Ecrire : passer la serpillère après la fuite. Evacuer l’eau. D’accord. Mais trouver la fuite ?
RESUME EXPRESS : le personnage YDIT, sa mémoire ayant été « réveillée » par les récits récents, se souvient des jours et nuits avec et chez Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, qui lui demandait si- dans le petit appartement rue Dupetit Thouars- le gamin ne voulait pas enlever tout son pyjama, tant il fait chaud. Il n’avait su dire NON à la suite. Il sent revenir en lui cette image et cette injustice : James, lui aussi à sa façon privé de pyjama et corps convoqué, n’a pu rester si longtemps vif et joyeux. Hanged James. Aidé d’un duo bavard d’enquêteurs, BOB et MORANE ; renforcé par TYNE et FRED, deux compagnes de jadis, YDIT se lance à la poursuite de Parrain. Tout ceci est évoqué/imagé au flambeau d’une mémoire menteuse. Tout ceci est raconté/illustré en lambeaux dans un « fatras » de documents expédié à une ex-assistante ( Madame Frédérique, désignée présentatrice), sous l’appellation « Lettre de A. Version B.« , en hommage à l’incipit de « Extérieur Monde » (Olivier Rolin). La chasse au Parrain, où l’image parle aussi, est entrecoupée de diversions diverses. Commencée en août 2023, la publication prendra fin en aout 2026.
Note de Madame Frédérique :
Note de Madame Frédérique
La succession des passages, ici, semble se coordonner de façon à peu près lisible. Il s’agit d’un premier « doublé » de visites domiciliaires. Dans la succession des fragments, un second « doublé « apparait, plus tard
Quand je fus son Assistante Personnelle, à plusieurs reprises, Y.d’I acceptait en souriant que je lui reproche son écriture à peine lisible. Mais il ne s’agissait que de notes prises en réunion ou pour une intervention : les saisies de notes sur « tablette » n’ existaient pas encore…Peut-être, donc, dans ce qui va suivre, quelques mauvaises « lectures ».
TEXTE de Y.d’I, « La Lettre de A. , version B », (Lettre de A : ironique rappel de l’incipit de « Extérieur Monde », voir supra – Olivier Rolin
) :
Petite activité sans désolation et avec humour. Le vent s’est levé dehors fort et puis la pluie et moi qui suis occupé la suite du suivi à écrire, je n’ai pas entendu l’eau qui tombe vive et puissante l’eau qui pénètre dans la pièce depuis la terrasse sans doute parce que le joint a été mal fait ou parce que l’orage est d’une imprévisible puissance.
Mais j’écris – dans le berceau du roman-images – et le cliquetis du clavier malmené couvre les friselis de l’eau qui peu à peu envahit le sol de tomettes, flaque encore peu visible, elle forme sans que j’y prenne garde une sorte d’Aqua Alta inattendue dans cette région de collines, et l’eau monte encore et le récit nage et les pieds trempent.
Je m’en aperçois tardivement, quand les chevilles commencent à flotter devant l’écran, et je me dis que l’activité de l’écriture ainsi conduite requiert le passage rapide d’une serpillière, l’usage d’une pompe à eau, par exemple.
Ecrire : passer la serpillère après la fuite. Evacuer l’eau. D’accord. Mais trouver la fuite ?
Il faut toujours passer la serpillère après les pendus. Pour avorter les traces. Et un peu d’eau ne fait pas de mal.

