RESUME EXPRESS : le personnage YDIT, sa mémoire ayant été « réveillée » par les récits récents, se souvient des jours et nuits avec et chez Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, qui lui demandait si- dans le petit appartement rue Dupetit Thouars- le gamin ne voulait pas enlever tout son pyjama, tant il fait chaud. Il n’avait su dire NON à la suite. Il sent revenir en lui cette image et cette injustice : James, lui aussi à sa façon privé de pyjama et corps convoqué, n’a pu rester si longtemps vif et joyeux. Hanged James. Aidé d’un duo bavard d’enquêteurs, BOB et MORANE ; renforcé par TYNE et FRED, deux compagnes de jadis, YDIT se lance à la poursuite de Parrain. Tout ceci est évoqué/imagé au flambeau d’une mémoire menteuse. Tout ceci est raconté/illustré en lambeaux dans un « fatras » de documents expédié à une ex-assistante ( Madame Frédérique, désignée présentatrice), sous l’appellation « Lettre de A. Version B.« , en hommage à l’incipit de « Extérieur Monde » (Olivier Rolin). La chasse au Parrain, où l’image parle aussi, est entrecoupée de diversions diverses. Commencée en août 2023, la publication prendra fin en aout 2026.
Note de Madame Frédérique :
Note de Madame Frédérique :
« Rue Dupetit Thouars, visite sans guide », enveloppe beige assez froissée, non numérotée, donc peut-être à cet endroit de la « succession » ( si j’ose écrire ! ) ou dans une autre « suite » DUPETIT-THOUARS ? Sur tout cela, rien ne peut s’ajouter, fiction, réalité en fragments ? Imaginaire débridé, ou bribes documentaires ? Point fixe, répété : toute confusion est à éviter entre ce personnage recurrent, « FRED », dont je n’apprecie pas chaque élément (surtout les allusions érotiques, et ce qui va être raconté à propos de Venise), et moi-même, qui fut l’Assistante préférée de I.d’Y, dit YDIT, en quelques occasions de grande proximité .
BOB et MORANE, l’enquêteur duo, détectives pas sages,
forts en ravages et ratages, nul ne peut suivre leurs enquêtes de polichinelles – FRED avait raison : ce sont des personnages de théatre perdus dans le trou du souffleur (seul le dialogue dépasse du plancher), ce sont des héros ratés de roman pâle ( l’inverse du roman rose, seul l’incipit roule ! ).
FRED ? FRED pragmatique et sensitive, généreuse et radicale ; FRED visitant des ruines d’Abbaye nue sous la robe légère ( voir S.P.O.) ou quêtant l’équilibre en wagon-lit depuis Venise ( épisode CINQUANTE, ici ) ; FRED, inaltérable socle et source du souvenir, et cependant capable de conseiller à YDIT d’engager deux détectives sans aiguillage de mémoire, nuls en convoyage de souvenirs.
Septante et davantage étant venus, YDIT n’a plus le temps de laisser l’enquêteur déambuler dans un labyrinthe de cathédrale, sans même lever la tête et apercevoir la sortie ouverte par le grand porche, vers la rue, le parvis, la lumière, le réel.
Donc la mémoire…
Aussi, YDIT s’est-il décidé à aller visiter lui-même. En personne. Juge d’instruction, sans procès ni reconstitution. Entreprise radicalement dénuée du moindre sens commun, les ami.e.s de YDIT BLOG l’anticipent, mais tel fut son désir, les ami.e.s de YDIT BLOG le connaissent…
D’abord, ça visite, ça erre, ça déambule, ça funambule : des feux déconseillent l’avancée, ou des caméras l’espionnent.
12 rue Dupetit- Thouard, immersion : il y a, même vague, la mémoire de l’appartement où Marcel Malbée dit MM Die Pate parvint parfois – combien de fois en ces quelques années, 5 fois ? 8 fois ? 12 fois ?- réussit à inviter le garçon pour qu’il passât la nuit, au prix d’on ne sait quel mensonge et quelle ruse ? Ou peut-être simplement parce que ça paraissait banal que Le Parrain emmenât l’enfant quelque part, depuis chez lui, après le goûter, au bouillon Chartier pour dîner presque pas cher, rue du Faubourg Montmarte, mais dans la famille tout restaurant paraissait un luxe d’anniversaire des dizaines, Chartier on y arrive vite par les Grands Boulevards, noir et blanc que la mémoire re-colorise
on peut aussi se souvenir
gratuitement dans les « Passages » de Paris sous les immeubles, même si on ne connait ni Breton, ni Aragon, ni Céline. Ou peut-être peut-on voir un film au Grand Rex, avec Jean Marais, presqu’en face.

