RESUME EXPRESS : le personnage YDIT, sa mémoire ayant été « réveillée » par les récits récents, se souvient des jours et nuits avec et chez Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain, qui lui demandait si- dans le petit appartement rue Dupetit Thouars- le gamin ne voulait pas enlever tout son pyjama, tant il fait chaud. Il n’avait su dire NON à la suite. Il sent revenir en lui cette image et cette injustice : James, lui aussi à sa façon privé de pyjama et corps convoqué, n’a pu rester si longtemps vif et joyeux. Hanged James. Aidé d’un duo bavard d’enquêteurs, BOB et MORANE ; renforcé par TYNE et FRED, deux compagnes de jadis, YDIT se lance à la poursuite de Parrain. Tout ceci est évoqué/imagé au flambeau d’une mémoire menteuse. Tout ceci est raconté/illustré en lambeaux dans un « fatras » de documents expédié à une ex-assistante ( Madame Frédérique, désignée présentatrice), sous l’appellation « Lettre de A. Version B.« , en hommage à l’incipit de « Extérieur Monde » (Olivier Rolin). La chasse au Parrain, où l’image parle aussi, est entrecoupée de diversions diverses. Commencée en août 2023, la publication prendra fin en aout 2026.
Note de Madame Frédérique :
Note de madame Frédérique:
Le feuillet ici reproduit, non numéroté mais soigneusement « rangé » à son rang dans une succession claire, est précédé ( fait exceptionnel) d’une mention manuscrite à l’encre rouge :
Place à voir
Dans la version actuelle de « La lettre de A., Version B. », ce fatras déposé par un postier après la « disparition » de Y.d’I., dit YDIT, il pourrait s’agir des épisodes TRENTE-SIX/ TRENTE-SEPT ( Grand-mère) voire TRENTE-NEUF et QUARANTE ET UN ( Père), ou même SOIXANTE ( Mère) ?..
TEXTE de YDIT :
On devrait lire ( à la place d’un Anonymous project : Episodes QUARANTE-SEPT, QUARANTE-HUIT et QUARANTE-NEUF) les piles de photos anciennes conservées dans une malle emplie par ailleurs de manuscrits, à l’époque ( lointaine !) expédiée par avance à Sylvanès (on ne s’en servira presque pas, YDIT n’écrira presque rien, préférant écouter le piano-bar de Vassilki sur le Steinway du scriptorium, venir en aide à la cuisine à Soeur Agathe de bleu vétue, ou bavarder en petit short au soleil avec le joli reporter de France- musique, trois images d’une tentation de midi, la légéreté, l’abandon, la bifurcation : voir EPISODES TRENTE ET UN à TRENTE-QUATRE).

La table du dimanche :
Parrain avait les mains prises pour tenir le journal, juste il remuait un peu les cuisses, mais ça va, ce n’était pas gênant, il bougeait pour approcher le garçon, oui, juste un peu chaud, et le garçon pendant ce temps-là, continuait à s’occuper sur la table à ce qu’il avait en route, oui, n’importe quoi, ou alors même on est allés quelques fois au cinéma – regarder des films en noir et blanc, se promener dans les Passages parisiens avant le déjeuner chez Chartier (que la mémoire re colorise )

