Amour Pile et fesse : le retour du défoulé?  Ce fut très brièvement un site parallèle, anonyme et fortuit, vite supprimé pour offense à la vue.

didier jouault Ydit pas.

YDIT pas : Les brouillons et les graffitis en marge, ce devait devenir : « Amour Pile et fesse : le détour du défoulé? »

Citation

Ydit-bis , Retro-calendrier de l’Avant -19 , et DERNIER ! « Soumettre FERRARE » (4/4). Trois quarts de silence, et clap-flop de fin!

 

 

 

Achevant la tournée, vous êtes presque parvenu au seuil, quand la dame de l’accueil s’écrie, tout sourire :«  Au fait, vous avez bien mis assez de timbres pour quand on va vous le retourner ? »

Ainsi de suite. Vingt dépôts ou envois, dont les numériques. Et dix-neuf séquences pour émietter le récit de tout cela qui s’origine, presque UN AN  plus tôt, un après-midi en Perche, par le voisinage d’un chatte, d’un coq et d’un guide Italie du Nord sur une table de jardin.

prépatifs d'escapade, à P

 

A peine ai-je eu la satisfaction (du pari tenu ? De la prospective vérifiée?)  de recevoir cinq lettres de refus, que les violences du virus brisaient toute forme de chrono-logique en réduisant à presque rien les habituels et immenses efforts des demoiselles des PTT, dont le Petit Marcel écrivait tant de bien, et qui possèdent toujours à leur nom (sinon en propre) un ancien « Foyer des Demoiselles », devenu restaurant chic, dans une rue toute proche des Maisons. On y voit déjeuner ensemble des auteurs et des critiques, c’est rassurant.

 

« Les Editeurs » a fermé, ses banquettes s’usent toutes seules, les « Maisons » n’éditent plus, le tapis roulant s’est immobilisé dans sa poussière. La dame des îles, dans son silence impérieux, a rejoint les jolis cache-cœur des accortes au Mercure.

Sur les marches dans l’escalier de secours, dispersées en descente, les versions du roman attendent le ramassage, mais nul ne parvient jusqu’ici. « Même les éboueurs n’en veulent pas ? » ricanerait V3.

 

Une certitude : lorsque les livres seront libérés, le si modeste récit intitulé « Le jardin de Giorgio Bassani »aura rompu toute attache avec la réalité.

Démodé avant naissance. Démâté avant le départ. Privé d’intérêt, s’il en eut jamais.

Le roman évoquait l’effondrement des mémoires sur les années noires, l’amaigrissement des souvenirs -si loin de La Renaissance où un Duc ouvrait ses bras pour l’accueil à FERRARE. Il racontait l’Alzheimer social que Bassani reprochait déjà, Vélos et Ferrare.

Restait-il  en nos temps quelque force de Résistance à l’oubli?

 

Tout entier, ridicule et moribond passager, il s’ échoue sur les rives de l’avant-crise. On écrira des mots nouveaux : la crise. Que faire de FERRARE, des ruelles dans le ghetto, des vélos sans selle et sans short, des monochromes de Silvia qui regarde le jardin rose depuis son balcon au matin, Silvia rayée du regard et de la mémoire?Sylvia IMG_1514 (2)

Que faire d’un roman sur l’oubli quand nos mémoires proches seront saturées de Présent ?

Silvia au balcon au matinOn aura tant d’autres fantômes à chasser. Quand un personnage s’efface, le roman disparaît.

A quoi bon ce manuscrit si chacun fait la queue pour simplement savoir vivre ?

On ne peut pas respirer la poussière du dérisoire sans tousser.

Voila un forme d’étonnement dénuée de douleur (et encore moins d’amertume) : Ydit est un auteur sans refus d’éditeur, pour quinze cas sur vingt.  Joli score, non ? Trois quarts de silence, c’est trois quarts d’insouciance, trois quarts d’insolence en moins.

Gagné !


Pour « Le jardin de Giorgio Bassani », pas d’hésitation : qu’on ne me le retourne surtout pas « plus tard », mon « Jardin », avec ou sans timbres, avec ou sans pépites, bulbes, racines. Je le cultiverai sans cela.

« -C’était un plaisir de vous rencontrer, »

« -Oui, deux à quatre mois, »

« -Oui, l’enveloppe timbrée, »

« -Et donc c’est ici qu’on le dépose ?