En réalité, ici, on commence à savoir qui savait quoi au sujet du garçon tel qu’en objet un pyjama le change, et les épisodes FRERE (CINQUANTE-DEUX à CINQUANTE-HUIT) apporteront d’épuisantes informations utiles.
A l’époque, tout début années Soixante, Marcel Malbée n’aimait pas beaucoup rester dans son quartier, le Temple, le PMU, le Carreau du Temple très commerçant, on le connaissait sans le dévisager, sans se douter, mais.
Et ensuite, comme il sera tard, et que le métro est loin de l’appartement familial, rue du Belvédère, le garçon va rester dormir à la maison Dupetit-Thouars, ce sera plus facile, et n’oublie pas d’emporter ta brosse à dents et un pyjama. Et sois sage avec Parrain, obéis lui bien. C’est ton Parrain, il t’aime, il remplace ton père en cas de … Oui, maman. YDIT a toujours été sage en surface. Pratique. On va faire comme tu demandes, Mère : OUI. Quant au père, il est sorti boire un canon, ou bavarder avec le garçon en terrasse, ou -présent près du poele à charbon- il n’a rien à dire ? En ce temps, YDIT ne s’interroge pas, mais ( ici ) on commence à savoir, et plus tard aussi, pourquoi cela lui semble sans sujet.
12 rue Dupetit- Thouard, Exploration : Premier étage droite : porte de bois, antichambre formée de rideaux rouges en velours. Sur le gros meuble marqué par le sombre – bois et forme- l’abat-jour vieux rose et- plus nette – la statuette éphèbe, David et Donatello, puis pour plus tard la salle d’eau exigue.
La mémoire, maintenant, dépeuple ces lieux : nulle trace de vie, pas un visage, pas une silhouette, et l’univers de cet étrange souvenir se résume à une voix d’interrogation, un cosy supportant des » Sélection du raeder’s digest » et deux ou trois volumes imagés sur les Templiers. Le Secret.


12 rue Dupetit-Thouars, introduction. Ici vecurent l’homme caviardé sur les photos et les intérieurs de pyjamas posés jambes écartées. Jolie paire à observer, invisible cependant au milieu de la mémoire d’ici. La première fois fut simple pour YDIT visiteur. BOB et MORANE, consultés, buvant un verre de bon rouge ( un Touraine, un Sancerre ?) au bar des Trois Maillets, bistrot voisin, propice aux « planques » à développement durable, avaient répondu par WhatsApp : « C’est facile, Patron. Il y a un code, c’est 12DT21, mais il suffit d’attendre que quelqu’un entre. Plantez vous là un jour où tout le monde passe vers l’heure de sortie des bureaux, nous on n’y est plus, on n’a pas d’heures SUP de week-end, venez avec la patisserie juste à l’heure de retour de la messe « – dernière observation attestant une fois de plus leur déconnexion d’avec le réel, dans ce quartier qui jadis comportait une forte communauté juive, et aujourd’hui est principalement occupé par des bobos trentenaires, tout ça plutôt mauvais client pour la messe, on les reconnaît bien là, MORANE et BOB.
Ce que cet YDIT ci fit, ici, samedi midi. Tout près, une très petite librairie Editions installe un éventaire où l’on montrait quelques livres rares ou à tirage confidentiel. Il suffisait de feuilleter en surveillant la porte du 12, rue Dupetit Thouars.
Une jeune femme se présentait, A1830B digocodait. YDIT s’est approché : il avait vécu là tout enfant, ça lui ferait plaisir au moins de revoir un peu l’immeuble ?
Elle avait cru le visage toujours honnête de YDIT. Depuis toujours, son bon air, ça lui sert à cela : entrer partout sans patte blanche. Ensuite ça avait été facile de retrouver, aussitôt à droite, la volée d’escalier qui menait au premier étage, après une porte visiblement rénovée depuis peu-dans ce quartier le public a changé, l’argent est arrivé-rien à voir avec l’ancienne vraie pauvreté de la famille ( pauvreté, pas misère : froid et humiliation, mais pas désespoir ni indignité, pauvreté où parmi les avantages attractifs de Marcel Malbée, dit MM,Die Pate, on trouvait le chauffage central, la quatre chevaux, le menu de Chez Chartier.)

