent des livres sans images, ou lisent de la philosophie sans dommage. C’est plus fort.

Lors de trois précédents voyages vers Venise (parmi beaucoup) , c’était le train de nuit. Oublions le premier, un voyage d’étudiants. Le deuxième, le wagon-lit, par gourmandise, un peu Agatha Christie sans mort à Venise, un peu Cendrars sans les cendres de la loco. Si je pouvais ici me souvenir sans émotion – mais l’émotion du souvenir est un piège nommé nostalgie -, je raconterais  le retour de nuit depuis Venise avec Fred, seuls elle et moi, très amoureux, dans le compartiment  6 couchettes des années quatre-vingt, où l’expression de la tendresse fut chaotique.

woman standing on vehicle door

Photo de sergio souza sur Pexels.com

le train de nuit de Fred

 

Ensuite, un voyage familial – mais jamais ici de famille présente, qu’on préserve de la mise en public, toujours un peu mise à mort spectaculaire du réel.

A Venise, Rousseau faisait des confidences sur les soirs où on danse et le perron trop glissant des palais masqué. Sollers y prenait en tous temps ses élégants quartiers de printemps durable, chipant les biscuits au salon de thé si désuet où les américaines viennent boire  leurs messages en sortant du musée hanté par les chiens de Peggy.

Ici- triviale note -la plus étroite des places est conçue pour de larges rencontres, mais j’étais seul.

Sans conviction, comme une étrange consigne ( morale scolaire) à moi seul pour moi et par moi formulée, je posais pour Ydit, l’air stupide : toujours, la photographe choisie dans la rue acceptait de me prendre, c’est l’usage entre voyageurs, et -par bonheur- la différence des langues bloquait tout interrogatoire sur mes étranges ( et un peu ridicules) décors. Le sourire affligeant marque l’amplitude intérieure d’un renoncement qui s’annonce. Mais c’était une façon de parler.

Visiter seul, c’est visiter deux fois, prétendait Peguy, et la seconde (récit, photos d’Iphone) donne comme un écho serein à un plaisir pas encore défunt. Puis, on a le temps de regarder les passantes.trois touristes à V

 

A Venise, c’était la Biennale d’art contemporain, offrant le rare bonheur de pénétrer de coins d’espace d’habitude interdits ou réservés aux badgés : palais, consulat , entrepôt vers l’un de mes deux quartier préférés : l’Arsenal. Et Giardini, tout au bout de Castello.

 

Solitaire , levé tôt, dormant tard , je tardai au milieu des incertitudes du langage et des imprécisions du silence sur les nuits de Biennale, escapades de sorcières à pétard et de carabinieri en pétard…Errant, j’observais l’ombre que le désir porte sur la terrasse du solitaire, au petit matin, entre deux œuvres.

Les visiteuses passaient. Par habitude et malice je dressais le décompte des silhouettes qu’allongent les bien nommés (et bienvenus) shorts d’été, entre deux surdosages de café ou trois pavillons d’œuvres si pleinement contemporaines dans leurs usages de provocations banales P1000311.JPGP1000344.JPGla galerie des masques.JPG

 

 

 

 

 

 

 

J’oubliai mes décors à la terrasse d’un café, mais la serveuse avait mon téléphone, elle me retrouva d’un coup de bicyclette. J’ignorais encore que FERRARE est une construction géométrique balisée de vélos conduits par des jeunes filles, je n’avais pas encore assez lu Giorgio Bassani.

la maitresse en kway rougeJ’écoutais les guides en plusieurs langues, et regardais les écoliers regarder la statue membrée, sous l’œil amusé que m’adressait la maîtresse en K Way rouge.

P1000632

 

 

 

 

 

 

Le troisième soir, le patron m’a reconnu !    C’est l’ambition majeure du voyageur. Le patron pose à FIci, musique en Live, pas de menu polyglotte, tout le monde parle Italien, plats du jour déposés sur le zinc à la façon d’une provocation d’art contemporain.

Sur un coin de table, on cafouille le parcours, on bafouille les étapes. FERRARE, au centre?

 

Mais on ne savait pas pourquoi l’impératif  d’ y revenir serait bientôt si puissant.

planning brouillon


 

Didier Jouault  pour  YDIT-BIS,    Rétro Calendrier de l’Avant,    8   –  Giardini au bout de Castello.     ( Venise I)     A suivre …


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YDIT-Bis Rétro-calendrier de l’Avant – 6 Le plus gai était roux, la plus savante était blanche


NOTA BENE : l’envoi automatique méconnaît évidemment la nature du support. En certains cas, la soigneuse mise en page et ses effets d’écho sont altérés par le logiciel, et les images se succèdent sans cohérence suffisante…On peut alors, parfois, se reporter au site-source, YDIT BLOG sur WordPress.


 

J’en étais là : abandonner Ydit, le larguer au milieu de ses phrases complexes, ses affichettes trop nettes , son badge sans age, toutes les pacotilles,

lui faire signifier son congé par une voisine bien armée pour le débat,

j’allais couper court,  reprendre le seul chemin qui vaille et qui m’aille, le solitaire, il allait peu à peu s’absenter de l’horizon, sans précaution restituant ainsi par son absence leur valeur de trois sous à ces pièces d’OUBLIeS.

« Très bien, très bien, dit Aymeric, je vais voir où en est la pizza ? »


 

En attendant, comme on disait chez les femmes savantes, je troussai un billet ( la poule ne l’avait pas vu)prépatifs d'escapade, à P


 

La Chatte et le Poulet

Un matou tout en roux parlait avec lui-même,

Ecoutait ses mots doux, rêvait un peu qu’on l’aime.

Croisait là un poulet, pour son ver en retard,

Regagnant son palais, pour picoter sans fard. l'affable de P.

La féline allongée, qui sans doute s’ennuyait

(Car à soi seul penser ne devient -on pas laid?)

L’arrêta en Princesse: «  Fallait-il à tout prix

Que ce poulet en liesse*, dressé comme un Verdi

Fit ainsi tant de vent, et lui passant devant,

Rompit comme un forban le pur plaisir du banc?« 

IMG_1144(La chatte de jardin, et c’est ce qui l’anime,

Rencontre le pépin de l’excès de la rime ).

 » Hé quoi, dit le poussin transformé en volaille,

Vous aimez le coussin tandis que je travaille,

Griffez les ouvrages de ce pauvre bon vieux

Rêvant un voyage comme on fait un vœu pieu? »

 

Un fort Cocorico, qu’il voulait protestant

Réveilla en écho le bon maître siestant.

La chatte se détend, le poulet se raidit

D’un grand cri prend le temps, et rien ne l’assourdit!

Le fermier irrité interpelle son hôte.

La chanson est chantée :« Le poulet ? Sous la hotte ! »le matou mitonne déjà

Le maître dina, dit-on, d’un dodu dindon,

(La chatte gonfla le coq et lui en fit don).
 

MORALITE

 Ici c’est gras ce soir, en voici l’avantage :

Rôtir passe encore, mais chanter à cet age  !

 

 

(*) »Qu’un poulet en liesse » eut davantage ménagé la diérèse !)


Didier Jouault,  Ydit – bis ,   Rétro calendrier   6    Le plus gai était roux, la plus savante était blanche   A suivre …


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YDIT – BIS, Rétro calendrier de l’Avant, 5 – « Vous allez à Vérone, ? »

NOTA BENE : l’envoi automatique méconnaît évidemment la nature du support. En certains cas, la soigneuse mise en page et ses effets d’écho sont altérés par le logiciel, et les images se succèdent sans cohérence suffisante…On peut alors, parfois, se reporter au site-source, YDIT BLOG sur WordPress.


YDIT – BIS, Rétro calendrier de l’Avant, 5 – « Vous allez à Vérone, ? »

Par un malin bonheur, une cousine ( ou une voisine)  de P. avait tenu à passer boire la tisane au retour d’une épuisante balade en pleine canicule. Cette bonne action ne manquait pas de fraîcheur.

Le petit chat est mort(F.L.Ferrera)

 

Dans le jardin de P., à cinq minutes de Toucy, (commerces, restaurant, librairie, remparts ! ), j’allongeais ma  savoureuse lenteur de presque septuagénaire. Adeline avait un  chat, Aymeric aussi, et la vieille maison appartenait au troisième.Vermeer

 

 

Chacun d’eux venait à son tour me demander en couleurs variées où j’en étais de mes préparatifs.

Le plus gai était roux, comme d’habitude. A mon retour, près du sac à dos, ils attrapaient l’ombre humide que laissent  les balades en forêt les jours de canicule. ce bon vieux circuit 9.jpgLe jardin de P 2.JPGPassaient aussi des poules.

La plus savante était blanche. Elle ignorait les distances de respectabilité ( comme toutes les poules savantes), picorait d’un geste arrogant les miettes de récit tombées au sol, tentait de lire par terre mes brouillons déchus, ça la décevait. On le comprend.

On aurait préféré un toit tranquille que picoraient les focs.

 

Bien que la cousine voisine fût partie porter ailleurs ses espoirs et mes rêves, on aurait pu se penser dans une fable. Essayant de trouver le meilleur parcours incluant Vérone, Venise, Parme, Padoue,  retour Milan, avion et train ( il n’y avait pas encore Ferrare sur la liste du plaisir), je me répétais ce vers qui m’éveille à  l’orée de chaque désir…

« Bâtir, passe encore, mais planter à cet age ! »P1190355

Quand mes hôtes revinrent d’Auxerre ou Toucy, rien des traces du tracas que la poule causa ne leur échappa. « Vous allez à Vérone, ? » demanda Aymeric.

 » Pour suivre les conseils, sinon les pas de Cécile (et J.), mais je pars une semaine, et seul : j’aime le bonheur fragile que la solitude propose aux voyageurs sans compagnie. Évidemment, Venise, encore une fois, pour ce petit appartement découvert près de San Giovanni et Paolo, calle del fumo, une quasi non-rue qui débouche très près de l’arrêt  « Ospedale » de Fondamenta Nuove.  »

A Venise on aime surtout Cannaregio, je verrai de ma fenêtre l’arrêt flottant de la ligne qui rejoint San Michele. Pas plus snob que ça, mais j’ai envie de savoir si les lauriers ont fini par repousser les cailloux, sur la tombe d’Ezra Pound. »

Après ce genre de phrase, dans le jardin de P., forcément le silence. Goguenard ou amusé ?

« Le jardin de Giorgio Bassani »

Tout le récit qui vient – à son rythme, en son temps- sera centré autour d’un recherche, d’une rencontre : « Le jardin de Giorgio Bassani » ( c’est le titre du récit), et au centre la tombe de Bassani dans le vieux cimetière « Ebraico ». plaque Ecole BassaniDéjeuner d’un sandwich au thon, passer les heures dans le vieux ghetto comme si elles ne comptaient plus avant la mort, et boire du vin blanc glacé, sur cette petite terrasse où ne passent que de rares touristes, campo San Anna.

 

Goûter l’une de ces villes comme une confiture de mirabelles sur du pain d’épices, l’une de ces villes si vieilles, nées depuis toujours, telles qu’on aime y vivre quelquefois quelques jours, d’abord  accompagné d’un ami de jeunesse, puis avec des amantes éblouies,  enfin avec la famille, puis revenir seul et satisfait,  simplement quelques nuits avant la mort.

« Dans les voyages, disais-je, j’aime :

les pluriels,

les familles fébriles,

les vieillards futés,

les jeunes couples agacés,

les plateaux repas monstrueux par leur arrogante désolation, table de fete resto

les passages de contrôleuses dans les trains de province,

les guichets vidés tôt pour les départs trop tard,

 

les duplex toujours choisis chambre au premier afin de conserver la sensation de redescendre dans le réel chaque matin,

La petite maison d'hotesles voisines fardées pour la bar de espresso-brioche, et même (« Ha il y avait longtemps! », aurait grogné Germaine )

les jeunes filles en de voyage, heureusement préservées par le train de sénateur qu’affecte un homme de mon ageInterdiction de traverser ou d'utiliser la FIAT 500

Mais tout ce petit monde ne tient pas dans une Fiat 5OO de location, ou plutôt, le jeune couple oui ( mais à quoi bon s’emmêler?) ou la jeune fille dans ses shorts, avec plaisir, -mais cela se révèlerait déraisonnable, parfaitement. Voila pourquoi je  ne prends que le train. »

Aymeric et Adeline écoutaient : telle est la tâche des hôtes.

Moi, peu à peu, j’allais  ensuite quitter le vieil Ydit, plus de quatre ans à vivre ensemble, jour et nuit,  il commençait à me les briser menu menu, ça suffisait. Mais je l’ignorais encore. Les meilleures déchirures sont celles qu’on ne soupçonne pas tant on est pris par  un avenir imprévu : FERRARE et ses faits rares. plaque Duc Ferrare

Abandonner Ydit, le larguer au milieu de ses phrases complexes, ses affichettes trop nettes , son badge sans age, toute les pacotilles, j’allais couper court,  reprendre le seul chemin qui vaille et qui m’aille, le solitaire, il allait peu à peu s’absenter de l’horizon, sans précaution restituant ainsi par son absence leur valeur de trois sous à ces pièces d’OUBLIeS.

« Très bien, très bien, dit Aymeric, je vais voir où en est la pizza ? »



Didier Jouault pour    YDIT   –   BIS  ,     Rétro-calendrier de l’  Avant  – 5     A suivre

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Ydit – bis Rétro-calendrier de l’Avant, 4 – deux ou trois jours à P.

 

 

Bref, en ces jours, je visitais des expositions ( un prochain épisode : LEQUEU, et cette fois je me souviens que c’était au Petit Palais, vous verrez,

 

une démence absolument pure, œuvres de démoniaque obsessionnel par ailleurs pris à la gorge par sa pulsion de dessiner l’intime), je randonnais à pas vifs  dans des campagnes plates…

( l’inverse m’aurait également plu, des pas plats, mais je poursuis encore davantage le hiatus que mes rêves anciens !  Et à tout dire, on peut aussi  préférer les compagnes vives),

 …plaines molles comme un après-midi sans recherches d’images ou persécution de mots pour Ydit, et -en passant- je regardais le plat du jour chez Gudule. Toujours la gourmandise et la curiosité me conduisirent à des sottises, à FERRARE encore plus qu’ailleurs. C’est bien pourquoi j’ai interrompu le désir d’oubli derrière lequel se manigançait mon précédent projet – quatre ans tout de même et près de 140 « posts ». Pour en venir au Jardin de Giorgio, ensuite, et d’abord aux vélos de Ferrare posés devant les deux plaques de la synagogue, rue Mazzini.Mazzini Modène

 

 

« Tout ça ne mange pas de pain. Ni ne fait rater le train. »aurait dit ma regrettée Germaine à sa voisine, sa cousine.P1200701

Puis, je suis allé passer deux ou trois jours à P. , village qui n’a rien perdu de ses états,L'ancien café de P.

dans la belle et très vieille maison où habitaient une jeune femme en plein SPIP et un barbu large d’épaules, très Zola revu Romains, spécialiste du façonnage de métaux techniques (autrement dit rares et en alliage).

Aymeric et Adeline.

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Repérés sur  le site célèbre pour favoriser les rencontres : IMG_0004« Dans la maison de grand mère rénovée avec passion, à quelques pas du hameau et cinq minutes de Toucy (restaurants, librairie, remparts) nous proposons un charmant deux pièces,  mini-appartement complètement indépendant, mais qui n’empêche pas de bavarder au jardin si on le souhaite. Précaution : nous avons trois chats et cinq poules… »

 

 

Surtout, à côté du bistrot des amis, les photos exposaient un grand jardin, les « commentaires » des locataires précédents valaient une montée d’escalier par la star soir de festival, et les dialogues avec les hôtes (et les autres?) promettaient des cartes IGN pour la randonnée.

