YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode HUIT : C’est mieux pour bavarder tranquilles.

INCIPIT : On aurait pu commencer ainsi :  » Vert émeraude sur bleu nuit PERIPHERIQUE INTERIEUR FLUIDE PERIPHERIQUE EXTERIEUR FLUIDE. »( Olivier Rolin, Tigre de papier, Editions du Seuil « Fictions », 2002)
Mais on a choisi ça :

TEXTE de YDIT, «  Lettre de A. », version B

Septante et plus étant venus, cette sorte de projet amusant et inutile – aller au terme d’une liste pourtant, non fermée –  marque bien ce qu’il reste à faire, maintenant : s’occuper à créer du neuf au creux du vide.

Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, redevenu présent de mémoire après l’oubli de jadis, Marcel Malbée, dit MM, Die Pate…

la première fois qu’il invite le garçon pour une balade inaugurale de la toute nouvelle Renault 4 CV, personne de la famille n’y est encore monté, être le filleul apporte de curieux privilèges. C’est la première fois d’une odeur de mécanique, de siège neuf encombré de soleil, il y a – dans la mémoire des senteurs revenant de Marcel Malbée- d’autres traces : un «  Après-rasage » menthol pas cher- mais l’usage de l’après rasage est un luxe dans la famille-, une vague persistance de talc dans la petite salle de bains- mais l’existence d’une salle de bains est un luxe dans la famille-, l’odeur d’œufs frits au jambon qui rejoint même le lit, mais cela aussi est une première fois brumeuse pour le garçon :  petit déjeuner à l’Anglaise, au lit, déjeuner au lit, à l’Anglaise, chez Marcel Malbée, son lit à lui un peu étroit pour deux, mais le garçon est mince, enserré par le ridicule « cosy » petit-bourgeois ( « cosy »/ « petit-bourgeois » : vocabulaire appris bien plus tard).

Première fois d’un dîner trop riche, aussi, une autre période, un peu après, pendant le court voyage en Forêt Noire offert à son cher petit filleul par Die Pate, on ignore pour quelle occasion- les douze ans ? Treize ? La salle de restaurant moyenne gamme est couverte de lumières trop vives, on ne comprend rien au menu, ça fait fou-rire ( s’il n’y avait eu que les moments à pyjama, aurait-ce été supporté par le gamin ?) la table chargée de choucroutes trop blanches, et « je n’aurais pas dû te servir ce verre de Sylvaner, sans doute, c’était ta première fois de l’alcool, tu es encore jeune pour ça, et voilà pourquoi, dira Die Pate, tu as eu mal au cœur, garçon, et tu  as dû sortir vomir – assez discrètement, merci, je dois dire– sur les bacs à fleurs du jardin« .

De tout ce qui fut la vie ( partielle, rare, régulière, longue dans les rencontres ) en compagnie de Marcel Malbée, dit Le Parrain,  l’enfant ( dix ans ? douze ans ? treize ans ? Il grandit, ça se transforme, ça, va devenir moins attirant? ) conserve des images pour certaines d’une étonnante précision de détails et de gestes -surtout que sa mémoire, d’habitude, construit plutôt des ensembles troubles.

Il peut encore décrire l’après-midi de promenade à deux, après le radin déjeuner dans « La maison Familiale  de Vacances » ( la famille n’avait toujours pas du tout d’argent), et Marcel Malbée qui suggère : «  Tu devrais essayer, tu vas voir, ça fait un peu tourner la tête au début », puis sort un paquet de cigarettes allemandes (ou hollandaises  ?) ERNTE 23, un paquet à dominante orange et lettres rouges (ou vertes ?), et c’était vrai : ça faisait tourner la tête pour la première fois, comme le Sylvaner glacé. Après on a marché main dans la main ( c’était le Parrain, c’était son filleul :  anodin), le  long du ruisseau qui menait à la chapelle ouverte, toujours déserte, oubliée dans le fond du vieux bois. C’est mieux pour bavarder tranquilles, faire ce qu’on a à faire tous les deux. Tranquilles.

Apprendre.

Mais aucun effort, pour long et patient soit-il, jamais, à ce jour, aucun n’a pu reconstituer dans la mémoire ce qui fut LA PREMIERE FOIS de ça, ce jour (ce soir ?) de LA PREMIERE FOIS où l’enfant n’a pas dit NON, n’a pas osé ou su dire NON, n’a pas répondu que, non, il n’avait pas trop chaud du tout, même dans l’appartement surchauffé, près du David de Donatello, et que, donc, non, il n’y avait aucune raison vraie de vraie raison pour commencer à détacher la cordelette du pyjama, puis à glisser le pantalon sur les cuisses, bleu et rouge, le pantalon, comme s’il s’agissait de jambières conservées après le débarras de la cuirasse, ou noir et blanc, le pyjama, taille junior, ou bariolé ( la famille récupérait les dons de la paroisse, des pyjamas usés d’enfants aisés, bien lavés ça va encore ), glissé sur les cuisses jusqu’aux talons, « Parce qu’il fait trop chaud, tu ne trouves pas ? ». Il aurait dû être facile de se lever, de dire : « Non, je rentre à la maison ». Il aurait fallu faire ça. Oui. Partir. Mais non, être ici, déjà, dans le petit deux-pièces rue Dupetit-Thouars, venir là seul un soir signifiait oui.( et au dedans : faisons vite, au moins).

Puis, chez Marcel Malbée, Die Pate, il faisait chaud et bon, parfois on irait au restaurant manger des choucroutes et des fraises chantilly, ici les toilettes n’étaient pas à la turque sur le palier, on n’avait pas froid aux fesses. De toute façon, le pyjama, ni vert émeraude, ni bleu nuit, ni pourpre romaine…Alors, ça peut glisser d’un preste geste des reins, presque tout seul, hop. Arc fin du jeune corps, épaules/talons, en appui, et « Tu peux le retirer tout seul … ».

Bien sûr il peut, YDIT : « Moi tout seul, je le fais glisser, moi tout seul, personne ne l’enlève à ma place, moi tout seul je veux bien« , et c’est déjà dire oui avec les mains. Raconte YDIT. Faut-il le croire?

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Didier JOUAULT, YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode HUIT : C’est mieux pour bavarder tranquilles. A suivre, tranquillement ( on est partis pour longtemps ) de semaine en semaine, ou à peu près. Cette fois, on avait le temps des morts. Reprenons le rythme : chaque mercredi, jusqu’à Noel ? On y va ? Donc, prochain mercredi : 8 novembre, heure du Picon-bière ?(Mais y a plus de Picon-Bière depuis longtemps, mon pauvre, diraient BOB et MORANE)

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YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode SEPT : premières fois que, journée en excursion à Fontainebleau.

INCIPIT 5 : On aurait pu commencer ainsi : « -…je sais, j’ai compris, je n’aurais pas dû… (David DIOP,  » Frères d’âme », (Editions du Seuil 2018)
Mais on a choisi ça :

Note de Mme Frédérique :

Ce feuillet, comme d’autres parfois, laisse à penser- surtout par l’usage des temps-, qu’en matière de rédaction mon ex-directeur, Y.d’I. ne formait pas encore l’image (ou le projet ?) de sa propre disparition, cette «  disparition » encore inexpliquée, mais qui le conduisit par anticipation sans doute à regrouper tous les textes ( Tous ? A vrai dire, je n’en sais rien) dans cette  épaisse enveloppe et cette clé USB qu’il m’a fait parvenir sous le titre «  Lettre de A., Version B » . J’ajoute que les allusions intimes, à chaque fois, produisent en moi une gène certaine, en dépit de ce que lui et moi ensemble avons connu.

Texte de YDIT : « Lettre de A. », version B : PREMIERE FOIS ?

Septante et davantage étant venus, on pourrait se précipiter soudain, exister comme si la hâte était une façon de vivre, se presser de se presser parce qu’on ne le sera bientôt plus. Mais non, non : voici que Septante et davantage étant venus, le temps ne se rétrécit plus à l’attente d’une action proche, espérée ou redoutée. Il se dilate à la dimension infinie, celle de l’absence d’attente.

Sauf exclusivement pour La Chasse au Parrain, à présent. Car voici que si tard- Septante et davantage étant venus- une autre raison de courir est survenue.

Ce qui se passera, pour soi-même désormais (pour l’univers, on ne sait) : heureuses répétitions, plaisants bonheurs, agréables redites, ennuyeuses traverses, détestables faiblesses, l’agréable vie : repas de famille, amitiés autour d’une table, livres découverts, voyages et villages, rivages et visages, maux de corps et d’humeur : les formes et détails changent, mais le fond reste tel qu’en lui-même la répétition le fige. Le floute. Le frippe. Le veloute. Septante et plus étant venus : la vie habillée de velours.

Aussi, on prend son temps de baguenauder dans la mémoire tel un chaland dont le panier déjà serait plein. Ydit ne saurait plus décrire la première image d’un pendu : image d’un pseudo Villon sur la couverture d’un livre de poche ?

Gravure illustrant un édition d’Histoire sur la Guerre de cent ans ? Documentaire ancien sur les conclusions du procès de Nuremberg ? Peut-être même ( hypothèse la pire)  le très ancien film de ce Polonais dont le nom échappe, et qui -sous le corps-, montrait ce que l’abdomen expulse de lui-même à cet instant final et sale ?

Pour l’autre personnage mâle central dans  son récit (on lira que les femmes y ont la part majeure) , Ydit cherche une Première Fois dont Marcel Malbée, dit M.M., Le Parrain, Die Pate serait l’acteur principal. Et il ne parvient à rien. La mémoire se mord les doigts de ne même pas savoir mentir assez. Cependant- on le sait, des livres le racontent- nous avons tous des forêts d’images des « premières fois », bulles aux couleurs aigues de rouge et de vert sur décor d’ombres pâles. L’image- dit-on – s’impose en flétrissure nécessaire sur la chair molle de la mémoire.

Mais non, pas pour celui-là : Marcel Malbée,  dit MM, Le Parrain, Die Pate, semble surgi d’un milieu qui n’aurait pas de début. Nulle « Première Fois ». En tout cas, pour cela qui importe, et qu’il disait en préambule :

« Tu n’as vraiment pas trop chaud, avec ton joli pyjama, YDIT le Didi ? »

En d’autres temps (de vie, de littérature), YDIT aurait ici commencé ce qui a été un sous- genre littéraire : l’affectueuse liste, celle des premières fois, par exemple, d’un livre, ou celle des bouteilles de vin blanc ou des cigarettes consommées/consumées pour écrire ce gros livre sur l’emploi de la vie, ou des poireaux et pommes de terres indispensables à la confection du dîner de Neauphle-le-Château.