Lorsque je me lève et me dirige vers le placard de la cuisine ouverte sur la grande pièce où se trouve la table à laquelle je travaille, on sent le vent saluant la lumière incertaine sur des collines un peu molles, et je m’aperçois que les portes ont été forcées : quelqu’un a-t-il voulu s’emparer comme d’un trésor des notes que Madame Frédérique tentera de mettre en ordre- sans jamais y parvenir ?
Moi, j’écris « La Chasse au Parrain ».
Ecrire c’est passer de l’eau de Javel sur un évier intérieur.
– Sale image, dirait BOB.
– En plus, ça pue, ajouterait MORANE. Mais ça blanchit les mains sales.
MORANE et BOB, vous savez ? Comme il convient à présent, une fois de plus, les genres sont incertains, au moins pour MORANE- car un certain MORAN qu’on dit né près de Rennes aux alentours de 650, a été porté, dans la même ville, à la cathèdre d’évêque, en 710, vieux déjà donc en son temps, avant de – sagement, prétend-on- , se retirer dans un monastère italien, ou grec, ou mauresque, voire turc : un monastère ensoleillé, où ne jouaient pas déjà des pianistes grecs, dans le scriptorium désert de l’après-déjeuner, sur un Steinway très accordé au décor.
Dans ces fragments peut être réunis en portrait possible, le narrateur-ni ricaneur ni éperdu, ni espérant, ni désolé, ne procède qu’à une seule recherche : évidemment pas celle du temps perdu (tout a été dit et nié sur le sujet), mais tout à fait précisément celle de MM, dit « Le Parrain » : Marcel Malbée, 12 rue du Petit Thouars, Paris.
C’est là que vous le trouveriez, s’il existait encore. Tentez votre chance. Métro TEMPLE. Ligne 3. Levallois Gallieni. Changement à République pour aller à Porte des Lilas par la 11
.
Porte des Lilas, appartement familial, toilettes sur le palier, pas d’eau chaude, devinez dans quel sens on préfère prendre la ligne. DE plus, entre La Porte des Lilas et République ça descend, ça descend, ça descend. On descend longuement si on va au 12 rue Dupetit Thouars. Chez Marcel Malbée. C’est là qu’on été envoyés les limiers suggérés par FRED, MORANE and BOB, célèbres duettistes. C’est là que : pour l’instant, personne. Nadie. Nobody. Dans les sous-sols de bar et les sorties de lycée, oui, là, ça peut aller, ici traces de Marcel Malbée dit MM die pate. BOB et MORANE en ont trouvé. Mais 12 rue Dupetit-Thouars, personne, ici, rien.
-BOB : pourtant, Patron, nous avons interrogé les voisins. Enquête de badinage.
-MORANE : et pas les cousins, pas retrouvés.

-BOB : Les Voisins sont coquins : pas vu de Parrain, s’entourent les reins de rien blanc et de négation candide : point de Parrain.
-MORANE : dans le rien qui vient, il y a bien cette concierge de naguère
-BOB : à présent retraitée.
-MORANE : Germaine
-BOB : nous l’avons rencontrée dans la maison de Vieux de Pantin, rue Jaurès, la pauvresse, en faiblesse

