DIDIER JOUAULT prod. présente: « YDIT-blog », SAISON VI, nouvelle saison, souvenirs de là-bas. Episode 2, Gédéon le Sénateur, fragment n°2 . Les débuts de la Naine Noire, suite.

Avertissement , à la suite de demandes récentes depuis cette publication de 2026 : la reprise du YDIT BLOG n’exige pas une connaissance de la saison IV , mais il suffit de cliquer la fêche en bas de post pour… un retour progressif en arrière sur les 100 ( à vrai dire plus de 100) posts dédiés à « l’Affaire du pyjama ».

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SAISON VI, EPISODE DEUX, encore années Soixante-dix, donc.

Le Parti, son héraut de la culture, et Bernard P. est ( d’une manière amène et distante, mais efficace) le principal Responsable Kulture pour le Parti Rose en vif développement.

Que va -t-on faire, sinon regarder le Tour de France ?

FRED : YDIT, dans l’Histoire, c’est tout de même un peu le brave homme qui regarde. passer les caravanes, non, les Garçons?

BOB et MORANE ensemble :  » Madame FRED, arrêtez de nous appeler  » Les Garçons », ça fait mauvais genre, non ? »

Selon Ydit : Du temps a passé car, l’épouse d’alors avait raison, il y a beaucoup à faire pour un  couple de jeunes mariés : sortir le chien, repeindre les papiers peints dépeints, payer chez le traiteur, payer de sa personne, ne pas rater son train de 6h14 à Austerlitz, ni le cinéma, les films à l’époque pas x (L’ami MARC en ferait une thèse ) et pas chers, et encore moins rater les câlins, presque autant que d’occasions, pratiques attendues de jeunes mariés, concept épuisant, donc épuisé. Plus tard ( bien plus tard, on sortira le chien pour appeler G., en ces temps de communications à distance où la cabine téléphonique est un détour pour les amours)

La scène principale pour le Parti rose se déroule, ensuite, dans le hall du Palace. Le Palace. La nuit, espace pour la musique – de plus en plus célèbre-, puis club et restaurant, de plus en plus sélect.Déjà un peu louche. Un lieu-dit Parisien. Si présent de puissances cachées mais vives. Oublié, depuis.

BOB : Je ne me souviens pas, Le Palace, c’était là, pour les mélanges à douze?

MORANE : Non, là c’était juste le mélange des lignes !

BOB : Les lignes du Parti ?

MORANE : Les lignes des susbtances ?

FRED, la minutieuse et pragmatiquemeneuse de récit, demande s’ils ont entrepris, BOB et MORANE, d’altérer le flux narratif ?Le flux narratif, ça les fait ricaner, mais ils se taisent.

Selon Ydit : La commission Kulture, où Bernard P. l’auteur primé a introduit le jeune YDIT, organise la Journée des écrivains et intellectuels au profit du Parti Rose. Bien sûr, 49 ans plus tard (peut-être 50, si l’on flâne sur les bords du récit ) se souvenir d’avoir regardé depuis le balcon une salle radicalement pleine, avec beaucoup de participants radicalement contents d’eux-mêmes, strapontins occupés par des noms de couverture (La Blanche, chez Gallimard, encore l’un des maîtres du jeu éditorial, ou la montante du Seuil, Fictions, pas trop encore de « Minuit« , cérébrale), travées où sont assis au sol des astres roses, c’est une étrange torsion de la mémoire.

N’empêche : la liste de noms, quand il contribuait à préparer la Journée, avait émoustillé YDIT, autant qu’une série de shorts au jardin du Luxembourg.

Selon Ydit : A la tribune, on voit les meilleurs,  qui sont aussi parfois parmi les plus célèbres, au sein des divers cercles par ailleurs concurrents. Poètes, romanciers, dramaturges, essayistes, « féministes » ( en petit carré), plasticiens, trois ou quatre galeristes.

