Séances publiques d’oubli : épisodes 1 et 2, pour commencer doucement

Je suis venu vous dire que je m’oublie.

Le projet

« L’Omission »

Séances publiques d’oubli

Contacts : ydit.spo@gmail.com

De l’extérieur, si l’on sort du métro, si on passe chez le boulanger on voit ceci : un homme est là,  il porte un badge

«OUBLIES» , parfois noir et rouge, parfois vert et bleu. Si tout va bien (s’il ne pleut pas, si le temps ne presse pas),

une affichette l’accompagne.

D’abord on penserait qu’il parle seul, comme s’il déambulait en dialoguant au téléphone.

Pourtant il s’adresse à un public, inconnu : celle qui arrive, celui qui passe, vous, eux.

Ainsi va le projet : l’homme, le personnage, le pseudonyme.

Ydit est ici afin d’effacer sa mémoire

Une Omission  programmée sur (environ) vingt-ans,

non renouvelable

.

Précaution d’emploi : pour un meilleur suivi du projet, il n’est pas inutile, et il n’est pas nécessaire, de se reporter au protocole d’expérimentation, donné sous la forme de douze articles annexés aux douze premières séances.


Le projet

L’Omission/ Séances publiques d’oubli : épisodes 1 et 2, pour commencer doucement

c'est l'atelier public d'oubli

c’est l’atelier public d’oubli

 

 

 

2015

 


SPO1 . Paris Landrin, 22 minutes.


A la date prévue, Ydit  est à l’endroit convenu, devant le 12 rue Emile Landrin, c’est à Paris, arrondissement vingt. Dimanche vers le début de soirée, la rue est déserte.

Le projet décide le lieu et l’heure, passe qui peut.

Ydit n’attend pas la présence, il mène le projet , il parle pour provoquer de l’oubli. Enfin, c’est ce qu’il raconte.

La première fois, parler seul en plein air en d’adressant à un public, mais sans public, c’est difficile. Pourtant c’est le protocole expérimental. On doit s’y tenir. Un certain temps.

Donc notre Ydit s’interroge à voix haute sur la valeur ultime ou pas des premières fois, de toute première fois, de chacune d’entre elles, avec cette saveur singulière que le souvenir invente ensuite pour elles. Alors qu’il fait une liste fourre-tout de premières fois possibles, de premières fois dicibles (ni ridicules ni honteuses), qu’il donne sa liste à voix haute et intelligible sur le trottoir du

12 rue Emile Landrin, c’est à Paris.

près du cimetière, à Paris

près du cimetière, à Paris

Il y avait une clinique d’accouchement jadis, un couple passe sans s’arrêter.

Reconnaissons que cela gène un peu. Oublier en public requiert deux composantes : du public et de l’oubli. C’est tout simple. Peut-être même l’homme, avec un regard inquiet vers l’oublieur qui parle, fait-il un écart sur le trottoir. Le parleur est pourtant vêtu sur un mode rassurant : selon les usages de la

les us et coutumes du coin

les us et coutumes du coin

Il porte des lunettes. Il évoque une première fois possible. On dirait que tout le monde s’en fiche.A vrai dire, cela se comprend.

On pourrait toutefois penser qu’il va en faire le tout premier  souvenir condamné  à l’effacement, le choisir pour cette prestation inaugurale d’oubliage, qu’il n’attendait pas multicolore comme une leçon au Collège, mais tout de même moins gris et blanc.

A ce point de la performance,

(enfin si on ose dire)

un homme jeune ralentit le pas sur le trottoir, jusqu’à l’immobilité, presque. Bon, un client.

Un labrador beige et propret le tire, tente de l’entraîner, cependant l’homme s’arrête. Il ne comprend pas. Il n’a pas tout entendu. Il ne sait pas pourquoi l’homme-Ydit  parle seul, sans déclamer, par instants hésitant sur les mots. Il demande, avec respect pour l’âge et l’allure

P1130578du parleur, il s’inquiète si on peut quelque chose ?