-MORANE : Prétend se souvenir de Marcel Malbée. Elle dit : un grand et bel homme très athlétique, parole haute, marche rapide, chevelure blonde, toujours des jolies filles chez lui, souvent ça riait et la musique du phono dépassait du jazz partout, certains se plaignaient, mais cent francs pour les Etrennes.
-BOB : donc, un autre Marcel Malbée?
-MORANE : tout le monde ne peut pas se nommer Marcel Malbée, au 12 rue Dupetit Thouars
-BOB : mais ça ne ressemble pas au portrait-robot du petit patron Yd’I. Je dis ‘petit’ parce que le Grand, ça reste le Vieux Samuel.
MORANE et BOB concluent leur rapport par le mot : néant ( ils n’ont pas choisi fin, parce que mieux vaut faire durer, même réduits, leurs honoraires)
YDIT répète : s’il existait je le ferais disparaître, j’en ferais la brume opaque mal levée au matin des sanglantes batailles livrées entre Les Templiers ou les Chevaliers de Malte et les Ottomans, j’en ferais le sable lourd et brun sur lequel va glisser le sabot du Minotaure ou le cheval de Perceval, j’en ferais la douleur noire qui enveloppe de sa fumée puante les portails des prisons ou des camps. Tout cela, de lui, face à moi je ferais.
-BOB : déjà dit. MORANE se demande si on peut jamais retrouver le souvenir du fuyant Marcel Malbée?
Lisant le rapport « Néant » , Ydit redécouvre une fois encore que la rue de Parrain dit MM nommé Marcel Malbée, j’écris son nom depuis le début, tant pis pour l’anonymat, sa rue était en plein cœur de ce qui fut jadis, dans le Paris médiéval, le fastueux et puissant domaine appelé l’Enclos du Temple. Mais voici que peut-être se bousculent, comme des pièces dans une poche trop large quand on fait du vélo dans une montée, comme les molécules d’eau dans la gourde à demi bue en cours de descente le long d’un sentier des Pyrénées, comme les chairs intimes rougies de frottements par l’après-midi du désir partagé, voici que se bousculent entre eux plusieurs rocs de souvenirs secrets, dérive des continents qui ne se retiennent, ceux de -entre autres- les nuits rue Dupetit Thouars et les nuits d’ailleurs- un hôtel mal éclairé en Forêt Noire, une chambre trop peuplée vers Saumur et les souvenirs des cérémonies, jamais avérées bien qu’avouées sous la torture, qu’on prêtait à ces bourrus guerriers spirituels et buveurs, bouche pleine et lance molle en main, les moines-soldats Templiers.

Blasphèmes. Trahisons. Mensonges. Reniements. Turpitude. Sodomie. Reniements, surtout de l’essentielle protection due au garçon tout entier caché dans son pyjama…
Rien que cela. Tout cela. Ah, dirait le Prieur, à genoux, on ne fait pas dans la demi-mesure ? Il faut donc se souvenir et punir ? Surveiller et courir ? Et on disait que le rapport, s’il se voulait complet aurait dû écrire :
« Il a fait tout cela, quand il ne s’agissait pas de plaisir neuf ou d’argent devenu facile avec Malbée-le-confortable ( la famille était pauvre, jamais d’argent), parce que – au fond- (mais il l’ignorait encore) il avait appris dans la proximité active de Marcel Malbée à faire les choses non seulement sans y penser, mais comme sans y être ».
Didier JOUAULT pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, Episode SOIXANTE-QUATRE pour commencer proprement l’année, visite ( Bob et MORANE 12 rue Dupetit Thouars) Passer la serpillère,écrire : passer la serpillère après la fuite. Evacuer l’eau. D’accord. Mais trouver la fuite?
voici le début 2025, entre deux interrogations à venir sur ce que fait Ydit quand Fred n’est pas là ( VENISE ? TOURNUS? deux épisodes, attention, pas de mercredis en ce début d’année, mais les 13 et 21 janvier), puis Ce que Mamie savait (deux épisodes encore, « juste rappel des faits Monsieur le Présidenet », juste pour finir janvier, le 31, mais comment faire moins que se mettre sur le 31 ?)

Petite boite comme de cigares, mais un sceau de cire rouge, et « Mort pour le France »
qu’elle réprouvait aussi d’un geste de répugnance (horreur dégoutée de sa voix un après-midi de congés scolaires où elle avait surpris- alors qu’elle était supposée occupée- son cadet concentré seul sur le sujet du plaisir, actif et solo.) Était-ce pour se préparer à la prochaine séquence Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain ?
glorieuse où accrocher des lambeaux de mémoire.


Comment peut-on jeter « ça » ?
), les restrictions confirmées, et Marius Marcel, le mari numéro DEUX, encore élégant avec ses revenus à l’époque confortables, tout juste tout frais sorti d’une histoire précédente, à trois avec le vieux de La Varenne, mais ceci est une histoire qu’Ydit n’apprit que vingt ans après. On a déjà dit ( et lu?) cela: père, Marcel Malbée, le troisème homme, plus agé, ancienne célébrité, la grande maison de La Varenne, leurs vies à eux-trois, tout cela évoqué par Grand Frère un soir de dîner, évoqué-jamais raconté.
Cette fois encore, on ne saura rien de plus de ce qu’il est impératif de connaître.