 

 

Dans le « mini-appartement de charme » une vieille croûte, au-dessus de la petite table inévitablement rurale, représentait ce bon vieux Voltaire, dit V3, le vernis caustique, le bonhomme que j’avais été heureux de retrouver en face-à-face pour un dialogue interminable, voltaire-loublies-mpt-17-autre personnage abandonné avec regret. Ses comiques et acides critiques déraisonnables de mon projet déraisonné me manquaient.

Ce deuxième soir à P., après mon dîner solitaire, fait de  riens  mais très épicés, je les avais rejoints sur la terrasse qui précédait le vaste jardin, Aymeric et Adeline.

Comme ils s’interrogeaient visiblement sur mes activités sans trop se permettre les questions (tant mieux), je me demandais si je leur racontais YDIT ( qui existait encore) ou si je leur montrais du Basquiat, ou- afin d’émoustiller leur nuit d’amoureux- les photos de l’expo LEQUEU, c’est sûr, c’était au Petit Palais.

 

 

 

Toujours difficile de choisir ce qu’on expose, ce qu’on dénie, ce qu’on explose , ce qu’on oublie, ce qu’on relie, relit, replie (ou à qui on parle?)

le vieil Ydit…

 

…en témoignait, tant habitué à des récits oubliés par leurs publics !

Par un malin bonheur, une cousine ( ou une voisine) avait tenu à passer boire la tisane au retour d’une épuisante balade en pleine canicule. Cette bonne action ne manquait pas de fraîcheur.

Le petit chat est mort(F.L.Ferrera)

 

Mais fournir le volume du narratif dans ce  charmant petit appartement de P.  observons que c’est une autre paire de manches !

Rien en presse, YDIT BLOG c’était plus de quatre ans. «  Vous ferez moins long cette fois, n’est-ce pas?  » demandent Aymeric et Adeline.

On les sent penser :  » Passer, passe encore, mais conter à cet age ! »
On va voir ! Déjà, si on reprenait de la tisane?


Didier Jouault    pour Ydit-bis           Rétro-calendrier  de    l’ Avant  4            A suivre !

 

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Ydit Bis Retro calendrier de l’Avant – 3

 

prépatifs d'escapade, à P

Dans le récit qui vient ( lentement) , terrasses vélos et ruelles seront les personnages majeurs. A Mortagne, ce soir là, allégé par Lubitsch, j’ai préféré le menu du Genty-Home, le seul restaurant ouvert passé vingt heures, avec la pizzéria.

Mais la pizza, l’Italie, on y arrive, Venise, Parme, Padoue, Modène, Mantoue et – surtout, FERRARE. Et je me demandais, en feuilletant Le Perche Libre, pendant que le patron apportait le plat du jour, si j’allais en arriver à en venir sinon aux mains avec des lycéennes, dans le coin « Poésie », au moins aux  faits rares de Ferrare.

Va savoir ! Mais c’est une autre paire de manches?


Entre temps, j’étais allé changer le genre (souvent mauvais?) de mes images en visitant  l’Art des Artistes.

Dans un épisode précédent, l’image choisie « en avant » ce sont deux jeunes visiteuses qui se tiennent la main devant une toile de Basquiat, je crois que c’était au Palais de Tokyo? En tout cas pas dans une Factory ? Ou dans un film de Banksy ?

(J’avais promis la fin des jeux allusifs, autant demander à un addict de se mettre au lait Ribot)

Bien entendu, ça change des jeunes filles en short, même si le short n’interdit pas d’explorer le contour et  le goût de l’art. Enfin, ça se discute, je connais des amis pour qui se présenter en vêtement léger devant Basquiat, ou se poser en mini-jupe sur une colonne de Buren, c’est comme d’entrer dos nu à la Trappe, ou de relire les « Propos ».

Souvent, j’ai visité des ruines de Trappes, j’aime les ruines du silence et les pierres émoussées par l’obéissance. Mais aussi des Trappes en pleine forme – bègues vendeurs chrétiens de miel toutes fleurs et bougies de cire compris, moines noir et blanc mêlés aux pénombres du cloître-, observons que ça se vend au même public. C’est parfois plus ennuyeux que le métro, les trappes, même si c’est tout de même mieux fréquenté que le changement ligne 9 ligne 8 à Strasbourg Saint Denis, où le zézaiement zazie, grâce au ciel. Façon de parler.

(Dès qu’on cesse de tenir le vocabulaire, le méli-mélo culture vieux genre revient)

A la terrasse de Chez Gudule, près de chez moi, le long de la place Courteline ( dont j’admire le talent d’être né puis mort le même jour), le chanteur de Country est en short (opportunément long), un match illumine l’écran de ses passes pas chères, et le patron demande pourquoi je fais la photo. Son inquiétude est compréhensible : les sièges débordent vraiment trop du périmètre pour lequel la mairie vient ramasser les sous sans souci de la compromission.

A mon age, supplétif des gardes-trottoirs? Parcours professionnel raté. Pourtant il  y avait des avantages, surtout en province (Chez Gudule, le similaire menu, c’est plutôt 21, et c’est pas cousu couscous)

Dommage, j’aurais pu finir chef des arpenteurs de terrasse. On rêve aussitôt des rencontres sur le bitume à la Une. D’espoirs nés du trottoir. On imagine des pensées sous un chapeau qui lit sur un écran près d’une bouteille de Chateldon. On redoute Kafka. Chacun sa mémoire. Chacun son métier.

A la regrettable époque de Ydit, j’avais réquisitionné un personnage, une Germaine en rouge, supposée née entre une barrière rouillée de passage à niveau abandonné (découverte de randonnée rurale) et un affichage digital babillard gare du nord, voluptueusement acharné à effeuiller les horaires. Elle aurait interjecté l’un de ses…

« Et alors, en bref ? »,

…aussi rude au récit que le scalpel de circoncision. Mot qui – soit-il bienvenu ! – porte concision.

(J’aimais bien ma Germaine d’Ydit, mais c’est indécent de regretter un personnage, non ?)

 

 

Bref, je visitais des expositions ( un prochain épisode : LEQUEU, et cette fois je me souviens que c’était au Petit Palais, vous verrez,

une démence absolument pure, œuvres de démoniaque obsessionnel par ailleurs pris à la gorge par sa pulsion de dessiner l’intime), je randonnais à pas vifs  dans des campagnes plates (l’inverse m’aurait également plu!), molles comme un après-midi sans recherches d’images et de mots pour Ydit, et – en passant- je regardais le plat du jour chez Gudule. Toujours la gourmandise et la curiosité me conduisirent à des sottises, à FERRARE encore plus qu’ailleurs.

Tout ça ne mange pas de pain. Ni ne fait rater le train.Disait Germaine.


Didier Jouault      pour Ydit-Bis        Retro-calendrier de   l’Avant 3… à suivre

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Ydit- Bis Rétro-calendrier de l’Avant 2

 

chez Gudule terrasse mai 18

 

D’une certaine manière, tout a commencé parce qu’on cherchait une date pour dîner, avec Cécile ( et J.), c’était compliqué, ils étaient à Vérone.

-« C’est beau Vérone ? » demandais-je sottement,  car j’épuisais mes  ultimes réserves de finesse (apparente) pour taper YDIT et chercher des images montrables ( les meilleures auront été les non-montrables ).

Ce que répondit Cécile m’avait donné le désir d’y aller.

Tant pis pour le dîner. On irait une autre fois à « La Fourmi ailée ».


Bien sûr, dans le fragment qui précède, Serge avait noté que la confusion ne semblait pas quitter mon style, en dépit de mes efforts. Il disait qu’il avait lu « que je me conformisse« . N’eut-il fallu que je me conformasse, plutôt ? Bien qu’il formât ainsi une critique de bon format, et de bon aloi, que voulait il que je répondasse? Confor-mousse, à raser, le subjonctif dévoyé?

 

Pour tout dire, j’écrivais ces mots (429, pour faire vite), au premier étage de la médiathèque de Mortagne-au-Perche. C’est un endroit chaleureux, installé sur deux niveaux dans une ancienne halle XVIIIème  ( ou Gauloise? L’emploi de confort-miss me fait douter du plus certain).

S’y trouvait également le vieux cinéma, rangs de velours rouge, et je ne voulais pas rater la séance de 18 heures au ciné-club : présentation par Louis Roedrer, professeur chargé de l’option « cinéma » au lycée, onze personnes présentes, dont deux moins de soixante ans, mais une véritable comédie américaine, plis légers du dialogue, entourloupes mousseuses du scénario, plus suave que toute mousse de confort-mousse, « Blue Beard’s Eighth Wife », une façon parfaite d’entrer dans l’avant- nuit, période on le sait dangereuse comme une adolescence répétée chaque soir.

Au retour, entre Lubitsch et le parking, je salue d’habitude la statue grandeur nature d’Emile Chartier, raide et bonasse (et non pas bonnisse ou bonnemousse), né à Mortagne-au-Perche, en 1868, ne souriez pas, il se faisait appeler « ALAIN ». Mais qui peut encore lire Alain?

Dans la salle vitrée dite « de travail », au premier étage, rayon « Poésie », c’était mercredi, cinq ou six lycéens, age de la Seconde, peut-être même de grands collégiens, dont la plupart de genre féminin (donc cinq ou six lycéennes?) s’esclaffaient à partir d’images qu’ils partageaient sur leurs téléphones, pour ce qui semblait un jeu en cours avec d’autres,  troublant  de leurs rires vifs une lointaine salle de lecture, ou un pensionnat de maristes se marrant, un dortoir vaguement dépotoir, un séminaire bord de mer?

(Véronique me fait observer que je peine à me séparer de mes usages de langage, vais tics en toc, prétend-elle)

Il va de soi que  je ne comprenais pas la moindre des règles. L’un arrivait, l’autre partait, on le mettait à jour, et à jouer, c’étaient des gloussements, des jurons sans contrôle, des surprises bruyantes, des éclats d’écrans plats.

Une bibliothécaire amène, passant pour joindre son bureau, redit la consigne de ne pas manger de chips, ou alors elle leur proposerait l’aspirateur (le groupe ferma les sachets à sons acides) mais le volume rieur ne la troublait pas et je ne le fus donc pas, soucieux que je reste du développement harmonieux de jeunes âmes en quête de spiritualité partagée.

Quand je sortis, à 17h54 , pour passer dans le cinéma, séance de 18 heures, elle dit qu’elle espérait bien que les gamins ( les gamines en famine ?) ne m’avaient pas dérangé ?

 

Un peu d’exercice urbain ( à Mortagne-au-Perche) ravive les patiences du regardeur passager, lui dis-je.

Plus tard, à la fin du film, j’avais hésité, puis, comme depuis très longtemps, cédé à mes troubles penchants : errer dans la ville au point d’en faire le tour, comme si on marchait sur la pointe des pieds, mais aussi les traces des remparts, toute ville a ses remparts, ses portes closes et ses issues découvertes, ses ombres d’Alain et ses passages de jeunes filles qui rentrent à la maison à temps pour l’épisode 27 de la saison 4, non sans avoir bien ri avec les autres, à la médiathèque, et tant pis pour ce vieux mec tapotant sur l’ordi. Encore un message ?

Dans le récit qui vient ( lentement) , terrasses vélos et ruelles seront les personnages majeurs. A Mortagne, j’ai préféré le menu du Genty-Home, le seul restaurant ouvert passé vingt heures, avec la pizzéria. Mais l’Italie, on y arrive, Venise, Parme, Padoue, Modène, Mantoue et – surtout, FERRARE. Et je me demandais, en feuilletant Le Perche Libre, pendant que le patron apportait le plat du jour, si j’allais en arriver à en venir sinon aux mains avec des lycéennes, au moins aux  faits rares de Ferrare.

Va savoir !

 


Didier Jouault            Ydit – Bis                      Retro calendrier de l’Avant,  2 , à suivre

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YDIT – Bis, 1 rétro calendrier de l’Avant

 

 

 

 

 

En ces temps moins fracturés par les douleurs des autres, j’occupais les interstices du temps avec l’agréable manie de raconter des OUBLIeS.

Avec une maladresse de mise en page que les changements de format amplifiaient si l’on passait de l’écran à la tablette ou au téléphone, je mimais l’oubli de dits mauvais souvenirs en les illustrant de mots souvent rapides.

C’était le projet : mettre de lunettes rouges aux statues ( marqueur 1), porter ou montrer un T Shirt « Omissions« (marqueur 2), raconter, en trichant, comme si raconter permettait d’anéantir les échos d’instants plus ou moins noirs, faire des photos menteuses ou modifier celles repérées sur les infinies diversités biologiques des réseaux, accrocher ou tenir le badge à ruban bleu »YDIT -SPO« , suspendu n’importe où (marqueur 3).

Mais pas d’authentique oubli. On n’oublie pas. On fait semblant de vouloir comme si on essaierait. On tire les rideaux, et des montagnes de guimauves trop sucrées simulent un rempart contre les mouvements du passé. Franchement, passé trois ans, la guimauve, ça fait pas le poids. Au moins, cela permettait de jolis parcours dans les galeries des images mentales… et pas seulement.

Des amis se gaussaient (emploie -t-on encore « se gausser? ») de mes recherches d’images, prétendant parfois que le texte d’YDIT ne constituait qu’un hypocrite prétexte à la chasse visuelle. D’autres -avec un soupir/sourire- avouaient le regret que je me conformisse tant aux codes de censure. Va savoir.

Délicates conversations d’amis, possibles occupations d’après-midi pour homme désormais sans autre activité que de mentir, et d’abord à soi-même : se souvenir.


 

Puis, il y eut le fait rare de Ferrare. Chez Gustave, il écrit : « Ce fut comme une apparition ».

(Mais je vais ralentir les allusions et fausses citations, il parait que ça fait hermétique.)

Le fait rare– forcément- ça a de la racine, comme le pissenlit et le rutabaga. Sauf qu’on assaisonne pas de même.

(Je vais aussi suspendre la chasse aux hiatus, la recherche de sonorités, les rimes cachées, il parait que ça fait pédant. Donc : « le fait ça a », tant pis, d’ailleurs ça sent la gorge rouge chez le médecin ).

D’une certaine manière, tout a commencé parce qu’on cherchait une date pour dîner, avec Cécile ( et J.), c’était compliqué, ils étaient à Vérone.

-« C’est beau Vérone ? » demandais-je sottement,  car j’épuisais mes  ultimes réserves de finesse (apparente) pour taper YDIT et chercher des images montrables ( les meilleures auront été les non-montrables ).

Ce que répondit Cécile m’avait donné le désir d’y aller.

Tant pis pour le dîner. On irait une autre fois à « La Fourmi ailée ».

 


Didier Jouault                       A suivre…

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Ydit – bis , Rétro-calendrier de l’Avant – 7 . Jean-Jacques n’est pas que Rousseau.

Auto portrait LEQUEU


NOTA BENE : l’envoi automatique méconnaît évidemment la nature du support. En certains cas, la soigneuse mise en page et ses effets d’écho sont altérés par le logiciel, et les images se succèdent sans cohérence suffisante…On peut alors, parfois, se reporter au site-source, YDIT BLOG sur WordPress.


Abandonner Ydit, le larguer au milieu de ses phrases complexes, ses affichettes trop nettes , son badge sans age, toute les pacotilles, j’allais couper court, il allait peu à peu s’absenter de l’horizon, sans précaution restituant ainsi par son absence leur valeur de trois sous a ces pièces d’OUBLIeS.

« Très bien,très bien dit Aymeric, mais bon je vais voir où en est la pizza. »

C’est un garçon très raisonnable.

 

« Rien ne presse,  pense Adeline,  votre YDIT BLOG c’était plus de quatre ans non?. Vous ferez moins long cette fois, n’est-ce pas? «  demande Aymeric, retour de surveillance de pizza, village de P.