Ou encore- la tentation perdure, en forme de tendre mais ironique hommage-, une liste n’indiquant nul message sauf elle -même.  Ainsi : au cours du trajet entre Montparnasse et chez lui, toujours, Ydit s’arrête pour explorer les bacs de livres soldés sur le trottoir de ce magasin spécialisé. Sur la table à lire, le dernier volume acheté comme pour rien : « Encore une journée divine ». Personnage qui monologue en courts extraits, séance après séance, répondant aux questions du psychiatre, ainsi devinées en creux (mais jamais formulées, comme si la réponse importait plus que l’interrogation), dans une chambre de clinique. Le narrateur se prétend psychothérapeute lui-même,  écrivain, porté par un immense succès, bien que ses livres – essais surtout – soient désormais introuvables, et en particulier le plus célèbre : « Changer le monde ».  Avec les histoires d’écrivain, on s’y perd.

Une première étiquette-prix, toute petite, sur la couverture, verte, porte : « 4 euros ». Une seconde, rouge, la recouvre en partie : «  1 euro ».

Marcel Malbée, dit M.M., Le Parrain, Die Pate, qui revient sur scène après une très longue éclipse, on n’a en souvenir de lui que des premières fois de seconde main, étiquette rouge sur étiquette verte : solde de solde d’invendu. Invendable, introuvable en magasin, le souvenir du tout début de Marcel Malbée n’a pas de prix stable-ni connu, d’ailleurs. Se peut-il qu’il soit encore vivant ? Vieux, petite retraite, abandonné, triste, malade : suscitant la compassion des voisins? L’intérêt lointain du Bar-Tabac PMU ? l’assistance d’une aide-sociale? Et cependant, objectif, si on le trouve : l’exterminer, avec précision et lenteur, comme on opère la première fois. Cela est le but. Exterminer ce qu’il reste de Marcel Malbée . BOB et MORANE – Ravageurs Détectives sans age – sont l’arme.

La première fois (on avait dix ans ? douze ans ?) où l’on a pénétré chez lui en poussant le lourd velours qui protégeait l’entrée. Aussitôt, en lumière ( était-ce une ridicule statuette portant un piètre abat-jour ?) :  le David de Donatello, sur un gros meuble sombre, une commode où il rangeait entre autres ses pyjamas, ses slips blancs à poche. Bien plus tard, YDIT sut ce que la mauvaise reproduction, en dimensions mesquines, avait à dire d’entrée, ici, dans le petit appartement de célibataire où nulle image féminine n’existait.

Dans un manuel d’art, le critique note au sujet de ce David : « Le jeune homme s’est libéré du poids de l’armure qui l’entravait, et dont il n’a gardé que les jambières.

Sa ‘nudité héroïque’- concept en vogue à l’époque dans les milieux culturels florentins néoplatoniciens – justifiait l’exposition de cette statue dans un lieu public »… Mais au moins, chez Marcel Malbée, dit M.M. dit Le Parrain, – où rien d’héroïque n’existait – jambières ou pas, nudité débarrassée des entraves ( un pyjama taille junior ) il faisait chaud, et les toilettes n’étaient pas sur le palier, comme à l’appartement de la famille elles étaient. Sur le palier, c’est glacé l’hiver. Die Pate, c’était chaud. On n’aurait pas dû s’y intéresser.

La première fois que, on ignore pour quelle célébration ( la communion solennelle sans doute, car c’était Die Pate ), la famille se retrouve avec Marcel Malbée dit M.M. Le Parrain, Die Pate autour d’une table ensoleillée, bistrot de campagne, journée en excursion à Fontainebleau : il y a des fraises chantilly au dessert, pour eux qui manquent d’argent, nous, la famille, c’est un luxe. Même il y a du sucre en poudre vanillé dans un ramequin de métal brillant et propre : on se croirait chez les riches. Le gamin perçoit aussi que la cuisse de Marcel Malbée, contre la sienne, tous deux en short, porte une chaleur insolite.

Mais c’est Le Parrain. Il y a de la crème chantilly, c’est sucre et vanille, une partie de campagne, du Manet en pyjama bleu et jaune rayé, sur la pelouse, du Renoir en excursion de Belle Epoque. Voila, probablement est-ce ainsi que le garçonnet a pensé dans son ignorance primitive le menu évènement : on n’a qu’à dire qu’on est dans une peinture.

Dans le roman « Encore une journée divine », ( une sortie de campagne à Fontainebleau ?), acheté un euro chez BookShop (étiquette seole 1 à 4 euros), aussitôt après les dernières phrases («  Quoi qu’il en soit, j’ai enfin un exemplaire de  « Changer le monde », depuis que j’en parle ! Donnez moi une minute et je vous le trouve », p.188 ), et quelques notes de détournement,  commence le « catalogue » (en date d’impression : mai 2021) de la collection «  NOTAB/LIA », chez Les éditions Noir sur Blanc.

  1. Dernier voyage à Buenos Aires, Louis-Bernard Robitaille
  2. Trois cercueils blancs, Antonio Ungar
  3. Journal d’un recommencement, Sophie Divry
  4. Lutte des classes, Ascanio Celestini
  5. …

…Surprenantes coïncidences des titres…

Septante et davantage étant venus – on le disait à Cécile (complice en Jardin de Giorgio Bassini,cf. Saison 2)- , entrer dans le long plaisir d’un livre devient  plus rare, car l’exigence a grandi. Aussi, en achetant « Encore une journée divine » ( expression provenue de « Oh les beaux jours » de ce Samuel qui va traverser en filigrane une partie de la « Lettre de A. Version B »), surgit un projet comme on en rêve encore à cet âge ( séduire OUFA de Rabat, Isabelle de Cadet, devenir ami de Michel ou Malik), ces projets n’en sont plus un, ne peuvent plus être des projets, même si toute rencontre hâlée de plaisir est une renonquête sur l’oubli que Septante et davantage sont venus).


Projet, donc : parvenir à réunir l’ensemble des romans de cette  collection parus à la date de publication de «  Encore une journée divine » ( tout comme Gil avait réussi à retrouver les cent premiers numéros du Livre de Poche, avant de n’en garder que les couvertures). Probablement, un bon nombre n’existe plus ailleurs que dans la Réserve de la Bibliothèque Nationale. Fréquenter la Bibliothèque, ne pas bavarder devant le comptoir d’accueil, ne pas sortir boire un café, ne pas entreprendre un échange vain mais joli avec la conservatrice du rayon Tourisme. Lire les 63 romans ( le 64 ème, c’est tout juste fait : « Encore une journée divine »). Ce seraient autant de « Premières Fois » : YDIT n’ a jamais lu aucun des auteurs du catalogue. Belles découvertes ? Pénibles abandons page 47 ?

Pendant ce temps, sur le balcon du voisin, une adolescente à la Maynet gratte sa guitare bavarde comme pour croire à des histoires de trottoir et d’aurevoirs. On peut en rester là. Tranquille. Guitare. Paisible. Liste de romans à lire. Serein. Rencontres à découvrir mieux. On peut. On pourrait. S’installer dans l’immobile silence de l’attente de rien.

Ingénue façon de se préserver, de ne pas s’y mettre, à l’écriture de

La Chasse au Parrain ?

Septante et davantage étant venus, cette sorte de projets amusants et inutiles – comme d’aller au terme d’une liste pourtant non fermée –  marque bien ce qu’il reste à faire, maintenant, c’est-à-dire l’exact contraire : s’occuper de ce creux qui fut creusé jadis par les mots du Parrain. Par ses demandes, ses offrandes, ses voyages et les cordelettes de pyjama. Puis- Tranquille, Paisible, Serein : le dépecer, à mains nues, de préférence.

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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode HUIT : premières fois que, journée en excursion à Fontainebleau. On peut suivre chaque semaine, almost. Sauf cette fois : congés, tout le monde part, nul ne lit. Donc. Prochain épisode : Mercredi 1er novembre, on aura du temps cet après-midi là. Ou bien, la flèche <== en bas servira pour activer le retour en arrière.

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YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode SIX : noué du col au bout de sa branche.

INCIPIT : On aurait pu commencer ainsi : « Cela faisait quelque temps que nous envisagions de reprendre notre échange autour d’un thème paradoxalement peu abordé dans Une autobiographie allemande, la littérature » (Hélène CIXOUS/ Cécile WAJSBROT , « Lettres dans la forêt », L’extrème Contemporain, 2022)
Mais on a choisi ça :

Note (brève pour une fois ) de Madame Frédérique, ex-assistante, dépositaire du paquet envoyé par un ex-patron nouvellement disparu : « Lettre de A. Version B » :

Y.d’I ( je préserverai son anonymat, ceux qui le connaissent le reconnaissent) précisait, sur un post-it rose un peu décollé, dont le texte semble repris dans le corps de « Lettre de A. » : 

« Rien de tel qu’une parodie affectueuse pour commencer. Pour recommencer, après tous ces temps de silence en ligne. BOB et MORANE. Le VIEUX SAMUEL. N’aurait pas été content, The Old Sam, de ce verbiage caqueté. Tant pis. c’est ainsi. »

TEXTE de YDIT , « LETTRE de A » ,version B.

Rien de tel qu’une parodie affectueuse pour commencer. Pour recommencer, après tous ces temps de silence en ligne. BOB et MORANE. Fin de partie, Septante et davantage étant venus. Bob MORANE, de Henri VERNES, lecture des treize ans, année des premiers titres, sans doute aussi l’époque (finissante bientôt? Le gamin grandissait trop ? La puberté peu à peu épaissit les aplats ?) l’époque ou s’achevait ( enfin ! ) le temps de ce DIE PATE, Marcel Malbée, qu’on s’attend à voir surgir, qu’on s’attend à entendre- mais qui diffère sa différence ?  » Je suis content de te voir« , proférait-il chaque dimanche pour le déjeuner famililal. Te voir, et pas que. Bob MORANE et l’Ombre Jaune, image du mal. BOB et MORANE et DIE PATE, image de quoi ? De l’erreur consentie ? Les Détectives – ravages et le Parrain-sauvage qui font trop bon ménage ?l’horreur de l’erreur : n’avoir pas su dire NON ?