Oui : ici, exactement là. Clap de fin.

On peut toujours faire autrement. Autre chose.

 

 


Ydit-bis numéro 19, et tiens c’est calculé  pour très exactement  600 mots de texte,  19 images, et programmé précisément le 10 mai. Et alors ?

Alors : Nec plus Ultra!


didier jouault   Ydit-bis ,« Soumettre Ferrare »(4/4) , Flop de fin, Rien « à suivre »…

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Ydit-bis – rétro calendrier de l’Avant , 18 , « Soumettre Ferrare », (3/4)    Direct soute à bagages.

 

 

RAPPEL : Porteur de toutes ses pages de version 3 reliée pleine peau plastique, l’ex-Ydit parcourt  début janvier les rues d’Editeurs -quartier malin et menu- pour une série de « déposes-minutes » qui suscitent des accueils empathiques ou des réceptions molles : pas de quoi  en penser quoi que ce soit.


 La demoiselle de chez P.O.L. – un préféré-, au fond de cour, a ouvert de loin, voix d’Air France revue ‘Le Masque et la Plume’, difficile à mettre au point, bravo : une enfance américaine ou une éducation française?

Le double porche de bois lourd  libère la vue sur ce que tout guide pour voyageur décrirait comme « un gracieux  hôtel particulier XVIIIème » : façade élégante, verdures, hauteur des fenêtres, plancher point de Hongrie, moulures sans bavures, et vénérables étagères : on arrive ici, apparent paradoxe, dans un moderne Siècle de Lumières.

La même jeune fille, dans un vaste salon que réduisent les murs chargés de livres, s’éloigne du patron de ces lieux (vous l’avez reconnu, lui pas) et reçoit votre produit avec une similaire expression de gratitude et de confiance. Merci beaucoup, dit-elle, payant d’un sourire de camaraderie active, comme la dame du Secours Populaire à qui vous apportiez des pantalons anciens et des livres vite lus…expo 2

Avant la période d’enfermement chacun chez soi, dans le bel Hôtel de Marle, l’Institut Suédois présentait une exposition de Peter Johansson, intitulée « Thérapie nationale ». Prémonition?

Il se met en scène, sur le carton d’invitation : autre préfiguration de cette joie presque sauvage avec laquelle des jeunes filles reçoivent la tapuscrit du « Jardin de Giorgio Bassani? »

Est-ce l’age? Le vôtre, le sien ? L’immense soleil dans les fenêtres ajoute des éclats vifs à la blondeur fugace qu’elle mobilise (à votre intention !) d’un léger mouvement de menton indiquant…la sortie. Mais c’est très gentiment fait, on aurait pu y croire. Tout un métier. Chapeau. Mes gants. La calèche. Giorgio à la maison, voulez-vous?..

Dommage, on serait bien resté un peu. « Non, merci, pas de sucre dans le thé, c’est du vert ? Vous savez, il y a tant d’auteurs que j’ai tant aimés chez vous, à commencer par. » Traversant la cour aux pavés disjoints (attention !) vous notez que dans l’une des ailes latérales, ce sont les éditions Denoël qui fabriquent l’avenir des Lettres. D’autres jeunes filles semblent prêtes à recevoir un tapuscrit comme un triangulaire sandwiche concombre-saumon pour le thé, pour une partie de tennis chez les Finzi-Contini, pour des voyages, des présages, des orages.

Ce n’est pas désagréable, et puis on a toujours un peu faim à cette heure-ci.

Mais Denoël n’est pas dans la liste. Raté !

On ne peut pas choisir tout le monde pour se faire expulser.

Plus loin, Les Editions de Minuit -l’incomparable- n’a pas modifié la façade depuis les photos de magazine pour « Le Nouveau Roman », peut-être quelques livres en montre dans la petite devanture ont-ils été changés ? Pas sûr.

Rue sinueuse, porte étroite, escalier sombre en spirale : on vient ici comme à confesse. Une flèche impérieuse bouscule vers le premier, « Service des manuscrits« .

Vous passez à peine le buste, encore deux pied sur deux marches à monter, une dame sèche tend déjà une main raide, lasse comme après vingt frottis de solution hydroalcoolique, indique le délai, oui, je sais, deux à six mois.

Là encore, au passage, quittant l’accueil où votre numéro d’équilibriste »sur les mains » (formant l’initiale de l’ex-Ydit) n’a pas fait grand effet, vous apercevez (sans oser la photo, vous le regrettez ), un bureau, plus grand qu’au Mercure de France.