mais le parrain s’assied toujours à côté de l’enfant, la jambe près de la culotte courte, et lui tient la main s’il a peur, ça paraissait banal, un parrain ça protége, un parrain ça proxime, un parrain c’est caressant. Ecoute donc ton Parrain, disait Mère. Et Père: ne disait rien.
Ou la table ailleurs à Paris, à Dolus-le-sec pour la thèse sur la littérature africaine et les Indépendances ( finalement non-éditée, puis utilisée dans une permière version de la saison IV, ici-même, comme un bagage en bandoulière pour les nuits avec Tyne l’Africaine,
mais on a finalement renoncé à lire avec Tyne, puis aussi coupé d’ici-même, saison 4, les mots d’Afrique, plus assez de mots dans la réserve).
Ou les pages numériques de la saison TROIS, revues la dernière fois chez Nadia, sur la vaste terrasse où s’émouvaient ensemble mais contradictoirement les jambes-ciseaux d’Adèle et la queue verte du lézard, au point que la saison aussi a fui, engouffrée entre deux lates bien avant la fin programmée ( mais c’est facile d’inverser un programme);
Ou à Paris encore et Cucuron ou ( mieux ! ) Ferrare : 
les gentils 99 épisodes d’un claveriste goye sur un écrivain juif perdu entre jardin et cimetière, Finzi-Contini et Bassani.
Si on se regarde écrire, donc, et qu’on imagine la mémoire et invente le passé, c’est tout à fait aussi pornographique et à l’origine d’un certain malaise, que si l’on se regardait ici-même soi-même en train de caresser les fesses d’une fille (ou d’un garçon, pareil). On peut le faire avec plaisir dans la vraie vie, aucune raison de se priver, même si ça ne sert pas à grand-chose d’autre que ce plaisir.
Il y a d’autres souvenirs comme ceux d’Allemagne, en Forêt Noire, et avant il y avait déjà eu le cosy, rue Dupetit-Thouars, la statuette de Donatelo, et plus tard l’hotel à saumur ,
avec ce que savait Mamie, et même l’invite à la première cigarette, EIRNET 36, ou quelquechose d’approchant, « Tu verras, ça fait un peu tourner la tête »…Oui, dimanche après-midi, Oui.
On peut même tenter d’en parler si on a envie, c’est pour cela qu’on lit « Extérieur monde » ou qu’on spécule sur l’écriture d’ un Roman-Images, tel celui-ci en métamorphose continue, mais ça ne se peut pas qu’on se regarde comme sujet de sa propre écriture. On peut se regarder parler devant le vaste public de l’amphithéâtre : amusant spectacle. On peut se regarder arriver trop essoufflé pour le semi-marathon : cocasse performance. On peut se regarder acheter un kilo et demi de cerises trop mûres au marché : ridicule fringale. On peut se regarder une fois de plus les bras chargés de livres en sortant de chez Book-off ou Gibert : pesante compulsion. On peut se regarder vif et un peu stupide occupé à se faire divers plaisirs aux terrasses, dans les rues… parce qu’au fond ce n’est tout de même pas si complètement vaniteux et vain, mais se regarder soi-même, ici, YDIT ou autre, se regarder ici écrire sur ce sujet : moi ? Non. Pour une fois, Y.d’I. dit YDIT d’ici le didi le dit : NON.
Oui ?
– Oui : faire le marché tout à la fin du marché pour acheter tout de même le si mauvais rosbif qu’on va servir à table du dimanche, presque tous les dimanches, toujours les mêmes convives absents déguisés en personnages vivants : Oui, Le père, avec sa patte folle, et qui ne dit rien, ou est dans sa tête ailleurs, avec ses amis : absent. Oui, aussi, La mère qui s’affole de gestes incertains et de paroles inutiles, qui dit tout, on ne sait jamais quoi : absente. Oui, encore, La grand-mère en pleine forme, quatre-vingt dépassés, ancienne chipie devenue sale mamie qui raconte des histoires de son café-tabac de Saumur sans doute un peu accueillant aux putes : absente. Oui, bien sûr, Les gens, dans la télé arrivée ensuite, le dimanche, Noir et Blanc, John Wayne, les westerns mal doublés, puis arrivent sur l’écran bombé de petites lettres blanches collées sur tableaux noirs : résultats du rugby, les matches, on n’y comprend rien, Albi-Tarbes, qu’est ce que c’est ? Et Mamie mange son bifteck avec son dentier trop serré, absences. Oui, La tablée, avec les parties de Monopoly, qu’est-ce que c’est ennuyeux et vain les jeux de société, on attend que « ça » passe, les absences. Mamie joue aussi, on l’accompagnera ensuite ( à trois : père, Marcel Malbée dit MM dit Le Parrain, Ydit) avant la nuitdans les rues entre Porte des lilas et Pantin, on passe près de troênes mal rasés ou de 2 CV en panne, et la nuit, le retour, ça change tout le temps dans la vie de l’absence. Mais avant la nuit quand même accompagner Mamie jusqu’à sa maison de retraite à Pantin. Seul changement : l’heure. Changement d’heure. A l’époque, non, toujours le même heure. Sauf si on voyage, loin, mais les voyages sont en France, campings, ou un seul lointain, Allemagne, Forêt noire, les soirs avec Marcel Malbée, dit MM, le Parrain aux mains glissantes.
Et puis, les dimanches après-midi ( heures de tous les dangers combinés à toutes les absences) cette façon toujours incomprise qu’avait le garçon, le garçon YDIT ici nommé, de redoubler l’absence ou de l’amplifier ? Oui. Amplifier le Rien. Cette façon de s’écarter des tables d’absences, de jouer le dimanche avec des espèces de bandes de tissu blanc- bandes d’infirmerie-, et un tube de vermillon rouge. Oui, alors c’est dimanche, YDIT se cache dans la cuisine qui est le seul lieu de l’appartement où il y a un point d’eau (n’oublions pas, mais cela ne s’oublie jamais : les toilettes sont sur le palier, l’idée de la douche s’apparente à un rêve de riches, ou presque riches, tel Marcel Malbée,dit MM, deux-pièces salle-de bains rue Dupetit-Thouars ). Là, c’est dimanche, Ydit s’enturbanne la tête de bandeaux blancs, étroites bandelettes de coton à liseré bleu, matériel d’infirmière, oui ; là, c’est dimanche, YDIT écrase une partie de la gouache rouge, là, oui, bien au milieu du Front de YDIT vu dans le miroir mobile, comme si on était un blessé ayant reçu une balle dans un western, ou un premier mari de la mère mort d’une seule balle en juin 40, et la balle dans la petite boite en bois au fond d’une armoire, mais quand on reçoit une balle dans un western en pleine tête au milieu, juste au milieu du Front, un beau coup bien rouge, on ne survit pas, même dimanche, oui, on meurt, on n’est pas là en train de remettre un peu de rouge sur la bandelette parce que la tache n’est pas assez grande au milieu du blanc tissu, jamais assez grande la tache de rouge-vif, oui, naturellement. Absence marquée, imposée, distinguée, mais personne jamais ne regarde vraiment, absences.
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YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, Episode SOIXANTE SEPT : très délicat passage en Rappel ( avouons-le ! ): ce que Mamie savait, le voyait-elle ????( début, un sur deux). SUITE, non pas la semaine prochaine , bien sûr, à peu près …