Elle connaît les goûts du père, son commerce avec des hommes à jolies silhouettes à la Porte des Lilas, ses absences, les chiens qui ne font pas des chats, et puis elle sait encore mieux ce que personne ici dans ce rapport ne saura jamais, ni même YDIT : l’intime bavardage intérieur du père, soudain parlé sur l’oreillerk, peut-être ?.. Aussi, pour les goûts du Grand Frère, pas de Secret ni même d’interrogation, cette fois : passée la première nuit dans le lit ex-conjugal Porte des Lilas , nuit avec Jackly-jolies-fesses : plus de doute, Chère Mère, les chiens ne font pas des chats. Les amis pianistes ne font pas que des gammes avec leurs doigts. Le plus vieux des trois non plus, cet inconnu sur image, qui les reliait, mort sans héritage.
terminent donc en affirmant qu’on pourrait ici, sauf mégarde, glisser sur une pente vertigineuse, pas loin du précipice : la connaissance de tout cela dont disposait la mère, jusqu’où cela allait-il ? Jusqu’où ? Cela allait-il?
avoir serait-ce en silence et immobile permis que cette main molle tire le cordon raide du pyjama, NON, l’encore impubère (plus pour longtemps ) garçon n’avait pas, simplement, résolûment, violemment, silencieusement même dit ce petit mot , unique : NON.

Ecrasant une ficelle coupée, le sceau était comme il convient brisé.

Mort pour la France, Taratata, lever du drapeau, champ d’honneur. Et aujourd’hui on songe (chacun sa guerre du reste) au Bardamu et Céline, à Saint-Loup et Proust, ou mieux encore peut-être à la route des Flandres de Claude Simon, trois écritures de la Guerre qu’on ignore évidemment à l’époque mais qui pourraient se rencontrer dans leurs fulgurances obscènes ( chacun son obscénité) pour tracer un portrait cubiste et sombre de la douleur.

François-Dominique : un vieil ami aux talents protecteurs.
lots d’héritage provincial revendus à la découpe après maquillage de vieux meubles rossignols en de belles antiquités bourgeoises.
soir chez FRADO.
Il apparaît dévétu d’un kimono très sombre et très fleuri. Il joue du piano debout, lentement, quelques accords, et le mouvement du jeu ne découvre pas que les avant-bras.
Beau corps de quarante ans. 
Il est minuit, ou presque, des Cendrillons tournent en silence pour manigancer les métamorphoses. François-Dominique cesse de jouer, regarde YDIT : « Il fait chaud, ce soir, non ? Tu ne retirerais pas un peu tout ça ? Je peux te prêter un pyjama, si tu préfères?« 



avec un Chablis frais, assiette de charcuterie (surtout auvergnate) à 14 euros, vin et café compris, on dépasse très largement les 20€.



elle lui avait écrit des dizaines de lettres amoureuses à cet aîné de trente ans, qui tente de la sauver après la Commune -en vain).
un peu ainsi que FRED engagea les détective si ravage, BOB et MORANE, pour commencer la Chasse à Marcel Malbée, sans imaginer que tout le monde ( les détectives, YDIT, le public, les filles dans les trains, Garouste sur ses toiles) tout le monde allait peu à peu prendre au sérieux cette chasse au rien, au mort, au passé, au cordon blanc de pyjama bleu, t’as pas trop chaud ?
La mère François n’avait sans doute pas considéré que la Résistance avait été un bienfait, – « surtout des attaques de maquisards sur les bureaux de poste pour se remplir les poches »- Et le père, absent avec talent sur tout et pour tout- ne se souvenait vaguement des affiches de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne que lorsqu’il s’agissait de se porter volontaire pour tenir la buvette lors de la fête de la paroisse ( une fois, la famille avait même invité à déjeuner le Père Martin après la messe du dimanche).
ont poursuivi, sinon des chimères (mettre la main sur Marcel Malbée, l’empanouillarder sans réserve, l’abandonnasser couvert d’opprobe et de stupéfaction et de goudron vert au milieu du square du Temple, à l’heure précise de la sortie des jeunes filles sans tache de l’Institution voisine : « Chez Mado -la-Nantaise »), poursuivi sans re-signer ni rechigner au moins l’œuvre assez noire pour laquelle ils sont ( grassement, FRED le voulait ainsi ) rémunérés, rétribués, respectés par les confrères en détectivade hard et sage : en finir avec le jugement de Malbée, Marcel.

