Yditblog S.P.O. 37 – 2/ Suite en nuit blême et ombre rose.

(rappel : la séquence précédente rapporte les horreurs et les crimes de deux innommables)


Ydit :

Immobile au bout de la nuit, j’attendais l’aurore aux doigts de rose, explorant les puits sombres de la condition humaine.

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Remerciements à Ylan KARADAC pour l’image

Et ce fut comme une apparition. Alors…

 

 

Ydit, moi aussi je reconnais les citations, qu’est-ce que vous croyez ? dit Germaine, occupée à réparer les transports publics,

dos tourné, un peu agacée..?..

La séquence précédente, Lupin et Fantômas, « 813 » et « La cravate de chanvre » ?

Sur le quai, Germaine s’approche, demande  si  les  brusques  réveils , à douze ans, pour quelques  volumes  en papier, c’était vrai ?

Ydit : Dans le sommeil, les mots sont comme un train sans pilote. Ecoutez…

Germaine s’étonne : le-train-sans-pilote

Quoi, encore de la lecture ? L’orateur : Voilà précisément de quoi sont pétries mes  petites oubliEs à grignoter en rond  : grain de mots, lait de récit, la mémoire pour liant. Vous écoutez ?

Elle a, dit-elle, qu’est-ce qu’on croit, un train à prendre. Deux minutes avant de partir, rien de plus. Elle dit qu’elle ne sait pas pourquoi elle est si patiente ?


 

 

Ydit pose ,Ydit parle, Ydit cite, Ydit lit :ydit-gris-nuit


CITATION :« Le maître d’hôtel regardait un petit cartel pendu au mur dans la salle du thé, encore vide.

-Il n’est que cinq heures, et puisque monsieur attend une petite femme, il ne la verra guère avant six heures moins le quart.

Mais à ce moment même, la porte en tourniquet donnant sur la rue pivotait sur son axe, et une gracieuse silhouette féminine pénétra comme un coup de vent à l’intérieur de l’établissement.

Max rougissait jusqu’à la racine des cheveux.

– Vous avez perdu, …Joseph, articula-t-il, car la voici.

Le jeune homme, cependant, s’avançait d’un pas empressé vers la nouvelle venue.

Celle-ci était complètement dissimulée sous une épaisse voilette, elle portait un élégant complet tailleur bleu, qui, bien que coupé très droit, à la mode du jour, était suffisamment étroit pour permettre à l’étoffe de souligner les formes gracieuses de la jeune femme.

Max s’était avancé vers elle le sourire aux lèvres, il éprouva une seconde de dépit.

La jeune femme, sans prendre le temps de répondre aux aimables souhaits de bienvenu que lui adressait son interlocuteur, déclarait d’une voix précipitée :

-Oh, Monsieur, c’est vraiment insensé ce que je fais là…je ne sais pas comment j’ai pu accepter ce rendez-vous et si je suis venue c’est uniquement pour vous dire que je m’en  vais…

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d’après un dessin de Catherine Mainguy, avec remerciements

Il ne faut pas vous tromper sur mon compte, je ne suis pas ce que vous croyez…

 

Elle semblait prête à rebrousser chemin. Max, cependant, lui prit la main

-Je vous en supplie, articula-t-il, ne partez pas tout de suite. Restez un instant, une seconde…Laissez-moi vous regarder…

-Non, non, faisait la jeune femme, éminemment troublée, c’est impossible ! J’ai l’air de venir à un rendez-vous…

-Une fois encore, elle faisait mine de s’en aller, et Max, hésitant, ne savait comment la retenir, lorsque Joseph survint.

Joseph, de son coup d’œil perspicace, avait jugé la situation et se rendait compte que s’il n’intervenait pas, la partie était mal engagée pour le jeune amoureux.

Affectant un de ces airs impassibles et méprisants, qui vous glacent jusqu’aux moelles, et comme seuls savent en avoir les maîtres d’hôtel, il articula, toisant le couple des pieds à la tête :

-Monsieur et madame ne peuvent pas s’en aller avant d’avoir pris le thé que monsieur a déjà commandé pour madame…last order sir

Puis, il tournait les talons et allait au comptoir de l’établissement annoncer d’une voix vibrante :

-Servez le thé commandé.

-Un thé, un pour deux, répondait une voix qui venait des profondeurs du sous-sol.

-Vous voyez bien, suggéra Max de Vernais, qu’il nous est impossible de partir, nous aurions l’air de mufles, il faut au moins prendre cette consommation.

Ce motif semblait décider la jeune femme. Elle venait d’entrebâiller sa jaquette,

laissant apparaître sa taille souple,

sa gorge rebondie moulée dans une chemisette de lingerie.(…) short-vanila

Georgette était la fille d’un commerçant du  Marais, elle avait épousé, il y avait de cela quatre ans, un homme de quinze ans plus âgé qu’elle, un personnage grave et sévère, un fonctionnaire.

Il était employé dans une administration de L’État, partait pour le bureau vers onze heures du matin et n’en sortait qu’à cinq heures, mais il ne rentrait au domicile conjugal que vers huit heures, car, au préalable, il allait régulièrement faire sa partie au café. (…)

Et Georgette, qui avait promis de s’en aller en arrivant, qui avait juré de ne rien dire sur elle et son existence, était encore là à six heures du soir, et elle avait ouvert dans le petit salon tous les secrets de son intimité à ce jeune et galant homme qu’elle connaissait depuis deux jours. »

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Encore une jeune fille à la fenêtre

 

(Pierre Souvestre et Marcel Allain, FANTÔMAS, « Le Jockey masqué », ‘Bouquins ‘, Robert Laffont, 1987,p.773-774)


 

Germaine s’amuse :     C’est écrit comme on contrôle, en vitesse et pour l’argent, mais d’accord, d’accord, on dirait  L’Education sentimentale racontée par la Madone des Sleepings !Avec Joseph dans le rôle du destin ?lupin-vous-salue-bien-passage

                       Ydit : Et le désir  étalé comme toujours tel  un voile de bienvenue sur le divan

Germaine regarde l’horloge, s’interroge : Et juste après ?