Ils doivent se dire, le soir, entre eux :  » Passer, passe encore, mais conter à cet age ! »

 Il faisait encore assez beau dehors. Au retour de la randonnée un peu compliquée par les forestiers tueurs de marquescouper le chemin à la racine , j’avais pris le temps de rêver à mon prochain voyage.prépatifs d'escapade, à P

C’est compliqué aussi, les voyages, comme les rêves, on n’est jamais sûr du partage entre le réel et le fondu intérieur.

Le chat d’Adeline me surveillait en se pourléchant avec sa propre gourmandise.

 

 

« Vous préparez un parcours en Italie du Nord«  ? demande Aymeric.

Auparavant, je leur montre, comme promis, les images de savoureuse errance  dans le dedans des musées, c’était le Petit Palais, Jean-Jacques LEQUEU ( Rouen 1757 – Paris 1826, comme ça vous saurez). On ne connaît de lui qu’un autoportrait, sage, jeune. Cet homme a dessiné en sujet, en citoyen, en sujet d’Empire, en sujet du roi, ce n’est pas le seul, Balzac en décrit beaucoup, et cela ne semble pas avoir laissé de traces dans son œuvre, léguée par lui à une institution, mais quasiment inconnue jusqu’au milieu du XXème siècle. Expo LEQUEU 4 Petit Palais fev 19

Les photos n’étaient pas interdites. Mais encadrements, éclairages, discrétion, tout garantissait de mauvaises images invendables, surtout que les miennes ont été faites comme à la sauvette.

Aymeric grimace un peu, Adeline s’amuse. La (depuis) célèbre religieuse – datée 1794 (avant ou après Thermidor ?) est un écho à la Convention, joli visage mais regard mort et -pense Adeline- ce tissu ( ?) qu’elle enserre pourrait bien faire penser à.

IMG_8340.JPGAuto portrait LEQUEU.jpg

Surtout, LEQUEU dessine avec une rare méticulosité des dizaines de projets dont aucun n’est retenu par personne : ils sont du rêve au bout du crayon, comme ce stupéfiant dessin qu’il intitule « Il est libre » (QUI? L’oiseau Lequeu échappant à la main?) et date de l’an VII de la République.Il est libre de JJL, daté an 7 de la Republique

Un très modeste architecte employé publiIMG_8335c, mais qui accumule des  projets obsessionnels comme de l’Art Brut qui aurait appris le cadre.

Parfois, il les présente, toujours on les refuse.

On ne sait pas ce qu’il en pense, à quoi ça sert. A survivre dans Paris en ces temps d’émeutes ?

Il continue seul son parcours de l’impossible, toujours dans les mêmes couleurs.

expo LEQUEU 1 Petit Palais fev 19

 

 

 

 

 

Entre temps, reposant à peine le pinceau, il s’acharne en solitaire à dessiner des corps, des nus qu’on dirait d’époque( un peu orientalisants?). Cela va encore.IMG_8346

 

Mais ce célibataire dont on sait si peu  désire montrer ( à qui ?) ce qu’il croit connaitre du sexe, et d’abord des femmes. Ostensiblement il les déteste. Des notes subsistent : elles sont le mal.

La photo placée en tête aujourd’hui  laisse apercevoir- en format échappant à la censure  des réseaux 2020 -une de ces images. LEQUEU se répète, avec une inutile précision. Verges dressées en cadre serré, femmes ouvertes.Impossible à présenter ici, la censure veille même sur l’art…

expo LEQUEU 3 Petit Palais Fev 19

L’exposition, dans un espace « réservé » accroche quelques dizaines de ces dessins minutieux et vains. Souvent, ayant choisi pour les femmes des  gros-plans et angles de vue assez humiliants, exposant l’intérieur du sexe,  LEQUEU calligraphie sur le dessin le nom des parties figurées, comme une leçon de choses, mais pour qui ? Ses femmes sont agressivement vulgaires- si le mot a du sens vers 1800. On ne connaît quasi rien de personnel sur  lui, la notice suppose que les modèles ont été des prostituées. Malgré les recherches, et une thèse, aucune trace n’existe d’un quelconque commerce de telles images. Le Hibou Restif de la Bretonne l’aurait su, les aurait vues.

–« Tiens dit Adeline, c’est l’heure du dîner, il fait encore beau dehors, vous partagez ma pizza, et on parle d’Italie? « .

 

jardin de P

-« Au moins, ajoute Aymeric, les Madones des églises n’ont en main que des poupons »

La pizza est carrée, l’hôtesse ici la fit. On partage avec la poule blanche qui donne la patte, ou presque. A ce rythme là, le Rétro-calendrier n’avance pas vite, c’est vrai.

On peine à rejoindre  » Le Jardin de Giorgio Bassani ». Mais c’est précisément le sujet du récit qui vient, lentement, à son rythme.

Aujourd’hui c’était culture. On verra demain!


Didier Jouault    pour    YDIT-BIS , Rétro-calendrier de l’Avant 6          à suivre !

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Ydit pus ? Ydit bloc ! Ydit plus ? Ydit nie! Ydit mieux ? Ydit Rive !

 

 

Le    26    juillet    dernier,    à 16h17, il y eut cela– qui concluait l’agréable série des Oublies où La Polka des scorpions, La Polka des ripatons (crispés)  offrait à ce vieux cadre ( moyen) d’Ydit les échos désormais peu sulfureux de ses minois aguichés plus qu’aiguisés.
Puis, plus rien. Enfin, si, tout de même :  le silence visuel peut se nommer Rien.

On retrouverait, dans le copié-collé ci-dessous, avec de surprenantes disparitions d’images pourtant bien présentes – mais quoi de mieux ( et de plus coquin) qu’une image mentale pour imposer la présence de son absence ? – on retrouverait ce qui fut la fin de la faim d‘OUBLIES qui avait mené l’YDIT à

108 séquences dites d’OUBLI ( mais bien davantage de ‘posts »),

dans un projet simple : rigoler avec des mots pour effacer des maux en les disant, les maudits souvenirs étant supposés dissoudre leur charge d’émotion dans les flux d’images pas trop sages et les humours pas trop secs – c’était l’été, ce fut le 26 juillet 2019, à 16h17.

On en finissait ( enfin) avec les récits tronqués, les métaphores usées jusqu’à la trame (métaphore !), les tics trop connus pour rester au net : rigoureuses contrôleuses de gare, bustes de vieux sages enluminés des grigris  ( lunettes, affichettes, badges), autoportraits d’Ydit en Délabré, jeunes femmes odieusement  vues désirables dans leurs tenues et postures diverses – qu’on prétendait  illustrer une Russe louche – vues heureusement caviardées aux bons points par le bon point de la censure (car songeons aux mineurs errant au milieu des réseaux et découvrant soudain une image ici, au lieu de Uporn…)

 

Auparavant, le 25 , le 24, le 23 juillet, d’autres sarabandes pulpeuses de l’affriolante (mais dépassée) Polka rythmaient d’une saveur douce-amère l’entrée dans ce gros bonbon qu’est l’été.

Puis, plus rien. Hop!

 

Mais non, car si le récit est suspendu à l’aventure, si la chauve-souris se suspend à son attente du jour, l’YDIT poursuivit son persécution du vide, sa déambulation savoureuse dans les rapides labyrinthes des voyages d’où surgissent souvent et soudain de bons prétextes pour les récits des veillées d’éveillés.

Ainsi survint le récit de FAIT RARE.

Mais la suite ? Comme toujours avec les suites ( lassant ! )  A suivre !

¨POUR MEMOIRE », un bis du final – c’est Bon Genre…

 

 

 

SPO n° 108 : Et fin de semaine fin de série fin de mémoire, on solde !

 

Demande Ultime avant fin des soldes : 1 et 2 et 3  et 4 , les séquences  publiques d’oubli 104 105106 107 , dans l’établissement culturel Le 104,ont une allure de chenilles processionnaires ( c’est le rythme de la Polka ! )

«Bon, reprend Marina,(les benjamins sont détenteurs du récit, puisqu’ils en écrivent l’histoire ) « toute cette histoire, ça s’est passé en plusieurs périodes, sur trente ans, d’abord une histoire de  gens qui sont tout le temps et partout amis sur des stands de tir à la fête des humains, chants et frites pour construire des futurs en couleur,  ou des discours révolutionnaires sous l’espèce des raviolis cuits à la vapeur dans  les rumeurs du hammam rue des Rosiers, là où Serge triche, mais Serge triche toujours.»

 

Vassiliki enchaine (sur la période rouge, elle devrait détenir le record de souvenirs, et celui d’effritement contraint des mémoires ) : « Ensuite, on observe que deux parmi les quatre s’emberlipatouillent avec des gélovules qui fondent moins vite dans la main que le …, mais passons, de nouveau. <img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />file5<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />Fabre ¨MPT appel à oublies 2 femme allongée    Alors, poursuite la Russe chez qui la poursuite est une seconde culture, par la suite YDIT et Polka s’évaporent chacun dans le regard absent de l’autre, et les Quatre ne se rencontrent plus que pour les calanques Grecques, pendant très beaucoup d’années. «

L’Histoire traverse le silence barbare des absences. Puis, les voila se croissant dans le vieux théatre de M., un soir hasardeux comme ils le sont tous après cinquante ans. Ils se rencontrent et  s’observent comme des faces masquées les nuits de carnaval, près du Grand Canal :de qui est ce regard?. Sans parler du passé (mais peut-on jamais en dire autre chose que la disparition ?), ils labourent leur présence dans un bavardage de vieux camarades,  ni résignés ni  grignotés de remords. »

-« Cette fois là , qui sera the last one, mais Je devrais ne le pas dire, mime de regretter V3, au terme d’une longue journée de marche, Polka et Polki sont à table, et Ydit aussi, fatigués, caniculés comme …. »

Ydit , dans le cadre rouge au centre de l’immeuble culturel 104, s’étonne : Quoi?! Va-t-on faire ses oublis à sa place? Lui manger sur le récit la laine du souvenir?

 

 

<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />img_2473-1

<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />

 

Ydit reprend le pouvoir du récit, l’ultime avantage des Anciens :

« On dînait, Polki s’anémiait, Ydit résistait aux arguments que Polka tentait d’opposer à toute raison, en continuant la discussion de la voiture : métier, valeurs, politique, tout va mal…The end of the Univers, l’effondrement du futur et tout ça évidemment parce qu’on n’a pas su faire du Petit Père des Peuples l’usage malin qui aurait guidé l’Histoire vers la beauté des bonheurs…Elle s’échauffait. Non pas devenant rouge mais s’encolérait de Rouge déchu. L’échange, encore serein sur la route, encore un peu retenu par les jeux de fente et de salade, éclairé par l’éclat fugitif d’une peau claire  en haut d’un maillot de bain  écarté, la discussion s’énervait, se bardait de pointes, tournait à la rencontre habile d’une hallebarde et d’un fer de guillotine mariés en secret par un coup de feu dans la nuque. Ydit se sentait rejoindre la cohorte oubliée des corps des Traîtres posés sur un corbillard qu’on ne regarde même pas.

Polka parlait fort. Les arguments s’assoiffaient de violence, négligeant ces menus silences du dialogue où l’on reprend raison, avec un peu  de salade de fruits. Dans la dispute maintenant traversant le dîner comme un chemin de table cousu de barbelés, les oppositions sortaient les haches contre les mousquets, Marat poursuivait sa Charlotte, et Danton poussait Robespierre dans l’escalier de l’hotel de ville afin de régler à sa manière ses contes à l’Histoire.

 »En la lui faisant à l’envers » complète assez obscurément Germaine.

YDIT raconte : Un véritable combat de rues, bagarres et matraques, la scène passait du léger burlesque au véritable traquenard.<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » /><img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />

Interrogé par tous, comparses et passants de l’établissement culturel ‘Le 104’, car le récit du déraillement attire toujours les voyageurs, Ydit répond qu’il ne saurait dire, aujourd’hui, comme souvent, quelle était l’origine de la controverse. D’ailleurs, le prétexte  importait-Il ? On ignorait s’il y avait encore un  sujet réel, mais une sorte de stupeur s’installait dans le désarroi des désaccords voulus.

Ydit raconte : l’ancienne et vigoureuse raideur propre dialectiques et aux usages de Polka, peu éprouvée depuis des années faute de débats durables, n’avait pas été cassée par les élasticités de l’âge que produit la sagesse -ou l’usure, ou parfois le renoncement. Plus que jamais inscrite dans le cadre du plus vieux que tout parti révolutionnaire, pourtant réduit à un peu de chagrin par ses propres oublis de l’horizon, Polka se dressait poings mentaux fermés contre ce qu’elle nommait les  trahisons d’Ydit. On était loin des roboratives déferlantes vivifiées de virilités militantes peintes en vertu multicolore par les artistes de pépé Jdanov <img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » /><img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » /> Ydit, qui prétendait retrouver « force et vigueur » dans le débat, Polka le voyait orphelin des dogmes, sans le repère des repaires de la pensée hibernante de l’époque Rouge, et donc balloté au vent des marchands du vide. C’est ainsi le jeu d’exister. D’abord, on était assis trente ans plus tôt (ou n’était-ce pas quarante ?) sur le tapis thé en main, ouvrant la boite aux aimables gélovules vite fondues. Puis, le temps d’un regard vers d’autres attentes, dans le miroir posé sur un large buffet sculpté, cuisses barrées de rouge par l’arrête sanglante du tabouret en Formica, on s’emprisonnait la tête sur l’étroite terrasse devant la salade asséchée d’attente. Glissant déjà de la mauvaise foi vers la haine.

 

-« Ah donc, je comprends, s’exclame Vassiliki avec l’amertume de l’experte dépassée, ce n’est pas la question qui fâche la fête, c’est le refus de vouloir une réponse discutée ».

 

Polki, raconte Ydit, avait-il il essayé de modérer l’éclat faute d’empêcher la grenade, qu’il avait dû regagner sa soupe de pêches et sa tranchée de biscuit, tel un vieillard rapatrié vers l’inutilité d’espérer, vite replié dans un sourire absent, comptant les griffures. Hagard, à l’est, il passait le pain comme on demande au vainqueur de rendre ses armes,  offrait du sorbet  à la vodka, mais depuis une heure le partage n’était plus que celui des blessures…Sur la terrasse désormais nocturne, les tendresses de soleil partagé se muaient en petits matins glaciaux atteignant le fond d’une cellule dont la porte vient de s’ouvrir sur sa dernière fois.

Sans éthique =<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />

Comme violentée  – YDIT RACONTE -par son remords de discuter encore ou son regret des gélovules de jadis, soudain  Polka se  redresse, sur une conclusion vertigineuse comme une injection au Texas, et d’un geste immensément conclusif, rapide comme un aspic dans un corsage, elle relève jusqu’au cou, d’un geste presque de scalpel, jusuq’au coup, et même au-delà si on peut,elle referme  la très incitative fermeture éclair qu’au début du repas elle avait largement ouverte, comme un vassal levant sa herse, comme un prélat désignant le baptistère. Regrettant ( YDIT le sent) qu’aucun brave camarade de jadis ne soit ici pour dissiper le malentendu en supprimant l’adversaire ( ce qui reste la plus efficace des approches de la Vérité), Polka hausse les épaules pour dissiper jusqu’au souvenir des formes des petits mais ronds et solides encore, n’est ce pas?! Elle incitait à regarder le coeur de la fente inspirant le tissu, et -pas de ça, sale petit-penseur, enlève tes yeux avant que je te les coupe.

Ydit ajoute que, dans la suite logique des gestes qui affichent la rupture, Polka  déroule ses manches retroussées, fermes les boutons aux poignets. Si on prenait à présent une photo du groupe,dès ce soir- et jusqu’à ce jour d’été du récit 108 -Ydit en serait déjà éffacé : traitre.

-Finie la perspective arrondie ?