( FRED assure n’avoir pas contribué à une réécriture du rapport de Bob et Morane, Madame Frédérique n’aurait osé, mais le surgissement dans le flot du langage, ou la baleine blanche introduisent un doute sur qui écrit quoi, au fait ?). 


.


Ici, dans les récits autour du père et de grand frère, la densité atteint la pointe sur l’échelle du pesant présent. Ici, mille et mille fois qu’en d’autres lieux ou temps, il aurait fallu dire aussitôt NON, et encore NON, et puis aussi NON.
essayistes, papistes, éditorialistes, contraignissent le personnage de ce ci-présent roman-images, Septante et de plus en plus étant venus, à écouter les obscures voies intérieures d’une mémoire jusque là sans lumière.
cristal engrossé de rouge criard sur sa nappe blanche, on peut écouter, on ne craint pas les ruses imprévues de la finesse : les termes de l’échange sont posés, avant même l’addition.
D’un coup, comme un expulsion dans le plaisir mélée du sang de la blessure, Grand Frère vient de laisser revenir au jour du discours, de l’intérieur de son discours, de profondes histoires à propos de Père et de Marcel Malbée, ( personne à l’époque n’avait inventé la glaçante succession, l’agaçante chenille à dessein urticante, pétrifiée par YDIT : Marcel Malbée, dit M.M., dit Le Parrain, Die Pate, ainsi de suite…incantation essentielement utile à voiler, à disperser, à fantômer le cœur de l’émotion).


Je crois, ajoute Grand Frère, que cet homme avait eu un peu de célébrité sur scène, et gardé beaucoup d’argent, mais à l’époque, vivre ainsi avec deux hommes plus jeunes ?.. C’était leur Secret.« 





(image : Bob et MORANE ??)

« Alors, il paraît que c’est toi le frère du Pédé ? »


et vide tout le monde du Secret.







C’est là qu’il l’avait vue déjeuner en bonne et revigorante compagnie, dans un épisode précédent.


impavides détectives, ont poursuivi, sinon des chimères ( mettre la main sur Marcel Malbée), au moins l’œuvre assez noire pour laquelle ils sont ( grassement, FRED le voulait ainsi ) rémunérés, rétribués, respectés par les confrères en détectivade hard et sage, et montrés en héros sur les images clandestines, comme dans les marbres des musées en province. Et probablement maudits par leur seul vrai patron, le Vieux Samuel, paix à ses didascalies !
– plus précisément de ce qu’il fallait bien accepter de considérer comme des « faits » – toute considération mise à part.
Puis, vainqueur ou vaincu –(mais le sait-on parfois ?) le Père disparaissait d’un coup, pour plusieurs coups.
( à lui surtout la fonction de maître-queue, la mère c’était pommes-vapeur et Pilchards à la tomate, quatre poissons gras par boites, quand le Père s’absentait, on faisait ripaille du tiers ajouté par son absence).
pas géné de traverser nu l’espace réduit du couloir pour aller se tailler un morceau de baguette sur le compte de la famille, fesses et joues rondes sous le nez de Petit Frère Ydit, du père, de la mère, ces deux derniers on aurait dit réjouis du bonheur de l’ainé ( mais on lira- cela se regarde aussi dans le regard du père- que son intérêt pour fesses et joues rondes de Jacky n’était pas que paternel : histoire de chats n’aimant au fond que les chats ?).
Rien de virtuel, d’authentiques bosses à réduire.