Une fois sur le palier que dire que faire ? Frapper. Sonner. Attendre.
Mais personne.
Même pas le fontôme du Capitaine Dupetit-Thouars.
BOB et MORANE demandent, depuis chez eux ( c’est samedi, pas d’heures sup.) : où YDIT est ? Puis l’interrogent : Veut-il qu’ils viennent crocheter la porte ?
12 rue Dupetit- Thouard, répétition : Une autre fois, heure de rentrée de bureau : un quadragénaire un peu fébrile cette fois, même chose, Ydit passe derrière lui, et toujours frapper… sonner… attendre.
Toujours personne.
BOB, d’astreinte, se redressa un peu sur le siège du bar. Il jouait à l’homme de main prêt à tout, allusion à Eddy Constantine (mais plutôt dans Alphaville alors), finit cul-sec son verre transparent ( Limonade? Vodka ? Gin ?) – ayant ainsi accompli tous les gestes stéréotypés qu’il pensait qu’on attendait de lui, conseilla d’en venir à l’action séance tenante, selon d’ailleurs le désir de tant d’ami.e.s de YDIT. : on avait déjà consommé près
du tiers des mots sur le budget arrêté pour le ci-présent roman-images. Budget, soit-dit en passant, en dépassement constant.
Nul ne sait où se trouvait MORANE à ce moment-là ?

Conseils de BOB, WhatsApp : Rossignol, cagoule, gants de latex, mocassins, lampe torche. Ainsi, Ydit, le patron, ou au moins l’actuel patron puisque le vrai patron définitif était quand même ce bon vieux Samuel, pourrait fouiller dans les livres de Marcel Malbée, dit Le Parrain, ouvrir les dits livres pour y chercher ce qui pouvait bien intéresser, regarder la photo qui tombe, dans tous les romans il y a une photo qui tombe quand on ouvre un livre, ce serait une photo prise à Taormina en 1912, par exemple.
12 rue Dupetit-Thouars, effraction, photos? Non, pas de sens, et puis le parrain ne prenait pas de photos- pas si stupide quand même, de plus, années Soixante, pas de Polaroïd pas cher à l’époque, de nos jours il aurait eu cinq cent mille photos pédopornos sur son ordinateur, cadeau royal pour le dénoncer, mais en ce temps là, non, et pas non plus de traces lors de trois ou quatre voyages, souvenir,
surtout, ne laisser non plus de preuve sur les draps des lits d’hôtel. Avec soin et le coin d’une serviette mouillée, il passait de l’eau sur les auréoles déjà séchantes, lorsqu’ils étaient parvenus à l’émission, les deux – fait rare-, ou l’un seulement. Sauf la nuit où ils avaient, en Touraine, faute de place, dormi à trois dans le grand matimonial d’hotel, avec la grand’mère, autre histoire, on s’en souvient que Mamie savait ? ( Ce que savait Mamie, autre film ! ). Cela aussi a déjà été ou sera de nouveau le moment venu raconté, comme le reste, on ne cache rien, on ne brade pas. Mais on prend le temps. 200.000 mots, trois ans, un bail.
12 rue Dupetit-Thouars, manipulation : ouvrir le tiroir en bas à gauche du petit meuble qui se trouvait près du lit-cosy c’est là que Marcel Malbée enfouit ses vieux sous-vêtements de fête, et garde aussi une série de lettres, interdites.
Savoir enfin qui avait écrit ces lettres, ce qu’elles voulaient dire et ne pas dire, rien sur YDIT hors de son pyjama mais hélas pas hors de lui, pourquoi, aussi, le nom du Père y apparaissait, le Père, toujours la question, mais c’est une autre histoire, pour plus tard.
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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV…Episode Quarante -Trois, Rue Dupetit Thouars visite par Ydit -soie- même, soie, sans guide, sans rage et sans orage – début (1 sur 2). L’été silencieux et solitaire approche, il est temps de gravir.