Ensemble, bavarder sans façon ni mesure, et encore boire un whisky- elle en avait de très bons. Histoires légères de vieux amis.



(on déteste ce mot tellement plein de mensonges et tellement plein de vérités) le poussait à l’état de complice.
S’il a changé leur âge en vieillissant ? L’attendre à la sortie, pour s’approcher, le regarder droit en face, le gifler, lui décrocher un direct puissant dans l’estomac ( ce qu’on ne sait pas faire) achever le geste d’un double coup de genou dans le bas-ventre, bien entendu, et pendant qu’il se plie sous de violents crochets à la mâchoire. Il se pisse dessus, il saigne du nez, c’est joli à voir. Très plaisant. Contraire à toutes les valeurs. Mais joli, rien à dire.
Puis s’asseoir sur lui en le tenant aux oreilles (on se souvient sans image qu’il était quasiment chauve) pour lui frapper la tête au sol, sa tête à lui à son tour blessée, en murmurant à son oreille (autre version : en criant), sur un rythme jazzie : « Tu n’as pas trop chaud mon parrain, tu ne veux pas enlever ton blouson ? Mon petit Parrain, mon petit Marcel, ton blou, ton blou blou, ton blouson !».

Tu ne veux pas enlever ta chemise ? ».
Jamais
Jamais
Jamais on n’apprendra pour quelles raisons, quelles déraisons, l’un s’est pendu dans le carré de la fenêtre, et l’autre non, qui rigolait si bien de tout.