C’est gentil, mais on n’est pas dans un truc pour le SAMU social.

L’oublieur hésite. La préparation du projet s’avère en effet lacunaire ( c’est toujours un peu ainsi avec lui, on le regrette ) : jusque-là, il ne s’est pas posé  la question d’un dialogue. Il a travaillé le sens, les règles de l’expérimentation initiée ce soir, et bravement prévu des soliloques. Il  a  même rédigé les articles du contrat (qu’on lira peu à peu, ou dans «  Pages » pour les impatients, les insomniaques) : l’enjeu est de se contraindre à oublier les souvenirs dès qu’ils sont évoqués, comme ce soir, lors d’une séance publique d’oubli. A s’empêcher d’y repenser plus tard.  Il nomme également cela « oubliage ». Comme pliage. C’est plié. On peut toujours …

Peut-on détruire soi-même sa mémoire ? On peut toujours essayer.

Mais répondre à un chien et son homme pressés un dimanche soir ?  Autant parler de vitesse à une tortue, de caresse à une vipère.

Des échos de silence paisible traversent abusivement le trottoir. L’écho des morts voisins, au Père Lachaise, décore la scène. Dans son imaginaire du projet, l’oublieur public se disait qu’il essaierait de ne pas tenir compte des réactions du public dans le flux improvisé des souvenirs-parlés. Qu’il ferait comme si personne n’était là. Et maintenant ? Ce soir, c’est une première fois, et tout le monde sait que ce ne sont pas toujours les plus abouties. On peut s’accorder la gâterie indécise d’une petite rupture discrète de contrat, non ?..

             D’ailleurs, dès qu’il s’agit de parler,

respecter une  rigueur sans faille conduit le plus souvent à

une acceptation du …

                                   silence.

« Pour aider, on peut faire des photos », répond l’oublieur public. Le chien n’y met pas du sien. Evidemment on n’a rien à lui donner, même pas une bouillie pour les chats. L’obligeant passant, pourtant, adhère un moment  à ce  projet qu’il ignore. On perçoit qu’il rêve d’autres chemins pour les dimanches, de surprises. Il prend du champ, tente des cadrages, zoome, le chien tire, l’homme résiste. Il traverse à nouveau, toujours pas de  voiture, rend l’appareil :

«Je peux voir ce que ça donne ? ».

Si les auditeurs, en plus, veulent tout voir, on n’a pas fini. Mais peut-on obliger à écouter  sans les yeux ?

Plus tard, le promeneur s’éloigne, puis se retourne pour savoir si l’oublieur parle encore. C’est le cas : pour oublier l’incident du dialogue, et se gorger de l’imprévu, Ydit qu’à l’occasion d’un footing au bois, il a croisé des hommes en short, courant à grande vitesse, tirés par un (ou parfois plusieurs) chiens de traineau haletants, attachés à la ceinture du coureur par une solide lanière, tout le monde hurlant des cris vains, suant sa vitamine, adulant des chronomètres, absurde attelage.

« Sans doute une image parfaite de l’illusion d’être à deux,

un montage menteur…

on peut faire des photos

on peut faire des photos

bien réussi ».
Heureusement, le chien est trop loin  pour entendre…

ce commentaire scandaleusement dénué de rapport avec l’intention d’oubli.

Ainsi, Mesdames-Messieurs, ainsi est close la première séance publique d’oubli. La séquence inaugurale. La séquence pré-mature. Allez, cela ne s’est pas si mal passé.

D’accord, il n’y a pas de quoi fanfaronner dans les galeries d’art, surtout que le minimalisme, à présent… Attendons la suite.

Evaluation :TS00 : 0% / TPE : C (même C – ?)

N.B. TS00 : Taux de Satisfaction Objectif Oubli

TPE : Taux Plaisir Emotion.