SUR HANGED JAMES, aussi, sur cela, aussi :

mystère, Héritier? Vaguement ! Voyageur d’Orient? Un peu ! Etat : poète, Humeur : détruite, et ce n’est pas que la faute de Jenny.
Le Secret comme principe et comme volonté d’oubli) , tous les Grands Initiés sur lesquels il a écrit, non pas pour les dénoncer, mais avec une sorte de sale curiosité un peu fascinée, de complicité bravache (mot XIXème), de connivence ébouie, celles du poète devant certains mystères, celles d’André Breton devant un objet venu vers lui aux Puces,celel d’une corde devant la lanterne.




Comme s’il s’agissait de Gérard dépendu de sa lanterne, qui n’était pas une lanterne, mais simplement une grille, cela ne change rien, à présent rien ne change plus rien, et la voiture rouge qui se hâte au milieu de la rue, pourtant il n’y a plus la moindre urgence, une fois encore, et l’on n’insiste même pas pour mettre à sonner la sirène, à quoi bon ? Imaginer cela, et, ici, il y a quelques semaines, déjà, dans ce roman-images même, avoir déjà raconté la scène. Imaginé la scène. Menti la scène.
Marcel Malbée dit MM dit Le Parrain, ni même où l’on allait ( à Paris?), encore moins d’où ils venaient, tous trois : en simple évidence les trois étaient dans cet hôtel médiocre, on n’avait pas d’argent bien sûr, il avait fallu économiser ou bien il n’y avait plus de chambres libre ? En tout cas, Mamie la grand-mère était là : on la promenait peut être ? On la ramenait de sa campagne pour la mettre dans la maison de retraite ? On avait réalisé le pélerinage du bar-tabac PMU de Saumur, hospitalier aux putes pour mariniers de Loire, qu’elle avait « tenu » jadis – selon les rumeurs de famille ? Massive mamie mamelue.
On les voyait, les trois, là, dans un lit double, dans le lit ensemble, simple proximité familiale que connaissent très souvent les pauvres (dès qu’on a un peu d’argent on ignore que la promiscuité est le quotidien de la pauvreté).

Trop de livres, tout le temps. A quoi ça, sert?..





sauf que au premier dîner, très chaud, très lourd, très oppressant, le garçon était sorti à peine le repas commencé.


Il disait le grand plaisir des échanges dans le cloître démonté ou l’abbatiale imparfaite. Le presque bonheur des promenades dans la nuit vers l’appartement du « Grand » où avait habité YDIT, face à la ferme, quand l’un raccompagnait l’autre, puis l’un puis l’autre, tièdes ensemble. Il disait- avec différents mots- la séduction exprimée par le corps bronzé, par le sourire apaisé de ce trentenaire liseur et marcheur, Yd’I. On voyait le bonheur, on l’aurait volontiers partagé.
A commencer par un dîner ? Au fait, Y.d’I, était-ce une vraie particule ? Yvan d’Ici, par exemple? (demandait le joli reporteur avec son short bleu marine, ses mocassins beiges et son nagra).
Hésité, certes, hésité autant l’avouer, parce qu’il y a des gens devenant désirables à raison du désir qu’ils ont visiblement de vous, et que l’oeil guilleret du joli reporteur de France-Musique chantonnait comme un jazz tendre. Le piège habituel : on aime être désiré, puis- ensuite- on s’aperçoit que c’était seulement cela qu’on aimait. Ainsi qu’avec Irma, ou Brigitte, ou Caroline, ou Myriam, dans les siestes de stages d’été de Parti ( on racontera cela, mais pas avant le début de 2025). Pourtant non, pas cette fois, même si cela ne présentait rien de commun avec l’épaisseur pointue d’un désir injuste comme celui de Marcel Malbée, dit M.M., Die Pate- d’ailleurs enfoui dans l’obscur silence volontaire de la mémoire, en ces temps-là.