Le gamin aurait préféré ( sauf si le souvenir là encore est menteur), qu’on se posât franchement nus, ici ou là, sur ou sous le drap de nylon, fraîchement nus sans la comédie d’attendre, et hop, puisqu’on est là pour ça. Fais ton truc, fais le moi, faisons ça, comme ci comme ça, ceci tout ça, et ne pose pas de fausse question.

) :
Mais j’écris – dans le berceau du roman-images – et le cliquetis du clavier malmené couvre les friselis de l’eau qui peu à peu envahit le sol de tomettes, flaque encore peu visible, elle forme sans que j’y prenne garde une sorte d’Aqua Alta inattendue dans cette région de collines, et l’eau monte encore et le récit nage et les pieds trempent.

Ecrire c’est passer de l’eau de Javel sur un évier intérieur.
C’est là que vous le trouveriez, s’il existait encore. Tentez votre chance. Métro TEMPLE. Ligne 3. Levallois Gallieni. Changement à République pour aller à Porte des Lilas par la 11
.




Petite boite comme de cigares, mais un sceau de cire rouge, et « Mort pour le France »
qu’elle réprouvait aussi d’un geste de répugnance (horreur dégoutée de sa voix un après-midi de congés scolaires où elle avait surpris- alors qu’elle était supposée occupée- son cadet concentré seul sur le sujet du plaisir, actif et solo.) Était-ce pour se préparer à la prochaine séquence Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain ?
glorieuse où accrocher des lambeaux de mémoire.


Comment peut-on jeter « ça » ?
), les restrictions confirmées, et Marius Marcel, le mari numéro DEUX, encore élégant avec ses revenus à l’époque confortables, tout juste tout frais sorti d’une histoire précédente, à trois avec le vieux de La Varenne, mais ceci est une histoire qu’Ydit n’apprit que vingt ans après. On a déjà dit ( et lu?) cela: père, Marcel Malbée, le troisème homme, plus agé, ancienne célébrité, la grande maison de La Varenne, leurs vies à eux-trois, tout cela évoqué par Grand Frère un soir de dîner, évoqué-jamais raconté.
Cette fois encore, on ne saura rien de plus de ce qu’il est impératif de connaître.



Elle connaît les goûts du père, son commerce avec des hommes à jolies silhouettes à la Porte des Lilas, ses absences, les chiens qui ne font pas des chats, et puis elle sait encore mieux ce que personne ici dans ce rapport ne saura jamais, ni même YDIT : l’intime bavardage intérieur du père, soudain parlé sur l’oreillerk, peut-être ?.. Aussi, pour les goûts du Grand Frère, pas de Secret ni même d’interrogation, cette fois : passée la première nuit dans le lit ex-conjugal Porte des Lilas , nuit avec Jackly-jolies-fesses : plus de doute, Chère Mère, les chiens ne font pas des chats. Les amis pianistes ne font pas que des gammes avec leurs doigts. Le plus vieux des trois non plus, cet inconnu sur image, qui les reliait, mort sans héritage.
terminent donc en affirmant qu’on pourrait ici, sauf mégarde, glisser sur une pente vertigineuse, pas loin du précipice : la connaissance de tout cela dont disposait la mère, jusqu’où cela allait-il ? Jusqu’où ? Cela allait-il?
avoir serait-ce en silence et immobile permis que cette main molle tire le cordon raide du pyjama, NON, l’encore impubère (plus pour longtemps ) garçon n’avait pas, simplement, résolûment, violemment, silencieusement même dit ce petit mot , unique : NON.

Ecrasant une ficelle coupée, le sceau était comme il convient brisé.

Mort pour la France, Taratata, lever du drapeau, champ d’honneur. Et aujourd’hui on songe (chacun sa guerre du reste) au Bardamu et Céline, à Saint-Loup et Proust, ou mieux encore peut-être à la route des Flandres de Claude Simon, trois écritures de la Guerre qu’on ignore évidemment à l’époque mais qui pourraient se rencontrer dans leurs fulgurances obscènes ( chacun son obscénité) pour tracer un portrait cubiste et sombre de la douleur.