A noter que, pour l’instant, ces taux n’ont  pas  déjà été homologués par un organisme habilité.

 


Protocole , Article 1 : Le projet OUBLI(E)S, aussi nommé « L’OMISSION », et sous-titré « Séances Publiques d’Oubli » ( ou par glissement : « Séquences Publiques d’Oubli ») est un exercice public et permanent d’oubli progressif de ses propres souvenirs, en direct. L’Oublieur parle pour un passant aléatoire et puis s’en va. C’est un exercice qui n’évite pas le risque.

OUBLI(E)S vise ainsi à exposer par la parole un effacement de la mémoire personnelle de l’orateur, qualifié d’oublieur. L’OMISSION se réalise lors de moments d’oubliage improvisées à haute voix dans des lieux publics : arrêt d’autocar ou couloir de métro, trottoir de marché ou boutique de boulangerie, parvis de monument ou bar des voyageurs, salle de réunion ou d’attente, barrière de parking, entrée de chapelle,  bas d’échafaudage, chambre d’hôpital, hall de gare ou de musée, salon d’hôtel, bibliothèque, librairie, tribunal ou temple.

 


 

 

 

 

SPO 2. Forêt l’Isle-Adam, durée non prise en compte

( brouillages ferroviaires)

Des roses balancent leurs tiges maigres sur le balcon encore sans soleil.

Mais la journée sera chaude. Le conseil est d’emporter deux gourdes avec soi. L’affaire est dans le sac.

S’agissant d’une priorité à la narration, il serait utile d’observer qu’Ydit monte dans le train de randonnée à l’instant précis où s’illumine, à défaut de voyelles, le panneau : « Accès interdit » : trop peu de monnaie pour acheter le billet en machine, pas de guichet dans la bouleversante gare souterraine de grande banlieue, il a fallu sortir, courant sur l’escalator, acheter n’importe quoi ( un carnet pour noter des idées de souvenir, ah non, pour se souvenir de noter des projets d’oubli), revenir sans cogner le sac à dos dans le flux contraire des travailleurs multicolores, trouver la borne à billets banlieue -verte et non pas jaune.(aujourd’hui, la couleur c’est plutôt Granny Smith, finalement, avec Royal Gala- en tout cas pas rainette).

Plus tard, sur le GR1, dans l’obscure senteur des bas arbres,P1130606

Ydit  encore débutant de l’oubli s’entr aîne à dire des souvenirs à voix haute pour maîtriser la méthode  nouvelle de l’oubliage. La première expérience, à Paris, prouve que cela n’est pas si simple.

Rien de plus ardu que l’oubliage délibéré. Bien entendu, ça n’a l’air de rien, et une fois sur place…Même si, bien entendu, aucun ne songe à donner des cours d’oubli, des conférences d’oubliage.

Puis, marcher, passe encore, mais oublier, à cet âge ?

Récusant le doute propre à tout commencement, Ydit poursuit route et parole. On comprend que les autres souvenirs tentent de s’interposer entre Ydit et son projet. Il a beaucoup marché, vite, raté un embranchement malgré la balise rouge-blanc ( ou blanc-rouge) et surtout consenti à une longue halte exploratoire devant le Réservoir 1950.

maginot sans ligne

maginot sans ligne

Un personnel de l’ONF passait, qui a pris les photos témoignage (tant mieux, au moins ça), mais pas d’intérêt au récit.

« Et vous, c’est quoi en fait votre métier maintenant ? », demande l’homme des eaux et  forêts.

Sans hésiter, Ydit répond : « Bousier, je fais le ménage ».

On devine que cela n’arrange pas ses affaires dans l’esprit du forestier. Qui accepte cependant les photos.