On sait que le sentiment du bonheur physique vous donne physiquement l’air de connaître le bonheur. C’est d’ailleurs ce que dit sœur Agathe. Au sujet de Marie. Ainsi soit-il
Sœur Agathe disait : « Pour le festival de Frère André, c’est mieux que ce jeune garçon soit bien soigné. Un reporter de France-Musique ». Bien sûr. Les Granges. Le Soir. Intimité de la prière. Interdit aux non-pratiquants. Short marine à courtes dimensions et longs rebondis, du lin sans probité candide.
Pas de Marcel Malbée embusqué à l’horizon du souvenir, et on ne connaissait pas encore James, futur Hanged.
On restait au soleil, allongés comme des lézards entiers, on devisait musique avec lenteur– Ydit n’en savait que si peu- et livres – Ydit croyait en connaître certains. On marchait dans la campagne voisine, levant à deux les sauterelles en passant devant le préau désaffecté de la mairie-école. Plus loin, les ruines carrées de la commanderie du Temple rappelaient que la pierre passée construit l’avenir. Des arbres de la liberté y poussaient, un par révolution : terre radicale socialiste. MLais arbres essouflés par la durée du Temps.
Ce groupe léger, malin, secret. Non, ce soir, ni demain. Il aurait pu, bien sûr, il avait tout ( presque ?) pour ça, mais non. Il n’était pas très sûr de savoir pourquoi « non« , mais pas la peine d’insister, « non », pas envie de ce groupe léger, malin, discret, malgré les horizons de plaisirs pratiques. Cette fois , certainement, clairement : » NON ».

Ensuite, vous le savez, Ydit a disparu – très mystérieusement, très silencieusement – avant que les posts commencent, l’aventure de « Saison IV » à moi confiée. Ainsi que, sans doute, dix ou vingt exemplaires de » Les Attracteurs Etranges » en pile sur un rayon de placard.
Le jour venu, avec le préfet, un ministre canadien arrivé en hélicoptère avait assisté au concert. Ydit regardait depuis l’un de ces nombreux couloirs dérobés qu’une vieille élève du stage « Icônes byzantines »-, une grande blonde à corps de cathédrale, vite attendrie- lui avait enseignés : comme dans les romans modernes, les abbayes portent en elles des passages clandestins et des secrets d’initiés.
. Il inventait un concert de novices, d’étudiants des beaux arts, de passants sortis d’un labyrinthe. Pour Ydit, personne, ni FRED, ni TYNE, les ombres habillées en soleil..
C’était une bonne idée. L’épouse aurait illustré d’icônes. Comme il buvait volontiers le gros rouge trop fruité du réfectoire – que servait Sœur Agathe- le pianiste parfois somnolait un peu sur les touches, et son jazz paraissait en conduite libre, tendance piano-bar. Ambiance de laisser-vivre, sans risque ni désir. On s’y trompait .

une Clarisse très belle. Cependant, trop Clarisse, elle refusait, en riant, qu’on la photographiât. Mais on restait volontiers dans la cuisine de cette anti-Françoise. On écornait la pomme de terre et le chou rave. Avec son talent, nul ne risquait la mort par indigestion de pommes de terre, pas loin de ce fameux pan de mur jaune, coin du cloître lacunaire. Ici, tout semblait ainsi comme préservé d’une tentation. A tort.
A présent, on voyait le mal partout, et c’étaient même des volontés avérées de nuisance, par certaines catégories de gens d’ici, considérant d’un mauvais œil la renaissance si rapide et lumineuse de l’Abbaye, sortie si vite de ses ruines, dans l’esprit du seigneur, ainsi soit-il… Sans les nommer, elle désignait « ceux de la loge »- on était, il est vrai, en terre de Rouergue : radicale-socialiste-franc-maçonne-gros rouge et saucisson large, tablier en peau et bavette à l’échalote, un rite français.
en plus du temple des Réformés calvinistes ( les pires?) , et les hommes de naguère ( quand la ville était prospère) allaient jusqu’à l’endroit de ce coin d’ombre centre-ville, café douteux pour les Soeurs du Mal, des femmes entre elles, sans confesseur.
Tous ces gens là, pas loin de l’abbaye, dans ce Sud frétillant, ça faisait beaucoup d’ennemis

JAMES, à lui, contre lui, mais dans sa jouissance brève facilement obtenue, un sexe touché comme par une brûlure, des fesses arrondies comme sous le fouet, un corps dénoué de sa pudeur, parce qu’on a trop chaud, bleu et blanc, rouge et vert, le pyjama, (certes pas de lin blanc, ça coûte trop cher, on n’avait pas d’argent, nous, seulement Die Pate, un peu davantage, voiture, couscous chez le Marocain, verre de sylvaner, voyage en Forêt noire, toujours il faut répéter cette différence sale, la pauvreté). SUR JAMMES, quel geste ? 