François-Dominique : un vieil ami aux talents protecteurs.
lots d’héritage provincial revendus à la découpe après maquillage de vieux meubles rossignols en de belles antiquités bourgeoises.
soir chez FRADO.
Il apparaît dévétu d’un kimono très sombre et très fleuri. Il joue du piano debout, lentement, quelques accords, et le mouvement du jeu ne découvre pas que les avant-bras.
Beau corps de quarante ans. 
Il est minuit, ou presque, des Cendrillons tournent en silence pour manigancer les métamorphoses. François-Dominique cesse de jouer, regarde YDIT : « Il fait chaud, ce soir, non ? Tu ne retirerais pas un peu tout ça ? Je peux te prêter un pyjama, si tu préfères?« 



avec un Chablis frais, assiette de charcuterie (surtout auvergnate) à 14 euros, vin et café compris, on dépasse très largement les 20€.



elle lui avait écrit des dizaines de lettres amoureuses à cet aîné de trente ans, qui tente de la sauver après la Commune -en vain).
un peu ainsi que FRED engagea les détective si ravage, BOB et MORANE, pour commencer la Chasse à Marcel Malbée, sans imaginer que tout le monde ( les détectives, YDIT, le public, les filles dans les trains, Garouste sur ses toiles) tout le monde allait peu à peu prendre au sérieux cette chasse au rien, au mort, au passé, au cordon blanc de pyjama bleu, t’as pas trop chaud ?
La mère François n’avait sans doute pas considéré que la Résistance avait été un bienfait, – « surtout des attaques de maquisards sur les bureaux de poste pour se remplir les poches »- Et le père, absent avec talent sur tout et pour tout- ne se souvenait vaguement des affiches de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne que lorsqu’il s’agissait de se porter volontaire pour tenir la buvette lors de la fête de la paroisse ( une fois, la famille avait même invité à déjeuner le Père Martin après la messe du dimanche).
ont poursuivi, sinon des chimères (mettre la main sur Marcel Malbée, l’empanouillarder sans réserve, l’abandonnasser couvert d’opprobe et de stupéfaction et de goudron vert au milieu du square du Temple, à l’heure précise de la sortie des jeunes filles sans tache de l’Institution voisine : « Chez Mado -la-Nantaise »), poursuivi sans re-signer ni rechigner au moins l’œuvre assez noire pour laquelle ils sont ( grassement, FRED le voulait ainsi ) rémunérés, rétribués, respectés par les confrères en détectivade hard et sage : en finir avec le jugement de Malbée, Marcel.

( FRED assure n’avoir pas contribué à une réécriture du rapport de Bob et Morane, Madame Frédérique n’aurait osé, mais le surgissement dans le flot du langage, ou la baleine blanche introduisent un doute sur qui écrit quoi, au fait ?). 


.


Ici, dans les récits autour du père et de grand frère, la densité atteint la pointe sur l’échelle du pesant présent. Ici, mille et mille fois qu’en d’autres lieux ou temps, il aurait fallu dire aussitôt NON, et encore NON, et puis aussi NON.
essayistes, papistes, éditorialistes, contraignissent le personnage de ce ci-présent roman-images, Septante et de plus en plus étant venus, à écouter les obscures voies intérieures d’une mémoire jusque là sans lumière.
cristal engrossé de rouge criard sur sa nappe blanche, on peut écouter, on ne craint pas les ruses imprévues de la finesse : les termes de l’échange sont posés, avant même l’addition.
D’un coup, comme un expulsion dans le plaisir mélée du sang de la blessure, Grand Frère vient de laisser revenir au jour du discours, de l’intérieur de son discours, de profondes histoires à propos de Père et de Marcel Malbée, ( personne à l’époque n’avait inventé la glaçante succession, l’agaçante chenille à dessein urticante, pétrifiée par YDIT : Marcel Malbée, dit M.M., dit Le Parrain, Die Pate, ainsi de suite…incantation essentielement utile à voiler, à disperser, à fantômer le cœur de l’émotion).


Je crois, ajoute Grand Frère, que cet homme avait eu un peu de célébrité sur scène, et gardé beaucoup d’argent, mais à l’époque, vivre ainsi avec deux hommes plus jeunes ?.. C’était leur Secret.« 





(image : Bob et MORANE ??)

