Rappel – pour les mémoires lourdes : YDIT s’interroge de plus en plus (sinon de mieux en mieux !) quant à la possible façon de poursuivre une petite fuite sur des pistes un peu défoncées (l’addiction ?), muni de skis un peu trop courts (à l’inverse de ses ans). Entre deux consultations – autrement dit rêveries – le voici qui s’adonne à son toxique, le récit. Le bon docteur l’a envoyé se faire voir par les AAA. FRED, la grège observatrice, femme aux yeux talentueux, et Toton Hugo, le fantôme aux cheveux de vent, commentent un récit : YDIT chez les AAA. « Un peu compliqué par l’épaisseur des allusions, les allusions, » dit Tonton, dans l’épisode précèdent (à moins que cette réplique peu glorieuse, même Misérable, ait été coupée au montage ?), les allusions c’est comme la sauce béarnaise, si t’en prends trop tu noies la tête de veau.

Parfois, étrangement, l’HUGO ( ici sollicité dans sa fonction de polygraphe républicain, teigneux, coureur de tirages et de jupons, le roi du double foyer) s’abandonne à la vulgarité d’un soir de Pub à Guernesey. Maintenant, les deux comparses ne disent plus mot. YDIT reprend le récit de la soirée : au moins, les AA savent de quoi ils parlent, c’est leur propre addiction, leur maladie, leur grandiose calamité, leur défaillance mais aussi leur succès : leur méthode. T
Toujours la même. Écouter, plaindre, partager, attendre. Un peu la vie, non ? Donc, ensemble, ils plaignent la rupture de jeûne ( de Jeune? Ironise Fred) de la pauvre Phèdre, pour aller jusqu’aux « Propos sur le bonheur », tout ici ( les AA!) s’inscrit dans le contexte d’une rupture de sevrage, d’accord, on est prêt à consommer tout ce qui vous tombe sous la main, même un annuaire des maisons d’écrivains maudits, mais il faut en effet considérer cette griffure comme une blessure, c’est une immense rechute.
Rompant- mais à voix très basse- l’ordonnancement cérémoniel de la compagnie réunie, un vieil homme qui sent le chat glisse à l’oreille de sa jeune voisine (une Virginie) qu’il n’osera certes l’avouer, mais en week-end, il pleuvait tant, de plus on s’ennuie à son âge, plus de minettes et trop de minous, bref il a repiqué avec une injection de Robbe-Grillet, pas du meilleur, un vrai labyrinthe. Elle s’étonne, rougit, ( pas du tout à cause des minous et des minettes, le vieillard est connu pour son imaginaire) elle se torture les phalanges, puis tout de même avoue : Moi, je me suis tapé une nuit avec « L’Amant », je m’en remets à peine. J’ai -pour rire- l’airain qui se fendille, me voila comme toute avachie, haletante, un tiers épuisée, un tiers ravagée, un tiers néantisée.
Tonton Hugo note que c’est un milieu où l’on aime se citer les uns les autres ?
YDIT : L’animateur des AAA devenus AA (mais aviez-vous noté que le rire se raccourcit tandis que le temps passe?) l’animateur fait mine de se croire sur un plateau : si plusieurs parlent, personne n’écoute. D’un signe aimable il commande la musique, Pavane pour une infante défunte, ça calme toujours les ardeurs des participants. Puis, c’est quand même moins tarte que Le Boléro. C’est un joli détour.
Au retour, Philomène s’engage dans un long monologue – ici banal, chacune parle de soi pour soi, c’est la règle : autant le dire, depuis six mois, elle multiplie les efforts, avec force et vigueur, elle s’interdit tout volume et tout crayon, même pas le moindre trait d’eyeliner sur le premier post-it venu, rien, c’est bien qu’on soit ici ensemble, parce que vous, vous savez comme c’est dur, elle continue qu’elle voudrait y croire encore, malgré tant de rechutes, partielles, certes, ici même elle en fit le récit, mais tout de même, se priver si durement, si longtemps, soir après soir, salon après salon, brunch après brunch, entretien après entretien, bavardages à la terrasse du « Hibou » après bavardage à la terrasse du « Hibou » .
Fred : c’est Elle qui est si connue pour faire des lignes ? Étirer son énumération comme une file d’attente pour le test CoVid devant la pharmacie ?