BOB : Faquins et coquins? Malins et catins? Auteurs et fauteurs?

FRED ne comprend pas cette ironie du Détective. Elle fait signe de se taire. De temps en temps. Tout de même. Histoire : respect. Au moins, prudence.

Selon Ydit : Il en manque un grand nombre : elles et ils seront plus tard dans d’autres salles, place du colonel Fabien, ou à La Mutualité, sous le drapeau rouge avec faucille et marteau, parce que la ligne politique du Parti Rose leur  paraît trop molle : mélée à du blanc, parti voisin, encore pas « allié »: Tintin ma caille !..

On attendait The First, l’ex-candidat vaincu de peu, assez communément célèbre pour ses retards. Sur la scène, les aiguisés parleurs déguisés en faire-valoir tentaient d’introduire la patience dans les émotions prévisibles des présents, plutôt habitués à faire eux-mêmes patienter.

Il y avait même un poète célèbre qui déclamait à voix rauque, sous ses cheveux troussés comme une tendre servante du viel Hugo, les passages les moins érotiques de son œuvre dite pornographique, comme si c’était Noël : nul silence alors sur les anciens gestes agresseurs de l’enfance, sur les corps caressés sans demander : certains pronaient presque l’usage de jeunes garçons comme un remontant pour désirs pâlis, allez, un petit coup n’a jamais fait de mal à personne…On dirait ensuite : on ne savait pas que ça peut faire mal.

Temps d’insouciance horrible mais vraie. En ces temps-là, Ydit vivait dans la paix de l’oubli, ignorant lui-même ( ou feignant par paresse d’omettre) qu’il avait été l’un d’entre ceux-là, les garçons-caresses, bravo la fermeture de la machine-mémoire,

et donc, en ces temps lointains des années Soixante-dix, Marcel Malbée, « La Chasse au Parrain », les fragments du fatras mémoriel : inconnu au présent de ce passé !

MORANE : n’a rien dit, mais grifonne sur une addition de bistrot, et passe sous la table à BOB :  » il avait été », avec la liaison, tu comprends quoi ?

Selon Ydit : Bernard P. L’auteur, dont nul ne réussissait jamais à fragiliser le calme, et encore moins la distance dorée à l’humour, avait envoyé YDIT sur les parvis, en -dehors de la fumée, elle aussi grise : devant Le Palace, c’est quartier populaire, rue du Faubourg, avec un trottoir étroit, un flux de voitures bruyant, mais du soleil partout : on était assez bien ici, pour

Et attendre celui qui allait faire ça. Le Premier. The First. Pas moins. Et toc, l’estoc .

Le Grand Mage.

Entre le  Grand Boulevard très populeux où prenait la rue, et Le Palace, deux cents mètres, que YDIT allait ensuite ( mais c’est beaucoup plus tard, une histoire dont nul ne sait encore si elle sera ici racontée, la longue et lente et tendre histoire des Frères) parcourir des centaines de fois, en trente ans, pour gagner le siège voisin de l’Association Des Frères.

Debout sur la plante des  pieds, on l’apercevrait plus vite et mieux, l’attendu arrivant.

The First-, avait acquis sa popularité, déjà grande, et cependant ici presque personne ne l’observait. Sa présence, à pied, tranquille,  sur ce trottoir, restait inaperçue parce qu’elle était impensable. Comme trapu, comme paisible, vêtu d’un veston vieillot, Le Premier Secrétaire avançait d’un pas de sénateur, un livre sous le bras gauche.

A la main droite, il tenait un cornet de glace. On peine à s’en souvenir. Mais oui, un cornet de glace. Toute une salle qui attend, et lui, vanille fraise ( déjà ).

BOB : Un peu Madone des sleepings maquillée en statue de la Liberté ?

MORANE : Social-fondant et tendance vanille-fraise, c’est bien lui !

