Yditblog SPO 87/ 114 Alexandre ne saute pas de mon soleil 1 sur 3

Yditblog Séquence Publique d’OubliEs numéro 87/ (post 114)

Alexandre ne saute pas de mon soleil, d’accord, mais parlons un peu des seconds-drôles?


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L’année commence par nous !

YDIT est venu parler dans un espace communal qui fut naguère un lieu funéraire de la Ville, un entrepôt pour pauvres d’avant cimetière, services mortuaires de qualité garantis par la Municipalité tout entière à ses morts attachée.

C’est, à présent, l’un  de ces endroits voués au théâtre, à l’image, expositions et cinéma.

 

Un restaurant à prix défiant tout linceul de s’y frotter accueille aux heures d’after les plus coquettes des riveraines et les plus blancs des voisins. Un lieu très urbain, métropolitain, même. Des tours proches, peuplées en multicolore ainsi que les meilleurs films, des couples viennent  badiner dans la grande salle, et des équipes d’amateurs dansent sur un parquet jadis utile à l’entrepôt des cercueils.

 

Ainsi va la mémoire : ça pullule, ça germine, ça fait l’asticot dans la poche-poitrine des fantômes. Les pieds s’enracinent dans le sillon du passé : germent les projets sur le dallage désert des églises de village.

Germaine s’exclame que:  « Dit comme ça, on commence mal, Ydit surtout à votre âge, coincé entre la pierre de la naissance et le faire du mourir. » 

 

Autour des quatre,  réunis par la sirupeuse solidarité du discours, un groupe réduit semble attendre la performance, ou la parole. Ici, Paris-Peuple, on est habitué à l’imprévisible- c’est même un peu pour le surprendre qu’on vient regarder les parleurs. Voltaire, dit V3 , se demande s’il ne serait pas utile de commencer l’année par des…

Des résolutions  ? interroge à mi-voix une Vassiliki naturellement arrivée en retard(mais on prétend qu’elles voient de loin).

Des présentations, on aimerait mieux, parce que vous êtes qui, vous, en vrai ?img_2932carolina face etiquette mainP1200589

Ydit : L’interrogeante fillette a raison. Il s’incline, tourne, désigne : « Voici le trio des comparses, ils sont comme des maitres nageurs auprès de ma baignoire à mémoire, surveillant la chaleur du bain d’OubliEs. Trop chaud tu fumes, trop froid tu claques. »

Rude début de débat pour des ébats d’abats, sourit V3, qui déteste le relâchement du langage.

Ydit : En premier, voici Germaine-des-rails, tout entière dans la dualité de son inflexible  naissance  ferroviaire et du jeu de mots qui la sort du trajet. Depuis plus de deux ans, elle accompagne les Séquences Publiques d’OubliEs.

 

Sa gouaille vigilante évite les aiguillages trop douteux.

Germaine-des-rails :

Moi je veux/des récits/ pas véreux/ pas débris

Souvenirs/qu’on arrache/sans souffrir/à la hache

V3 , hilare (et sacrifiant au populaire du coin)  : « Ma chère, vos textes, c’est boiteux comme un wagon qui se barre et se marre sans bar. »

Puis, désignant YDIT : » Mentir, passe encore mais rêver à cet âge… »

YDIT cependant persévère, il l’a dit, Ydit : tant que le doigt possède la force d’affronter le clavier, ça va continuer.

Donc : A l’origine de ce nom de Germaine: Oncle Jean. Chef de gare puis contrôleur mobile ( ou dans l’ordre contraire), il offrait des tronçons de chemin de fer miniature, ou même un wagon les années fastes, avant que la dernière dispute avec la mère, sa sœur, n’éloigne à jamais cette grande figure de la vacuité, sonore comme un cliquetis de loco sur un pont tournant ayant perdu le nord.

 

Avant ce ‘bon-débarras’, il invitait parfois Ydit à boire une grenadine légère ( comme il y a des grenades au plâtre), dans le pavillon deux-pièces béton et treillis qu’il occupait les fins de semaine, avec l’opulente présence d’un conducteur de la Générale.

Tante Germaine-de son état plumassière à domicile -prenait en charge l’éducation morale du neveu.