Philomène a continué, pendant cette (on l’avoue) assez inopportune interruption, mais que refuser à Fred qui ne refusa rien? Philomène, entretien après entretien, bavardages à la terrasse du « Hibou » après bavardage à la terrasse du « Hibou » , et tout cela pour finalement -faute de préparation- consommer ce qu’on a sous la main, du Daphnée du Maurier, du Gilbert Cesbron, du…je ne sais même plus comment il se nomme, le type de « hommes en blanc »
L’Animateur (un vrai spécialiste !): « Il a aussi écrit « J’étais médecin avec les chars », ce qui ne signifie évidemment pas qu’il soignait les engelures de René ou Tina (ou Marie-Claude ?…), à Céreste ou l’Isle sur Sorgue.« *
Un frisson parcourt l’assistance, comme écrirait un auteur absent. Ici on aime l’allusif, on vénère la devinette, et les gâteries de l’Animateur concourent plus d’une fois au sentiment d’appartenance. Rien de mieux que le sentiment d’appartenance, ces temps-ci, n’est-ce pas ? L’entre-soi fait sa loi.
L’animateur de la séance AA, soucieux d’apaisement, rappelle ce qu’on lui a narré : des AA qui avaient choisi la voie violente de la cure -un séminaire à Cerisy, une décade musicale à La chaise Dieu -espérant qu’on les tiendrait à l’écart de leur addiction, et les soignants – pourtant tous des professionnels de valeur, directeurs de collection, traducteurs du sanscrit, critiques à « La veillée du Perche », même parfois éditeurs à fonds perdus de revues poétiques, en somme l’élite, – s’étaient vu déborder : en faisant une ronde, ils avaient découvert des volumes cachés dans les buissons par les curistes, des volumes introduits clandestinement par les AA qui s’en servaient, en prétendant sortir pour fumer, juste une petite vaporette, rien qu’une taffe, et hop, à la place, ils gobaient sous le coude un chapitre d’Angot, une page de Queneau, deux poèmes de Roubaud, tout ça en vitesse, des volumes entre les arbustes, quelle honte, quelle indignité, de la came autant qu’on voulait, ou plutôt qu’on ne voulait pas.
Geste : Musique ! On perçoit qu’il est bouleversé, l’Animateur.
YDIT, du fond de la salle, silencieux, s’imprègne du rituel AA : ici, on fait semblant de se taire pour mieux parler, mais la parole circule : on lui tend- comme s’il était un habitué de l’ ADDICTION (mais les AA d’ici réunis l’ont reconnu comme tel !)- une quatrième de couverture sur laquelle, désespéré, Bardamu (étonnant pseudo) a écrit avec rage et désespoir , pendant que les Maures et la mer montent au port : « Et alors, comment finir avec l’ addict au Raissi ? Se faire interdire de librairie? Se détourner des bibliothèques? Contourner jusqu’aux boutiques des musées du Louvre où des scélérats vendent même des romans de la momie ? «
Tonton Hugo se demande si toutes ces allusions, ça ne va pas faire un peu trop ? Fred -l’agrégée de base- répond que dans le genre « faire trop », le Tonton, le Hugo, enfin pas la peine d’approfondir, si ?