Voici que l’on s’engage donc pour quelques dizaines de milliers de mots, cent quatre-vingt mille minimum  dit le compteur, – sans compter les ajouts inutiles et indispensables- et pour beaucoup de jours de travail, d’écriture, de biffures, d’aventures et d’impasses. Comme toujours et partout depuis le Big Bang, il n’est pas possible de partir de rien ou presque rien. Dans le récit -donc dans votre futur-mais aussi dans le passé dont le récit se constitue, errent  encore des figures ( des troupes ? des tropes ?) et des personnages : simples silhouettes ou très omniprésentes héroïnes; fulgurants héros; passagers figurants qui passent en tenue de Rien et qui marchent de concert dans un décor de vide et de silence. C’est ainsi qu’on écrit le passé.

Ceux  qui furent pendant la saison un ( celle des Séquences Publiques d’Oubli) ou pendant la Saison deux (le labyrinthe de Ferrare depuis la tombe de Giorgio Bassani jusque aux yeux  noirs d’une hôtesse : Silvia),  et tous les comparses d’avant – jamais venus au jour – ceux qui ont été  les parallèles de chemins anciens, elles et ils sont tous là, encore :

personnages qui secouent la nuque et les cuisses, tapent du sabot et dans les mains (chantent-ils en cœur ? ) puis regardent vers les nuages velus et la terre ouverte. Ici, prêts. La vie est une réserve de personnages comme on dit réserve sauvage. Et l’AUTRE, noué du col, sauvage dans le silence.

Le récit d’aujourd’hui c’est comme le visage d’un vieil homme dans le miroir d’une ancienne brasserie au temps où l’on fumait : moi, Y.d’I dit YDIT, mêmes traits, même chair et dans la superposition des peaux s’aperçoit la trace multiple des rencontres, les rides d’expression. Tous les anciens passagers de la vie, de toutes ces vies, Septante et plus étant venus, restent là, restent ensemble, même si l’on n’aperçoit plus désormais que les ultimes acteurs. Dans cette (cette fois impudique) mise en scène de moi (Y.d’I.) le plateau qu’on traverse entre Cour et Jardin compte moins que les machinistes en coulisse, les maquilleuses en loge, les spectateurs du balcon, les filles en short qui passent dans la rue, dehors, la rue, dehors, toujours. La mémoire est usée comme une vieille souffleuse de comédie.

Toutes et tous sont là, secouant nuque et cuisses, pour la danse tribale convoquant les Grands Esprits. On les voit qui tapent des pieds, chantent en chœur, puis tournent leurs yeux vers les nuages fertiles d’où tombe l’averse du souvenir. Pas orageuse, pas larmoyante.

Prêtes et prêts ? Prêts et prêtes ! Roman ! Images !

Apprendre, par exemple, pour Hanged James, rigide et pâle dans sa fenêtre, noué du col au bout de sa branche,  savoir ( pas imaginer, non, savoir ) ce que son DIE PATE à lui avait pu imposer à son corps, à ses gestes, à sa faiblesse, à ses yeux, à sa tendresse, souvent ou pas, en douceur ou pas, dans la caresse du lit ou la brutalité de l’escalier, avec bassesse ou malice, avec la bouche ou les mains et quoi de pire, en jouant l’amour peut-être ? SAVOIR pour cet autre, Hanged James (on va le présenter ensuite), à quoi son vieux DIE PATE jouait avec ce jeune corps, en disant seulement la cynique force du sexe sans doute, SAVOIR ce qu’on avait osé imposer à celui-là, James pas encore Hanged,  qui- vingt ans après- n’en pouvant plus d’avoir été cela, et seulement cela, ce corps exploité, ce territoire de silence, cette tanière de conscience victime et coupable, -car lui non plus n’avait pas fui ou dénoncé, n’avait pas su dire « NON » dès le premier geste – lui qui avait fini- douleur et culpabilité- par se pencher si fort au bout de sa branche qu’il en était tombé pendu ? SAVOIR, comment avait été sa terre de détresse?

Alors que, – telle est la stupeur Septante et davantage étant venus- à une autre époque, mais c’est la même au fond, l’époque de la complicité en silence, YDIT, lui, dans la proximité nocive mais jouisseuse de Marcel Malbée dit M. M. dit Der Pate, lisant Bob Morane,  recevait d’identiques demandes, voyait avec les mêmes yeux les mêmes gestes ou presque, devinait que la cordelette du pyjama de gamin serait dénouée par la main du vieux, comme une sale histoire,  parce qu’on a trop chaud, non? Bleu et blanc, rouge et vert, le pyjama (certes pas de lin blanc  ça coûte trop cher, on n’avait pas d’argent, nous, seulement Die Pate, un peu davantage, voiture, couscous chez le Marocain)

« Tu n’as pas trop chaud avec ton joli pyjama, Ydit ? »

Alors que YDIT avait appris avec surprise et connaissait sans étonnement les possibilités de ces deux corps, le corps jeune, le vieux corps, des parcelles de corps plutôt, bien précises, trop précises, ici commence et là cesse vite le corps intéressant, et que selon toute probabilité cela ressemblait aux postures et glissements d’épidermes ou de salives entre James pas encore Hanged et son vieux DIE PATE à lui…

Et pourtant, telle est la stupeur Septante et davantage étant venus, l’un- James – traverse les épisodes parfois joyeux de la vie, sans jamais renoncer au terreau invalidant de la souffrance mémorielle, au point d’être Hanged un petit matin, au bout de la branche, pendu... Et pourtant l’autre -YDIT le Didi-  parcourt la vie comme si la mémoire avait subi l’extinction d’une race : les souvenirs, et caracole dans le bois pour le footing quotidien, et vole en avion vers des villes jolies, ou des amis, pour visiter des musées ou des gens, prononcer des mots en public, partager des bonheurs en intime, regarder les filles en privé.

La différence de James et YDIT, le pendu et le rieur, ( on dirait une fable ), comment la comprendre ? L’injustice, comment l’accepter ? La distance, comment l’effacer ? Pourquoi le sourire crispé au bout de la corde et de la nuit pour l’un, et pour l’autre le chantonnement guilleret des jours sans crépuscule ?

En parler, encore parler de Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, grand amateur de pyjamas pour garçonnets, au point de collectionner les catalogues de « La Redoute » ?

Reste l’explication de ceci trouvée si tôt : l’écriture.

Comme un marais, un désert, une jungle, une caverne, une ruine, une Amazone : de quoi traverser ! Ecrire est ce qui permet de traverser. Aussi : l’écriture comme un balais de chantier poussant les gravats dans le fossé au bout du champ. On nettoie et ça comble.

On recommence, alors ?

On hésite, aussi.

On tente de regarder l’anxiété au creux du ventre, au bout des yeux, dans le pli du sexe, lez zones friables de l’humain, mais rien à faire. Oui, bien entendu,  « ça recommence », d’écrire, et comme c’est inquiétant, sourd, lourd, fuyant. Mais aussi, quelle autre ligne de fuite plus certaine? Quel autre nacelle à hydrogène pour quitter la ville intérieure, alors que l’émeute du vide flambe sur sa propre absence ?

_______________________________________________________________________________________________Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode six : noué du col au bout de sa branche. .

A suivre, chaque semaine, ou presque, pour tant et tant de semaines qu’on a le temps. TROIS ANNEES, un peu commencées. Prochain épisode (on en saura plus sur Le Parrain) : mercredi 18 octobre, temps vespéral.

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YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode CINQ : Lire ceci, sans vous agacer, de préférence.

INCIPIT : On aurait pu commencer ainsi :  » Toutes les images disparaitront .  » ( Annie ERNAUX, « Les Années », Gallimard, 2008)
Mais on a choisi ça :

Note de Mme Frédérique.

« L’assez important volume que représentait, sur mon bureau, la Lettre de A.-Version B., titre inspiré de l’Incipit de «Port Soudan», était formé de textes très différents. Il s’agissait en général de tirages imprimés, parfois de notes encore manuscrites mais où les corrections (préparatoires à l’impression) paraissaient lisibles, d’une sous-enveloppe où se trouvait la clé USB «  Images » : de nombreuses photos en large partie récupérées sur le net, et même de quelques photocopies de passages d’ouvrages,

soigneusement référencés…

Il va de soi que l’ensemble, pas si disparate que mon  ex-patron paraissait l’affirmer, avait fait l’objet d’une préparation : presqu’un ordre de « saisie » pour un opus final, au moins dans sa version 1. Celle qui dit tout.

Seules les photos, peut-être, avaient été rangées par ordre de thèmes ( ou de personnages ) plus que par ordre chronologique. Un petit nombre de tirages papier provenait d’une époque à format carré, Noir et Blanc, bords dentelés.

Après avoir un peu fouillé, j’avais- je l’avoue- été surprise : si les femmes, et les histoires de femmes, foisonnaient, venues du réel ou tirées du virtuel ; si les représentations de « pendu » du Tarot semblaient anormalement nombreuses ; si ( bizarrement ai-je d’abord cru) des extraits de publicités par correspondance, pages pyjamas, et surtout des reproductions d’oeuvres peintes se froissaient au fond du dossier, on ne trouvait aucune photographie de MARCEL MALBEE, nommé M.M., Le Parrain dit Der PATE.

L’ensemble témoignait d’une réelle volonté d’organisation soigneuse, presque méticuleuse, sous un aspect facile, léger en somme. En cela, je retrouvais cet usage de mon ancien directeur, habitué à couvrir son anxiété par une couche  qu’on aurait dit de désinvolture. Souvent, cela lui avait nui auprès des Sérieux.

En tête figurait ceci   « Madame  Frédérique, ne m’en veuillez pas, mais si jamais vous vous engagez dans ce labyrinthe en trompe-l’œil, avec mes encouragements (comme toujours) il faudrait commencer par lire ceci, sans vous agacer, de préférence. »

J’avais donc lu : Citation liminaire ( encore Olivier ROLIN).

« Il y aura je le pressens pas mal de portraits de jeunes filles, jeunes femmes, beautés entrevues, touchantes, dans ce livre qui commence (j’ai bien l’air de commencer). Dois-je m’en excuser ? C’est ainsi : rien, dans le chatoiement immense du monde, ne m’a plus ému, rien, même pas la beauté de l’art, de certains tableaux, certaines pièces musicales que j’ai goûtées et écoute sempiternellement cependant que j’écris  (…) Entreprenant de relever quelques-unes des traces que le monde a déposées sur moi, qui m’ont dessiné, raturé, surchargé comme un palimpseste, je ne vois pas de raison de ne pas célébrer celles qu’y ont laissées, à leur  insu la plupart du temps, ces figures féminines qui furent un moment pour moi l’image de la beauté et de la joie.(…) la légèreté de ce qui vous ravit en passant puis que le vent ( le temps) emporte… certaines, je ne les ai même jamais vues ».

