
D’une certaine manière, tout a commencé parce qu’on cherchait une date pour dîner, avec Cécile ( et J.), c’était compliqué, ils étaient à Vérone.
-« C’est beau Vérone ? » demandais-je sottement, car j’épuisais mes ultimes réserves de finesse (apparente) pour taper YDIT et chercher des images montrables ( les meilleures auront été les non-montrables ).
Ce que répondit Cécile m’avait donné le désir d’y aller.
Tant pis pour le dîner. On irait une autre fois à « La Fourmi ailée ».
Bien sûr, dans le fragment qui précède, Serge avait noté que la confusion ne semblait pas quitter mon style, en dépit de mes efforts. Il disait qu’il avait lu « que je me conformisse« . N’eut-il fallu que je me conformasse, plutôt ? Bien qu’il formât ainsi une critique de bon format, et de bon aloi, que voulait il que je répondasse? Confor-mousse, à raser, le subjonctif dévoyé?
Pour tout dire, j’écrivais ces mots (429, pour faire vite), au premier étage de la médiathèque de Mortagne-au-Perche. C’est un endroit chaleureux, installé sur deux niveaux dans une ancienne halle XVIIIème ( ou Gauloise? L’emploi de confort-miss me fait douter du plus certain).
S’y trouvait également le vieux cinéma, rangs de velours rouge, et je ne voulais pas rater la séance de 18 heures au ciné-club : présentation par Louis Roedrer, professeur chargé de l’option « cinéma » au lycée, onze personnes présentes, dont deux moins de soixante ans, mais une véritable comédie américaine, plis légers du dialogue, entourloupes mousseuses du scénario, plus suave que toute mousse de confort-mousse, « Blue Beard’s Eighth Wife », une façon parfaite d’entrer dans l’avant- nuit, période on le sait dangereuse comme une adolescence répétée chaque soir.
Au retour, entre Lubitsch et le parking, je salue d’habitude la statue grandeur nature d’Emile Chartier, raide et bonasse (et non pas bonnisse ou bonnemousse), né à Mortagne-au-Perche, en 1868, ne souriez pas, il se faisait appeler « ALAIN ». Mais qui peut encore lire Alain?
Dans la salle vitrée dite « de travail », au premier étage, rayon « Poésie », c’était mercredi, cinq ou six lycéens, age de la Seconde, peut-être même de grands collégiens, dont la plupart de genre féminin (donc cinq ou six lycéennes?) s’esclaffaient à partir d’images qu’ils partageaient sur leurs téléphones, pour ce qui semblait un jeu en cours avec d’autres, troublant de leurs rires vifs une lointaine salle de lecture, ou un pensionnat de maristes se marrant, un dortoir vaguement dépotoir, un séminaire bord de mer?
(Véronique me fait observer que je peine à me séparer de mes usages de langage, vais tics en toc, prétend-elle)
Il va de soi que je ne comprenais pas la moindre des règles. L’un arrivait, l’autre partait, on le mettait à jour, et à jouer, c’étaient des gloussements, des jurons sans contrôle, des surprises bruyantes, des éclats d’écrans plats.
Une bibliothécaire amène, passant pour joindre son bureau, redit la consigne de ne pas manger de chips, ou alors elle leur proposerait l’aspirateur (le groupe ferma les sachets à sons acides) mais le volume rieur ne la troublait pas et je ne le fus donc pas, soucieux que je reste du développement harmonieux de jeunes âmes en quête de spiritualité partagée.
Quand je sortis, à 17h54 , pour passer dans le cinéma, séance de 18 heures, elle dit qu’elle espérait bien que les gamins ( les gamines en famine ?) ne m’avaient pas dérangé ?
Un peu d’exercice urbain ( à Mortagne-au-Perche) ravive les patiences du regardeur passager, lui dis-je.
Plus tard, à la fin du film, j’avais hésité, puis, comme depuis très longtemps, cédé à mes troubles penchants : errer dans la ville au point d’en faire le tour, comme si on marchait sur la pointe des pieds, mais aussi les traces des remparts, toute ville a ses remparts, ses portes closes et ses issues découvertes, ses ombres d’Alain et ses passages de jeunes filles qui rentrent à la maison à temps pour l’épisode 27 de la saison 4, non sans avoir bien ri avec les autres, à la médiathèque, et tant pis pour ce vieux mec tapotant sur l’ordi. Encore un message ?
Dans le récit qui vient ( lentement) , terrasses vélos et ruelles seront les personnages majeurs. A Mortagne, j’ai préféré le menu du Genty-Home, le seul restaurant ouvert passé vingt heures, avec la pizzéria. Mais l’Italie, on y arrive, Venise, Parme, Padoue, Modène, Mantoue et – surtout, FERRARE. Et je me demandais, en feuilletant Le Perche Libre, pendant que le patron apportait le plat du jour, si j’allais en arriver à en venir sinon aux mains avec des lycéennes, au moins aux faits rares de Ferrare.
Va savoir !
Didier Jouault Ydit – Bis Retro calendrier de l’Avant, 2 , à suivre
Et on s’en fout d’attraper la Vérone, et on s’en fout pourvu qu’on …
J’aimeAimé par 1 personne
Pourvu qu’on mitonne (mais ça ne se discute pas, vaut mieux être confiné que con fini😉🤒🤕
J’aimeJ’aime