On en reste là, surtout qu’on n’a pas tenu (c’était prévisible) l’engagement de la limite à 1000 mots. Dépassement de 40%, on se croirait chez un psy.
Fred : si vous effaciez cette remarque, on en sauverait vingt-sept, des mots.
Et la tienne supprimée avec : trente en moins.
Tonton Hugo estime qu’on s’en fiche, du beaucoup de mots, du trop de vocabulaire. On existe avec ça comme avec le sang dans les veines. Même si on atteint dans les 1500. Fred confirme qu’on le reconnaît bien là. : toujours un mot de plus. YDIT affirme qu’il faut conclure :
S’il avait la réponse à la question du sevrage, YdIT n’aurait pas visité les Auteurs Addicts (mais c’est peut-être plutôt les Auteurs Anonymes ? Les Affranchis Avilis -comme les nomme un producteur radio à jamais préservé de la tentation du livre.)
À la sortie, l’Animateur rejoint YDIT et dit à YDIT : alors, prêt à ? (c’est une ligne où l’on aime les dentales et la liaison !)
YDIT : Au fond, pour se débarrasser de l’ADDICTION au Raissi, à l’affliction de la fiction, de cette implacable pulsion vers le texte qui embarrasse la vie et repousse le sommeil, pour casser la chaine intérieure, ouvrir le piège, pour ne plus faire tant d’Histoires, sans doute faut-il s’alléger ? Viser progressivement à briser toute lame et toute l’âme de toute fiction, l’éliminer comme une trop bonne humeur, la tirer comme du mauvais sang ? S’interdire la folie fascinante du RAISSI (à ces mots, l’animateur s’amuse : tant de naïveté !), c’est déshabiller le vieil homme, revenir aux nudités primordiales d’avant tout RAISSI, toute HISTOIRE ?
Sans le dire, Tonton Hugo juge que, se déshabiller, alors ça oui, se mettre à nu ou presque, sans doute YDIT s’y adonne-t-il déjà un peu trop dans ces pages ?.. Fred ? Je dois dire : rien à dire ! Mais il aurait promis d’aller se rhabiller au lieu de babiller?
On se sépare sans conclure, c’est la vie : YDIT reviendra-t-il participer aux cercles des AA ? Albertine et Phèdre, se tenant la taille, les saluent en passant.
Sinon, dit L’animateur, j’ai l’adresse d’un bon centre de détox, des psy solides comme des comptables, pas des verbeux comme ici, est-ce que ça vous intéresse ?
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Didier JOUAULT pour YDIT – TROIS, Saison 3 Episode 11 : Pour ne plus faire tant d’Histoires, sans doute faut-il s’alléger, comme dirait Saint-Léger Léger? Mais qui donc voir ensuite ???












































on le découvre soudain qui ne resterait pas insensible
une cuisinière,-mais il ne s’agit que de cure ou d’objet…

« Etrange monde, dit- elle, où l’on vous demande sans cesse de raconter du passé, quand vous attendez seulement qu’on vous parle de la suite : que va-t-il se passer d’autre que ce passé? « 
Lire, toujours lire, corps immobile derrière le voyage intérieur, c’est irritant d’absence, agaçant de distance.

voudrait connaître le lien de Florence et du docteur Simomeau?






Puis voila ( continue la conseillère narratrice un jour, toujours) le temps de l’obstruction, le confinement, pour elle une violente épreuve, plus de courses discrètes possibles, elle se faisait livrer des caisses de six volumes de rouge bien rouge, épais et nauséeux comme un jus de betteraves, le moins cher de toute la boutique, mais rien à faire, même comme ça, elle manquait, ça manquait, sans parler de la honte devant le livreur haletant son effarement, au bout du compte le mari s’est aperçu de l’addict, s’est ennuyé, fâché, bouleversé, alarmé. Dès la fin de la peste COVID , elle a commencé à voir un psy-pour tenter de répondre à la question, votre question : comment s’en débarrasser?«