(Olivier ROLIN «  Extérieur au monde », page 22-23, toutes les citations proviennent de l’édition Folio de 2019) , signalait le dossier. Par la suite je me dispenserai  de redonner la source.)

Un deuxième feuillet d’imprimante-maison, en tirage vert clair,  présentait ceci :

…………………………………………BOB et MORANE :…….

« -Bonjour, dit BOB

-Bonjour, dit MORANE

– Tu crois qu’on peut commencer comme ça ? dit Morane après un temps (c’est une hésitante sans détente)

– Si on était dans un « roman« , on pourrait, dit Bob, sortant de sa tente et sans attente, toujours pressé de passer. Pas de parler. (C’est un mutique sans toc.)

– Mais, on n’est pas ? interroge Bob

– On n’est pas ! confirme Morane.

– Dans quoi on est, alors ?

-Ah, ça, on est dans la …

-La .. ? ici ? On est ?

-Pour sûr ! On y est ! »

MORANE et BOB ( détectives secrets et suspects, dectectives -ravages, engagés sur recommendation de FRED, ils mettront en oeuvre , dans de nombreux épisodes, leur talent de camouflage, voire de camouflet): ………………………………………………………….

Y.d’I ( je préserverai son anonymat, ceux qui le connaissent le reconnaissent) précisait :  « Rien de tel qu’une parodie affectueuse pour commencer. Pour recommencer, après tous ces temps de silence en ligne. »

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Didier JOUAULT, pour « YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, épisode CINQ : Lire ceci, sans vous agacer, de préférence. A suivre, une fois par semaine, plus ou moins- on verra ! Le prochain ( douloureux, initial) : « Noué du Col » est programmé ( quoi qu’il arrive ! )le mercredi 10 octobre. Désormais, sauf exception : chaque mercredi après- midi. Entre 14 et 17 heures. C’est ainsi

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YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, Episode QUATRE  : « Il avait obtenu que je le rejoigne»

INCIPIT : On aurait pu commencer ainsi :  » C’était la fin du mois de septembre. » ( DOA, « Ligne de sang » , Gallilmard, Folio Policier, 2010)

Note de Madame Frédérique :

La ville dont je fréquentais quotidiennement la Tour n’avait connu sa lèpre que sur les murs des bidonvilles. Mais l’infinie arrogance voisine des immeubles luxueux de « La Défense »-bureaux et sociétés au Nord-ouest parisien- avait introduit la droite verticalité du pouvoir, effaçant le grouillement indistinct et horizontal des bidonvilles.

Nanterre, années 90. J’y étais le chef de cabinet ( on n’écrivait pas encore cheffe) d’un haut fonctionnaire débutant, vers l’un des étages élevés. Sans doute avais-je plus de dix ans de moins que lui ( drôle de formule qui lui aurait déplu ), mais il me trouvait « efficace », et je l’estimais rigolo- dans la mesure du possible. Lorsqu’il sortait de son bureau pour me parler, affaire de service, je veillais à ne pas exposer mon décolleté – comme on disait à l’époque :

Mais YDIT veillait avec soin à ne pas regarder. Il n’usait pas de mon prénom, à l’inverse des autres, partout, qui osent la différence du comte et du valet.

Lui s’adressait à moi par « Madame ».

Je lui avais dit, dans les débuts, « Monsieur, vous pourriez m’appeler Frédérique ». Il avait répondu, souriant : « Et m’appellerez vous Y. ? ». J’avais évidemment dit non : dans nos milieux, à ce niveau, cela ne se faisait pas.  Et lui «  Alors, je resterai sur ‘Madame’ ».

Nous étions parmi les plus jeunes de la Tour, un peu éloignés des signes extérieurs de respect et des coutumes compassées par lesquelles les habitants des étages supérieurs semblaient tenir à manifester leur pouvoir – que nous estimions illusoire. L’avenir l’a prouvé ( drôle d’usage des temps).

Ensuite, nous avons été séparés par les mouvements assez désordonnés des fonctionnaires soumis à « la mobilité obligatoire ». Je voyais son nom, résumé par ses Initiales Y . D’I. , dans les pages du Journal Officiel, jours des nomination dites «  mesures individuelles ».

Puis, à deux reprises- nous avons de nouveau travaillé ensemble, en particulier quand, choisi par un ministre pour intégrer son « équipe rapprochée » ( qu’aurait été une équipe reprochée?..), il avait obtenu que je le rejoigne, comme assistante personnelle. Pendant cette période là aussi – courte car décevante (mais il aurait dû s’en douter), – nous avons beaucoup œuvré dans un mélange de proximité complice, d’humour sans humeur, de dévouement et de dérision. Parfois, quand il quittait le bureau très tard, mal nourri par le plateau-repas qu’apportait un jeune huissier ( qu’il avait réussi là encore à faire nommer près de lui ensuite, il aimait le sentiment de proximité), Y.d’I. laissait un message, au sujet de telle entrevue du soir : « Madame Frédérique, vous devriez raconter cela, un jour ». L’huissier le déposait sur mon bureau en débarrassant...

Il pensait en effet que j’entretenais avec la narration un lien d’écrivain masqué. Une sorte de double vie. La narration comme amoureux caché dans le placard. Mais nous n’avions pas le temps de visiter les placards.

Lorsqu’il est parti à la retraite, carrière proprement accomplie, j’étais en poste à Dakar (j’avais aussi parcouru mon propre chemin). L’Ambassadeur n’avait pas hésité à me permettre un bref voyage pour célébrer, avec peu d’autres- la cessation d’activités. Y.d’I. (mais tout le monde dans le métier le nommait YDIT). YDIT, de plus en plus éloigné d’un respect des traditions, avait organisé une sorte de séquence mémoire qui traversait plusieurs des lieux où nous nous étions, les participants et lui, croisés. Il n’avait pas invité le ministre, mais le jeune huissier – oui, certes en moins jeune. Le jeu de piste avait duré 48 heures, y compris la nuit dans un manoir de la Sarthe- glacial, pénombreux, chambres à quatre ou six lits, presque un gite de randonneurs. Mais l’inévitable cheminée pleine à craquer des ormes voisins. Et la prévisible fumée d’une biche traversant la lisière. Il aimait les mots comme Lisière, Fumée : les mots de l’incertitude.

Nous servant un whisky de choix ( il ne cachait ni  ses goûts, ni ses excès)- il m’avait répété : « Chère Frédérique, vous devriez raconter cela, un jour » .

Mais je n’avais jamais eu ni le loisir ni le désir, et d’ailleurs YDIT même, souvent, avait pillé mon temps. Puis, certes, nous avions souvent ri et souri, parfois ensemble veillé tard, mais la légion d’honneur avait été pour lui – et pour moi une mince médaille du travail. Pour lui une opulente prime, pour moi des babioles.

Et, le livre d’Olivier Rolin, ré-ouvert au hasard d’un carton voyageur :

« C’est à Port-Soudan que j’appris sa mort. Les hasards de la poste dans ces pays firent que la nouvelle m’en parvint assez longtemps après que mon ami eut cessé de vivre. Un fonctionnaire déguenillé, défiguré par la lèpre, porteur d’un gros révolver noir dont l’étui était noué à le ceinture par une lanière de fouet en buffle tressé, me remit le lettre vers la fin du jour. » O.ROLIN, ibid)

La lettre -on s’en doute- formait en réalité une volumineuse suite de paquets. S’y trouvait, un peu en fatras, de nombreux textes, documents, extraits. « Voilà de quoi vous y mettre tout de même, Madame, depuis le temps que je vous le demande ! ». Je voyais son visage amusé contredisant l’aspect faussement rugueux de la consigne.

Du bidonville de Nanterre à la Tour du Pin, où il avait vécu la fin de sa vie, les écrits formaient comme une galerie en plein vent de photographies ( grilles d’un palais, murs d’un musée), un récit lacunaire et discontinu, que j’estimais au fond – à dire vrai- plutôt dénué d’intérêt. Mais, de 1950 à 2020 – l’année où il atteignait «  Septante et davantage », se dessinaient peu à peu les grandes lignes d’une narration, les formes floues d’une histoire : non seulement celle d’un homme ( à quoi bon ? Il y en a tant et qui tant se ressemblent ! ), mais autant celle d’une  société, de personnages dans une société, la nôtre. Fumées, lisières.

Et bien sûr moi aussi j’étais dedans. On voyait aussi – avec une régularité quasi maladive- un autre qu’il nommerait toujours en se demandant « pourquoi lui et pas moi » : Hanged James.

« Madame Frédérique, vous devriez raconter cela, un jour ».

En effet, il était temps de s’y mettre. Il y avait longtemps qu’il ne m’appelait plus «  Madame », en réalité, nous avions fini par trop nous apprendre intimement… Considérons  alors que ce récit en train de commencer peut devenir une autre version de l’enquête menée par celui de « Port-Soudan », le héros parti à la recherche d’une explication de l’absence, d’une interprétation du silence, une enquête menée par un double, un lien, un chien, le lien : le sien.

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Didier JOUAULT, pour « YDIT-BLOG, nouvelle saison, saison 4, épisode QUATRE « Il avait obtenu que je le rejoigne», A suivre…chaque semaine ou plus, ou moins. pendant trois ans … Patience ? Prochaine fois : JEUDI 5 OCTOBRE, heure habituelle .

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YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison 4 Episode TROIS : Le retour du narratif intempestif, un temps festif.

Note de Madame Frédérique :

Depuis quelques années, dans le sud,  Y.d’I dit Ydit  occupait les soirées, en hiver, en rédigeant une sorte de feuilleton publié sous la forme d’une espèce de blog – même s’il détestait ce mot, archaïque. Dans une première série (commencée comme si elle ne devait jamais s’interrompre) se succédaient à rythme assez régulier des «  vignettes » collées sur les pages de sa mémoire : scènes de la vie, du métier, des amours et des oublis de vivre. Par ironie, l’objectif avait été d’un prétendu effacement de  mauvais souvenirs,  en les racontant. Echec certain. Il aurait dû le prévoir.

Il m’avait écrit : « Madame Frédérique, vous vous êtes amusée à ma dernière «  SPO », tout en l’estimant un peu hermétique, et, je vous le confirme : faire court et dense, puis investiguer, à la poursuite d’images si possible discordantes, posant la ligne d’humour, dépense une belle part de mon temps- mais je n’en manque plus. »

Ensuite, parce que je l’avais interrogé sur l’interruption assez brutale après deux ans et demi de parutions, il m’avait répondu, par un long texto :  l’obligation à lui par lui-même imposée, publication régulière, ton de préférence badin, touche d’humour( ?) , avait fini par lui peser.