MM devenu présent si longtemps absent, ce curieux mélange de réticences et de narcissisme, d’exhibitionnisme apparent, dur à lire,… trop dense, et trop d’images,… Vous savez, la mémoire, pour de vrai, ça ne fonctionne pas comme ça, la mémoire, pour de vrai…et je me demande si, en réalité, vous n’êtes pas plutôt, et bien carrément, attaché, enfin je vous vois faire la moue, d’accord… si vous n’êtes pas accroché plus nettement au… comment dire, j’ai pensé ça en raison de la récurrence de certaines photos, enfin, les filles en short de dos, les tableaux ciblés (Ydit se demandait alors si un « tableau ciblé » servait au jeu des buveurs dans un pub irlandais, endroit où – en cet instant – il s’interdisait de rêver être ?),
les statues prises de derrière, enfin je veux dire les personnes photographiées à l’arrière… des histoires de derrière par derrière, de petit derrière, le derrière du Petit, Dupetit Thouars, Du petit Toi , on dirait?.. « . On sent qu’elle a dû être éduquée dans une pension bien tenue, côté vocabulaire.





Avec sa jambe toujours raide – depuis on n’a jamais su quand -, et lui aussi Septante et bien davantage étant passés, sans doute sa présence dissuasive de « gardien » restait-elle de l’ordre du principe. Sur place, au cours de la veille nocturne (ne pas savoir s’endormir vient-il de là?), son droit était de se nourrir ( et de s’abreuver, revenir aux sources du gros rouge, on le connaît) dans les rayons médiocres, non moins médiocre moyen pour l’entreprise d’éviter une indemnité repas. Cependant, sans doute gràce à son amitié ( sa solidarité de classe? leurs choix communs?) avec le gardien de Jour qui lui succédait ( à l’époque très rarement un homme noir grand et massif ) il rapportait malgré l’interdit quelques boites de conserves, dont du jambon en gelée et du corned beef – savoureux compléments -, valeurs ensuite inscrites au titre de la » démarque inconnue ».
détectives à pressage lent, ont travaillé de nombreuses heures, rencontré des poivrots, des ados, des amis, des souvenirs, puis traversé l’orage muet des mensonges, et récolté la moisson grasse des aveux.
, comme au sommet incertain d’une série de pentes menues.
une certitude : les traces du Père sont indécises, fluctuantes, elles échappent comme il échappait : souvent. La période voulait ça: tout le monde mentait. Pour des jours entiers, le père disparaissait, on le supposait hébergé ailleurs, un centre d’accueil ( toutefois rare en début 60), une connaissance de bistrot, ou bien à demi errant, selon sa saison, dans les Parcs et Jardins beaucoup moins surveillés qu’aujourd’hui ? C’était l’un de ses moments de clochardisation, de déshérence, son mode à lui de parcourir l’ascèse en silence, sa façon intime de s’enrôler en secret dans la secte sélecte des trappistes de la vie intérieure et du dernier verre, -compagnie nombreuse près du zinc- de faire corps avec l’infinie absence du Bouddha, en caressant avec émotion les verres vite vides de « Chez la Mère Jeanne ».
Les deux détectives sauvages responsables du rapport présentent d’ailleurs un témoignage, qu’on peut consulter in extenso ici :
photos ratées dans ce roman- images : une silhouette à la découpe, parfois réintégrée dans les cendres mollassonnes d’un foyer où l’entente paraissait n’avoir jamais été qu’un mot allusif, abusif aussi, pour décrire une légende.
Elles ont été prises par des gens simples, et sur les images- on doit s’approcher) ceux qu’YDIT observe ce sont aussi des gens dont la simplicité semble parfois ressembler à une forme de narration un peu sotte – ou facile.
Et comment répondre sinon par l’imaginaire : quelle histoire, quelle passion, quels oublis, quel renoncement, quel courage, quel mollesse inutile, quelle grandeur discrète…).
Tous ces mots pour dire : la puissante nostalgie du souvenir des autres, un souvenir dont RIEN n’est connu, un souvenir que le narrateur impavide et pas vide, enfin, peut inventer de toutes pièces, de tous ektachromes…Bleu/Jaune/Rouge. Marcel M%albée, dit MM, Die Pate, avait-il des souvenirs du gamin comme si c’eussent été des photos ?
. On oublierait.
Avec une violence interne contenue, souvent, YDIT s’est dit, dans une galerie, sur un quai de gare, dans un couloir d’attente, que la parole aurait pu se libérer, se retrouver, se partager, sans crainte et non plus d’enjeu.
Mais sa timidité d’origine, creusée dans le bloc de la pauvreté, longtemps l’a retenu à l’écart des femmes de cette classe, ayant cette classe. Des femmes de cette surface ayant cette absence de profondeur.
Autant dire qu’il parle encore de lui-même, en incorrigible narrateur impénitent. Impatient. Incohérent. Impudent. Inhérent ( voila une définition, enfin : YDIT, narrateur inhérent)
Mais Marcel Malbée ( on l’a déjà dit) n’a pas de visage, tout effort pour visualiser un visage est vain, tout effort pour retrouver la forme de sa main serrée autour de ce qu’offre le pyjama éloigné du gamin est vain, et la mémoire n’accepte la résurgence que d’autres parts de lui-là, parts dont Ydit n’a que faire.