Selon Ydit : Dans la salle maintenant très chaude du Palace, quelques-uns des contents d’eux-mêmes commençaient à se poser la question de leur départ- donc de leur futur abandon de la Cause du Futur. Un écrivain, ça tourne vite la page. Un poète ça va vite. Sans hâte visible, The First arrivait sur le parvis : il finissait à peine le cornet, se frottait le bout des doigts en prenant garde à ne pas laisser tomber le livre relié qu’il venait probablement d’acheter chez un  bouquiniste voisin (remplacé depuis par un marchand de gauffres au Nutela).

Sur le parvis, l’homme ne se pressait pas de rejoindre l’essence de l’essentiel des publieurs de gauche. YDIT – un peu ému, un peu agacé- accueillait ainsi le quasi-promeneur, qui souriait, et lui parlait avec une infinie courtoisie, comme si on entamait tout à l’heure une partie de bridge dans le salon de la sous-préfecture, ou l’arrière salle du  » Vieux Morvan », tout en ayant ce jour là laissé son Chardonne dans la voiture (avec chauffeur).

« Y-a -t-il beaucoup de monde ? » demanda The First. ( on progressait dans le couloir, et – en ces  années reculées- nul moyen de s’informer en marchant). « Certains sont-ils partis sans m’attendre ? » ( on supposait – le connaissant un peu-, qu’il retiendrait les noms).

« Ah, bonjour Bernard ( l’écrivain-Kulture qui patientait au guichet de la billetterie, plus rose qu’une ouvreuse), merci de m’accueillir, et vous Monsieur, merci de m’avoir guidé ». Un sourire à effacer toutes les factures. Pour Ydit, vingt-six ans, ou vingt-sept peut-être ?

Puis, d’un même pas sans urgence, Le Premier traversa la salle qui se taisait peu à peu, paisiblement s’assit en tribune, se redressa pour parler, fut lyrique et cultivé : convaincant. Savoir-faire. Immense. Toujours : lyrique et cultivé, ici c’était bien. Savoir-faire, ensuite, jusqu’en 1981, ce fut efficace.

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 » SÉQUENCE 2/25

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Texte de YDIT : FRED, pragmatique et lumineuse, se demande si on oserait encore faire « ça », au Palace, ou aux  » Café de la Place », la fête des têtes, les auteurs, les cinéastes qui, depuis la coulisse, dressent sans rien attendre pour eux-mêmes l’image de leur fidélité implacable, ouvrant de grands yeux maquillés au rimmel de l’avenir..

Un hommage pour le Pacifique

MORANE, puis BOB, s’esclaffent. On a beau être Détectives sauvages, on sait lire.

Selon Ydit : Deux ou trois semaines plus tard, YDIT buvait le Perrier dans la vaste pièce-bureau chez Bernard P. l’auteur-délégué-Kulture.

« C’est bien, disait l’hôte, tu as pu voir de près la majorité des nos bêtes fauves déguisées en grands hommes de la culture s’asseoir sur leur queue et donner la patte au dresseur. Mais je comprends que ramasser les  miettes du cornet à glace t’amuse encore moins que de ramasser les balles à Roland Garros. Tu es trop sérieux, YDIT, bien que dramatiquement dénué d’ambition, et je vais donc te présenter à plus intensément sérieux que tu n’oses rêver. C’est un très ancien compagnon de « The First », un qui travaille et ne rit pas, et qui donc va déjà loin, je vais te présenter à notre responsable des formations.

Il s’appelle Gégé- ce sont des initiales. Dit Gédéon, ou encore Le Sénateur, et même La Naine Noire, pour les amis, anticipateurs de son trajet. Se trompent-ils? L’Histoire le dira »

Et ce récit aussi !

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Didier JOUAULT « YDIT-blog », saison VI, « YDIT-blog », nouvelle saison, souvenirs de la-bas. Episode 2, Gédéon le Sénateur, fragment n°2 . Les débuts de la Naine Noire, suite. A suivre…une semaine de répit, un peu moins

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