Le plaisir devenait devoir. Il s’ennuyait de

se contraindre.

Il préférait marcher à la lisière des bosquets du Perche où il louait de successives petites maisons : fonctionnaire déguisé (mal) en mini-bourgeois local. Il ne désirait pas qu’on choisît pour lui le rythme de ses parcours.

Après la longue période consacrée à rédiger son roman «  Le jardin de Giorgio Bassani », puis à l’attente des réponses toutes négatives d’éditeurs tous enthousiastes, encore différées par le renfermement général du «  confinement »,…

…il avait engagé une deuxième série de publications, découpé le récit, inventé ou retrouvé des images, là encore souvent distanciées du texte, avec une volonté d’humour et cette propension à l’érotisme quasi adolescent que je ne lui avais jamais connue- mais notre relation épisodique de travail n’y prêtait guère, même lorsque nos veillées au cabinet du ministre façonnaient un semblant d’intimité gaie et fugace.

(« Coupez vos phrases, Madame Frédérique » – aurait-il dit en me lisant aujourd’hui.)

Je me souviens qu’il avait  éprouvé une vraie difficulté à en terminer avec la publication, il aimait le récit, le décor (FERRARA), les personnages dont l’énigmatique logeuse Silvia,– Silvia, on pouvait douter de sa réalité, non de son existence- ni des mensonges ni de l’Histoire des Juifs de FERRARE.   Comme s’il eût été un écrivain véritable, ce à quoi il ne prétendait évidemment pas, YDIT avait regretté  la brusque et virulente solitude qu’apporte le mot « FIN ».

Si violent, disait il.

Dans la vie ou les romans, on hésite à ça : « FIN ».

Cependant, il faut.

Surtout Septante et davantage étant venus.

Septante et plus, c’est tard, déjà.

Quelques mois plus tard, une «  Saison 3 » -intitulée « saison » par dérision parce qu’il s’avouait friand de « séries ARTE ou NETFLIX », avait commencé difficilement, s’était continuée dans l’insatisfait, puis s’interrompait abruptement sous le flux ( relatif au nombre total de lecteurs : à peine plus de 3000 tous sites et réseaux  confondus) de messages négatifs : on n’y comprenait rien, à ce nouveau blog, c’était mal écrit, les habituelles images perdaient tout sens réduites à elles-mêmes, ça partait dans toutes les directions mais aucun sens.

Des filles en photo et en marge, s’il y a du texte au coeur, passe encore, mais sinon ça commençait à signer monomaniaque.

Je partageais ce mécontentement, plutôt cette déception. Si le  texte ne portait plus assez, les images dès lors se voyaient trop : dérision, détournements, décalages, montages arrogants, filles à moitié nues ( et souvent davantage) … . YDIT aurait détesté ce genre de commentaire, « retours du fonds puritain ». Mais…

Sans doute n’avais-je même pas regretté que ne parviennent plus, dans mes «  notifications », les publications régulières de mon ex-patron. Et je ne garde pas le souvenir d’avoir perçu un « manque » : l’affaissement  progressif du plaisir de lire. Vite- comme souvent- l’épuisement des  » signaux » provoquait l’éloignement de l’homme.

Ensuite -combien de temps plus tard ? Un an ou trois ? – était parvenu l’envoi dit  » Lettre de A, version B « , l’objet de mon travail, l’envoi qui va nous relier -vous et moi- pour des mois, au moins trente-six mois : j’avais reçu un épais volume de papiers, d’enveloppes, de collages,  presqu’un carton d’étudiant déménageur, accompagné de clés USB à forte capacité, peu utilisées, le dépôt appelé ici

« Lettre de A., Version B ».

« Lettre de A. » – même s’il modulait «  version B. », le fatras semblait-il désorganisé portait tout de même le principal message : une disparition.

Impossible, aussi, d’échapper au devoir de faire-part.

Et nous voici ici sans soucis, vous et moi, pour des mois et des moi d’émoi (?).

Monsieur Y.d’I., dit YDIT, le Didi, pas sûr que je vous remercie du poids.

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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, saison 4 Episode TROIS : Le retour du narratif intempestif, un temps festif. A suivre, chaque semaine, ou plus ou moins…Prochain épisode : Lire ceci sans vous agacer, DIMANCHE 30 SEPTEMBRE , vers l’heure de Vêpres, coca light, thé lapsang, gin tonic ? Parfois le dimanche, mais ce sera surtout le mercredi.

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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode DEUX : Dans la tour à NANTERRE, « Lettre de A, version B ».

INCIPIT 1 : On aurait pu commencer ainsi : « Quand Pierre-Alain, mon père, épousa Marie-Jeanne Le Goff, il n’avait qu’une lieue à parcourir pour passer de la ferme de Kerveillant, en Plozévet, au bourg de Pouldreuzic où il allait vivre désormais avec sa femme. »( Pierre Jakez HELIAS, « Le Cheval d’Orgueil », Plon, 1975).

Mais on a choisi ça :

Note de Madame Frédérique : Post-it jaune sur la couverture

du paquet adressé chez moi au nom de « Madame Frédérique », parmi sept autres :

« Radio de nuit, courriels du matin, livres du midi, amis du soir : une atmosphère à écouter du Baschung à plein tube, un verre de MacAllan dans la main, voila ce qui a lieu cent ans après 1922, et qui n’était pas si mal, quatre ans après 1918, 1922, et qui surprend un peu, Septante et plus étant venus, et qu’on regarde les étalages des libraires, les vitrines des réfugiés, les archives des boucheries, les innombrables copies de Vénus, -et celle du Titien qui est le premier nu peint et montré – parfois – sans prétexte mythologique. 

On ne peut pas montrer du doigt  » l’Origine du Monde » sans se le mettre dans l’oeil, écrivait LACAN.

Puis commence le TEXTE de la «  LETTRE d’A », Version B, reçue  de mon ex-patron :

TEXTE de YDIT : Alors ça pourrait commencer ainsi :  sur l’écran noir et blanc dans un cadre serré on verrait d’abord un bidonville, à Nanterre par exemple,   avec tout ce que cela signifie un bidonville en terme de misère,  en terme de désordre par rapport à l’imaginaire de la ville, en termes d’absences de la simple humanité de douleur et d’abandon, en absence d’espérance, en termes de  solidarité. Cent ans plus tard que 1922. C’est l’image d’un chaos. Et puis la caméra se déplacerait :   un zoom  dans le temps nous montre une presque ville construite avec des matériaux puissants et riches, du béton armé, peut-être aussi des pierres bien taillées par des compagnons habiles, avec probablement le recours à des équipements  très complexes, des  machines luxueuses, et de coûteux experts en organisation des travaux. Là où le bidonville stagnait dans l’horizontalité d’hommes solitaires, la ville s’est bâtie dans la verticalité d’une entreprise qui veut aller toujours plus haut. En pleine mutation  de main  non pas de compagnon, mais de main de Maître. Si l’on regarde avec le regard de Godard, on observe sur l’écran, cette fois  en couleur, une superbe  TOUR de beaucoup de mètres et autant d’étages. C’est l’Administration qui habite là, c’est le Préfet tout en haut, c’est là que s’exerce le contrôle de l’Etat.

C’est ici que Ydit a commencé le plus long de ses travaux.

La tour de contrôle.

La tour qui contrôle encore quoi ?

La tour de contrôle.

La tour qui contrôle encore qui ?

La Tour qui contrôle les imaginaires, les mémoires, les récits ?

Cette tour,  solitaire et arrogante, est-ce la tour infernale,  est-ce  la tour de Nesles, expérience parfaite de l’adaptation progressive du savoir théorique des architectes à la mobilité imprévue de la matière  du sol ? Est-ce que ce sont les Twin Towers détruites par la ferveur d’un fanatisme, ou l’image sombre d’un tour de Babel  conduisant à la disparition de l’unité des hommes entre eux ? (image André Maynet )

Mais dans le temps qui me reste, YDIT,  moi,   désormais Septante et plus étant venus,  je voudrais aussi répondre à cette lettre à peine ouverte, celle de Rolin(**), que je cite, puisque – pour l’instant- nous en sommes à peine à l’Incipit. Le parcours sera long. Traversé de visiteurs en rondeurs. Enluminé de peintures étranges (*). Près de cent-quarante épisodes, trois ans. Parcours.

Mais éclairé aussi (me mettrait-il en garde) par ce compagnon ignorant même qu’il m’accompagne. Ou que j’existe à part.

«  C’est à Port-Soudan que j’appris la mort de A. Les hasards de la poste dans ces pays firent que la nouvelle m’en parvint assez longtemps après que mon ami eut cessé de vivre. Un fonctionnaire déguenillé, défiguré par la lèpre, porteur d’un gros revolver noir dont l’étui était noué à la ceinture par une lanière de fouet en buffle tressé, me remit la lettre vers la fin du jour. Son visage sans lèvres, aux oreilles en crête de coq, était un perpétuel ricanement. On eût dit son corps sculpté dans le bois sardonique d’une danse macabre. Comme presque tous ceux qui survivaient dans la ville, son office principal était d’ailleurs le racket et l’assassinat. Comment s’était il procuré le pli, je l’ignore. Peut-être l’avait-il volé à la Mort elle-même. » (Olivier Rolin, « Port-Soudan »)

Après cela, ces mots d’écrivain, hésiter le jet d’écrire s’explique. Aussi : longues attentes, tentatives, surprises, interruptions, révisions. Puis- tout de même-, car Septante et davantage étant venus on se met à compter, YDIT se reprend à conter. On s’y met.

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Didier JOUAULT, pour « YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode DEUX, Dans la Tour le lettre de A. A suivre dans une semaine environ : épisode TROIS « Retour du narratif » (rien de moins?), le LUNDI 25 SEPTEMBRE, après-midi, avant le whisky de 18 heures.

(*) Peinture : ici – et cela sera souvent le cas, il en est d’accord – une des jeunes femmes d’André Maynet, prolifique et très délicat- si on regarde bien – auteur de dessins entre autres publiés sur Facebook

(**) Non sans surprise, la photo d’Olivier Rolin en  » Stop » comporte deux L. Une suffit pour les envols un peu boiteux, tels celui-ci.

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YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode UN : Sept post-it, « Septante et davantage étant venus « .