ont été juxtaposées à la fois par leur couleur dominante et la proximité de leurs sujets : Noël c’est facile, et c’est chaud, et les enfants confortent l’impression de nouveautés répétées dans le mouvement immobilisé. C’est ça, Noel. C’est ça, la famille. En général. A noel, famille YDit, des souvenirs multiples, accablants ou joyeux, mais ceci n’est pas le sujet d’ici. Ici, c’est un roman -images : faux souvenirs et visites véritables.

Collés près l’un de l’autre, les aplats minuscules épuisent toute transparence.
car on avait ensuite abandonné la diapo, susbsistent pour le bonheur des flashbacks de multiples tirages papier ) sont comme préservées de l’ouverture imprévue (mais par qui ?) par un double emballage de papier kraft portant l’explicite mention manuscrite : « Perso perso X ».
Mais nul ne se souvient de ce qu’il a oublié.
Nulle, même nue et vue, vite-dite, ne retrouve Marcel Malbée, dit MM, Die Pate. L’amour ( le désir?) et la mémoire (le mensonge?) s’habillent au même dépôt-vente de l’illusion.


ce sont d’anciennes cours d’atelier, peut-être d’ébénistes, plutôt de verriers, ou de maroquiniers, naguère probablement juifs dans ce quartier, qui fut toujours populaire, de temps en temps vraiment révolutionnaire, souvent révolté par des mots. Quartier de Juifs, surtout depuis l’Europe centrale et le dix-neuvième siècle, on a écrit la-dessus, les Juifs qui fuient les progroms, des personnes écrites ailleurs et même détournées comme comparses, les héritiers, Marko ( qui ne vient pas d’Europe) Cécile ou Serge, ( cf. « Le jardin de Giorgio Bassani« , Saison 3 de YDIT Blog )
De tout cela, ils auraient fait du texte à relire, Balzac, Zola, Céline, Pérec ( pas Proust : quartier populaire trop éloigné de son monde).
On peut ainsi lire l’histoire mentale de Paris, mais encore davantage son histoire sociale, l’effacement du monde ouvrier – qui avait encore été celui de la famille YDIT, naguère. Solidarité des pauvres entre eux, mais surtout ce qui ne s’apprend ni ne se transmet : le sentiment partagé de l’existence petite. Dans un coin, mué en placard à balai, le cagibi des toilettes à la turque, si froides aux fesses ouvrières, l’hiver.
, progressent si lentement dans l’enquête surnommé « La Chasse au Parrain ».
peut apercevoir des mèches relevées d’une main certaine de son effet sur le visiteur septuagénaire, surtout le geste qui allume le buste lorqu’elle – l’une ou l’autre- se redresse pour l’accueil, quittant la tablette. Pour peu qu’on soit venu avec assez d’argent ( la famille YDIT n’en avait pas, et l’on ignorait les galeries, sauf sur la 4CV de Marcel Malbée, dit MM, Die Pate, un jour de déménagement de Frere), passé le moment de visite, tout est propice à l’achat, et d’abord le commentaire habile de la jeune assistante, gestes précis, langue précieuse, yeux de vendeuse savoureuse – presque savante aussi(*).