« Celui-là, c’est léger comme un Prussien, mais pourtant j’ai entendu parler d’une Polonaise qui en prenait au petit déjeuner » (à Moulins, rue Traversine, ça peaufine et confine, la devanture porte l’enseigne » Aux Trois Tontons, neufs et occasions »), » sinon – pour vous quand vous serez en plein manque- j’ai ces volumes à déboucher d’une ruelle en pleine lumière un soir de neige, des rossignols mutiques de chez les Compagnons d’Emmaüs, éreintante (vocabulaire de Gustave) diversité polymorphe provenue de polygraphes incontinents, ouvrages pour dames, ou même messieurs-dames, abandonnés par des passantes sans soucis aux mains compassées de brocanteurs pratiquant l’Art Royal dès l’aube et distribuant « Les Bijoux indiscrets » à partir de 18 heures. »
, avec le bras d’un éminent spécialiste comme béquille ( fin lettré, Le Doyen ne répugnait pas à la citation de formules célèbres, surtout les métaphores boiteuses ). 
qu’on aurait décrite jadis seyante, naguère efficace, et aujourd’hui rien du tout, chaque adjectif étant par avance coupable comme une onomatopée dans la messe en latin), ensemble, à deux, lui- râblé, petit et moi -sportif, placide-lui parlant vite, moi taiseux, nous avons vécu ce que vivent les visiteurs : grippes ( ça va passer, il n’y a rien à faire); début de tendinite (il n’y a qu’à attendre que ça finisse, et ne pas courir); début d’interrogation quant à un épaississement menu (il n’y a qu’à changer de menu, moi je me suis mis chaque soir à une soupe thaïlandaise Picard, rien d’autre, et chaque midi deux œufs durs, j’ai retrouvé mon poids d’internat en un petit mois); ou même de très rares épisodes sérieux, Tiens votre Bio exulte en leucocytes ou encore on dirait que votre cholestérol fait son drôle, mais deux semaines plus tard, revenu de toutes les alarmes, SIMOMEAU se flatte le Vidal d’un doigt d’ado bien nourri, il enchaine rapidement : Ce n’était rien, tous ces petits chiffres facilement agaçants ont repris leur place, d’ailleurs y’ avait qu’à attendre, ça finit par passer : on rejoint la moyenne dans la colonne des Moyens. Vous pourriez être malade comme cette personne dans la salle d’attente.



( il aime les patients bien portants, ou guéris à la soupe Picard), « Vous savez ce que j’en pense, et pas en même temps que le Doliprane, chaque mot pour chaque mal, le mieux c’est zéro » ( il sait qu’on va tricher), « Et si vous ne parvenez pas à dormir, allez marcher, Paris c’est revigorant la nuit, ou alors branchez vous sur un Replay de Parsifal, ou Faust, ça vous occupera« . Tout ça dit très vite : la diction est son remède. Le contraire d’YDIT !












Photo de Nataliya Vaitkevich sur 














le déniant/ La Souffleuse aptère : occupants du vide
la sérieuse aptère et absentielle, longuement fréquentée, d’autant qu’elle multiplia de belles excuses pour ne pas s’y coller. Mais on aima tout de même la tranquille incompétence gracieuse de sa jeunesse.
et même le rare du bazar. Professor D.Bâ de Hurledent, s’il vous plait, car, dira-t-elle, cher Monsieur , » Vous pouvez m’appeler Professeur, je ne l’indique pas sur ma plaque, mais j’enseigne à la faculté d’Ontologie de Montoire. »( elle prétendra cela environ en juin, sur cet écran même ( à condition de tenir les délais ou de ne pas être en route pour l’exil ), et on a le temps de changer d’avis, ou de mots, d’ici là, et même en cas de pire : de changer d’air, n’est-ce-pas?);
rien que le souvenir de sa future apparition ici donne envie de se séparer du présent. 







des robes longues, noires dans l’aube de la foi, des silhouettes ouvertes devant des fenêtres opaques ( des chemisettes ouvertes devant des statues de Pâques?), des jeunes filles vues de dos et pas prises de haut, et le tout très sportif. Les anciens ( à défaut des anciennes) sont coutumiers ( et donc pas coutumières) de ces corps à peine démasqués, trop peu montrés, pour être au net avec la censure – et même aussi le désir ? Corps – symboles ? 

, Marie-Lou, la bonne coifeuse, mais on va nous dire qu’on se prend pour l’Arthur cherchant des poux, Michelle,
la bonne druidesse ?
ils ont été trop parfaits. Ils sont trop chers.

et (puisqu’il s’agit de Venezia), on verra des labyrinthes
où se perdre est bienfaisant. Même si l’on observe le plan de Venise comme le visage d’une grand-mère qu’on sait ne jamais revoir avant qu’elle meure. Car le pire lieu où se perdre ce sont les méandres intérieurs .

toujours trop forte, la nuit, lente à venir. Et d’ailleurs toute écriture est-elle rien d’autre qu’une tentative malhabile de jouer avec le sommeil, le soleil, venu, pas venu ?
le tout servi à table et d’une main leste par l’une de nos habituelles figurantes, qui fera vite et bien, ou well and short, donc il y aura…
André Breton n’écrivait-il pas : » Mon Dédé, t’impatiente pas dans ta cave de Rantanplan, avec tes faux biftons, tes fafiots bénis et ta porte étroite, tu finiras papiste « (notes inédites, recueillies dans la table de nuit d’Aurore).