« Alors, il paraît que c’est toi le frère du Pédé ? »


et vide tout le monde du Secret.







C’est là qu’il l’avait vue déjeuner en bonne et revigorante compagnie, dans un épisode précédent.


impavides détectives, ont poursuivi, sinon des chimères ( mettre la main sur Marcel Malbée), au moins l’œuvre assez noire pour laquelle ils sont ( grassement, FRED le voulait ainsi ) rémunérés, rétribués, respectés par les confrères en détectivade hard et sage, et montrés en héros sur les images clandestines, comme dans les marbres des musées en province. Et probablement maudits par leur seul vrai patron, le Vieux Samuel, paix à ses didascalies !
– plus précisément de ce qu’il fallait bien accepter de considérer comme des « faits » – toute considération mise à part.
Puis, vainqueur ou vaincu –(mais le sait-on parfois ?) le Père disparaissait d’un coup, pour plusieurs coups.
( à lui surtout la fonction de maître-queue, la mère c’était pommes-vapeur et Pilchards à la tomate, quatre poissons gras par boites, quand le Père s’absentait, on faisait ripaille du tiers ajouté par son absence).
pas géné de traverser nu l’espace réduit du couloir pour aller se tailler un morceau de baguette sur le compte de la famille, fesses et joues rondes sous le nez de Petit Frère Ydit, du père, de la mère, ces deux derniers on aurait dit réjouis du bonheur de l’ainé ( mais on lira- cela se regarde aussi dans le regard du père- que son intérêt pour fesses et joues rondes de Jacky n’était pas que paternel : histoire de chats n’aimant au fond que les chats ?).
Rien de virtuel, d’authentiques bosses à réduire.



MM devenu présent si longtemps absent, ce curieux mélange de réticences et de narcissisme, d’exhibitionnisme apparent, dur à lire,… trop dense, et trop d’images,… Vous savez, la mémoire, pour de vrai, ça ne fonctionne pas comme ça, la mémoire, pour de vrai…et je me demande si, en réalité, vous n’êtes pas plutôt, et bien carrément, attaché, enfin je vous vois faire la moue, d’accord… si vous n’êtes pas accroché plus nettement au… comment dire, j’ai pensé ça en raison de la récurrence de certaines photos, enfin, les filles en short de dos, les tableaux ciblés (Ydit se demandait alors si un « tableau ciblé » servait au jeu des buveurs dans un pub irlandais, endroit où – en cet instant – il s’interdisait de rêver être ?),
les statues prises de derrière, enfin je veux dire les personnes photographiées à l’arrière… des histoires de derrière par derrière, de petit derrière, le derrière du Petit, Dupetit Thouars, Du petit Toi , on dirait?.. « . On sent qu’elle a dû être éduquée dans une pension bien tenue, côté vocabulaire.