Deux dames d’œuvre (l’air usagé) y travaillent les textes (ou les factures?), dans une atmosphère prussienne gris-poussière.

Excellente mise en scène, pensez-vous. Très émoustillant, bravo.

Ceci étant, d’ici viendrait une lettre « On publie votre tas de pages », vous seriez comme la bulle dans son champagne. On ne s’attarde pas : le long d’un des bureaux, une pile fléchissante de (à vue d’œil trente) manuscrits atteint la hauteur du meuble : on y a posé une tasse de café, vide. L’OEuvre au noir ?

D’un éditeur à l’autre ( mais on dit plutôt « Maison d’édition », les auteurs sont des hôtes un peu timides), dans les rues matinales, courent de nombreuses jeunes femmes courtement équipées sans doute récemment échappées d’un comptoir d’accueil : vous supposez qu’elles fuient un auteur déçu.

Ailleurs, encore un premier étage (l’étage noble ?), un gros homme très fatigué ne touche même pas le paquet (geste barrière?), indique une étagère saturée, murmure « Vous connaissez les règles? ». Oui, bien sûr, on apprend vite, casier, piles, coordonnées, deux à six mois. Même motif, même punition. C’est compris, Ciao!

De toutes ces visites au dépôt, la plus rieuse est la dernière. Il a fallu faire un véritable voyage, jusqu’à prendre le RER, c’est dans un quartier nord de Paris récemment rénové façon HLM haut de gamme. Arrêt de bus ligne 60, RER ( autant dire banlieue, quasiment « cité ») station Rosa Parks- c’est digne, au moins.

Là de nouveau, beaucoup de panonceaux pour des « maisons d’édition » du même « groupe éditorial », dans le hall high tech. Comptoir d’accueil, verre, métal, bois. Casiers? Non : une sorte de tapis roulant, direct soute à bagages. Une dame des Iles, parfaitement surjouant le bonheur de rencontrer des auteurs (même des vieux débutants), échange  quelques mots, « Oh oui, en effet, maintenant c’est bien loin de la rue Jacob des origines, mais au moins on a de l’espace pour les bureaux, et puis c’est plus pratique pour les auteurs »( elle désigne le tapis roulant).

Quittant les lieux, vous êtes presque parvenu au seuil, quand elle s’écrie, tout sourire, depuis le tapis roulant : » Au fait, vous avez bien mis assez de timbres pour quand on va vous le retourner ? »

Ainsi de suite. Vingt dépôts ou envois, dont les numériques. ET dix-neuf ( nombre premier!) séquences YDIT-BIS pour émietter le récit de tout ça…P1000851


didier jouault  pour   Ydit-bis , Retro-calendrier de l’avant 18 , « Soumettre Ferrare »(3/4) Direct soute à bagages.

A suivre : Soumettre Ferrare (4/4) Trois quarts de silence et…flop de fin

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Ydit-bis, rétro calendrier de l’Avant – 17 « Soumettre FERRARE » (2 /4), Il ne faut pas se tromper de sonnette.

 

 

 

NB : On a pu lire, auparavant, les précautions sur la publication de  la série.

Ici,  la décision de continuer  un récit ( qui annonce un « roman » plus que proche : imminent ) n’écarte évidemment pas toute empathie  sensible avec les victimes du temps dit Coronavirus.


RAPPEL  : On en a été là.

 

Puis ici :

 

Et maintenant voila :

 

Reste encore :

 

« Les Editeurs »,

…c’est aussi une brasserie très Saint-Germain. Devanture bleue nuance Tendre est la nuit, banquettes couleur Voyage au bout de la nuit, un peu atténuée, sinon c’est trop violent pour Notre Temps.

« Les Editeurs » : Seul, honteux et repentant un peu comme un adolescent de 1965 feuilletant une revue interdite aux mineurs, j’ai consulté trop de listes et choisi vingt « maisons », de la plus étrangement méconnue à la plus illustrissime. Critère singulier : la qualité des livres publiés. « C’est bien là que vous vous êtes fusillé vous-même, évidemment ! », aurait-dit Germaine, dont la tunique rouge sans doute apparaît ici pour une occurrence ultime.