Bien que s’étant quasiment privé de halte-déjeuner au km 13 vers Presles-Courcelles, l’oublieur  n’a que peu de temps pour se livrer à l’oubli public sur le quai de la gare de Viarmes, point arrivée du jour. D’autant que- affamé sinon affaibli par son absence d’arrêt- il croque vertement dans une pomme Redstone quand il pénètre sur le quai de la toute petite station de Transilien (pas mal, la formule, pour les transports en Ile de France).

Le vrai problème avec les trains c’est que, le plus souvent, ils obéissent à des horaires.

Comme prévu, si peu peu de monde sur le quai direction Paris, mais assez pour valider l’expérimentation. Ydit garde le sac à dos. Allégé du contenu des gourdes, on se sent plus léger, tout le monde sait ça. « Je ne crois pas aux coïncidences, parce que les penser comme signes serait poser dieu ( ou le destin ) sur un socle d’intervenant permanent. Remarquez, je dis ça, bien qu’on m’ait souvent lu les cartes. »

Indifférent à l’indifférence dirigée vers lui sur le quai, Ydit reprend :

« Mais j’ai dû observer dans mon cheminP1130613 d’aujourd’hui le surgissement d’une coïncidence réellement troublante. Amusante ? Insignifiante ? »

Va savoir.

Deux jeunes, très jeunes gens sont là, excités, ricanants, plutôt partant vers Paris pour une soirée d’amoureux : musique, mojito pas du tout virgin, cigarettes sur le trottoir, copains qui passent, salut à tout le monde, tentative ratée mais rigolarde de petite-gâterie-pour-garçon dans le train du retour (à tout dire, Elodie va penser qu’elle aurait mieux aimé une brochette de shamallow).

Ils ne disent rien, font presque mine de ne pas écouter, comme des promeneurs détournant  vaguement la tête pour ne pas gêner le randonneur urinant contre un arbre de la forêt.

Ydit sourit en se disant que «  LE RANDONNEUR URINANT » aurait été un beau titre- sinon de gloire- au moins de série. Ou : « le randonneur urticant », ou « le randonneur critiquant », ou encore « le randonneur turbinant » ( sorte de derviche tourneur de la balade immobile). Au fond, point commun : le randonneur. L’arpenteur d’oubli. Le marcheur de mémoire inverse.

Sauf que, pour le projet d’oubliage, si la station du crieur est probablement debout, la position audible est sans doute l’immobile. « Déjà qu’on ne m’écoute pas, alors si en plus je déambule ».

Il déclare, sur le quai, voix  nécessairement haute mais sans cri ( essayant d’imiter une expression à la Duras, genre elle hurle sans bruit, c’est en dedans qu’elle fait sans bruit le geste de hurler, on n’entend pas qu’elle hurle , etc .):

« A vrai dire, l’imprévisible rencontre avec ce lieu, ce bâtiment  incongru m’a versé mon salaire pour l’effort de la marche.  Surtout pour P1130552

C’est un réservoir d’exploitation, le Réservoir 1950. Dans la forêt.

Il ressemble à une ligne Maginot déplacée puis enterrée dans l’oubli de la forêt à l’Isle Adam. On dirait un échantillon de Mur de l’Atlantique perdu par un Milicien fuyant vers Sigmaringen, mais s’arrêtant pour essuyer ses mains avec une page de Céline.

On lit sur le bâtiment des témoignages  d’achèvement, propices à la destruction de souvenirs, parce que le réservoir semble abandonné, grilles ouvertes, rouille envahissante. Pourtant, la date qu’il porte est celle du début probable de mes souvenirs (même si le nouveau-né rue Emile Landrin est connu pour ne pas se souvenir, en 1950 ou pas ).

Ydit s’exprime ainsi pour le couple de jeunes amoureux. Dans leurs yeux on lit : encore un vieux qui se prend pour J.C., c’est juste si on le voit pas marcher sur les rails.