Cela, du reste, commence à peine : J’ai fouillé par anticipation le reste des textes et images et je crains de le dire : le pire-me concernant- est à venir. Et pas seulement dans le Venise-Paris, inconfortable souvenir…
On a toujours peur de quelquechose qui ne devrait plus faire peur. Mémoire.
Le Trouver, puis le faire disparaître (comme je le ferai moi-même ayant écrit ces fragments), l’effacer, le dissiper en feuillets qu’éparpille le vent de Toussaint, le vent d’après Septante. Quand on dicte les notes, l’expression « chasse au parrain » se traduit par haut parrain, -mais ce parrain-là, cela celui-là qu’on va pour toujours chasser, n’est jamais rien de haut, même dans l’intime, qu’il avait bas et baissé.
Se débarasser ? La même chose.
Tout seul sans rien à raconter ? Comment se mouvoir encore sans s’émouvoir ? Ou alors déjeuner cinq fois le jour pour raconter aux cinq fois par jour amis le même impossible récit ? Même s’il n’y en qu’un, même s’il n’y en a qu’une ?
et quitter la Seine ?

TYNE fut comme son introductrice à la langue africaine mêlée à la française, pour les combats du sacré, pour les luttes de libération, pour l’apprentissage renforcé du respect..
Secrets du noir au blanc mélangé,
mais pour s’en démêler.
TYNE ajouta qu’elle avait songé la première fois à lui autrement qu’à un professeur en suivant avec intérêt les mouvements du bassin serré dans le Jeans, tandis qu’il écrivait, des mots noirs au tableau blanc pendant son cours. Ces moeurs n’ont plus cours.
des paroles de forêt jetées à main perdue sur le tambour sacré, dont la peau vient de bêtes vivantes, ou même parfois d’hommes sacrifiés.
comme on arrose le brasier où dore l’antilope avec le sang d’une vierge, comme on tend la corne de vin de palme au sorcier qui va convoquer l’Esprit, comme on pousse d’une lance ravageuse les fesses d’un garçon quand sa classe d’âge le conduit vers le silence de la forêt tout entière dressée pour les terreurs de l’initiation et le silencieux froissement des initiés. De quoi en secret irradier la route molle et ridicule de Gédéon/Le Sénateur, tellement « typique » d’une époque.
De quoi repousser l’image de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain, tapie au milieu des fauves et des singes (à venir eux aussi, entre les épisodes

BOB pour qu’ils apprissent l’adresse de TYNE, tout ce temps plus tard, quarante années ou presque, car le temps paraissait venir d’offrir enfin à TYNE un exemplaire de la thèse, relié en poussière de vie…Pour en finir (peut-être?) avec l’émotion du noir.
Ensuite elle l’aime. Croit-il. Veut-il. Doute-t-il.
,
dans leur petite auto grise, leur mini Traban inconfortable, espions dérisoires payés à la semaine. 

trente ou quarante ans plus tard ? Pour y retrouver une silhouette assise au milieu d’un jardin rose ? Et cette adresse, ne serait-ce pas plutôt via Beifiori, Numéro six?
vide, YDIT, là, sur un quai, vide, et le train qui part, et lui ne monte pas, ne fait aucun geste vivant, une fois de plus ne court pas le long d’un quai, vide, comme souvent rate la marche du bon futur, pas bougé, pas monté, pas sorti du clavier de l’ordinateur, et rien n’advient, une fois encore, une fois encore, rien n’advient.
, soutenue ( ou dispersée?) par ce dur duo de BOB et MORANE, est différée par l’immixtion de récits en apparence parallèles – peut-être comme des enluminures inachevées qui borderaient un récit troué ? On perçoit bien sûr, le temps passant, que, résignée à rendre public ce fatras dit « Lettre de A., Version B », par devoir et nécessité d’achever ma tâche d’héritage, après la brutale et inexpliquée « disparition » de YDIT, par périodes, je serais gagnée par une lassitude vaguement agacée, n’eût été la puissance aussi perenne de notre ancienne complicité. Maitrisant (plutôt : ayant pris connaissance de) la totalité du paquet, je peux anticiper d’autres cassures du récit central. Donc, puisque vous fûtes confrontés ( et confrontées) à la « Présentation de FRED », épisode ONZE ( sur près de 140 !) il faut que se supporte ici la « Présentation de TYNE », suite. Encore- oui- cette fracture intime du double, MM et Hanged, Morane et Bob, Ydit et moi, puis FRED et TYNE. « Le réel et son double » écrivait l’un des auteurs que Y.d’I. parfois citait, j’en ai oublié le nom, c’était il y a longtemps, c’est démodé, on ne parle plus de tout ça.