Ce fut comme une lente déflagration. Parfois, dans l’étonnement, ce qui surprend, c’est qu’on n’ait pas été surpris depuis si longtemps.

 

Puis, dressée comme une qui sort de la cave après l’orage, Polka se lève renversant presque la corbeille des gaufrettes sur lesquels veille Polki ( «on vous prescrit un avenir oublieux »/ « surveillez votre passé « ) elle remonte de deux mains crispées le mini short objet de  courtes<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />short très short 108 rougeurs…

– « Ce qui, en général, ne fait que palper davantage? Et rameuter les degrés de bronzage ? » note V3, toujours attentif à la culture du réel.

-« Si le monde avait ainsi temblé chaque fois que je remontais une fermeture, mon Richard n’aurait jamais pu finir sa Corrèze parmi les ombres! »juge -t-elle

Polki tentait une dernière corde à noeuds lancée vers le précipice : « Ce ne sont que des enguelades de vieux amis, vous vous connaissez depuis si longtemps, Polka et toi»,  disait-il l’exténué, accroché  de toutes ses mains à la coupe de sorbet Kolonel comme un immigrant à sa bouée.

 

Le choc l’éberlue comme la rencontre d’une felouque égyptienne avec un tanker chinois sur le lac du bois de Boulogne.

C’est le silence de l’absence soudain révélé. On se croyait vivant, on avait déjà pris, ombre à peine tenant debout, le chemin de la Kolynka…..toute brutalité survenue après l’oubli est comme une trahison faite avant même que l’histoire commence

Une heure plus tard, Polka traversait l’espace devenu sombre, gagnait la chambre, sans même un geste de menton.<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />img_2461

 

Polki, fait rare, sortait du placard la bouteille pousiéreuse de Limoncello enveloppée d’une bandera rossa, mais nul ne désirait le faux oubli de l’alcool.

 

Dans la nuit, sur l’étroit canapé des amis, délégué à la relégation, sans dormir, Ydit rêvait à des coups de révolver mentaux tirés dans le dos et sans bruit au fond d’un couloir virtuel de la Gépéou qu’hébergeait maintenant l’appartement de M…

Au matin, très tôt, il avait aperçu la silhouette raide et vive de Polka, qui partait travailler sans un mot.

– « Et alors ? » interroge V3.

YDIT  raconte : jamais, plus rien,depuis l’exécution secrête du souvenir et l’extinction des gélovules.  Polka toujours avait refusé de répondre aux signaux de paix que, d’abord, Ydit avait envoyés. Pas une lettre en retour de texto, pas un rêve en réponse à un mouvement, pas une songerie de peau blanche incluse dans le cadre rond d’un short rouge.

– « Comme gratté sur la plaque en cuivre de la mémoire, corbeille à papier trouée pour souvenirs ratés ».

DEpuis deux ans, rien-

Et maintenant Ydit n’attendait plus rien, car – dans les accidents de la route, les  cadavres ne remontent jamais seuls du ravin. Le crayonné n’a pas la moindre chance d’échapper à la gomme.

« Et si je résume, voila un de ces souvenirs, on ne sait pas où les classer, au fond du tiroir ou dans la corbeille,

 

ou s’il ne vaudrait pas mieux s’en débarrasser tout de suite avant que ça essaime, puis tout s’épaissit, et dissémine le germe ?

Le reste est..gourmandise et confiture, pirouette Marina, mais vous avez vu ceux du 104 ?

MARINA s’élance : « Au 104, établissement culturel des vivants sur le dessus des morts, des gamins prennent leur avenir de l’autre côté de l’absence et jonglent avec leurs boules de nerfs, des joueurs de jazz chantent la note bleue pour des voisins blancs, des filles font la roue comme un pan suce sa flûte, des chefs de gare en retard sifflent des philosophes en pétard, et maintenant, Moi-Marina, tout juste issue d’un roman sur le tard, j’expérimente l’art de se souvenir afin d’oublier, c’est l’art de la mémoire, c’est l’air de plus tard transformé en abandon joyeux des poids anciens, c’est comme le creux intime d’un ruisseau frais dont nul ne sait prendre les truites dans leur fuite, c’est le prétexte du nu pour voiler ( ou voler?) le creux des statues, on avance, on avance…<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />P1000090.JPG<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />P1000092.JPG<img class= »i-amphtml-intrinsic-sizer » role= »presentation » src= »data:;base64, » alt= » » aria-hidden= »true » />P1000089Germaine, à son tour illuminée par le clair-obscur de ce lieu étrange, essaie une formule horaire : » Oublier ce qu’on a été cet hiver, c’est assurer un automne large comme un printemps? »

Bien entendu, mais personne ne répond, c’est l’été plein, le temps où la mémoire s’étend et s’oublie.


Didier Jouault, pour Yditblog, Séquences Publiques d’Oubli numérotées 104 à 108

 

Auparavant, le 25 , le 24, le 23 juillet, d’autres sarabandes pulpeuses de l’affriolante (mais dépassée) Polka rythmaient d’une saveur douce-amère l’entrée dans ce gros bonbon qu’est l’été.

Puis, plus rien.

 

Mais la suite ? A suivre !

 

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 55/99, Chapitre 18 – milieu. Je me verrais tout à fait sautant sur place.

Dans le vieux Ferrare, celui des touristes et des vrais habitants, qui fut celui des Juifs accueillis par la famille d’este, en ce matin de Festival, il y a peu de monde aux terrasses : ça cuve son Prosecco. Passant rue Mazzini, je photographie les plaques-souvenir qsur la façade de la synagogue, dans une lumière en train de grandir ; des passants de nouveau me regardent, s’étonnent, tentent de comprendre mon intérêt pour ces portes et fenêtres closes, les murs fatigués, qu’on dirait abandonnés, ou des plaques désuettes. Une famille très scandinave survient, couple et trois enfants, tout le monde à vélo, sac à dos, en fuseau, des oiseaux, sacs à peau. Le père stoppe, regarde ce que je photographie, comprend, appelle sa bande, montre l’étoile de David au linteau, entreprend une explication, me regarde comme si j’étais une espèce de bienfaiteur personnel de sa descendance, grâce à moi préservée du déni, pour avoir montré ce qui menace de ne plus être vu. L’Alzheimer social pose de l’ombre mortelle sur les lumières de l’Histoire. A Ferrare, très vite, on ne voit plus rien du passé à peine passé, voila ce que raconte aussi l’œuvre de Bassani.
Au Palais Diamanti, plusieurs des salles sont en cours de restauration. Ferrare semble assise dans son séisme, comme en état de choc permanent, une cycliste dopée tombée dans une descente, encore un peu hagarde, au centre d’une auréole de plâtras, incertaine surtout de ce qu’il faudrait commencer à faire pour réparer. Si jamais on peut encore réparer. Quoi que ce soit. Ici ou ailleurs. Mais oui, on peut. C’est ce qu’on fait. Repérer. Espérer qu’on repère et répare.
Bassani évoque, par endroits, les destructions bien plus lourdes pendant la guerre, et comment toutefois les fantômes des fascistes retrouvaient, eux, la puissante présence de nuire –loin de toute réparation. Rien de tel : depuis, Ferrare est devenue cette ville du festival des musiques de rue, exaltant ainsi sa détresse même pas cachée, celle d’une vieille qui refuserait d’exhiber sa peau désormais trop large sur les muscles amoindris. Si j’aime Ferrare, c’est qu’elle ressemble à nos vies banales d’hommes ordinaires (et quelle arrogance de se croire autre chose qu’ordinaire) : elle a aidé, elle a menti, elle a gagné, elle a trahi, elle a aimé et puis encore abandonné, tout ça n’empêche pas de vivre. Et de rouler en short à vélo, sur les pavés arrondis.
Sur le plan de Ferrare je note parcours et projets, même si, à mon âge, le second mot semble au bord de l’imprudence ( ou des impertinences) et au cœur des impatiences. Je circule dans la vie et dans la ville comme sur un à-pic d’une falaise, mais la marée n’apporte plus que les échos lointains des chalutiers disparus hier, ou les éclats passés de phares tournant à vide. Pas la moindre nostalgie dans tout cela, non, vraiment, pas l’élémentaire tristesse d’un départ, non rien que l’habituation paisible au mouvement de vivre, puisqu’il trace la certitude de sa propre fin. Et, ajouterait Spinoza dans un chapitre demeuré fameux, mais rarement cité, on se demande pourquoi, si les hommes âgés (car il parle peu des femmes qu’il aimait peu) sont à l’origine de projets, ce n’est pas dans le dessein de les réaliser (souvent c’est trop lourd, épais, visqueux, trop privé de couleurs), mais seulement pour le bonheur cru étant projet, car le projet – dans l’immédiateté de sa formulation présente – convoque la possibilité (l’évidence?) d’un avenir malléable. Et toc. Avouons que, pour lui, se mettre a écrire à cet age fut assez brumeux.
Ricanant ainsi et en silence de formules que j’expédie parfois vers la mémoire de l’IPhone, je découvre au coin d’une rue la superposition de quatre ou cinq panneaux indiquant diverses curiosités ou splendeurs mondiales dont je n’ai strictement que faire, mais l’une des flèches – superbe hasard- livre ces mots : «  Maison de Giorgio Bassani ». On regrette, à mon âge, d’avoir choisi les mots, pas des dessins : sinon, je me verrais tout à fait sautant sur place, de maigres spirales sous les pieds, corps à demi courbé, menton en avant : Tintin découvrant le sabre du Lotus bleu, Tournesol dans la danse de sa furie, Rastapopoulos derrière un palmier, sale mec pour les temps et les temps des lectures et relectures, les cigares sans pharaon.
Je ne voulais pas renoncer au jardin et à son banc, aujourd’hui rien ne permettait d’anticiper sur un parcours enfin utile et, voici, hasard, croisement, on ne sait quoi : le panneau. Lui-même. Simple. Evident. Sur la plaque d’émail en partie éclaté de rouille ancienne, un récent amoureux salace et rigolard ( car une amoureuse ne le serait pas ? Ou est-ce une illusion de genre ?), pendant la nuit sans doute, rêvant en revenant de chez elle (de chez lui ?), rêvant et reconnaissant, ajouta au feutre épais et noir deux indications précises et obscènes : ==>‘casa de Elvira’ souligné d’un ovale fendu entouré de traits noirs divergents, illustration qui laisse peu de doute (ou d’imagination) quant à la nature de l’objet (ou du sujet?). Et l’autre signe, indiquant la direction inverse, contient (en plus petit) l’information ==>‘casa d’Alberto’ inscrite au sein d’une figuration phallique ma foi de belle tenue et d’intéressantes dimensions – à supposer que (contrairement à son habitude) le désir n’ait pas amplifié les apparences du réel.
De véritables flèches indicatrices sont variablement lisibles, en partie cachées par des lierres ou des ronces qui les grignotent, de guingois, comme désespérées d’apporter une information précise. L’une paraît fléchir vers les pavés ronds et l’autre s’étirer vers les nuages – du reste absents du ciel depuis un mois, sauf orages. Je suis l’indication, espérant, mais au carrefour suivant, plus rien qui concerne la maison ou le jardin ( ou même le banc, ou l’ombre, ou le chat gris, ou la trace des fuites d’huile de la FIAT, ou la cendre de pipe) de l’amico Giorgio. Répétition lassante de l’échec. Impression de déjà vu, déjà fait. Déjà cru trouver, déjà aussitôt perdu. Répétition. Réédition. Malversation : à Ferrare, les panneaux trichent à chaque carrefour.

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Didier Jouault pour YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 55/99, Chapitre 18 – milieu. Je me verrais tout à fait sautant sur place.

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 54/99, Chapitre 18 – début. C’est encore trop tôt pour le dernier départ.

C’est encore trop tôt pour le dernier départ

C’est toujours un peu étrange de s’éveiller ainsi : nu et seul dans un lit, encore davantage celui de Silvia. Je ne suis pas certain d’aimer cela, tous ces matins en BnB silencieux dans les lits muets de ces femmes exilées de leur propre intimité. Il faut attendre plusieurs minutes, encore, que le mouvement de la lumière derrière les volets, peut-être, reconstruise le monde à la mesure d’une justesse nouvelle, que l’effacement de raideurs matinales permette la mobilité, que dans la nuit soient rentrés chez eux les fantômes en tongs mous et Bermudas mouillés de bière ou d’urines, les squelettes à vélo sans selle ( car à quoi bon une selle ?) squelettes bien planqués au chaud dans les fesses rondes des filles, cette image fait sourire.

( Sauf les Juniors de mon Agence, hypocrites comme on l’est à cet age des ambitions, des multiplications avez zéro sur le bout de la langue, des masques sans rétention).


En écartant le double volet que des plantes retiennent un peu, je m’aperçois que je suis resté nu, sans intention, sans malice, réellement par inadvertance (car je ne connais pour moi pas la moindre pudeur du corps, jamais, peu importe qu’on me voie,) mais je crains de choquer, bien que le jardin rose, vu depuis la chambre du premier, soit vide même de ses chattes. Je ne parle jamais de mes blessures intimes, restées secrètes et je souffrirais qu’on les connût. Et qu’on surprenne ma nudité m’indiffère : mes chairs ressemblent à toutes, en plus vieux que les statues des jardins hellènes…
Mais je perçois bien que l’époque est à la restriction, côté nu pile et face.

Sur les plages de Quiberon les jeunes mères du XVIème ont rangé leurs poitrines, parce qu’on mélange respect de chacun et pudibonderie, qui est l’irrespect du naturel ? « Non, Mon grand, mon Michel ? »

« Oh là là, beaucoup trop vaste débat pour nos têtes d’Anciens », écrirait le vieux Sergi. Controverse (d’ailleurs inaudible en son temps) sur laquelle Foucault ( visionnaire, surtout de nuit ) refusa de s’engager, lors du célèbre dîner avec Roland et le jeune Hervé ( Jean-Marie s’était fait excuser, une mauvaise passe), au chinois de la rue des écoles, « chez Oncle Oh ! » ( le propriétaire détestait le Vietnam), je cite ( selon des sources informées) : «  Mon chéri, affirme Foucault en finissant le saké, si tu te dis que tu aimes ton cul, tu passes pour un nœud, et si tu dis que tu n’aimes pas les nœuds, tu passes pour un faux-cul, donc le mieux est de se taire, mon petit Hervé.».Il va de soi que je n’aime pas cette sorte de vulgarité feinte, je ne répète ces horreurs que par un sens pur du devoir.

Le boulot de l’Agence : faire-part du vivant.
A Ferrare, ce matin, si je restais, à m’émouvoir du soleil posé sur la chair, et que Silvia m’observât sans se montrer, d’un recoin de sa terrasse au deuxième, qui de nous aurait tort ? Elle, de me regarder? Moi, de ne pas couvrir ? A qui montre-t-on qu’on se montre, s’expose ? Et ici-même ?
En bas, dans la petite cuisine, le café est fort, épais, un bol plein, car la nuit a cette fois encore été courte, et c’est bien, je n’aime pas m’endormir. Parce que j’ai ouvert la porte fenêtre pour mieux aspirer l’odeur vieillie de chèvrefeuille et de jasmin, j’ai passé un short blanc, une trop large chemise rose et vert. Le Doliprane rouge et jaune flotte sur le café. Multicolore matinal.

Les chattes ont un peu montré ( à qui ?) le museau, posé leurs coussinets sur la table rose, pris la juste distance : le jour va être simple comme une fable.

Deuxième bol en main, je m’assieds sur la petite chaise noire, dans le silence à peine parfois traversé de très lointains bruits venant des rues proches. Mais il ne passe pas de voitures dans le vieux quartier, l’ancien ghetto, on vit Ferrare à pied – ou à bicyclette. J’aime l’expression «  déplier les mèls » qu’utilise Sergi devant les lignes d’Outlook encombrant son écran. Le plus vite possible, je donne aux affaires du matin (ou de la nuit) le peu d’importance qu’elles méritent dans le soleil déjà renforcé. Au milieu de cet indispensable mais encombrant fatras, bonheurs des clins d’œil d’Edith et les filles, des saluts de Cécile, Mark, Sergi.
Depuis le jardin, je ne vois personne sur la terrasse de Silvia. Cette femme est une présence qui s’absente.