«  Un jour, j’y retournerai, à cheval sur un balai s’il le faut. »

( Nicolas BOUVIER, «  L’Usage du Monde », René Julliard, 1964)

Note de Madame Frédérique :

Il y a quelques années déjà, chaque jour je fréquentais la Tour. Dans un tiroir, sans doute, pourrait-on trouver le Passe à peine magnétique permettant l’accès. Mais je suppose que le femme de ménage a jeté tout cela quand j’ai décidé de déménager, vers le sud. A présent, je suis une vieille femme et – conforme aux images- mon désir est de me blottir dans les couvertures du soleil. Celles des générations venues ensuite sont moins frileuses. Mais on ne va pas nous changer. Surtout que nous sommes passées : toutes et ceux, ici, qu’on verra peu à peu surgir de mémoires gaies et fatiguées : FRED, TYNE, BOB et MORANE, La Vénus d’Urbin, la Liseuse de Vermeer, Gédéon, d’autres…Evidemment GAROUSTE.

TEXTES DE YDIT, LETTRE de A.

  1. Avant de commencer à écrire ou songer à publier quoi que ce soit en écriture, attendre la fin de 2022 : on n’oserait pas, 2022 et 1922, (comme cent ans de solitude) car si Victor Margueritte sort l’oubliable « Garçonne » ou Colette « La maison de Claudine » (deux propositions après tout utiles pour les femmes ?), si  Roger Martin du Gard délivre le premier tome de «  Les Thibault » et François Mauriac « Le baiser au lépreux » ( qui d’entre nous lit encore ces deux-là ?),  le plus émouvant est  que le 2 février le  « Ulysse » de Joyce est publié par Sylvia Beach, que  T.S. Eliot donne « The Waste Land », et surtout que Virginia Woolf édite « Jacob’s  Room », quelques semaines avant de rencontrer Vita Sackville-West.
  2. Bien sûr, il y avait aussi « Charmes » de Valéry, en 1922 , et même un peu de  Proust. Ecrire après cela ? (mais on a bien continué à rêver le monde après la Shoah ?)
  3. La Marguerite- l’immense, elle, pour de vrai, bien que jamais Nobel, immense car vivant au creuxmême de sa fêlure, vendue par sa mère au Chinois, entre deux crabes, deux ruines, et ensuite toute sa vie pour s’en sortir, devant écrire – surtout pendant ces années où trente pages entre quatre litres c’était déjà trop pour un de ses  livres-poèmes – et boire et filmer La Pute de la côte normande croisant L’Homme assis dans le couloir-marcher pour échapper à la scène, L’homme atlantique debout face à La maladie de la mort, avec la profusion bouleversante des reprises, puits ( note de Madame Frédérique : la graphie , hâtive, nerveuse, est amphigourique : puits? points? ) de vue, en gros plans, mais toujours le même Chinois dans Calcutta désert, au volant du Camion, et donc : 2022 /1922. Comment oserait-on se permettre ? Attendre fin 2022 pour toucher le clavier.
  4. Septante et plus étant venus, ( j’aime cette formule ) on ne compte plus compter la suite. Ni sur la suite. On devrait ne plus porter intérêt aux déjeuners sur l’herbe, aux livres critiques, aux femmes qui se laissent voir, aux rêves et -surtout pas non plus à ceux des souvenirs qui ne seront jamais porteurs d’un quelque-chose de neuf. « A Septante et plus, disent les imbéciles, on risque l’impatience. » Mais non : faute d’attendre, on a du temps. Tout le temps.
  5. 1922/2022, scène de rue ( jardin du Luxembourg, Paris) : L’enfant vient de tomber, il chouine au sol, hésite à se relever. La grand-mère en arrière-plan ( figure de « La Mémoire » souvent nommée ici) a été retenue par un geste de sa fille, la trentaine parisienne, qui se penche et demande – très calme : « Voyons, Baptiste, dis-moi, où as-tu vraiment mal, à ton égo ou à ton genou ? ». Ulysse, quel est ton mal ? Récit quel est ton mal ?
  6. Radio de nuit, courriels du matin, livres du midi, amis du soir : une atmosphère à écouter du Baschung à pleines oreilles, un verre de MacAllan dans la main, voilà ce qui a lieu cent ans après 1922, et qui n’était pas si mal, quatre ans après 1918, 1922, et qui surprend un peu, Septante et plus étant venus,1922, tout cela et si peu cependant tous ces ans plus tard, et qu’on regarde les étalages des libraires, les vitrines des réfugiés, les archives des boucheries. 2022, cent ans d’éparpillements, cent ans d’hébétude ? Tout ça pour ça ? ECRIRE, cependant ? ECRIRE : urgence.
  7. 1922 : Joyce, Wolf, Elliot, Proust. « On ne peut pas toujours s’empêcher (dit Lacan) sans pécher ». Voila une bonne piste d’enquête pour les Détectives- Ravages, BOB et MORANE. Avec ces noms, avec ces titres, rien d’autre possible qu’une immense modestie, toutefois.
  8. DETECTIVES-RAVAGES : en scène !

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  • Didier JOUAULT, pour « YDIT- BLOG, nouvelle saison, saison 4 , épisode UN : Sept post-it, Septante et plus étant venus ». A suivre, approximativement chaque semaine, pendant trois ans. Prochain post : Dans la tour à Nanterre: MARDI 19 septembre, après-midi, sortez le thé.
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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 1. Jour J. moins 1 : ici le Y.d’I, dit de ceci, YDIT…

INCIPIT 1 : On aurait pu commencer ainsi :  » OUAGADOUGOU, 2016. Avec Hervé vous partez de l’aéroport de Newark le 12 janvier. »( Nancy HOUSTON, « Arbre de l’oubli« , Actes Sud, 2021).
Mais on a choisi ça :

Chaque semaine, trois ans, tout ici est prêt, chaque épisode, programmé en août 2023, mal étalonné :

(long, court, discursif, narratif, noir, couleurs, sinistre, amusé, distant, ému, menteur, intime, trop d’images et pas assez... ).

Tant pis, mal étalonné, maintenant ainsi est-ce prévu. On raconte : le Parrain, la vie, la Chasse. De plus, il n’y avait plus d’argent, la famille, années Soixante, on nomme cela pauvreté, ce qui ne ressemble pas du tout à la misère, parce que la misère empêche de vivre, alors que la pauvreté, seulement, limite la possibilité d’exister- surtout aux yeux des autres. Mais pas, ensuite, de se souvenir de chasser. Avant, peut-être, on avait cru pouvoir « figurer » sur les photos de la paroisse . Années Soixante, les enfances de YDIT, non : plus d’argent.

Chaque semaine, trois ans, ici-même, sauf quelques semaines de congés sans solde, jours fériés aussi, et il ne sera procédé à nulle modification, pas de reprise des articles une fois essayés, pour des raisons d’hygiène, soldé c’est soldé, on n’échange pas les articles intimes, ne soyez pas surpris.e des discordances probables avec votre propre temps qui passe, le temps à vous, ou le cours du monde, le temps à tous : le programmateur, Yd’I. dit YDIT, le dit de Didi, son temps à lui entièrement ignorait tout de cela qui vous arrive.. Et même ( vous, vous le savez), YDIT oubliait qu’un train peut en cacher un autre. Il en va ainsi pour les images de ce Roman-Images : cherchées, choisies, programmées, (images dessinées, montages) travaillées en détail avec Rose AUBERT (merci ! ) ou Sandrine, ou le plus souvent par Ydit seul même… Images : fausses cohérences, discordances, intimités, nudités ( déjà dit). Pièges. Mais pas toujours posés pour qui on croit, les pièges. Images pour détourer le sens .

Déjà dit aussi : « Oh, ça me fait plaisir de te voir, » annonçait toujours Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, lorsqu’il arrivait à la maison, le dimanche, pour déjeuner, en famille avec Mamie qui ne disait rien, avec Père et son verre, aussi Frère et Les garçons, avec Mère et la petite boite en bois. Hélas.

En bas du texte, chaque semaine ou presque,

des flèches permettent de revenir en arrière ou d’anticiper, rien de plus facile. Des bas de page peuvent éclairer la suite du souterrain. Ce que vous en faites, ça VOUS regarde.

YDIT, quant à lui, vient de cliquer une dernière fois sur la touche « envoi », en août 2023, épisodes à venir programmés, plus de cent-trente, ouf, pour lui c’est fini ainsi, le dit de ici YDIT, terminée « La chasse au Parrain ». Pas trop tôt. Pour lui, achevée. Enfin. Repos. Commençait à traîner un peu, l’écriture douze fois reprise, le dialogue sur images. Lui descend ici. Terminé. Septante et davantage étant venus. Repos ! Pouvez fumer. Oui mon capitaine.

Le 13 septembre, au choix : Marathon 13 septembre 490 avant notre ère? Marignan, bataille le 13 septembre 1515 ? Montaigne, mort le 13 septembre 1592 ?

Plutôt : M.M. , le héros en fuite, années soixante à quatre vingt dix…

Pour vous, maintenant, ça peut commencer.

Ni « Mentir vrai » ni « Auto-fiction » : plus simplement, Roman-Images.

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Didier Jouault pour : YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 1. Jour J. moins 1 : ici le dit de ceci, YDIT. FIN de l’AVANT-DIRE . ATTENTION PREMIER EPISODE : MERCREDI 13 SEPTEMBRE après-midi. Dans les débuts, si on rate, tout devient opaque, incompréhensible. ( ET pas seulement les débuts ? Se demanderait la mutine FRED, on la connaître bientôt). Donc soyez là.Si vous pouvez. Ou bien revenez en Replay avec la flèche en bas (<==). Sinon, ça devrait aller. On verra ? Vous verrez ? A mercredi !

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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 2 / Jour J. moins 2 : rue Dupetit-Thouars, près du square du Temple à Paris.

A personne on ne raconte rien, sauf la Chasse ouverte, au Parrain. A personne on n’expose rien, sauf l’image de Hanged James.

A personne on ne reproche rien, sauf à YDIT, qui ne disait pas non, et à la statuette du David de Donatello, dans l’antichambre de Marcel Malbée, sitôt poussé le lourd rideau en velours rouge,

Rue Dupetit-Thouars, au 12, à côté de la Librairie-Editeur ( qui n’existait pas, début années Soixante) près du square du Temple, Paris, quartier République, début années Soixante et quelques : c’est l’époque du coeur, de l’origine. Les détectives pas sages, BOB et MORANE sont en chasse de l’histoire. Celle-là : Marcel, Dupetit-Thouars. Topographies de la mémoire. Rues et rides. Vont-ils trouver ?

Et non plus à cette Madame Frédérique, dépositaire ( prétend-elle) du manuscrit d’origine, « Lettre de A., Version B« , un fatras confus de textes à elle remis, elle qui les poste peu à peu, méthodique et minutieuse, piqures hebdomadaires de roman-images, remède ou pas, piqures, pendant trois ans, un bail. 45 post par an, à peu près , de J-7 à J+ 131, plus ou moins.