A chaque fois, j’ai téléphoné, vérifié l’accueil. « Oui, oui, bien sûr avec plaisir, venez, ici au moins on lit ! Bonne idée. Déposez, déposez… ». La même Voix juvénile, un peu tonalité office de tourisme à Fresnay-sur-Sarthe, par ailleurs charmante bourgade, château, ruelles.

Parmi les adresses repérées avec minutie, plusieurs claironnent le « quartier des éditeurs », diamètre de parcours autorisé : 1 kilomètre. On a l’autorisation (dans la poche) pour déposer les 278 pages, et leur reliure. Comme on dépose un tyran aimable, mais tyran tout de même. Comme un facteur  proposant des calendriers, mais sans pourboire.

 

A ce poids là, près d’un kilo et demi,  le coût d’un envoi postal c’est presque un plat du jour au « Genty home » de Mortagne. Sans dessert tout de même. De toute façon, marcher pour démarcher, c’est beau et cohérent.

Rue de Condé – près du théâtre de l’Odéon-, rue des Saint Pères ( Sciences Po pas loin), rue saint André des Arts – qui débouche sur la fontaine saint Michel -, rue Bernard Palissy – d’où l’on voit le Flore et Les deux magots…et tout près, la rue a été renommée : rue Gaston Gallimard. Ce qui est parfait : on ne risque pas de n’avoir pas le choix.

Même goût de la proximité vers Montparnasse, qui est beaucoup moins resté « intellectuel »  : Stock ou « L’Olivier »(un préféré) ou Albin MichelLaffont n’accepte que les envois par poste, mais retourne gratuitement le tapuscrit. Bon Prince, Monseigneur! On erre sur le plan de Paris comme un Personnage dans son Dublin, un Rubempré dans son Palais-Royal, pas certain qu’on y comprenne davantage.

 

Évidemment, l’exercice de livreur lent, de Uber pas pressé, la dépose-minute ne remplace pas une randonnée « Tour des Lavoirs », ou trois heures au sauna. On sent quatre exemplaires dans le sac-cabine datant du dernier métier, l’épaule souffre mais la cuisse tient (voila pourquoi je préfère la marche au violon). Un parcours très étudié dans Paris, en janvier, dans le soleil frais, forme l’un de ces plaisirs gratuits (et supposés sans lendemain) qu’on aime évoquer ensuite dans les soirées d’amis.

Plusieurs maisons d’édition suggèrent (ou exigent) un envoi numérique, j’obtempère, « enter« , PJ, Police jointe, Times corps 11, c’est pas l’enfer, et c’est moins cher. Mais un tapuscrit expédié en numérique a-t-il la moindre chance de peser quelquechose ?

 

Chez Gallimard, dans le hall , une dame en noir et sans sourire réceptionne le paquet, remercie, précise le délai  de réponse,« deux à quatre mois », vérifie que j’ai intégré les coordonnées, merci, oui, c’est gentil. Dans la boutique-librairie de Grasset, on me désigne un comptoir, au premier, « Posez-ça là, trois à six mois, ok ? »

 

A la descente ( rapide) on imagine la file des auteures et auteurs venus déposer leur tapuscrit, et par la suite  l’attente dénudée dans un dépôt nocturne respectant les bornes des chemins de la création : écrire, c’est toujours s’exposer, bien sûr, mais déposer chez « La Maison », c’est plutôt s’échiner à s’exhiber.

Pour accéder au Mercure de France, il faut ne pas se tromper de sonnette, Verticales est à côté, Quai Voltaire aussi,dans le même immeuble très cossu, jolis voisinages de concentration capitalistique. Mais la proximité a son avantage : trois d’un coup, les bons contes font les jours jolis. Pourtant,  je ne dépose le colis qu’au banc d’accueil du Mercure, au premier, on a ses caprices, je m’épargne l’épaule, je gobe le « gel » qui servit pour le semi-marathon.

 

On sonne, on entre, une demoiselle très jeune et castée charmante reçoit le tapuscrit, vous regarde en souriant, on redoute qu’elle interroge :

« C’est lequel de vos petits enfants, l’auteur ? ».

Serviable et gracieuse (vocabulaire de Ségur, rue voisine), elle rappelle : coordonnées, délais, patience, bonne chance, sincèrement, merci beaucoup d’avoir pensé à nous, dit-elle les yeux dans les yeux, en gardant le tapuscrit presque huit secondes entre ses mains légères – rare signe d’attention.