Dès que j’ai quitté la rue Belfiore, la via Saraceno apporte les sons et les mouvements comme si j’avais soudain rebranché la machine à surprendre les crissements de l’existence. A présent, les itinéraires sont inscrits dans mes jambes comme les pas du berger sur la pente, ou les rêves d’un Homme qui dort.

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Didier Jouault pour : YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 54/99, Chapitre 18 – début. C’est encore trop tôt pour le dernier départ. A suivre…

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SPO n° 108 : Et fin de semaine fin de série fin de mémoire, on solde !

 Demande Ultime avant fin des soldes : 1 et 2 et 3  et 4 , les séquences  publiques d’oubli 104 105106 107 , dans l’établissement culturel Le 104,ont une allure de chenilles processionnaires ( c’est le rythme de la Polka ! )

«Bon, reprend Marina,(les benjamins sont détenteurs du récit, puisqu’ils en écrivent l’histoire ) « toute cette histoire, ça s’est passé en plusieurs périodes, sur trente ans, d’abord une histoire de  gens qui sont tout le temps et partout amis sur des stands de tir à la fête des humains, chants et frites pour construire des futurs en couleur,  ou des discours révolutionnaires sous l’espèce des raviolis cuits à la vapeur dans  les rumeurs du hammam rue des Rosiers, là où Serge triche, mais Serge triche toujours.»

 

Vassiliki enchaine (sur la période rouge, elle devrait détenir le record de souvenirs, et celui d’effritement contraint des mémoires ) : « Ensuite, on observe que deux parmi les quatre s’emberlipatouillent avec des gélovules qui fondent moins vite dans la main que le …, mais passons, de nouveau. file5Fabre ¨MPT appel à oublies 2 femme allongée    Alors, poursuite la Russe chez qui la poursuite est une seconde culture, par la suite YDIT et Polka s’évaporent chacun dans le regard absent de l’autre, et les Quatre ne se rencontrent plus que pour les calanques Grecques, pendant très beaucoup d’années. «

L’Histoire traverse le silence barbare des absences. Puis, les voila se croissant dans le vieux théatre de M., un soir hasardeux comme ils le sont tous après cinquante ans. Ils se rencontrent et  s’observent comme des faces masquées les nuits de carnaval, près du Grand Canal :de qui est ce regard?. Sans parler du passé (mais peut-on jamais en dire autre chose que la disparition ?), ils labourent leur présence dans un bavardage de vieux camarades,  ni résignés ni  grignotés de remords. »

-« Cette fois là , qui sera the last one, mais Je devrais ne le pas dire, mime de regretter V3, au terme d’une longue journée de marche, Polka et Polki sont à table, et Ydit aussi, fatigués, caniculés comme …. »

Ydit , dans le cadre rouge au centre de l’immeuble culturel 104, s’étonne : Quoi?! Va-t-on faire ses oublis à sa place? Lui manger sur le récit la laine du souvenir?

 

 

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Ydit reprend le pouvoir du récit, l’ultime avantage des Anciens :

« On dînait, Polki s’anémiait, Ydit résistait aux arguments que Polka tentait d’opposer à toute raison, en continuant la discussion de la voiture : métier, valeurs, politique, tout va mal…The end of the Univers, l’effondrement du futur et tout ça évidemment parce qu’on n’a pas su faire du Petit Père des Peuples l’usage malin qui aurait guidé l’Histoire vers la beauté des bonheurs…Elle s’échauffait. Non pas devenant rouge mais s’encolérait de Rouge déchu. L’échange, encore serein sur la route, encore un peu retenu par les jeux de fente et de salade, éclairé par l’éclat fugitif d’une peau claire  en haut d’un maillot de bain  écarté, la discussion s’énervait, se bardait de pointes, tournait à la rencontre habile d’une hallebarde et d’un fer de guillotine mariés en secret par un coup de feu dans la nuque. Ydit se sentait rejoindre la cohorte oubliée des corps des Traîtres posés sur un corbillard qu’on ne regarde même pas.

Polka parlait fort. Les arguments s’assoiffaient de violence, négligeant ces menus silences du dialogue où l’on reprend raison, avec un peu  de salade de fruits. Dans la dispute maintenant traversant le dîner comme un chemin de table cousu de barbelés, les oppositions sortaient les haches contre les mousquets, Marat poursuivait sa Charlotte, et Danton poussait Robespierre dans l’escalier de l’hotel de ville afin de régler à sa manière ses contes à l’Histoire.

 »En la lui faisant à l’envers » complète assez obscurément Germaine.

YDIT raconte : Un véritable combat de rues, bagarres et matraques, la scène passait du léger burlesque au véritable traquenard.un vrai service d'ordrevoisins de trottoir 2

Interrogé par tous, comparses et passants de l’établissement culturel ‘Le 104’, car le récit du déraillement attire toujours les voyageurs, Ydit répond qu’il ne saurait dire, aujourd’hui, comme souvent, quelle était l’origine de la controverse. D’ailleurs, le prétexte  importait-Il ? On ignorait s’il y avait encore un  sujet réel, mais une sorte de stupeur s’installait dans le désarroi des désaccords voulus.

Ydit raconte : l’ancienne et vigoureuse raideur propre dialectiques et aux usages de Polka, peu éprouvée depuis des années faute de débats durables, n’avait pas été cassée par les élasticités de l’âge que produit la sagesse -ou l’usure, ou parfois le renoncement. Plus que jamais inscrite dans le cadre du plus vieux que tout parti révolutionnaire, pourtant réduit à un peu de chagrin par ses propres oublis de l’horizon, Polka se dressait poings mentaux fermés contre ce qu’elle nommait les  trahisons d’Ydit. On était loin des roboratives déferlantes vivifiées de virilités militantes peintes en vertu multicolore par les artistes de pépé Jdanov  Ydit, qui prétendait retrouver « force et vigueur » dans le débat, Polka le voyait orphelin des dogmes, sans le repère des repaires de la pensée hibernante de l’époque Rouge, et donc balloté au vent des marchands du vide. C’est ainsi le jeu d’exister. D’abord, on était assis trente ans plus tôt (ou n’était-ce pas quarante ?) sur le tapis thé en main, ouvrant la boite aux aimables gélovules vite fondues. Puis, le temps d’un regard vers d’autres attentes, dans le miroir posé sur un large buffet sculpté, cuisses barrées de rouge par l’arrête sanglante du tabouret en Formica, on s’emprisonnait la tête sur l’étroite terrasse devant la salade asséchée d’attente. Glissant déjà de la mauvaise foi vers la haine.

 

-« Ah donc, je comprends, s’exclame Vassiliki avec l’amertume de l’experte dépassée, ce n’est pas la question qui fâche la fête, c’est le refus de vouloir une réponse discutée ».

Polki, raconte Ydit, avait-il il essayé de modérer l’éclat faute d’empêcher la grenade, qu’il avait dû regagner sa soupe de pêches et sa tranchée de biscuit, tel un vieillard rapatrié vers l’inutilité d’espérer, vite replié dans un sourire absent, comptant les griffures. Hagard, à l’est, il passait le pain comme on demande au vainqueur de rendre ses armes,  offrait du sorbet  à la vodka, mais depuis une heure le partage n’était plus que celui des blessures…Sur la terrasse désormais nocturne, les tendresses de soleil partagé se muaient en petits matins glaciaux atteignant le fond d’une cellule dont la porte vient de s’ouvrir sur sa dernière fois.

Sans éthique =img_3068

Comme violentée  – YDIT RACONTE -par son remords de discuter encore ou son regret des gélovules de jadis, soudain  Polka se  redresse, sur une conclusion vertigineuse comme une injection au Texas, et d’un geste immensément conclusif, rapide comme un aspic dans un corsage, elle relève jusqu’au cou, d’un geste presque de scalpel, jusuq’au coup, et même au-delà si on peut,elle referme  la très incitative fermeture éclair qu’au début du repas elle avait largement ouverte, comme un vassal levant sa herse, comme un prélat désignant le baptistère. Regrettant ( YDIT le sent) qu’aucun brave camarade de jadis ne soit ici pour dissiper le malentendu en supprimant l’adversaire ( ce qui reste la plus efficace des approches de la Vérité), Polka hausse les épaules pour dissiper jusqu’au souvenir des formes des petits mais ronds et solides encore, n’est ce pas?! Elle incitait à regarder le coeur de la fente inspirant le tissu, et -pas de ça, sale petit-penseur, enlève tes yeux avant que je te les coupe.

Ydit ajoute que, dans la suite logique des gestes qui affichent la rupture, Polka  déroule ses manches retroussées, fermes les boutons aux poignets. Si on prenait à présent une photo du groupe,dès ce soir- et jusqu’à ce jour d’été du récit 108 -Ydit en serait déjà éffacé : traitre.

-Finie la perspective arrondie ?

Ce fut comme une lente déflagration. Parfois, dans l’étonnement, ce qui surprend, c’est qu’on n’ait pas été surpris depuis si longtemps.

 

Puis, dressée comme une qui sort de la cave après l’orage, Polka se lève renversant presque la corbeille des gaufrettes sur lesquels veille Polki ( «on vous prescrit un avenir oublieux »/ « surveillez votre passé « ) elle remonte de deux mains crispées le mini short objet de  courtesshort très short 108 rougeurs…

– « Ce qui, en général, ne fait que palper davantage? Et rameuter les degrés de bronzage ? » note V3, toujours attentif à la culture du réel.

-« Si le monde avait ainsi temblé chaque fois que je remontais une fermeture, mon Richard n’aurait jamais pu finir sa Corrèze parmi les ombres! »juge -t-elle

Polki tentait une dernière corde à noeuds lancée vers le précipice : « Ce ne sont que des enguelades de vieux amis, vous vous connaissez depuis si longtemps, Polka et toi»,  disait-il l’exténué, accroché  de toutes ses mains à la coupe de sorbet Kolonel comme un immigrant à sa bouée.

 

Le choc l’éberlue comme la rencontre d’une felouque égyptienne avec un tanker chinois sur le lac du bois de Boulogne.

C’est le silence de l’absence soudain révélé. On se croyait vivant, on avait déjà pris, ombre à peine tenant debout, le chemin de la Kolynka…..toute brutalité survenue après l’oubli est comme une trahison faite avant même que l’histoire commence

Une heure plus tard, Polka traversait l’espace devenu sombre, gagnait la chambre, sans même un geste de menton.img_2461

 

Polki, fait rare, sortait du placard la bouteille pousiéreuse de Limoncello enveloppée d’une bandera rossa, mais nul ne désirait le faux oubli de l’alcool.

 

Dans la nuit, sur l’étroit canapé des amis, délégué à la relégation, sans dormir, Ydit rêvait à des coups de révolver mentaux tirés dans le dos et sans bruit au fond d’un couloir virtuel de la Gépéou qu’hébergeait maintenant l’appartement de M…

Au matin, très tôt, il avait aperçu la silhouette raide et vive de Polka, qui partait travailler sans un mot.

– « Et alors ? » interroge V3.

YDIT  raconte : jamais, plus rien,depuis l’exécution secrête du souvenir et l’extinction des gélovules.  Polka toujours avait refusé de répondre aux signaux de paix que, d’abord, Ydit avait envoyés. Pas une lettre en retour de texto, pas un rêve en réponse à un mouvement, pas une songerie de peau blanche incluse dans le cadre rond d’un short rouge.

– « Comme gratté sur la plaque en cuivre de la mémoire, corbeille à papier trouée pour souvenirs ratés ».

DEpuis deux ans, rien-

Et maintenant Ydit n’attendait plus rien, car – dans les accidents de la route, les  cadavres ne remontent jamais seuls du ravin. Le crayonné n’a pas la moindre chance d’échapper à la gomme.

« Et si je résume, voila un de ces souvenirs, on ne sait pas où les classer, au fond du tiroir ou dans la corbeille,

 

ou s’il ne vaudrait pas mieux s’en débarrasser tout de suite avant que ça essaime, puis tout s’épaissit, et dissémine le germe ?

Le reste est..gourmandise et confiture, pirouette Marina, mais vous avez vu ceux du 104 ?

MARINA s’élance : « Au 104, établissement culturel des vivants sur le dessus des morts, des gamins prennent leur avenir de l’autre côté de l’absence et jonglent avec leurs boules de nerfs, des joueurs de jazz chantent la note bleue pour des voisins blancs, des filles font la roue comme un pan suce sa flûte, des chefs de gare en retard sifflent des philosophes en pétard, et maintenant, Moi-Marina, tout juste issue d’un roman sur le tard, j’expérimente l’art de se souvenir afin d’oublier, c’est l’art de la mémoire, c’est l’air de plus tard transformé en abandon joyeux des poids anciens, c’est comme le creux intime d’un ruisseau frais dont nul ne sait prendre les truites dans leur fuite, c’est le prétexte du nu pour voiler ( ou voler?) le creux des statues, on avance, on avance…P1000090.JPGP1000092.JPGP1000089Germaine, à son tour illuminée par le clair-obscur de ce lieu étrange, essaie une formule horaire : » Oublier ce qu’on a été cet hiver, c’est assurer un automne large comme un printemps? »

Bien entendu, mais personne ne répond, c’est l’été plein, le temps où la mémoire s’étend et s’oublie.


Didier Jouault, pour Yditblog, Séquences Publiques d’Oubli numérotées 104 à 108


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Yditblog , S.P.O.107 pour l’été au 104/ Dressée au gros Rouge qui tue, Polka mène son petit blanc à une pure absence.

Rappel : Ydit a commencé la série d’été, pour les pages et les plages, depuis la Séquence Publique d’Oubli 104, au 104, en début de semaine.

 

« Mieux vaut tenir dans ses bras le portrait d’un joli plaisir que le puzzle incomplet façonné par le désir encore vif. »

C’est un passant  de l’établissement culturel Le 104 qui parle, tintinet déjà il est passé : c’est une SPO, c’est au 104.

 

Vassiliki prétend que le dit du passant déjà passé, c’est seulement une citation, déformée, de Karl Kasimir Théodor, dit Meyerhold, récitant au cours d’une soirée privée dans un appartement public, vers 36,  une lettre inédite de Lénine sur Le petit Joseph. P1000920P1210166

Voltaire, qu ‘on sent fatigué ( pourra-t-il tenir sa partie jusqu’à la fin ?) aimerait qu’on en finît avec cette Polka sans piqué, même si elle conserve de l’allure dans sa posture de buste à lunettes. Une semaine, ça va, pour un souvenir.

Ydit raconte :

« A M. on se croisait. Il y a juste un an, invité à une fête par ses profonds amis habitant M., il avait accepté de partager nuits et jours de son passage entre ceux-là et Polki zé Polka. Pourquoi non? Dormir chez l’un c’est mieux parler à l’autre.

 

Au premier matin,chez Polka zé Polki, levés tôt, on était allés à la plage, à M.IMG_20190715_0004

Les quatre s’étonnent comme un seul homme et trois dames : à la plage, Ydit ? Avec le sable partout, la mer nulle part, la position impossible pour lire dans les flaques d’huile solaire le destin festoyant des méduses? Et les courbures inédites de corps angulés par la fuite de l’ombre?

Ydit raconte : Invité, aimant à faire plaisir, il avait suivi le désir de Polka. Très vite, sur la serviette, elle avait dénudé ses petits seins.file6-3

–« Vous voyez bien, je vous l’avais dit qu’on aurait droit aux seins de Polka, et pourquoi pas les genoux de Claire ?? C’était comment, déjà dans la SPO 104 ? « Son petit sein rond de boulangère pétri dans Le Brun de l’épeautre? »
Germaine – on ne sait pas cependant si elle croit à son dit – se demande si, dans cette histoire déjà longue, il est réellement, nécessaire de toujours invoquer  ses seins ou de s’en remettre à leur double tutelle?