« Oh, ça me fait plaisir de te voir, » disait toujours Marcel Malbée, dit M.M., dit aussi Le Parrain, lorsqu’il arrivait à la maison, le dimanche, pour déjeuner en famille, avec Mamie qui ne disait rien, avec Père et son verre, aussi Frère et Les garçons, avec Mère et la petite boite en bois (Episodes en 2025). Hélas.

Tout ce beau monde longtemps bien propre sur l’image, vers 1950, avant les immenses décrépitudes de la pauvreté.

On a donc le temps. On ne doit rien. Libre de batifoler sur la scène de la page. On ne doit rien. A personne. On a le temps. BOB et MORANE, les Détectives-Ravages peuvent courir l’enquête, on ne leur doit rien. Arpenteurs du vent et des absences, qu’ils arpentent. On ne les blâme pas.

Ni, encore moins, à Olivier Rolin, au contraire, on ne reproche rien : trop tard.

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Didier Jouault, pour : YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 2 / Jour J. moins 2 : rue Dupetit-Thouars, près du square du Temple à Paris. A suivre – on s’habitue -, l’épisode Jour J. moins 1, programmé le dimanche 10 septembre. Dimanche ? Un épisode ? On ne peut pas dire que ça traine. Ni qu’on chome. Même pas le dimanche ! De quoi se plaindrait-on ?

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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 3 / Jour J. moins 3 : le feu rouge qui passe au vert.

Chaque semaine ou presque : le roman-images expose et parcourt l’accès illimité à l’intime devenu récit, et parfois détourne le regard par l’exposition d’une nudité limitée à sa propre peau, sa propre peur.

Attention : piège.

Si l’on n’y prend garde, maintenant, des rivières de silence coulent dans un fleuve d’ennui.

Contre ça : Roman-Images. Ni « Mentir vrai » ni « Auto-fiction » : plus simplement, Roman-Images, à l’écoute du bruissement que font les barricades intérieures quand la Mémoire monte à l’assaut.

Mais la limite du raisonnable, invraisemblablement, est tracée par Garouste, « l’Intranquille » absolu, ( Les redoutables rebouteux du langage, les détectives ravages, BOB et MORANE l’interrogent épisode 69, le 29 janvier 2025, c’est programmé) le peintre qui met la patte, pose la pâte, naguère « peintre sans succès, mal remis de deux séjours à l’hopital psychiatrique » mais capable de ceci : « le feu rouge qui passe au vert peut me faire suivre une dame en vert » (*) : compagnon de roman-images plus fiable que Vermeer, truquant « La Liseuse » en autant d’exemplaires que de clients ( comme on verra! ).

D’une semaine l’autre, souvent, vous retrouverez nos compagnons intimes, habillés de nudités apparentes, la nudité, efficace outil de cache-sexe affectif , nos compagnons des peintures du dedans, intimités, Garouste le toqueur, Hanged James et sa corde, Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, homme sans images mais pas sans ravages, images et paroles, mémoires et Histoire dévoilées dans le projet d’une fausse intimité de surface. Mais ça ne trompe personne, surtout pas vous.

Avenir à venir Episode UN :

Le 13 septembre, au choix : Marathon 13 septembre 490 avant notre ère? Marignan, bataille le 13 septembre 1515 ? Montaigne, mort le 13 septembre 1592 ? Plutôt : M.M. , le héros en fuite, années soixante à quatre vingt dix…

Intimité? Roman-images? Fausse ? Surface ? Vous y croyez ? Ou non ? A voir ?

(*)( L’Intranquille, Gérard Garouste avec Judith Perrignon, collection Proche, 2022, ibidem pour toute future citation)

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Didier JOUAULT, pour : YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 3 / Jour J. moins 3 : le feu rouge qui passe au vert. Prochain épisode de l’annonce faite à l’écran : Jeudi 07 septembre, après midi. On approche, et même vite. Reste à savoir de quoi? Comme toujours, Septante et davantage étant venus , on sait qu’on approche. Et, à cet age, on sait de quoi.

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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 4. Jour J-4 Nudité/ Intimité, n’est-ce-pas le moment de s’y- perdre ?

Nudités. Intimités : Les bruissements lourds du désir s’infiltrent sous la peau, puis les rêves déménagent, dérangent, déambulent, déménagent encore vers d’autres corps.

Alors vient le temps du Roman-images

Intimité :

( ici -même YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, à suivre : Les Episodes -7 à +131, 46 posts environ par an pendant trois ans)

« Depuis sa première apparition dans les dictionnaires français du XVIIè siècle, l’acception du mot intime s’est diversifiée et étendue : comme adjectif qualificatif réservé à une relation d’affection ou d’amitié, il s’utilisait alors dans plusieurs domaines ( la théologie, les sciences naturelles, la psychologie) et il a finalement obtenu le statut de substantif à la fin du XXè siècle. L’analyse de son évolution lexicographique a été ici comparée à ses usages dans la langue des textes littéraires et des titres d’oeuvres publiées en France entre 1600 et 2009. L’interprétation de ses co-occurents a mené à l’apparition d’une tendance du même nom à la fin du XIXè siècle et à l’application du terme à divers objets qui, paradoxalement, ont aujourd’hui introduit la notion d’intime dans la spère publique.« 

( « Pour une histoire de l’intime et de ses variations » , Dans la jungle de l’intime : enquête lexicographique et lexicométrique (1606-2008), Véronique MONTEMONT, ITINERAIRES, p.15-38, Open Edition Journals, 2009-4 / 2009.)

https://doi.org/10.4000/itineraires.585

Extraits :

« L’intime est aujourd’hui au centre d’un étrange paradoxe, régulièrement souligné par ses théoriciens, et que résume fort bien la formule d’Elisabeth Lebovici : désormais l’intimité est « enfouie et fouillée, dedans et dehors« . La notion renvoie, étymologiquement (et de surcroît sous une forme superlative) à la dimension la plus intérieure de l’expérience humaine, et dans une certaine mesure, à la moins communicable, à cause de son caractère foncièrement privé (…) Plusieurs auteurs soulignent cette ambiguïté constitutive de la notion d’intime, cette tension entre public et privé, que l’évolution des codes sociaux et des pratiques culturelles a rendu inévitable. Ainsi Jean-Pierre Dufief soulève-t-il le contraste entre un intime « tantôt perçu comme un petit monde clos, isolé, secret, propre à chacun, tantôt comme un infini extérieur en communication universelle« . (…) L’ère industrielle, et l’élévation du niveau de vie, ont joué un rôle essentiel dans le déplacement des frontières de l’intime : avec l’apparition de ce qu’Antoine Prost appelle le « desserrement de l’espace domestique » (habitat privatif, chambre individuelle, salle de bains) l’intimité, en particulier corporelle, a changé de centre de gravité, se resserrant autour du corps. Mais l’individu, en parallèle, a vu les barrières de son moi devenir perméables à toutes sortes de sollicitations et d’injonctions, déversées dans son espace personnel par des médias que le technologie a su rendre invasifs (…) Nul ne s’aviserait, comme le faisaient certains rois, de passer aujourd’hui sa nuit de noces en public ; mais de quel oeil un homme du XVIIè siècle aurait-il considéré la débauche de confidences sur les liaisons, la sexualité, la vie domestique qui font maintenant partie de la panoplie identitaire des personnalités publiques ? ».

Ici, TROIS ANS, ne pas confondre se mettre à nu : se mettre à voir ensemble , et raconter l’intime : se mettre ensemble libre.



Ici, Nouvelle Saison, Saison IV : se mettre librement nu ensemble.

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Didier JOUAULT pour : YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 4. Jour J moins 4 Nudité/ Intimité, n’est-ce-pas le moment de s’y- perdre ? A suivre, en plus simple ( mais il ne fallait pas commencer sans expliquer) : lundi 04 septembre – date connue…

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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 5 / Jour J – 5 : Comme si vous entriez dans une chambre noire et nue

A personne, je ne dois rien. A personne, ce récit ne s’adresse. Chaque semaine ou presque, dans le reflet d’un écran, ce sera comme si vous entriez dans une chambre noire (il y aura beaucoup d’images, c’est un Roman-Images) et nue : l’intimité mise à nu par le roman-images même. Il faudra prendre le temps de cela : regarder des images, ce qu’elles disent de l’intime. Ce qu’elle voilent.

L’intimité, c’est Le Secret intérieur tout entier caché : danger si on l’expose.

Son contraire, la nudité n’est que de la peau dévoilée sans risque : rien de neuf à montrer.

Nudité

Pomme, paysage, arbre, plante, femme, fruit, fleur, jungle, paradis, produire, religion, botanique, jardin, Christian, tentation, religieux, arbuste, interdit, original, veille, serpent, biblique, Eden, Jardin d'Eden, genèse, Adam et Eve, plante à fleurs, Plante ligneuse, Plante terrestre

Wikipédia

La nudité :

Dans les beaux-arts en Europe, la représentation du corps nu est un exercice fondamental dans l’enseignement classique et un thème artistique fréquent à certaines époques.(…)

Conceptions de la nudité[modifier | modifier le code]

Comme celles de la pudeur, les conceptions de la nudité ont varié dans le temps et dans l’espace. De nombreuses sociétés humaines perçoivent la nudité comme dangereuse…

Les Grecs de l’Antiquité valorisaient la nudité masculine dans certains contextes : l’adjectif γύμνος (gymnos), dont est dérivé notre gymnaste, signifiait nu. La nudité féminine est rare, hormis le cas d’Aphrodite.

Europe moderne

Aux autres époques, pour des motifs exprimés souvent en termes religieux, la nudité publique est généralement interdite.

À la Renaissance, un courant artistique qui se réfère à la Grèce antique valorise la représentation de beaux corps nus, masculins et féminins. L’Église réformée, et, après le Concile de Trente à la fin du XVIe siècle, l’Église catholique, s’y opposent. L’autorité des religieux n’est pas complète en dehors des églises, mais il parviennent à faire dissimuler au moins les organes sexuels des œuvres exposées au public. Le dessin de nu reste une importante partie de la formation des artistes. Les modèles sont, à l’École, des hommes jusqu’à la fin du XIXe siècle, mais les scènes mythologiques ou exotiques avec de nudités féminines peintes trouvent de nombreux amateurs, comme la sculpture de nus en référence à l’Antique.(…). Dans ses Lettres de Suisse (1775), Goethe avait évoqué son « sentiment d’effroi » la première fois qu’il avait vu une femme nue[2]. Les Européens ne connaissent que le nu idéalisé des beaux-arts. « Des personnes graves qui l’avaient en horreur à l’état vivant, l’admiraient dans le marbre », note Paul Valéry[3].