L’université de la ville en ce temps suggérait aux étudiant.es en dernière année de licence, supposé.es bientôt passer des concours, de consacrer une quinzaine de jours à une espèce de stage dans un établissement scolaire- pour le cas où elles et eux auraient eu envie de devenir professeur (un mot qui n’a plus le même sens).


Puis d’un autre, apporté en anglais. Et ainsi de suite. Prétextes choisis pour prendre d’abord un verre ensemble dans les cafés plutôt peu sympathique entourant la fac, entre deux cours – car la présence de stagiaires avait fini depuis longtemps, et cela étonnait Maurice ou Catherine ou Arlette de voir que TYNE souvent rodait en vélo, courte jupe aérienne, dans les alentours du lycée pour attendre YDIT…



Après le dîner sur la terrasse, qu’il a fallu fermer, car déjà le vent est frais, TYNE préfère marcher le long de la mer, tout le monde sait bien ce qui va se passer, leurs apprentissages comme d’adolescents qui s’inventent un savoir neuf, les gestes dits banals qui deviennent découverte magique, rituels secrets et sacrés, l’intime mieux que partagé, offert, une seule chambre à l’hôtel, la serveuse qui s’attendrissait,
, qui admirait TYNE ( attention, ce n’est pas Nadja?)ou les voisins de table qui tentaient d’écouter le dialogue de ces deux là. Ces deux là qui oubliaient ( YDIT qui effaçait) toute idée de la Chasse au Parrain que mènent cependant ( déjà? Pas encore ?) les détectives de sable et de coquille Saint Jacques, BOB et MORANE





Le Secret mis au jour par ses parleuses même.
L’Afrique, pour Ydit, pour toujours s’appelle Tyne, autrement dit une autre forme de l’horizon indépassable de la mémoire heureuse. Encore une formule à la MORANE ?

Mais Tyne ne laisse pas de trace, sauf sur les carrés des photos où elle posait avec douceur et indécence- simplement là et nue, images d’album qu’YDIT inlassablement avait regardées, avant que l’incendie les détruise.




Montée de la Montagne 







C’est le 18 mars 1314, à la pointe de l’ile de la Cité. Les flammes entourent l’homme. En mourant, Jacques de Molay s’écrie :
effeuillage au rythme de Chostakovitch symphonie numéro 5, la serveuse qui a dépassé Septante et plus peine à servir les verres de gin pur et les sandwiches au Lièvre de Patagonie, à présent il est nuit pleine, l’écrit grapille, gaspille, gambade depuis des heures, on devrait, il faudrait, ce serait mieux de …ou on aimerait mieux pas ?…(on a perdu la référence du texte).

ça veut rien dire pour les directeurs, à gauche ou pas un directeur ça dirige, donc un peu tout de même un sale type, c’est lui qui ferme les postes, donc un sale type, ça existe les sales types de gauche,
visites, tapisserie sans trame, nouvelle politique de cela, félicitations et reproches, projets et rejets, comptages et contages, et pourtant toujours le même bavardage bravache sur le vent, nouvelle politique de rien du tout, soirée théâtre des lycéens, décomptes, courriers, chorale des personnels, festival des lycéens, grève au collège, dîner chez le préfet.
Voila le reproche véritable fait à Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain : pas ses doigts trop serrés ici-bas, non, ça on fait avec, pas ses lèvres top mouillées par ci par là, non, ça finit en jouissance, pas ses yeux trop déviés, non, le garçon regarde ailleurs, les vieux livres sur l’Ordre du Temple dans le Cosy : mais ceci, marque définitive de l’abus : l’apprentissage de la coupure intérieure, impardonnable.
ici pour cette fois je ne me baigne pas nu, et dans les bois où je cours le footing, aussi la body-guard (elle me suit avec des barres protéinées afin de m’épargner la honte).