Pour Voltaire, laconique, « Les femmes ont des seins et les hommes des yeux, quoi d’autre à dire ? »

Pour Marina, on préfère savoir ce que Polka fit de ses marchés de sable?

Ydit raconte : Dans le frais encore étale du matin demi nu, elle s’allongeait sur le flanc, bras plié tenant la tête

-« Mais  si j’ai compris, analyse Germaine, cela ne faisait pas tomber grand chose. Et Polki? « Ydit : Depuis longtemps, c’était devenu un compagnon  silencieux, vingt ans de plus que Polka, il avait tout juste marqué un peu d’étonnement, mais  la fragile distance de l’âge les séparait davantage que l’intérêt de l’impudeur

Toffin, MW Lecture couleur-8Elle s’était baignée dans l’eau très salée, revenait en jouant sa James Bond Girl de plage privée à M.

On en voyait beaucoup, et Ydit-respectueux- ne regardait qu’elle dans sa silhouette toujours un peu longiligne, malgré l’âge.

Dans l’après-midi, après le pique nique préparé dans une boite de plastique – riz, safran, huile d’olive, thon frais- une très longue randonnée à trois dans la mi-pente des montagnes proches.Ils avaient grimpé, sauté des ruisseaux, pris l’ombre des arbres pendant sept heures. les coureuses à la joie rouge (expo Geand Palais ) À la pause, Polki paraissait un peu hors de souffle, mais Polka- sans le montrer-essayait d’apercevoir des signes dans le corps, les jambes, le visage souriant d’Ydit.

Ycit raconte que leurs regards se touchaient dans une imperceptible complicité ne portant rien d’autre que le plaisir des résistances. Pendant le long retour, lacets de la route, Polka s’endormait, sur la banquette arrière, menton joint au torse, ballotté par le chemin, vaguement suintant de la bouche ouverte.

Il fallait attendre le passage d’un convoi de multiple wagons. D’un coup, se tournant  vers Ydit assis à côté d’ elle qui conduisait, Polki baisse de trois bons  doigts la ceinture du maillot de bain : tu as vu comme je suis bronzé cette année?petit déjeuner à la fenêtre

YDIT : Mais l’implacable SNCF -une fois encore- interrompt le geste. Ensuite , commence une discussion en lambeaux sur métier, sur politique : tout va de pire en pire, tout n’est plus rien, cascade un peu triste de linceuls pour l’après midi .

Au retour à M, on prend des douches- prudes. Polki prépare des salades au saumon, lent,  comme assourdi par le bruit en écho de la sieste interrompue et des fatigues continuées. P1210778  « Drôle de duo, on dirait qu’on ne les voit jamais de face mais toujours de fesses », ajoute Voltaire dans une élan peu compréhensible. Ydit raconte que Polki, de loin, ainsi que ferait un bon gardien du domaine, il observe parfois les deux autres, assis face à face suit la terrasse, jus de fruits en main.

Polka, raconte Ydit, pour dîner dans la lumière déjà douce, restait vêtue d’un encore très léger tissu à manches retroussées, clos d’une fermeture éclair verticale, ou à vrai dire pas si clos de telle sorte que sans le vouloir ( et peut-être en le cherchant)- les plus petits mouvements d’épaule renvoyaient à des ‘cuts’ de La Vérité ou des perspectives plongeants de grands paysages dodus-quoique menus.IMG_20190715_0001

-« Disons petits », rassure Germaine

–« Mais bien faits, selon l’unique témoin vivant? »espère Marina. V3 lève vers le ciel et ses saints des yeux qu’on ne saurait voir.

Selon Marina, « pour ce genre de coups ( c’est son langage ) présenter les couverts à salade ou tendre la corbeille à pain relevait d’une authentique prise de risque, ou d’une parade pré-prendiale. » Selon Germaine, « ces petits feuilletés de sable à l’effeuillée, l’entrebâillé de table à La Vise moi ça, tout ça n’était soudain vraiment plus très honnête. »
V3 : « ll s’agit plutôt de … » Mais non. V3 ne dit rien , il tourne la tête pour observer les jeux des joueurs de l’établissement culturel le  104, dont il apprécie très diversement les pirouettes

Au fond, il s’en désintéresse, V3, de ce dîner absurde, d’abord on ne servait pas de cette sorte de verdure à la table de Frédéric, et puis l’entrebâillé reste une flétrissure d’époque, il n’a jamais trop aimé Fragonard ou Brantôme.

–« En somme, conclut Marina, dans un concert de quatre voix aussi musculeux qu’un combat de catch à quatre dont l’arbitre aurait été vêtu de silence et les cordes faites de souvenirs, en somme, pour faire vivre l’écho d’un vieux souvenir ancien, Ydit, vous avez craqué la bulle fragile d’une mémoire bien gonflée au Ripolin, toute dépeinte de désirs rassis et de remords survoltés, alors hop, vous avez explosé l’avenir du souvenir. »

-« Cette petite girl, no doubt, elle a de l’avenir dans les stories, » conclut Voltaire, dit V3, Visionnaire, Vétilleux Valetudinaire…img_2501


 

A suivre, sous peu et même avant ça : S.P.O.108/  Et fin de semaine fin de série  fin de mémoire


 (on solde?).

 

 

 

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SPO n° 106 d’YditBlog : pour décoller au 104, la Polka des pinçons n’a plus besoin de ses gélules

Rappel des aventures lointaines ou moins de Polka et L’Orateur : une série a commencé,  dont voici le troisième et antépénultième épisode – enfin si tout se passe bien.

-« Vous inquiétez pas, Ydit, si besoin je vous aide ! Au fait, je peux te tutoyer ? prétend Marina. Richard, il voulait bien, et  au fond pourtant on n’était pas si intimes, avec le Millet « , prétend Marina.IMG_9119

Ydit ne nie ni ne dit.

On est toujours dans l’ étonnant mélange  de l’espace culturel du 104. Sur les sols de béton brossé où l’on faisait naguère attendre les cercueils populaires des parisiens démunis, des filles à l’âge léger font des arc-en-ciel, ou la roue, des amies se font plaisir en passant des cigarettes et des gestes.

Ydit s’est un moment assis dans le fauteuil de plage en toile rouge. La double bannière d’un hebdo sauvage et du maillot d’encore SPO marquent un territoire assez fouillis. P1000111

Ici, dans la confusion des temps de la mémoire et du funéraire voué au vivant, l’Orateur tente de superposer les oublis sans les détruire. P1000088

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Son public ne s’impatiente pas : il ignore.

Et les quatre comparses produisent de menus déplacements de la parole, comme ralentis par le bruit que font les filles dans le regard lorsqu’elles échangent des cigarettes par elles-mêmes cousues puis fumées,

roulent des hanches d’acrobate,

ajustent le short désolidarisé du corps par l’implicite frémissement des épisodes précédents .

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Des affiches publicitaires ont réussi à pénétrer le creux du 104, établissement culturel post mortuaire.

« Short : 47 % de réduction? « 

« Des fois, c’est déjà si court , tu te demandes comment on pourrait encore réduire?? »

– « On ne peut pas penser la même chose des SPO, matière respect des horaires », grommelle Germaine

-« Faut dire », commence Marina, étudiante modèle dans ses apprentissages mélés.

-« Non, vocifère doucement -comme eut écrit la Margot- la Russe Vassiliki –  non, il ne faut pas dire, dire c’est avouer, déjà, et l’aveu, Lubianka, et après ici, hop, au 104… »

Encore ignorante du fil  KGB tissant la toile des SPO,  – cet obscur rapport du Père avec les services -Marina s’étonne. Les autres estiment que, la Marina, va falloir qu’elle s’habitue.

– « On devrait pas les prendre si jeunes « , dit Germaine, « patauger dans les souvenirs que laisse la calotte mémorielle quand elle fond, ça demande un peu d’expérience ».

Ydit retourne au récit ( car à quoi d’autre revenir?) il en fait ( donc) l’aveu : après les jours si proches entre les quatre  amis d’alors, l’usage de gelovules, estimé intempestif (bien que rudement nécessaire) avait représenté comme la glaciation instantanée du mammouth , et dans le permafrost les défenses un peu déglinguées avaient commencé de percer la surface du temps, quinze ans plus plus tard.

Ydit rappelle : très peu de temps plus tard que la fusion des gélovules un matin après la course au bois, chez Polka,  improbablement, il avait dû partir assez vite assez loin, trop loin pour de petits bonjours du jour, trop vite pour des mots posant la suspension à la place de La Disparition.

 

Ydit raconte l’ensuite: depuis tout ce temps, ses relations avec Polka, dé-gélovulisées- avaient pris la tournure régulière et patiente de vieilles amitiés : brefs messages, rares rencontres à l’occasion de puissantes fêtes à vocation populaire, comme l’affectueuse sanctification (à Gori en décembre) des moustaches de Joseph-de-la-nation-le père, ou l’anniversaire teigneux d’un coup de pioche (malencontreux )par hasard égaré dans le crâne de Lev Davidovitch, au Mexique, vers la fin aoutle guerrier…Polka, tous ces jours de pierre que l’Histoire et le présent écroulaient sur les illusions des nuages, elles les ignorait.

Toujours fidèle au Tsar, aux stars.les deux copains

A présent, sans Jojo désormais, mais en le nouvelle compagnie de Polki dont elle avait des enfants, Polka avait réapparu à M.

On s’y installait, on y faisait carrière et travaux des jours. On apprenait à parler des langues moins slaves et plus suaves.

-« Moi, interrompt Marina en usant hélas des libertés qu’on donne excessivement aux jeunes filles héroïnes de roman, moi j’ai toujours du mal avec la langue. Pas vous ? »

monsieur-prevot-culture-sens-moral-culture-patriotisme-Picard Cabau Jughon Mon nouveau vocabulaire français

V3, (c’est vrai, on le voit vieillir) :

Il dit, à côté ( mais, songerait Vassiliki , dire à côté ce n’est jamais que mentir en dedans): « D’ailleurs, au Procope, si tu order une truite et que le Butler give you une tuile, c’est que ton English reste encore bien moins que fluent, Man. » Ricane ensuite, un peu légèrement.

À M., les auditeurs se souviennent ( et ça n’a pas de prix ) qu’Ydit devait y passer souvent,

 

y revenir parfois, s’en échapper aussi pour ses missions de Grand Investigueur en Petiotes Choses, mais surtout parce qu’un ami commun y avait posé bagages et famille.

Ydit raconte qu’avec Polka, de ci de là, de marées du vivre en passages de l’étal…

– « Le passage de létal, c’est passer de la vie à trois pas « ? Demande Voltaire , qui s’y perdvoltaire buste et cadre

– « Il ne comprends plus tous les mots », dit la Russe, « mais cela n’est-il pas la leçon de philosophes? »

-« D’accord, mais un Voltaire sans dico, c’est comme un DJ sans disco, un Audiard sans verve » , dit Vassiliki, naturalisée cinéphile, ( « Ou un Mercure sans ses verges sévères » pense Germaine, à qui les temps d’attente sur les quais ont permis de s’acculturer héllènophile).

-« Bref », re commence Ydit

-« Àh oui, bref de bref » trémousse et trépigne Marina ,

Ydit raconte que Polka et lui avaient croisé leurs regards et regrets, sans les maux de la parole, jamais seuls. L’ainée des enfants de Polka, cependant, percevait une tendresse un peu différente dans leur amitié quand elle voyait sa mère rire de rien en écoutant Ydit, ou que Polka ne s’encolérait pas si rudement pour la politique lorsque la discussion l’opposait à Ydit, sur la terrasse de l’appartement au soleil. C’étaient comme des mousselines imprévisibles et invisibles protégeant des morsures.

Parfois, Polka et les enfants (et même ce bon vieux Polki) passaient à Paris, et s’inventaient de rapides dîners place du Passé, une promenade au jardin du Luxembourg, une glace chez Raimo, rue de Cracovie. On reprenait le métro Place de la bataille de Stalingrad, dont Polka ne cessait de se montrer fière.

 

Chez Polka zé Polki, l’habitude du vivre nu avait maintenu des apparences de divergence sociale, de liberté couleur Est. Mais derrière la banalité des usages et la volonté de provoquer le petit-bourgeois , chacun ne parcourait plus que l’urbain bitume des différences sans vraie différence. Quand il y avait des visiteurs, on redevenait textile. Une étudiante de Hongrie ( et certainement pas Yougoslave) hébergée pour un colloque,avait rougi en découvrant des photos d’été,

 

on lui avait raconté que cela datait d’autres tentes.

Autour, peu à peu, la vie s’était amollie sur ses pudeurs de prude, ou même recouverte du voile noir des interdits.

Ensuite, quoi de plus ordinaire, les enfants Polka zé Polki étaient partis vivre ailleurs le temps des questions et des apprentissages.

Quand Ydit passait à M. et que Polki participait à un congrès, un colloque, un séminaire, une chasse au bison, une célébration de brigands, une trousserie de traductrices enamourées, Ydit avait été invité à dîner en tête à tête par Polka. Mais ils n’avaient jamais évoqué la séquence gélovules et tapis,

 

même si – assez bizarrement – lorsqu’ils formaient leur seul public à deux, une forme de complicité plus qu’amicale donnait à leur discussion des allures de vieux rose, de faïence usée, d’écharpe longtemps séchée au grand soleil d’ici. Encore des reflets d’une vraie teinte d’origine, mais les franges lassées s’effilochent sans nostalgie comme sans attente.

Germaine et Marina, presque en même temps, s’étonnent : vraiment plus rien, quand ils étaient seuls, Ydit et Polka?

V3 ( qu’un bon coffee incendie pour un éclair ): Polka sans doute pensait, appuyée par la dialectique : « Bah, le passé c’est le passé »

-« Contre ça que vouliez vous qu’il dit? »

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A suivre, sous peu et même avant ça : S.P.O.107 . Dressée au gros Rouge qui  tue, Polka mène son petit blanc à une pure absence.

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SPO n°105, toujours autant de sang sec au 104 , c’est la Polka des mulots

 

Rappel : au 104 pour la 104, on remonte aux racines :  on vide à trois la pavillon de la grand mère rescapée.

On éparpillerait les douceurs  des cartes postales et lettres d’enfants, on éviscérerait l’épaisse armoire,on déposerait dans les ombres à la lisière d’un champ de blé vert un nid de mulots découvert au cellier. On trouverait dans un tiroir la carte immatriculée d’ancienne des camps, on n’oserait y toucher…

On avait mis au frais dans le ruisseau le vin blanc  disputé  aux mousquetaires de la route.

 

Ydit fait le récit des émotions, et du blanc sec séché à trois. Depuis le hammam ou l’Ardèche, on se permettrait une somme de libertés dont l’addition posée d’un regard pointu par un censeur autant éberlué que castré,- mais n’est ce pas au fond la même chose ? – ne rendait toujours pas libertin- mais insoumis aux pudeurs faciles de l’entre-soi.

Polka aussi était allongée, torse nu, sous l’arbre, et sous l’ombre de son Jojo bien pendu. On avait parlé Histoire et politique (Polka était la fille d’un opposant parmi les plus célèbres de la République d’alors), elle revendiquait l’héritage des Vieux de la  de la vieille Rouge la plus rouge que rose. Puis on avait un peu somnolé. « Trop chaud, avait-elle dit, je vais prendre une douche. »

– « Après le déjeuner »? demandait Jojo. Elle allait vers le pavillon, dévêtue

– « De lin blanc et de probité candide », ricane V3

-« Mais si peu vêtue qu’on l’oublie », s’amuse Germaine-des-rails,  née trop tard pour ces facilités d’époque. Dans le silence, revient le bruit de pas sur l’herbe, les garçons rouvrent les yeux. Polka, malicieuse et nue entièrement : « C’est idiot, je vais me doucher mais je laisse la serviette de bain ici »

-« C’est dans cette tenue que tu te promènes? « s’étonne JoJo, ignorant l’allusion théâtrale.