Rêveur, on l’imagine serrant le volume sur son Agnès B. tout fraîchement repassé, feuilletant même le texte, un soir, allons donc, à la terrasse du « Héron »- café intello dont chacun sait qu’il réfère à Restif de la Bretonne, né pas loin d’Auxerre, le monde des Lettres est si petit : et alors ? Elle, ce doit être une stagiaire, petite-nièce d’un auteur à succès, un rameau lointain par les neveux ? On ne peut quand même pas écrire juste pour les stagiaires, si ?

 

Sur le palier, demi-tour, en partant, porte ouverte, vous apercevez un tout petit bureau d’où un maigrichon très  blondin et très pinçu, serré dans ses lunettes prétentieuses et son pantalon orange, expulse amèrement vers vous un regard très accablé en sifflotant « La Pavane pour une Infante défunte ». C’est mieux que « La Javanaise », mais tout de même :01-der-baberinische-faun-300

 

Détumescence garantie.

 


Didier Jouault ,   pour Ydit-bis, Rétro-calendrier de l’Avant -17,  » Soumettre Ferrare »(2/4)  Il ne faut pas se tromper de sonnette.

A suivre « Soumettre Ferrare » 3/4 : Direct soute à bagages

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Ydit-bis, retro calendrier de l’Avant – 16 « Soumettre FERRARE » (1/4) : La dame de Print-Speed


Pour le tout début d’année, quand on quitte ( non sans peine) Radda in Chianti, la version 3 est en place- en format numérique, envoi en pièce jointe fait par précaution, enregistrement sur clé : ceinture et bretelles, et ficelle.


Ensuite, début janvier, sur la table dite bureau (car que faire en un gîte sinon que l’on ne bure), on aperçoit des cartons, comme d’un déménagement intérieur. « Qu’est ce que c’est tout ce bazar? » demanderait Germaine, qui- en parfaite SNCF Women- déteste ce qui sort du rail autant que tout ce qui, au désordre structurel, ajouterait  des patatras ponctuels- surtout que sur cet adjectif  ‘ponctuel’ elle objective beaucoup.

C’est, Madame, l’état présent- et un  peu déprimé- des étapes non pas du Tour de France, mais de cet ( intime) tour de force : en venir à bout, sans même savoir si on tient le bon bout.

Sur le sujet du bon bout, sinon du bon goût, notre V3 dit Voltaire collerait volontiers l’un de ces bons mots (aussi nommés parfois saillies dans les sous -préfectures rurales) par lesquels, deux siècles et demi plus tard, il permet toujours de passer sans peine d’un Dictionnaire à une Encyclopédie, bonne mesure de la démesure. La russe Vassiliki- dont il convient ici de saluer un retour jusque là évité, le prend de court (à défaut de le pendre de même, lui,  V3, sale faux aristo esclavagiste véritable), affirmant que Voici là dans ces cartons et versions de quoi nourrir dix à douze thésards pendant cinq ans, pourvu que les Organes s’en mêlent.

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C’est préoccupant d’avoir tant été préoccupé de ces barbouillis, non ?..

Est-ce bien raisonnable, tout ce temps à se frotter tout seul à juste soi-même?

Par avance, on en fait don à la science, pour les travaux d’anatomo-pathologie d’externes glorifiant l’expérience sur le presque-à-peine-à-peu-près-mort : l’écriveur au lendemain de la dernière page de la version définitive.

 

« Un petit creux dans la nuit »,

titre de roman ou auto-portrait?..

Les pluri-manuscrits d’un récit à venir forment un peu comme le ressource SDF d’une morgue avare qui se serait trompée dans ses commandes en ligne. Mais il faut attendre pour les « retours ».

« Hasardeuse image, non? » soupire Marina (donc, tiens, les revoilà tous, les personnages d’YDIT-BLOG, bouquet final dans le pot aux roses du récit achevé?), même pas certain que mon Richard d’auteur aurait osé la noirceur à ce point ? Il aurait parlé Grand Tante dans le paysage de Corrèze ou jeunette sous la couette, « Parmi les ombres ».