Avec sa jambe toujours raide – depuis on n’a jamais su quand -, et lui aussi Septante et bien davantage étant passés, sans doute sa présence dissuasive de « gardien » restait-elle de l’ordre du principe. Sur place, au cours de la veille nocturne (ne pas savoir s’endormir vient-il de là?), son droit était de se nourrir ( et de s’abreuver, revenir aux sources du gros rouge, on le connaît) dans les rayons médiocres, non moins médiocre moyen pour l’entreprise d’éviter une indemnité repas. Cependant, sans doute gràce à son amitié ( sa solidarité de classe? leurs choix communs?) avec le gardien de Jour qui lui succédait ( à l’époque très rarement un homme noir grand et massif ) il rapportait malgré l’interdit quelques boites de conserves, dont du jambon en gelée et du corned beef – savoureux compléments -, valeurs ensuite inscrites au titre de la » démarque inconnue ».
détectives à pressage lent, ont travaillé de nombreuses heures, rencontré des poivrots, des ados, des amis, des souvenirs, puis traversé l’orage muet des mensonges, et récolté la moisson grasse des aveux.
, comme au sommet incertain d’une série de pentes menues.
une certitude : les traces du Père sont indécises, fluctuantes, elles échappent comme il échappait : souvent. La période voulait ça: tout le monde mentait. Pour des jours entiers, le père disparaissait, on le supposait hébergé ailleurs, un centre d’accueil ( toutefois rare en début 60), une connaissance de bistrot, ou bien à demi errant, selon sa saison, dans les Parcs et Jardins beaucoup moins surveillés qu’aujourd’hui ? C’était l’un de ses moments de clochardisation, de déshérence, son mode à lui de parcourir l’ascèse en silence, sa façon intime de s’enrôler en secret dans la secte sélecte des trappistes de la vie intérieure et du dernier verre, -compagnie nombreuse près du zinc- de faire corps avec l’infinie absence du Bouddha, en caressant avec émotion les verres vite vides de « Chez la Mère Jeanne ».
Les deux détectives sauvages responsables du rapport présentent d’ailleurs un témoignage, qu’on peut consulter in extenso ici :
photos ratées dans ce roman- images : une silhouette à la découpe, parfois réintégrée dans les cendres mollassonnes d’un foyer où l’entente paraissait n’avoir jamais été qu’un mot allusif, abusif aussi, pour décrire une légende.
Elles ont été prises par des gens simples, et sur les images- on doit s’approcher) ceux qu’YDIT observe ce sont aussi des gens dont la simplicité semble parfois ressembler à une forme de narration un peu sotte – ou facile.
Et comment répondre sinon par l’imaginaire : quelle histoire, quelle passion, quels oublis, quel renoncement, quel courage, quel mollesse inutile, quelle grandeur discrète…).
Tous ces mots pour dire : la puissante nostalgie du souvenir des autres, un souvenir dont RIEN n’est connu, un souvenir que le narrateur impavide et pas vide, enfin, peut inventer de toutes pièces, de tous ektachromes…Bleu/Jaune/Rouge. Marcel M%albée, dit MM, Die Pate, avait-il des souvenirs du gamin comme si c’eussent été des photos ?
. On oublierait.
Avec une violence interne contenue, souvent, YDIT s’est dit, dans une galerie, sur un quai de gare, dans un couloir d’attente, que la parole aurait pu se libérer, se retrouver, se partager, sans crainte et non plus d’enjeu.
Mais sa timidité d’origine, creusée dans le bloc de la pauvreté, longtemps l’a retenu à l’écart des femmes de cette classe, ayant cette classe. Des femmes de cette surface ayant cette absence de profondeur.
Autant dire qu’il parle encore de lui-même, en incorrigible narrateur impénitent. Impatient. Incohérent. Impudent. Inhérent ( voila une définition, enfin : YDIT, narrateur inhérent)
Mais Marcel Malbée ( on l’a déjà dit) n’a pas de visage, tout effort pour visualiser un visage est vain, tout effort pour retrouver la forme de sa main serrée autour de ce qu’offre le pyjama éloigné du gamin est vain, et la mémoire n’accepte la résurgence que d’autres parts de lui-là, parts dont Ydit n’a que faire.

ont été juxtaposées à la fois par leur couleur dominante et la proximité de leurs sujets : Noël c’est facile, et c’est chaud, et les enfants confortent l’impression de nouveautés répétées dans le mouvement immobilisé. C’est ça, Noel. C’est ça, la famille. En général. A noel, famille YDit, des souvenirs multiples, accablants ou joyeux, mais ceci n’est pas le sujet d’ici. Ici, c’est un roman -images : faux souvenirs et visites véritables.

Collés près l’un de l’autre, les aplats minuscules épuisent toute transparence.
car on avait ensuite abandonné la diapo, susbsistent pour le bonheur des flashbacks de multiples tirages papier ) sont comme préservées de l’ouverture imprévue (mais par qui ?) par un double emballage de papier kraft portant l’explicite mention manuscrite : « Perso perso X ».
Mais nul ne se souvient de ce qu’il a oublié.
Nulle, même nue et vue, vite-dite, ne retrouve Marcel Malbée, dit MM, Die Pate. L’amour ( le désir?) et la mémoire (le mensonge?) s’habillent au même dépôt-vente de l’illusion.