-« Bien sûr, dans  la tenue d’une  qui a oublié sa serviette, quoi d’autre?»

– « J’imagine, dit Marina, qu’elle prenait son temps et des poses, je vois bien les mouvements sous les ombres et dans les yeux, après ça, Ydit, vous me feriez des reproches parce que je me suis mal conduite naguère en compagnie de Richard, dans son roman? »

Ydit cesse le jeu avec l’incertain cube rouge placé au centre du 104, mais ne casse le récitOn posait  des étoiles sur le litre ou les épaulettes de l’armée du peuple, et La Grand Tireuse vous emplissait de sales souvenirs rouge-feu, pas une minute à soi pour compter ses oublis, c’était Le Temps où l’on croyait encore que le corps pouvait vivre sa peau dévoilée sans son appétit de désir.

Il dit qu’il avait pris du plaisir à observer Polka, ses glissements de géométrie soyeuse dans la sévérité de la silhouette, ombres rondes et lumières roses, pendant qu’elle ramassait avec lenteur la serviette, gestes mesurés pour le regard. L’image ressemblait aux courbures du corps devant la baraque de tir, ou les baraques à frites, à la fête des humains, mais tout tissu évaporé dans le chaud sous l’arbre. YDIT : Elle m’avait fait un petit signe de la main juste avant de s’effacer dans l’ombre carrée du pavillon. Jojo avait haussé les épaules, faute de pouvoir lever un sourcil : les mœurs du temps ne le permettaient pas pas.

Ydit raconte : un matin de mai, peu après, au retour d’une course à deux dans le bois, Polka invitait Ydit à passer plutôt chez elle pour la douche, c’était plus pratique cette fois. On avait longtemps laissé refroidir le thé russe, assis sur le tapis, une lumière venue d’ailleurs éclaircissait les pénombres du corps sans dissoudre l’épaisseur d’un désir qui savait se poser sans s’écraser.

Ils étaient ainsi assis aussi. Et rien n’advenait. Ydit regardait autrement Polka, qui le voyait la regarder plus précisément, elle observait  en souriant comme un épaississement pas que du regard.

– « Vous nommez cela s’épaissir? « goguenarde Marina, moi je dis…

-Ydit : Se retournant vers un meuble et le tiroir d’en bas, impudique encore dans le mouvement, et cette fois le désirant , Polka disait- ouvrant une boite rose et verte : ’Moi, c’est des gelovules, ça fond très vite, tu verras, ça ira ?’

Ydit se souvient très bien que cela fondit à temps.

Marina demande si elle était bonne ?

-« La douche ? « demande V3, probablement peu averti de l’usage de ce type de gélovules,

-« Polka,  tiens, qui donc? »

Sans répondre- mais tout récit est une réponse à des questions  encore à poser comme disaient les écrivains de l’époque- Ydit raconte. Ensuite, ça avait été très étrange.

Jojo( car on ne cachait pas les petites parallèles du quotidien) avait semblé affecté-en dépit de la morale d’un temps décidé à n’en avoir pas.

-« Tu parles, riposte V3, le morale c’est comme les actions de la Compagnie des Indes de Monsieur Law, tant que ça grimpe, t’en as, et dès que ça descend, tu vends » .

Le sourire de l’autre  fille, qu’ Ydit aidait à s’endormir, n’avait représenté qu’un masque forcé, en apprenant que Polka et Ydit  s’étaient mélangé les gélovules. Du coquin, pourquoi pas, puisque c’est ainsi de nos jours, mais pas de coquines, de copines, de cousines! Surtout que, franchement, si c’est pour le nu de Polka…

-« Bref, suggère Germaine, les gélovules qui fondent vite c’était une bêtise. On a toujours le ventre plus large que les idées. »

-« Tiens , dit Marina, je ne l’aurais pas dit comme ça, mais au fond ça décrit bien votre époque, Ydit, non ? »

Ydit : les quatre amis s’étaient un peu évités, ensuite, plus de sauna, plus de tennis, plus de fête des humains, ou des copains de la rue, et Ydit n’avait pas revu Polka seule à seul .

Et puis, très peu de temps plus tard, à l’impromptu, il avait dû partir assez vite un peu loin, trop loin pour de petits bonjours du jour, trop vite pour des mots posant la suspension à la place de La disparition. On ne roulait plus désormais sur les mêmes vélos dans les mêmes chemins creux de Mayenne. L’histoire perdait son rail.

-Sagesse de Voltaire : Il s’ébroue, commande un café : » Plus un rail est rouillé, mon bon Ydit, moins les poules picotent la crotin des locaux entre deux passages »

-« C’est assez obscur, pour un type des Lumières, » réclame Marina.

-« Ah, dit plutôt Germaine, c’est vrai que les voyages c’est bien, car les locaux motivent. »

Vassiliki, depuis plus de cent SPO (mais ne surgit elle pas bien plus tard.?) admet l’incongruité de ses partenaires de scène, leur goût pour ces mélanges de langue, un peu de poésie apparente et des jeux moitié Audiard moitié almanach.. Cependant?  dit-elle.

Nul ne répond

 

Ydit se tait. Autour, les acrobates du 104, les chanteurs de jazz blanc et les photographes de rues vides continuent à exercer leur talent gratuit pour un public passant plus vite que leur ombre.

 

-C’est pour ça que j’aime venir dans les grandes cours du 104, parce que tout le monde ici fait ce qu’il veut et que tout le monde passe sans rien dire. On parle sa solitude sans être solitaire. Comme une Séquence Publique d’Oubli, en somme …

« Mais la disparition sans suspension, c’est la fin du récit ? » se déceptionne Marina, qu’on a en effet connue  habituée à des ombres plus denses.

 

 


A suivre, demain ( sans doute ) :  Séquence Publique d’Oubli au 104, première série d’été, Yditblog numéroté 106 pour décoller au 104, la Polka des pinçons n’a plus besoin de ses gélules

 

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Yditblog SPO n° 104 : 104 au 104 égale la tête à Polki ou Une Polka à poils ras.

Ydit, fort : »Elle est retournée dans la cuisine, et j’ai seulement alors vu que son petiot short rouge était vraiment  serré »

– « On s’en doute, ça, vous remarquez toujours, rouge ou vert, le short, personne ici ne vous reprocherait votre manque d’attention à cette partie du monde en marche.» grommelle Germaine. Elle s’imagine accompagnatrice de bord dans une compagnie ferroviaire exotique. Smart et polyglotte, cravate Mercure sur chemise Hermès, elle regarderait passer les touristes en route pour Ferrare, Mantoue  et d’autres torpeurs mousseuses.

–« On peut toujours rêver », se gausse V3,« encore faudrait-il l’intelligence d’une madone et un deux pièces Villa d’Este. »IMG_1385

Mais les Séquences Publiques d’OUBLI mênent leur vie, leur bon train.

Dans le hall du 104, Ydit a commencé plus tôt la toujours implacable parade de la SPO,  comptée numéro 104.

Au 104 , le 104, c’est l’adresse.

Ydit tente à l’établissement culturel dit « le 104 » de reconstruire un carré de fidèles : ils sont là, quatre usuels comparses un peu usés par leur figuration aimable d’usagers sereins. Ils ne sont pas seuls : les passants du quartier viennent ici donner pour d’autres Semblables le spectacle gratuit de leurs entraînements solitaires. On échange, on brocante les spectacles inaboutis, on  expose les travaux en cours. C’est le 104.ERspace municipal vaste, ouvert à tous les quartiers du coin, sans pitié pour qui vient s’y exposer. On passe montrer à des publics  volages mais bienveillants ce qu’on a inventé avec amour dans le silence du  miroir.

–« On fait vite? » demande Voltaire, dit V3, en raison de ses vernis comme de son décapant :  « Je manque un peu de temps, ces temps-ci, voyez-vous,  cher Ydit bibi, c’est dû à l’age »

Tout en se promouvant d’une hanche habile vers le premier plan, la petite nouvelle, pas si neuve toutefois, Marina, (voir et revoir les six ou sept SPO précédentes, on ne peut tout de même pas tout raconter de nouveau comme si c’était du nouveau)  Marina sobrement abuse de l’anticipation, arme fatale du narratif, comme le verbe croire est l’ennemi de l’impératif :  « Tout à l’heure, Ydit, vous direz : « son petit sein rond de boulangère bruni par l’opacité du seigle…« , non, je me trompe ? »p1210774.jpg

 

 

 

 

Ou, mieux : « Son petit pain bleu de boulangère pétri dans la densité de l’épeautre, et il y a quatre épeautres, vous savez, pour les évangiles  des moissons? », dit soudain la Russe, Vassiliki la bien nommée,  avec un accent qui ferait de l’épeautre une épaule où pleurer, si l’humeur y était, y es-tu?

 

 

Ils regardent Vassiliki, surpris. Elle s’explique, s’excuse, s’expose : « Je cite un poème de l’Ukraine après la moisson du Père des Peuples. Vous allez raconter Polka, et votre Polka toujours admirait le Petit Père des Peuples, non? »

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Ydit : Puisqu’il faut aller vite au terme, hâtons l’origine, non?

Enfin, Ydit raconte qu’il va raconter PolKa. Et aussi Polki, peut-être un peu. Surtout Polka, oui Polka nous voilà.

Il récite que, en réalité, les premiers moments de leur histoire relèvent quasiment de l’archéologie intime, et se mettent à jour avec le fouillis d’une enceinte médiévale découverte par les travaux du parking de l’église, puis voici que surgit le mur des Romains, pierre rude des émotions et brique tendre des mémoires, aussi un peu de parois de terre sèche gauloise, des marches, des angles, pour finir apparaissent des os que la chair a quittés, en vraiment très sale état, cimetière   de mémoire si ancien qu’il n’est plus nécessaire de prier depuis longtemps pour racheter le poids des âmes mortes. Ou des souvenirs déchus. Des pioches arasent les passés. Ainsi est l’archéomagnétisme de la fouille mémorielle, on le sait, tu programmes une tranchée pour les tuyaux de la vie, et tu finis sept couches plus tard en avalant les témoignages de jadis, drogue d’adrénaline, contre le choc violent d’un passage de scorpion dans les fissures du vieil oubli pas bien naturalisé.

 

À propos de funérailles, le 104 est ce lieu superbe et paradoxalement vivant qui fut l’espace funéraire central de la ville de Paris : salles, marbres, entrepôts, couloirs, vastes sous-sol.

C’est devenu l’endroit ouvert et libre où l’on vient s’assoir, parler, manger des joints et fumer des pommes,  parfois passer la main dans le dos d’une amie ou remonter en colère la  fermeture éclair du chemisier, enfin se donner en spectacle et de rencontrer les voisins du quartier comme les amis venus de loin, parce que certains jours c’est assez de ne montrer qu’à son miroir sa propre vie. On tend à l’exposition du chef-d’oeuvre.

 

 

Alors on vient boire un coup de rouge avec un copain noir ou un petit noir avec un copain rouge, ça dépend de l’heure, la langue permet tout si l’on y met les bonnes couleurs?

–« Et donc? » S’impertinente Marina, décidément trop jeune encore pour aimer les prémices ou les programmes de visite.

 

 

 

YDIT : «Il y a quarante ans, avec Polka, et c’était alors Jojo son double, et avec Libourne- qu’Ydit aidait à s’endormir assez souvent- ils vivaient en partage trieur et câlin des jours  mixtes au  hammam de la rue des Rosiers. ydit grognon mais ça ne va pa durerIMG_1952On était amis, on se retrouvait là,  on y buvait du thé à la menthe brûlant, sur la mezzanine. Dans la salle de repos, des gros hommes ronflaient un peu, et l’on écoutait des  copains anciens, serviette blanche nouée autour de vastes reins, disputer de volumineuses parties de rami, arrête, Serge, tu triches. C’était pareil avec le tarot, tous les Serge trichaient. la piscine du hamman n'a rien perdu de sa Polka

Les quatre sêchaient ensemble leurs sueurs, simplement parés – plus jeunes – d’une vigilante nudité soucieuse de se monter sans s’afficher. En ces temps, il y avait comme l’habitude un peu sotte, au-delà  des habitudes un peu fortes, de montrer le plus ou moins Grand nu, descendant ou pas un escalier, dans les profondeurs du hammam.

C’était une forme de choix vaporeux couleur de peau chauffée. Les soirs de grande émotion, si par exemple un mouvement populaire avait cogné le gendarme de guignol, ou si des élections en banlieue s’affichaient rouge, Pölka s’amusait à la farce bourgeoise de l’avant et depuis, par dérision : la même pose, pour le photographe Ydit, Polka vécue en textile d’époque, ou montrée en pure plaisanterie sans plus rien que sa peau sous l’objectif.

On ne peut pas dire que Jojo appréciait cette modalité impertinente de ce qu’il nommait l’humour de classe. Malgré tout, plus tard, avec d’autres, puisque le premier linge était tombé au sauna-pour des vacances-on descendit l’Ardèche, nus  encore, et  en kayak. le kayak de Jojo  Sur les bords, dans l’eau à faible flux, les voisins aussi prenaient l’ombre des arbres pour unique vêtement.  À la nuit, peau brûlée partout, on s’habillait de vieux jeans et de baskets blancs pour aller ensemble écouter les discours révolutionnaires et les concerts-tumultes, dans les fêtes populaires qu’organisait un quotidien alors pétri d’humanité.

 

 

Sur la rive d’Ardèche, à l’étape, on avait éludé la proposition d’un gendarme qui faisait encore plus nu sans son uniforme, et qui proposait du Ricard et du milet.

 

Pour la fête, on acceptait toutefois les petits rouges si frais que les tenir en main forçait l’ébriété

-sinon l’estime.file5Inkedgorges de l'A_LI

Ydit raconte(enfin) qu’ils avaient assez de temps pour en perdre un peu. Aussi, on jouait au tennis, on allait courir dans le bois, on lisait des livres, souvent à deux qui n’étaient pas le couple, mais on n’entendait rien de ces dialogues parallèles.

Ydit raconte ( il tente de se hâter) la simple amitié un peu tendre, un peu mièvre dirait V3 s’il n’avait pris congé le temps d’une vaste somnolence, l’amitié assez complice, trop intelligente, et que les moments déshabillés couvraient d’une teinte un peu légère.

–« Nous, les filles de notre génération, ces choses là, on ne sait pas, vous avez donc raison, Ydit, de rappeler. C’est bien d’empêcher l’oubli. »

Germaine protesterait : Ydit, c’est justement l’inverse. Mais l’inverse de la volonté de l’oubli ne prendrait il pas la forme d’une exigence de mémoire ? Au 104, il est trop tôt encore : les sophistes d’après le spectacle ne sont pas encore arrivés. Germaine ne dit rien.

Aussi, pour son public à l’usage inattentif, Ydit raconte ( mais comment rouler vite dans une mémoire si vieille?) qu’au début de l’été, ils étaient ainsi allés à trois, Polka, Jojo et Ydit, terminer de vider en Dordogne le pavillon de ciment et de bibelots que la grand-mère venait d’abandonner d’un coup, pour cause de décès. Il n’y pas de motif plus sérieux, à cet âge..

 

 

On éparpillerait les douceurs  des cartes postales et lettres d’enfants, on éviscérerait l’épaisse armoire, on déposerait dans les ombres à la lisière d’un champ de blé vert un nid de mulots découvert au cellier. On trouverait dans un tiroir la carte immatriculée d’ancienne des camps, on n’oserait y toucher…

On avait mis au frais dans le ruisseau le vin blanc  disputé  aux mousquetaires de la route.