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Une fois encore avec des remerciements pour André MAYNET

On reconnait ici la volonté de savoir par quoi souvent les nuits s’abrègent.

Elle rassure son orateur, mais oui, mais oui, si ce n’est ce train, ce sera le suivant, car chaque nuit aboutit à un départ, car chaque histoire ouvre sa barrière.

 

 

 

 

Ydit reprend :couverture-dernier-amouyr-darsene-lupin

« Tout à coup, le silence s’établit : une grande jeune femme entrait, seule. Son allure et sa toilette formaient un ensemble d’une grâce souveraine dont l’harmonie était telle qu’elle s’imposait et faisait paraître banales les plus pures beautés autour d’elle. Très simple, sans bijoux, elle portait une robe savamment drapée du jaune rosé des roses thé ; ses cheveux blonds ondoyants, quelques longues boucles qui tombaient sur un cou flexible, frôlant une épaule chastement découverte. Ses larges yeux verts, aux longs cils, mettaient en valeur la merveilleuse fraîcheur d’un teint délicat, que nul artifice ne rehaussait.

D’un pas nonchalant, elle s’avança, bien vite entourée par une cour d’admirateurs qui se pressaient autour d’elle et la saluaient tous ensemble : — Mademoiselle de Lerne, on vous revoit ! Comment va votre père ? — Belle Cora, mes hommages ! — Ma chère Cora, je me réjouis de danser avec vous : inscrivez- moi pour la première valse. Vous êtes seule ? Le prince de Lerne n’est pas venu ? Lorsqu’elle eut répondu à tous, elle gagna un siège dans une encoignure et les congédia, aimable : — Laissez- moi un peu regarder toute cette assistance. J’adore le spectacle d’une soirée : la lumière, les fleurs, le luxe des costumes, les uniformes… tout cela est pour moi une joie dont je ne me lasse pas.(…)

 

 

 

(…) Pas plus que moi, vous ne croyez aux principes tout faits, la vertu ne peut donc vous tenter ; mais parce que vous comprenez la grandeur de l’honneur, vous saurez ne jamais agir bassement. La vertu est une divinité étriquée, ses lois négatives ont une uniformité qui ne saurait vous convenir ; l’honneur, au contraire, est individuel : il laisse à chaque être, devant chaque cas, la liberté de décider de sa conduite et de choisir des actes qui ne soient pas conformes à la morale vulgaire ; il interdit le renoncement et commande l’action.moustache-upin-gros-plan-galerie-vignette-moustache Jamais vous n’avez été sensible aux jugements du monde ; continuez à les ignorer lorsqu’ils arrivent jusqu’à vous ; enfermée dans une splendide tour d’ivoire, n’ayez pour règle que l’estime de vous-même. L’existence d’une femme est fertile en richesses et en misères, vous n’avez pas, comme nous, les ressources de l’ambition et les possibilités de la vie publique. L’amour est votre seul domaine : allez vers lui, hardiment ; vous êtes belle, jeune, ardente, il vous comblera, si vous savez choisir l’homme qui sera digne de vous. lupin-salue-plan-ameri-bouillon-2

Dans cette conquête de votre destin, vous n’êtes pas seule : quatre compagnons, réunis par vous, sont auprès de vous. Gardez- les, appuyez- vous sur eux, quel que puisse être le blâme de la société parisienne devant cette promiscuité qui sera jugée inconvenante. Restez au- dessus de sa réprobation. Vous n’avez rien à attendre des amitiés féminines, vous y serez jalousée et méconnue.

Si quelque expérience sensuelle vous tente, n’hésitez pas à la réaliser, la femme est libre d’elle-même, dans la mesure où elle seule est en cause : elle seule, c’est- à-d ire son bonheur ou son malheur. Il ne s’agit que de ne pas déchoir. Maintenant, il faut que je vous révèle ce qu’un hasard m’a permis de supposer : parmi vos quatre amis doit se trouver cet extraordinaire Arsène Lupin, dont le caractère aventureux ne m’effraye pas, au contraire ! Il se cache sous un nom d’emprunt et je n’ai pu parvenir à deviner lequel d’entre eux il est. Étudiez, découvrez- le, vous aurez en lui un soutien inespéré, c’est un être qui a de l’honneur.(…)

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(…) Il l’entoura de ses bras, elle laissa tomber sa tête sur son épaule et ils échangèrent un long baiser.

Ensuite, il se redressa, murmurant :

-j’avais gardé le souvenir enivré de vos lèvres, Cora. Vous me les aviez déjà données, vous vous rappelez ? Votre enlèvement ?

-Ma délivrance, rectifia-t-elle. Je vous dois tout. Ah ! Comme je vous aime !

 

(« Le Dernier Amour d’Arsène Lupin », posthume, 2O12, Balland, début et fin.)


Tout près, la voix de métal annonce la fermeture de portes. « Je m’échappe …», dit Germaine,  » …à une autre fois  ? Sait-on jamais sur quoi ouvrent, à douze ans,  

                                                                 les cauchemars  de Lupin et les amours  de  Fantômas? »

                        (à suivre : S.P.O.37-3, les nuits rouges et les aubes noires , III, suite et fin )


 

by

                             Didier JOUAULT

                                       YDITBLOG

 

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