De nos jours, la nudité privée n’est considérée comme normale ou tolérable que dans des moments particuliers de la vie. En présence de tiers, la nudité totale, parce qu’elle ne cache pas les organes génitaux, est souvent assimilée à une invite à la sexualité. Seule la charte du naturisme tente un partage rigoureux entre nudite et sexualité, tout enointerdisant le regard direct sur les organes génitaux. Les malentendus sont donc fréquents.

On évitera soigneusement un tel malentendu au cours de la saison 4 du YDIT-BLOG :

FRED TYNE, d’autres – et le plus souvent loin de toute idée de représentation : nues et nus- jolis regards. Ici, le nu est de nature exclusivement érotique, mais sans autre dessein ( dessin) que la représentation du lien.

HANGEDJAMES :

à l’inverse de nombreux usages anciens, le pendu ( supplice majoritaire des condamnés) ne sera pas montré nu.

On lira les mots de l’intimité. Chacun d’eux importera. Echos du passé. On verra les coins sombres et clairs du nu. Echos de la permanence des images.

Pour les trois ans de la saison 4, Environ 130 épisodes on peut ne pas interdire, et on ne peut pas ne pas montrer le pâle reflet que le nu signale du désir d’exister.

A personne, je ne dois rien.

A personne, ce récit ne s’adresse.

Chaque semaine ou presque, dans le reflet d’un écran, ce sera comme si vous entriez dans une chambre noire ( il y aura beaucoup d’images) et nue : l’intimité mise à nu par le roman-images même.

BOB et MORANE, les indomptés limiers, vous précéderont sur la piste.

Parfois, ils s’abandonnent à de longues déambulations discursives, comme : Intimité/ Nudité/ Liberté/… Parfois, ils s’abandonnent à de longues déambulations narratives comme : rapport/compte-rendu/enquête

MAIS rassurez-vous. Ils sont en chasse, Chasse au Parrain, très inspirés par leur maître vénéré : l’Ombre Jaune, dite Old Sam, ce bon vieux Samuel qui les attend sous l’arbre pour la Fin de partie.

Et pour remettre le pyjama du garçon aux étroites hanches. Vous allez comprendre.Tout est une histoire de pyjama, au fond.

Prenez votre temps : trois ans, un bail. On a le temps. Mais OUI. Mais SI .

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Didier Jouault, pour YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 5 / Jour J – 5 : Comme si vous entriez dans une chambre noire et nue. Prochain épisode ( à suivre! ) le jeudi 31 aout, après-midi, avant le thé ? Avec cette chaleur de l’été 23 ?

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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 6 /Jour J moins 6 : A PERSONNE ce récit ne s’adresse.

A personne, ce récit ne s’adresse, même pas au Parrain, dit MM, die pate, Marcel Malbée, rue Dupetit Thouars, au 12, jadis et naguère. On ira voir sur pace, cependant, si le Loup y est. On yra soi-même ( Y.d’I., dit Ydit, le Didi) et on enverra les Détectives Pas sages, Bob et Morane.

Chaque semaine, ou presque, pendant trois ans, vous lirez, vous regarderez ce que nous avons à raconter ou montrer ou imaginer, dire et mentir ( mentir pour de vrai), à propos de cette histoire – et de ce qui l’accompagnera : La Chasse au Parrain. Le dur désir du récit, ça va durer.

Nous : YDIT, qui pratiquait jadis les  » Séquences Publiques d’Oubli « , puis cherchait la trace des passés dans le « Jardin de Giorgio Bassani », à Ferrara-mais Silvia n’est pas venue, on en reparlera. Nous : FRED, meneuse de revue et de mémoire, on la verra tout le long des trois ans. TYNE, la blonde Africaine, plein majeur dans les déliés de l’histoire. HANGED JAMES, le plus muet parmi tous, agaçant au bout de sa corde; HANGED JAMES, à qui se comparer pour comprendre. BOB et MORANE, les détectives inapprivoisés, enquêteurs sauvages. Gédéon, le Sénateur, ainsi nommé par ironie-les amateurs de « Tigre de papier » vont apprécier. Quelques Passagers, divers, visuels, Vermeer, et la jeune fille à la lettre rêvant du vent, et le reporter de France-Musique, et des nuits dans des villes, et encore Garouste le toqueur. Souvent Garouste, l’intranquille : il dit tout et montre le fil où l’on danse.

Prenez le temps.

C’est pour trois ans, le roman-images : Nouvelle Saison, saison 4.

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Didier Jouault, pour YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 6 /Jour J moins 6 : A PERSONNE ce récit ne s’adresse. A suivre, LUNDI 28 aout, après-midi…C’est un peu rapide? Ensuite : hebdomadaire, mais ça doit commencer lentement, donc un peu vite !

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YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 7 /Jour J moins 7. A personne je ne dois RIEN.

A personne, je ne dois rien, je crois, sauf à Marcel Malbée, dit M.M., dit Le Parrain, die pate, domicilié 12 rue Dupetit-Thouars, en fuite. On n’a pas d’image réelle de lui.

A lui, je dois cette inquiétude de toujours envers la nuit qui arrive. Rue Dupetit Thouars.

A lui, je dois le désir que cela se passe vite, toujours. Passer à la suite.

Voila pourquoi vous allez suivre cette histoire, puis l’achever, Roman-Images, rien d’autre, pendant les trois ans à venir. Plus de Cent trente épisodes. Du plein sur la hanche. Un bail.

Ensuite, on ne sait pas

Regarder si loin, Septante et davantage étant venus ? I prefer do not.

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Didier JOUAULT , pour : YDIT -BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode – 7 /Jour J moins 7. A personne je ne dois RIEN. A suivre : le Jour moins 6 ( on s’en doutait !) , le vendredi 25 aout, après-midi. Vendredi, c’est récit, aussi.

 

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YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, Saison 4, Aujourd’hui, 21 aout, avant-dire, rendez-vous 3, le suivant, DEMAIN, le 22 aout : début de l’à rebours.

Le roman-images prend le temps de s’annoncer, de commencer, de s’installer : couverture pour vol long courrier, service gratuit à bord, la bonne hôtesse.

RENDEZ-VOUS ICI-MEME, le mardi 22 aout, après-midi, pour sept marches du départ, une tous les trois jours – sauf accident – du 22 aout au 10 septembre. Le 22 aout : demain mardi, première marche vers la carlingue.

Ensuite, le roman images s’installe, prend son temps, trois ans, un épisode hebdomadaire :

le 13 septembre 17 heures, commencement.

Le 13 septembre, au choix : Marathon 13 septembre 490 avant notre ère?, Marignan, bataille le 13 septembre 1515 ?, Montaigne, mort le 13 septembre 1592 ? Plutôt : M.M. , le héros en fuite, années soixante à quatre vingt dix…à quelques secondes près.

Le 13 septembre, après- midi : Episode 1 sur près de 140, ce sera le début véritable du roman-images.

Vous avez le temps de vous y préparer.

Mais pensez-y :

le 13 septembre, un mercredi, dans l’après-midi : Roman-images, la Nouvelle Saison,

Saison IV du YDIT-BLOG.

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YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, Saison 4, Aujourd’hui, 21 aout, avant-dire, rendez-vous 3, le suivant, DEMAIN, le 22 aout : début de l’à rebours

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YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, Saison 4, Aujourd’hui, 20 aout, avant-dire, rendez-vous 2, le suivant demain, 21 aout.

Un peu d’attente, encore, pour le Jour- 7 : 22 aout

Puis, le roman-images.

Didier JOUAULT pour YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, Saison 4, Aujourd’hui, 20 aout, avant-dire, rendez-vous 2, le suivant demain, 21 aout.

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Bande Annonce Saison IV

   Présente

Bande-annonce,

Puis presque chaque semaine

Si vous vous abonnez   ( ce qui arrange tout le monde !)   à :

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YDIT-BLOG, Nouvelle Saison, Saison 4, Aujourd’hui, 19 aout, avant-dire, rendez-vous 1

Aujourd’hui, 19 aout.

Rendez-vous ici le 20 aout, pour la nouvelle histoire en roman-images

Tout cela se prépare, tout cela se regarde. Un peu de patience.

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Didier Jouault, pour YDIT BLOG, Nouvelle Saison, Saison IV, Aujourd’hui 19 aout, avant-dire, rendez-vous 1

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La Disparition de Ydit-Blog ? Ce fut la « Saison 3 », mais assez vite interrompue…A venir : Saison 4, en 2023. TRAVAUX sur la LIGNE (éditoriale), le trafic fut suspendu.

Est-ce l’âge ? Est-ce l’âge ? Est-ce l’heure ? Est-ce l’heure ? Attendons encore un peu.

Etait-ce l’affaissement d’un certain désir d’écrire ?

Aurait-on omis cette évidence que, de jour en année, les effets de langue paraissent de plus en plus menus ? Si menus? SEPTANTE VENU

La Saison 3 marquait des arrêts à quai et inquiets. On se demandait, je/tu/ilelle s’interrogeait : que se passait-il ? On peut en parler au passé : il ne se passait pas assez. Trop de mots.

La poussière du poussif et du poncif bloquait la machine à récit.

On se dispersait comme des convives d’un Enterrement de Vie de Garçon raté : au matin, la mariée ne vient pas, elle a mieux à faire. On peut comprendre. .

Très bien, disait YDIT, le narrateur intempestif (et un temps festif), attendons. On ne risque rien d’attendre, n’est-ce-pas ? On peut toujours s’occuper autrement.

Oui, voila, oui, c’est cela, oui, attendons.

Après on verrait bien ce qui sortirait, dans la vraie vie, les neiges fondues et les annonces de prix Nobel, les épidémies et l’argent qui coûte plus cher, la rentrée littéraire et la grève des abeilles sans soleil, les tempêtes et les silences, les voix des femmes et les absences des femmes, et si malgré tout cela qui arrive en vrai,

ça vaut la peine ( l’à peine) de s’y remettre, à ce tout autre chose : les récits d’Ydit.

Oui, voilà, oui oui, on disait : attendons.

Patience dans l’azur, et toute cette sorte de mots.

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Puis voici que ça recommence…?

Didier JOUAULT, Pour YDIT-BLOG, sans numéro , mais ça va bientôt recommencer ..Est ce l’âge ? Est-ce l’heure ? Attendons encore un peu.

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