A haute voix, mais le train arrive dans le dos, on l’entend, c’est comme dans un film de mauvais genre, alors  Ydit  prononce la formule rituelle : « Cela j’oublie. J’oublie le souvenir de ma naissance brutale, de mon immédiate mise aux fers, c’est cela que j’oublie aujourd’hui, sa douleur, les pinces, les plaies et bleus sur la tête, la rude obligation de naissance imposée par l’interne de garde. Pas très agréable, reconnaissez-le, de commencer la vie comme une vieille dent arrachée, non ?»

Ydit devrait à présent se taire. Mais il ne peut renoncer au désir du récit, plus fort que tout. Couvert par les crissements, puis l’atone voix des annonceuses ferroviaires, il poursuit :

« J’ai donc eu envie d’entrer à rebours dans l’orifice obscur de ma naissance, imprévu bâtiment 1950 intitulé

le Réservoir 1950 ».

Le train entre en gare, les bruits de freins bousculent la narration.
« Il y a l’émotion imperceptible de ce chemin vers l’Arrière –loin des tirs d’artillerie du présent. Je ne progresse pas à rebrousse-poil ni à rebours, je détruis ce que je retrouve, et je l’efface comme on coupe une scène au montage.

On finira bien par voir quel film cela donne ».

Le haut-parleur désuet de Viarmes

donne les indications de départ, couvre la fin de l’enregistrement. Ydit, comme ce matin, grimpe alors que les portes vont se fermer. Les deux jeunes gens ont pris soin de monter dans un autre wagon. On les comprend. Assez de débiles légers comme ça sur la ligne P du Transilien.

Soudain,

Ydit s’aperçoit que les photos-témoignage du Réservoir 1950 ne coïncident pas avec le temps du récit sur le quai. Il aurait fallu qu’on le photographie s’adressant aux jeunes auditeurs n’écoutant pas. Encore une maladresse de débutant ; ajoutée à une insuffisante résistance au narratif, ça commence à bien faire. Il va falloir changer tout ça.

Mais on espère que les amateurs seront bienveillants.


Evaluation : TS00 : 50%  /TPE : B+

NB Oublier les moments de sa propre naissance devrait qualifier le TS00, Taux Satisfaction Objectif Oubli, à 100% ( souvenir vital), mais on observera que l’oublieur a triché : il n’avait pas ce souvenir en propre, c’est un souvenir de souvenir de récit, ou d’Etat-Civil. Le TPE, Taux Plaisir Emotion est élevé : c’est la forte sensation du Réservoir 1950 découvert par aventure, haut lieu de hasard, objectivement..

 

Protocole, Article 2 : protagonistes

Les acteurs du projet sont  DIDIER et JOUAULT. Leur mémoire est peu à peu l’objet de disparitions, plus ou moins programmées. Plutôt moins. Par facilité on les désigne sous l’appellation unique : Ydit.

YDIT est ainsi une marque déposée.

Les auditeurs  des séances ne sont pas choisis par l’oublieur public : il parle, et on passe, on écoute, on quitte, on revient. Ou non. Former un public n’est pas l’enjeu de l’Omission. Mais si des foules se précipitent, en masse légère, on fera l’effort de s’habituer.

On s’habitue à tout, et encore mieux à toutes.


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7 réflexions sur “Séances publiques d’oubli : épisodes 1 et 2, pour commencer doucement

    • A ce jour, écrivais je malgré la machine impulsive, la probabilité d écoute d une SPO est égale à zéro, parce que les séances ne sont pas programmées. Dans la réalité, en effet, décider d’un lieu et fixer un public est un problème non résolu ( on y travaille).
      Par exemple, cet après midi, tentative devant La Sorbonne ( pas de raison de se priver), on ne peut pas dire que le public ait prouvé une adhésion enthousiaste. On aurait mieux fait de jouer Faydeau !
      Par le suite , si le mécanique se rôde, les SPO seront ( seraient) annoncées sur le blog ( d’où, soit dit en passant, l ´interêt d’un suivi automatique…)

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