Toute littérature flotte sur un océan de pure immatérialité, comme une gaufrette où lire l’avenir (« bientôt des surprises! »), dans le désert. Ici, (en dépit d’une tendance hélas tenace à documenter le fictif avec les traces du réel) on ne fournit donc pas la facture assez dodue tendue par la patronne non pas cette fois de l’auberge du canaletto, mais la pétillante propriétaire de chez « Print-Speed », zone industrielle  des  Clairions à Auxerre -déguisée en ‘parc d’activités’,20180320_133616

tendance  » vintage » à côté du plan d’eau, on ne risque pas de se tromperplan de la gare de NiortIMG_6408vintage rockabilly collect Sidony Pinteresrt

-47 boutiques dont un hypermarché, beaucoup d’hectares pour un parc très paysager, et le parking devant « Print-Speed » indique : exclusivement réservé à notre seule clientèle. Il faudrait l’humeur badine de Marina pour s’amuser de la seule clientèle qui serait clientèle seule, et « Print-Speed » devenu Speed-Spritz.

tapuscrit sur table 2

 

Vous avez vu large (mais pas conçu si lourd) ( –Quoi que, s’insinuerait Germaine) :

quinze exemplaires de toutes ces 278 pages, couverture carton 150g bleu, reliure plastique transparente spiralée, 1420 grammes l’un, 1640 grammes  avec l’emboitage plastique blanc (un authentique luxe), pour finir en broyeuse ou en fumée.

 

« C’est tout de même moins cher, note V3, que le prix du café au Procope si on pense aux retombées. »tapuscrit sur table N et B

Dans la nuit, la dame de Print-Speed, qui habite Appoigny, a -t-elle plongé la main dans « Le Jardin de Giorgio Bassani « ? Tenté de parcourir un récit comme on décharge une palette de ramettes, dépêche Paulette !

Déposant après en avoir dîné, l’ultime exemplaire tapuscrit sur l’étagère (espace de prédilection des projets de littérature)?

Ouvrit-elle son volume sur un passage obscur du désir, une figure austère (presqu’Auster?) du récit? Le rêve de l’auteur est que Madame Print-Speed ait clandestiné un exemplaire afin de le lire. Mais non, c’est trop de ramettes sans facture.

Elle désigne les cartons comme une sœur supérieure vous remet la paquet de charpie où gigote un enfant illégitime : « C’est bien à vous, ça? ». Comme un gendarme vous restitue le Permis d’inhumer (sinon d’inhaler, surtout ces temps), signé par le médecin de famille, pour le Grand Oncle à Héritage. Ici l’Yonne, c’est un département pauvre, souligne son geste, et tout cet argent peut-être sale pour des mots pas très propres…

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Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Reprenez vos tropes et vos hussards, vos synecdoques sine die, vos chiasmes chaloupés, vos hiatus hiératiques, on en a trop vu de ces shorts à pédales, de vos Hébreux dans les jardins qu’il soient de Finzi Bassani ou de Contini Giorgio, Vous voulez la TVA sur la facture ? Elle n’ose pas ressembler à un carabinieri faisant circuler, hop, allez, va, va , tire toi, ‘no photo’, delete, delete . Elle prononce juste le définitif : « C’est épais ».

Chez Print-Speed, on a du vocabulaire, sinon la tête large.

Un honnête sexagénaire habillé  moité Chasseur Français, moitié pharmacien de garde, accompagné de son épouse d’ici, m’observe dans une muette agressivité mal brimée, quand je le croise en sortant, frôlant sa pile de bulletins municipaux : » Saint Simon au Perche, la route d’un Pays ». « Je vais chercher ma fille à la salle de sport » s’excuse-t-il en vain.

M’étant arrêté sur le chemin du retour, bottes et casquette quittées, je ressemble à un Parisien : on les connaît, ça dépense pour rien, mais ça sert à rien pour tout.

Les cartons de tapuscrits s’entassent le long des cartons de bourgogne pinot noir, coteaux d’Auxerrois, un petit vin découvert à la « Brasserie de l’Horloge », distribué contre une carte bleue chez « Vin pas vain », biodynamique producteur local, label Entreprise Environnementale, écrire n’empêche pas de choisir (« Quoique », aurait dit V3-Voltaire), je rapporte un petit souvenir de mes courtes escapades, pinard et polar.Auxerrois.jpg

 

 

 

 

 

Allez, pour trois cartons de six, je vous mets un joli Rully en cadeau.


 

 

Didier Jouault      pour    Ydit-bis , retro calendrier de l’Avant – 16    Soumettre FERRARE (1/4) La Dame de Print-Speed à  suivre : Soumettre Ferrare (2), il ne faut pas se tromper de sonnette

 

 

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