Il succède à Voltaire des Séquences Publiques d’Oubli,
qui s’est décommandé, fatigué de ses apparitions en vieux chat
lors de la « Série 1 »,
celle des SPO. Parti, Voltaire dit V3, marcher ou rêver d’autres horizons

Il y a fort à faire dès lors pour l’autopsie du futur !
Jadis, une comparse d’YDIT aurait murmuré, lasse : « Encore une de ses formules pour brosser le vent dans le sens du poêle, rien que de la fumée sans jeu ».
Peut-être un père blanc, aussi ? Mais ses apparitions en clochard ivrogne et démasqué lors de la Série 1 ont suscité des reproches.
ENTRACTE 6/6 :
Mais chut, le drame reprend sur la scène.

Poussé dans le dos par les cauchemars des fusils, et la veille assoupie des soldats d’hier, je sens comme les sifflements des souvenirs qu’on tire à balles réelles et à bout portant derrière mon dos, je file, je fuis, j’essuie, j’y suis ? Effrayé, effaré ?

La certitude visible et protectrice de la Mura, sa masse roux-vert, me rassurent. Ici l’horizon est proche et immobile, la clôture apaise sa certitude. C’est le piège dans lequel nous vivons tous, le désir de rester protégés, le désir imbécile qui affadit tous les autres, dont celui de sortir en pleine terre, en pleine lune, exposé à toutes les surprises, explosé peut-être.




























plâtrés, tenus en laisse par des comparses.














De toute façon, écrivait le bon vieil Emmanuel Kant, si tu connais pas l’autre, tu connaîtras encore moins ta propre conscience, donc démène-toi, laisse tomber l’urgence, regarde juste le film intérieur. Ou était-ce Rank ?
Dans ce jour lent, j’ai le sentiment que tout se décline par deux. Reste de vin au Vieux Ghetto ?
Le bruit du temps, 2021)
sur la table ronde du jardin rose, mais pas de trace de Silvia, bien sûr, et je suis dans mon jardin, qui est à peine le sien, protégé du solide portail, au milieu du quartier, au milieu des marques de l’ancien Castrum romain dont les lignes se dessinent encore nettement sur les vues de GoogleEarth, au milieu des anciens doubles bras du fleuve Pô qui faisaient de Ferrare une île avant qu’on déplace son cours, au milieu de La Mura.

Dans la rue, au sol, des cartes.
mort subite. Pour longtemps( et ma vie est désormais brève) la synagogue, en travaux depuis sept ans, sera close à l’incroyant que je suis. Lors du précédent séjour à Ferrare, le cimetière juif s’était refusé, et pourtant cette fois j’y ai passé deux heures. Espérons, espérons, espérons,
On perçoit toutefois les fenêtres à jalousie, exceptionnelles car elle signalaient trop l’Espagne, le Juif donc, et on n’a osé en construire qu’après la première génération des arrivants de la Péninsule, quand il semblait (mais il a si souvent semblé puis si souvent déçu) qu’enfin en ce duché d’Este on pouvait commencer à planter des arbres à croissance lente, à l’intérieur, dans le patio maintenant inaccessible pour que les générations et les générations s’y protègent de l’ombre.
Plaque usée ; toute en majuscules d’un graveur peu adroit mais attentif.



Je cherche des
Au milieu de l’un des enclos, deux stèles verticales juxtaposées : ANGELO ENRICO BASSANI/ MEDIC CHIRURGICI 1885-1948 et DORA MINEBI/VED BASSANI 15.10.1893 -11.5.1987, les parents.

Le salon funéraire a été construit comme toute une partie ancienne du cimetière : en grand format, et en matériau de prix. La double porte coulissante est close, mais mal. Poussant sur le métal lourd (les rails au sol n’ont pas servi depuis longtemps ), on parvient à dégager l’interstice d’un passage.