sur les passages vertige et chair, sans doute aurait-elle imité le sourire désapprobateur d’une chatte qui voit la souris coincée pour son mauvais choix de chemin. FRED, incomparable observatrice à mots de tendresse.
YDIT ne déchiffre aucune volonté d’héritage, de transmission. On est là, clique, c’est bien, clique, rayon de soleil, clique, verre glacé tendu, clique, T Bone à la braise, clique, baignade de printemps, clique, table de noël, clique, visite chez les oncles, anniversaire de mamie, qui ne sait rien de rien, puis plus rien (justement) dans la bobine, toc.



La Chasse au Parrain n’a pas cessé. La recherche de la Lumière non plus. Marcel Malbée for ever.Le démembrer- surtout dé-membrer ! . Tout à fait parfaitement très bonne perspective.



ensemble
avec moi seul
programmer : résister à l’usure du passage
ensemble avec moi seul, je ne dois rien à personne,
je ne fais que jouer, 







entré en catimini, la conciergé trompée, au premier à droite, ancien appartement de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain, Die pate, ouvrir le tiroir en bas à gauche du petit meuble qui se trouvait près du lit-cosy, c’est là que Marcel Malbée garde une série de lettres, interdites.
Savoir enfin qui avait écrit ces lettres ce qu’elles voulaient dire, pourquoi, aussi, le nom du Père y apparaissait, mais c’est une autre histoire, on saura ça ensuite – avec les épisodes FRERE (CINQUANTE -QUATRE / SOIXANTE, octobre et novembre 2024) , sauf si on n’a trop dépassé le budger de mots.
Facile ! Désir majeur, tout de même : que ça finisse vite. Depuis, très souvent, même si du plaisir en ceci ou cela existe, – même un déjeuner d’amis au soleil -l’involontaire posture de YDIT : qu’on passe à la suite. Blessure machinale auto-infligée, difficulté de profiter : marques dues à Marcel Malbée, dit MM, qui fut toujours trop long.
Manger à pleines mains la confiture de fraises à bas prix qu’on voyait sur la tartine du matin, jeter avec violence le pot à travers le miroir de la salle de bains, arracher la bande papier qui entourait l’ « Aurore« , plié non encore ouvert (mais qui se souvient que des bandes de papiers entouraient les journaux que le facteur apportait ?), casser les tringles, en deux, en dix, brûler les rideaux , disperser les morceaux d’un David de Donatello de Pacotille. Les disperser sur le palier, dans la cour intérieure.
Rigoler de se brûler ainsi les doigts.
Quoi que pour être plus précis ce n’était pas puberté au début, ça commençait à le devenir ensuite, et Marcel Malbée dit Le Parrain s’en amusait : » Ça se voit que tu vas devenir un plus grand garçon, mais ça se voit là aussi, t’as remarqué, elles grossissent un peu« ,
Pendu au bout de sa branche, dans la fenêtre, celle sur le jardin? Hanged James, ça vous dit ? Décroché trop tard ?