 

Elle ouvrait une commode, puis un tiroir, et montrait des cigarettes fanées. « On les donne à ton oncle, pendant un pot de fin d’année à la gare, par exemple, et il ne fume pas, mais il les prend, et on les met ici, on ne sait jamais  ça peut servir. Mais toi, ne te mets pas à fumer, ça coûte trop cher! »

Ensuite, nouveau comparse issu d’un café jadis philosophique : Voltaire, dit V3 non pas en hommage au vernis des récits ou au décapant des souvenirs, mais tel qu’en lui-même la fraternité le change depuis son arrivée : Vétilleux, vindicatif, vénérable, vigilant,

 

 

valeureux, vénéré , vieux et Voila le travail,– il suffit de choisir selon les humeurs.diderot

 

Mais, proteste v3, dans cette galerie de portraits, que fait l’intrus qui presque rien ne publia, tandis que moi…

 

YDIT : Enfin, notre toujours énigmatique Vassiliki ( YDIT s’exclame comme s’il annonçait « Le Grand Zampano », « Ce qui sonne tout de même encore plus vétuste que Voltaire, dit la fillette »), Ydit :Vassiliki la plus belle !

Une mère se joint au groupe : qui est là? Qui s’exprime? D’où parlent-ils? De quel droit?

Vassiliki, sans réserve, expose ses raisons :

la Russe YDIT orangeoxygènecreditn alexandre_cabanel phedre éperdue d'amour coupable pour son beau fils hppolyte, 1880LA RUSSE spectatrice déguisée

 

 

 

-« La plus belle, tu parles, ragnonne Germaine, surtout celle qui marche le mieux dans les fantasmes déshabillés d’Ydit, comme s’il n’y avait pas trop, déjà, de pin-up et de jeunes filles un peu plus qu’à moitié nues paradant aux fenêtres. »

 

Voltaire devient nettement sourd, à cent ans et davantage ( on ne compte plus). Il tourne la tête, un nouvel amour ? Il la détourne, une nouvelle fenêtre?

 

Mais pas d’auditrice attendant qu’on la délivre : seule Vassiliki dément l’absence par l’excès des formes de lettres.

YDIT raconte que Vassiliki, justement

un nom grec, interrompt V3, mais une Russe, une ruse, suivant les chemins des orthodoxies.
Elle vient, au nom des Services, qu’elle nomme encore les Organes par respect filial pour quelques anciens,  experts nageurs en apnée dans les rivières  des attentes déçues.

– La fillette, qui ne comprend pas tout, s’interroge : quel genre de rapports?

 

 

Ydit : pas la peine ce comprendre, il faut  suivre le courant, donc, Vassiliki, des rapports sur le père et les Services, mais ce sont des rapports impossible à écrire, elle tente de trouver les maux depuis deux ans, des rapports sans doute même à penser, parce qu’ils devraient décrire l’indicible des origines.

– La fillette, qui ne comprend pas tout, s’interroge : quelles origines ?

De toute façon, précise Voltaire dit V3, dans l’état où se trouvait le père à certaines périodes, mieux vaut passer vite à une autre sorte de gourmandise spatio-temporelle!

 

Surtout, se tord un peu les mains Germaine, parce que, là, on perd un peu notre temps, on va pas rater une fois de plus le départ ?

YDIT conclut, pour son public : « Germaine rattrape les quais en retard et retape les trains au rancard.

 

Sans elle, on resterait muet éperdu sous  un coin de marquise à Niort ( cf SPO 80 et 81)- tandis le wagon-lit s’éloigne, ce qui n’aurait pas manqué de panache, comme pour chaque loco.

« Et mes comparses prospèrent par père », dit le dit Ydit au père de la fillette, agrégé au public.                 « Parlons vrai »la réalité n'existe pas vitrine

Trois Comparses : « Comme des Parques de comédie, attentives à tenir le fil de fer barbelé entre des ciseaux de guimauve, jusqu’au soir prochain où c’est l’inverse. »

« Ah, j’aime bien cette photo de nous trois en vacances devant la Maison Centrale », s’écrie Germaine.

 

 

« Comme des Muses ou des Grâces dont le nombre est dépeuplé, inventives dans leur manière de mentir les récits pour parler de fausses mémoires ».

 

 

 

Comme des gardiennes du désordre qui

 

short la jeune proffemmes policd colombie

Non, maintenant assez paradé avec  les comparses, proteste la fillette, coupant la parole à Vassiliki prête à rire des uniformes, non maintenant, YDIT, assez fui dans la suie, assez lui dans la nuit, assez ri sous la pluie : raconte !


YDIT raconte Alexandre :

à suivre, Séquence publique d’OubliEs n°88 ( post 115)


didier jouault  pour Yditblog  87/114 (Alexandre ne saute pas de mon soleil, 1 sur 3


 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

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