On y a croisé quelques exemplaires de touristes curieux, Lonely Planet en main ( « un endroit très typique du Paris étudiant et populaire ») parfois même de vieillots lettrés, aristocrates éberlués ou montagnards Hébertistes, à la recherche d’ultimes traces de l’ancien « Enclos du Temple »- ce vaste domaine entouré de murailles que posséda longtemps l’ordre guerrier des moines du « Temple ». 

Aussi, dans le sous -sol du café, le plus proche du « cœur » du temple, son donjon disparu, il arriva que l’un d’entre nous croisât un chercheur- évidemment pas un universitaire véritable ( ceux-là fréquentent les bibliothèques )- mais l’un de ces illuminés tardifs perdus dans une quête inutile des « Ombres et fantômes » du Temple.


Le TU fais, tu TAIS. 
assis avec des cartes, fermeture éclair vite-fait, chemise bleue rayée de blanc, le YDIT des pyjamas trop chauds, un peu genre veste de pyjama, justement la chemise. Mais oublions cela, le pyjama.


Tyne si belle sur les rives d’Andalousie, Fred agrippée à une couchette Venise-Paris (à chaque lieu où se trouvait Fred, c’était la lumière, on racontera cela),
ça passe aussitôt ce jour-là, l’ombre de Marcel Malbée immédiatement est effacée par les refus rigoureux de la mémoire, rien à faire, rien à dire, revenant à la lumière et marchant rue Turbigo, vers le lycée, ce jour-là, Ydit ne sent pas la violence de la haine pas plus que la lourdeur de l’oubli. Trop tôt encore ? …
même si le corps est nu dans l’encadré de la fenêtre, un nu sans ailes ni carquois, un nu sans main voilant le sexe, un nu dressé dans l’évidence de son définitif silence, et toutefois,

parcourent des chemins, non pas pour tuer le Minotaure, mais pour se débarrasser de l’idée même du Minotaure, ce qui est une rude ambition. Avouons-le.


On aimerait tant LE, LUI, le voir de face.

car on ne sait jamais très bien par quel bout prendre un mort, un fantôme, une idée, un fantasme ( tout à fait comme on ne sait pas très bien par quel bout prendre un commencement, mais cette métaphysique interrogation leur échappait aussi, on le devine).



Il parle quelquefois son malaise, en général il le tait, il se tait, tout se tait. Mais tu sais. Tout se sait.
Et cela est bien, pas de lumière, car sa tête est encombrée d’images, sinon. Pas d’images, non, de brèves réminiscences plutôt. Son Parrain à lui – mais on ne saura jamais le détail de ce qui fut, ce qu’on lui fit, cordon de pyjama ou pas, tant mieux. On ignore et cependant c’est pareil.
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Cette pâleur même de l’intérieur.
Il y a longtemps que cela ne t’était pas arrivé de manière aussi impérative : tu éprouves le désir de l’entourer des bras, de l’embrasser comme on s’embrasse dans les débuts, ou entre les enfants, et peut-être aussi es-tu dans le désir de le reconduire dans le lit, même si vous n’avez pas trop le temps, pour un rapide mais intense câlin du matin. Jadis, vous le faisiez parfois. Vite et en riant. Jadis.
Hanged James.
Ensuite, pas de recours, pas de retour.
Marcel Malbée – invisible toujours- lit longtemps et commente un peu un étonnant périodique, « l’Os à moelle ».
Pour Parrain. Pour la chaleur, la fraîcheur, la tiédeur, la candeur ( fausse )( dès l’après première fois, où ne fut pas dit « non »)

Dimanche, c’est match.


Quand il revient dans la salle à vivre, la Grand-Mère-Savait se montre agacée, ce gamin est stupide, et ça gâche la peinture, c’est cher. Mère ne dit rien, elle fera la lessive, et c’est un petit garçon si gentil avec tout le monde, et premier à l’école, il faut bien laisser passer quelques babioles.