Vassiliki semble hésiter sur le sens de cellier, la sellerie lui échappe, la selle, pour elle, est hermétique.

« -Certes, certes, et donc ? » brutalise à nouveau Marina, dans la jouissance des précipitations de mémoire qu’on sent ralentir. Comme s’il fallait attendre que les feuilles de passé chutent d’elles mêmes, alors qu’avoir vingt ans c’est justement tousser sur les arbres de souvenir. « Allons plus vite », va dire sans cesse Marina, « escaladons la fulgurance du présent ».

 

 

« Yeah, yes!«  dit V3 réveillé (il love English),

« Yes, Man, les voyages forment la jeunesse mais ils faut oublier la gourde, et ménager sa tonsure, surtout si on va à Des Moines! « 

–« Des fois, dit Marina,  votre vieux pote Voltaire, le fameux V3  plus vif que toute bombe volante, des fois, là, on l’aime bien, quand il est embué dans ses Lumières, mais tout de même, ça commence à dérailler un peu, non ? »

 

 

A force de penser, un ce ces jours il va se prendre pour Deleuze. « 

Germaine-des-rails : « En attendant, encore un train de récit qui n’a pas quitté le quai, on part quand? »

Ydit prétend qu’on est partis : l’oubli du jour – un drame pour finir- commence par les racines, comme toujours. En conséquence de quoi ce dit du jour, ceci d’Ydit, est la part première du récit. On en comptera cinq.

–« The part One, in fact, isnot it«  anglicise V3- dont les déambulations linguistiques sont de plus en plus transfrontalières.

Marina dit qu’elle va sans doute finir par s’habituer à ce rythme, genre apéro de maison de retraite, après tout avec ce bon vieux Richard Millet ça ne progressait pas bien vite non plus, mais …


A suivre très vite qu’on le veuille ou non : S.P.O.105 : Toujours autant de sang sec au 104, c’est la Polka des mulots!

 

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Yditblog, SPO n°100/103 quatrième et dernière partie / l’Air Solide n’est pas fusible dans l’actif : Introducing Marina, clap de fin – enfin

INTRODUCING MARINA, quatrième prise : cette fois on en voit le bout .

Rappel : les trois précédentes Séquences Publiques donnent à voir (et un peu aussi à lire) l’intronisation de MARINA en tant que nouvelle comparse des OubliEs.


 

     Dès la fin des longs rapports répétés de l’après-midi ( on ne sait toujours pas pourquoi sourit V3), les questions bouleversantes griffaient l’endormissement d’Ydit qui était venu à l’AG des actifs en curieux passif .

     « Ydit, raconte Marina que rien n’arrête ni même une promesse de promenade au phare, on le percevait séparé entre grand sourire et vif agacement. Il dénombrait les survivances pileuses dans la plage de calvities, résistait aux effluves de Guerlain 69 ou Opium New Wave que dissipaient en passant des dames à la vessie dissipée, n’écoutait que d’une oreille – sans appareil – les observations flatteuses et les décomptes étourdis de participants semblait-il intéressés (ce qui représentait sa principale source de stupeur). »action jeu cravate

 

–« S’amusait-il ? » s’enquiert Germaine-des-rails, dont la vocation maternante est proportionnelle au goût des horaires bien rodés.

 

– « Il s’amusait, répond Marina comme si  sa parole désormais portait l’intérieur du dit d’Ydit. Pour enrosir encore les projets de l’Air Solide, Président ne cessait d’employer le mot Liquide, liquidités, fluidité, cache-flot (que V3 n’écrit pas ainsi), paradoxe du lexique. »

Selon Marina, les questions témoignaient avec cruauté : ici, dans l’AG des porteurs d’action de l’AIR SOLIDE, les vieillards pensaient l’avenir sous la forme d’un placement, d’une cagnotte à ne pas déterrer.

 

« -Comme si, s’étonne Marina -dont on découvre qu’elle peut, comme chacune, avoir le dos nu et les reins solides en matière de raison, – comme si dépenser les talents de la mémoire n’était pas la meilleure route vers l’achèvement d’un devenir. »

« Bref, dit Marina ( et c’est vrai que c’est un peu long pour un premier rapport murmure Vassiliki) , tout en priant  d’un regard V3 qu’il lui fasse une place dans son éponyme fauteuil , donc YDIT regardait- amusé stupéfié- les visages et les usages de ces corps usés seulement préoccupés de calculs imperceptibles et  de développements incompressibles,  Air Solide for ever. »Inkedliseuse _LI   

On la perçoit rêveuse.

« Je ne comprendrai jamais, concluait-elle en ajustant son délicat volume dans le fauteuil, ce qu’il est allé faire dans cette ornière ? Volière ? Fondrière ? Poudrière? Crémaillère? »

-« Mais, suggère ensuite Germaine, YDIT on le connaît, il l’a souvent raconté, la curiosité est le souffle de son mouvement, l’âme de son violon, et l’origine de bien de ses errements. »

 

Il va au nouveau comme la souris à son grain empoisonné.

    Dans le silence qui succède à une telle analyse- ou un tel raccourci narratif-, chacun imagine la foule très lente des petits ( « ah non, pas si petits ») porteurs d’Air Solide, qui reflue de l’amphithéâtre à la fin de l’AG usagée. Il y a des bavards, remontant avec peine l’escalier encombré. On peine à l’escalade quand on a descendu les marches du dividende.

 

–« Ah, vous avez vu, Monsieur, je suis parvenu à trouver une place juste en face du Président Airsol, au moins je peux discerner s’il ment ou pas, ensuite je vends ou pas » .

– » Monsieur, vous avez déjà vendu ? Moi, j’ai l’Air solide en poche depuis trente ans, je ne m’en suis jamais allégé ! Je suis célibataire, sinon je l’aurais légué à mes enfants. »

– » C’est une bonne Compagnie, conforte une dame à cannes, et un bon Président, on ne peut pas en dire autant de, vous voyez qui je veux dire. « 

     Vers le haut des marches, inquiète tout de même de l’évacuation gluante (« Et s’il y avait eu l’alerte Attentats? »), elle raconte, soufflant un peu, être venue de Calais juste pour affronter cette jungle de l’AG, sans même se plaindre. « Reconnaissez que nous aurions mauvaise graisse à nous peindre, euh je veux dire, à nous plaindre, enfin mauvaise grâce «  s’empataude un voisin aussi tassé qu’ harassé, mais qui lui tend la main afin qu’elle parvienne tout de même à gravir quelques degrés vers la sortie.

V3 hausse les épaules.  Avoir L‘Air Solide, on peut juger ça consternant, mais ça attire des amis. Toujours ça de prix. Il regarde autour.  » Bon, YDIT reste en vacances, dirait-on, mais nous voici à nouveau quatre. »voltaire oublies 2InkedSPO noire nue tumblr__LIIMG_2051 IMG_3828     dit-il.

« C’est un délice sans orgue ( car je suis laïc) de vous accueillir à mon tour ici, chère et désormais bonne compagnie Marina, et bon vent à vous avec nous, pour les OubliEs et  Silences, après l’Introducing Marina ! »


didier jouault pour YDITBLOG, Séquence Publique d’OUBLI n° 100-103, séquence exceptionnelle, fin.

 

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Yditblog, SPO n°100/103 troisième partie: C’etait bien d’avoir de l’Air Solide : Introducing Marina, suite

INTRODUCING MARINA, troisième prise : et ça semble une bonne prise .

Rappel : les trois précédentes Séquences Publiques donnent à voir ( et un peu aussi à lire) l’intronisation de MARINA en tant que nouvelle comparse des OubliEs, au prétexte d’une réunion d’actifs agés réunis l’air un peu sot pour une assemblée de L’AIR SOLIDE.


WELL, INTRODUCING MARINA ? INDEED! NOW!

( on se souvient que V3 est un anglophile invertébré)

( espèce en voie de réintroduction)

 

   Un peu mélodramatique, le vertigineux  vétilleux vieillard (donc immanquablement v3) ajoute:

     « Ainsi que pour les bonnes soirées au bistrot (bien que le mot date de plus tard), je reprendrais bien une tasse de ce café des Indes et Compagnie. A mon age, cent ans et plus, s’endormir devient un avantage aussi rare que de dîner avec une jeune femme, même ailleurs que dans un endroit chic.

Donc, j’ai pris un somnifère depuis longtemps déjà conseillé par l’aimable Chirac, lorsque j’étais si jeune encore, et qu’il médecinait en Majesté.

     Figurez vous- réaction allergique ou rêve de peau, rêve de peu-, je n’ai pas cessé de me gratter toute la huit, encore et partout, galeux comme un philosophe,  et  j’ai dormi encore moins que si j’avais passé la nuit au Chatelet, ou avec.

     Ebarbouillées par toutes les allusions incomprises, qui se déposent dans le lit du récit, Germaine et Vassiliki se frottent les mots et attendent le récit : « Introduction de Marina? Martina? Nativa? N’arriva?

 Marina tout, Marina rien? La Marina, quelle sorte, paprika ou quiquina?

Elle pousse, pourvu qu’elle soit pas rousse? »

     Vassiliki, de plus en plus méfiante, (car elle n’apprécie pas trop les facilités de paiement que faisait Mariana  au romancier lors des SPO précédentes) « Marina, pas encore une poétesse, la souris? »

    Germaine, hilare : « Vous préféreriez qu’on l’appelle Mousse ? »

    Vassiliki : « Mousse , comme Mickey ? »

    Germaine : « Mousse, avec son mousse, une petite mousse avant dîner, une paire qui roule, la Rousse aux trousses? »maillots et fenêtreIMG_9321EA32E35E-F8ED-47B2-8566-71B02A637DD0petit-marin-2

 

 

 

 

 

V3 les regarde, non loin d’une forme agréable d’ahurissement. Il choisit de revenir au narratif, sage décision, et on le reconnaît bien là :

 

 

« Pour l’assemblée générale à l’Air Solide,  ambition en mission,  Marina louait son fameux talent d’accueil. C’était l’immense salle du palais des congrès et des bons gris, mais accueillir c’est partout la même chose. On a pu connaître son goût de l’écoute et sa façon sans façon de recevoir le visiteur, au cours des séquences précédentes – auxquelles V3 ne peut reprocher qu’un usage un peu lourd de la langue. IMG_9821Inkedaccueil congrès 2_LI  Elle a tout entendu, vu, su-et rien lu, ce qui la forme à la tolérance, sinon à la finesse.

 

D’ailleurs, la voici, elle arrive, elle s’installe, vole et nous revient avec un verre de Maritza ».

    Et voila qu’en effet, bien sûr, sans regarder le regard de Germaine, on s’en doute indignée encore de la vêture, Marina prend place dans le cercle- qui se mue en carré.

« Eut-il été un triangle, son destin eut été le même, » se dit V3, géomètre à ses heures.

    Marina  donne ce qu’à son age on sait de la vie : un récit.

    Marina :  » D’abord, bien avant l’heure de l’AG, les porteurs d’action s’étaient réunis dans les gares de banlieue proche, sur les quais de métro, dans les taxis. Puis, après l’accueil polyphonique, beaucoup avait fait la queue devant les portes encore closes de la grande salle, comme des acheteurs d’or un jour de descente des bourses, comme des gibier de relance, des adolescents malingres devant l’entrée des artistes, des rameurs figés dans leur éternité, des demoiselles de Laval apprenant la noyade à leurs petits frères putatifs.

     A leur age, c’était un risque cardiaque annoncé. Des secouristes portant le badge  » AIR SOLIDE/ SECURITE SANITAIRE », déguisés en pompiers, rôdaient avec une souplesse de rapace, observant les progrès du désastre sur les visages, les postures, les langages.

    Puis, longtemps après, dans le somptueux amphithéâtre, La Foule Mystérieuse de amis de L‘Air Solide avait attendu la fin donnée par le Président à son propos, un rapport autant construit de chiffres doux que  nappé d’intentions sucrées. « Ensemble, faisons  l’Ere prospère de l’Air Solide, et de notre liquidité une solide affaire ». Principe général mais généreux qu’appréciaient les actifs groggis d’AIR SOLIDE.théatre public de hautparticipant notable 1IMG_9971

 

 

-« C’est fou, dit Germaine à sa voisine, c’est fou ce que cette MARINA ressemble à toutes ces filles déjà rencontrées depuis 99 séquences d’oubliEs,

….ça ne mériterait pas un petit rapport, si , selon vous? »

    Vassiliki, elle, s’interroge :

–« La mémoire des hommes aurait-elle un modèle unique, surtout s’agissant de femmes, et ça formerait l’imbécile modèle de la banalité du désir ? »

   Marina cependant, comme on la connaît indifférente aux interruptions, poursuit : « Pour l’AG d’Air Solide, experte de l’accueil sans avarice, j’ai réceptionné  le plus grand nombre de  membres possible ( on ne sait pourquoi V3 sourit), ça commençait bien : les marques de respect dûes à ces porteurs inconnus d’actions anonymes, sous la forme de luxueuses brochures en grand écran multicolore, s’accompagnaient d’un geste pour chaque arrivant,«  Un petit cadeau de la Compagnie pour votre présence », leur devait-on dire, en présentant un billet doré sous enveloppe transparente.IMG_0051IMG_7626

 

 

 

 

Germaine, en qui la cheminote jamais ne sommeille plus longtemps qu’il en faut à un Train Express Régional pour conclure Paris-Gap  : « Beaucoup de manipulation, s’ils étaient 4000, dans l’amphi , mais on dirait que pour vous la manipulation a droit de cité, 4000 ou pas ? »

    Dès la fin des longs rapports répétés de l’après-midi ( on ne sait toujours pas pourquoi sourit V3), les questions bouleversantes griffaient l’endormissement d’Ydit qui était venu à l’ AG des actifs en curieux passif.

file3 - Copie (2)

 

L’un, pas loin de quatre-vingt onze ans, costume serré cravate molle, s’émeut: « Président, si la Compagnie de l’Air solide est fervente des actions gratuites – n’est ce pas un peu un acte gratuit ( sourires, soupirs, envie de Picon-bière ou de porto-flip), laissez moi finir, gratuit dans la mesure où l’attribution du quantième à la dizaine avec plus fort reste pour les ATS conduit à un calcul fractionné par multiples de dix, de sorte que … »

 

preraphaelite autrejeune fille à sa fenêtreUne autre, dont le rosacé visage impavide et la robe grand flou Paul Poiret marquent les passages coordonnés de la petite main et du grand chirurgien : » Certes, Président, et tous ensemble  ici nous ne saurions que vous en remercier, vous en féliciter, ainsi que toutes les équipes de direction… »

– « Et tous les employés de la Compagnie, à qui je rends ici un grand hommage » interrompt Président

 

 

 –« Bien entendu , et même les ouvriers, d’ailleurs je suggère que nous les applaudissions ( dont acte) , donc nous sommes satisfaits des progrès de la Compagnie, c’est rassurant pour nous modestes ( mais pas si petits tout de même) porteurs d’actions jolies, cependant le rapport moral ( on se demande pourquoi Vassiliki sourit) fait état des échanges avec des pays pratiquant des politiques, enfin, ayant fait des choix de comme ceci et comme cela, ma question, Président, porte donc sur l’éthique de la compagnie, ne soyez pas Jésuite, et je précise que … »

    Plus tard – sa verdeur contrastant sur l’échantillon massivement retraité des diverses présents -un quadragénaire que les autres diraient un peu débraillé, ordre des Arts et Lettres en bandoulière, interpellait :

« Président, la brochure éditée pour cette AG expose parfaitement les avancées Recherches et Développement de la Compagnie de l’Air Solide, en particulier dans le domaine des Faux-Airs à base Alpha, mais on saisit mal la technologie mise en œuvre dans les établissements chinois, si l’on admet que … » Lire la suite →

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