
Note de Madame Frédérique :
SOUVENT -oublions les séquences rappel telles les épisodes ONZE ou QUARANTE SIX- les divers textes des « épisodes » (en raison de leur diversité apparente, peut-être?) semblent convier à enjamber des ellipses, combler des ruptures thématiques.
Cette fois, les séquences suivantes sont lisibles, ordonnées, claires. Elles forment ainsi une transition possible. C’est pourquoi j’ai organisé la publication ( programmée) des posts en fonction de cette « reprise », à la fin de l’été, pour continuer la mise en public du fatras nommé « Lettre de A., version B. » tel ( ou à peu près tel) que me l’a fait parvenir , après sa disparition, Y.d’I, dit YDIT, le Didi d’ici, mon ex-directeur, disparu.
Mais, si j’écris retrouver dans ces deux séquences les thèmes anciens de la mémoire, de l’érotisme, du meurtre et du suicide, ne risqué-je pas de trop déborder de ma fonction de simple assistante ?
TEXTE de YDIT, sur des feuillets de carnet Moleskine, détachés, numérotés…
Peut-être le galeriste, par cet accrochage, voulait-il accréditer une idée de peintre : une image dit sa propre vérité.
Comme souvent à Paris, le bâtiment n’est pas immédiatement visible depuis la rue, ni reconnaissable comme lieu de l’art. Mais Ydit l’a repéré par un article de revue d’art.
Art : on peut admettre le mot, une production spécifique. Artiste : impossible à utiliser, le mot renvoie à une essence, comme noble. Peintre, musicien, hacker, écrivain ( pour certains) , oui.
Dans la galerie, le mot artiste, souvent, mais on peut fermer les yeux. Afin de rester à hauteur de simple humanité.
En apparence, le passage est une impasse– et comme toujours, derrière l’apparent obstacle, une richesse un peu secrète se révèle à qui fait un pas pour lever un voile. Une richesse derrière chaque voile . Dans ce quartier de Paris, Marais-Bastille,
ce sont d’anciennes cours d’atelier, peut-être d’ébénistes, plutôt de verriers, ou de maroquiniers, naguère probablement juifs dans ce quartier, qui fut toujours populaire, de temps en temps vraiment révolutionnaire, souvent révolté par des mots. Quartier de Juifs, surtout depuis l’Europe centrale et le dix-neuvième siècle, on a écrit la-dessus, les Juifs qui fuient les progroms, des personnes écrites ailleurs et même détournées comme comparses, les héritiers, Marko ( qui ne vient pas d’Europe) Cécile ou Serge, ( cf. « Le jardin de Giorgio Bassani« , Saison 3 de YDIT Blog )
Affiché à l’entrée, un plan expose des cabinets des soins (kinésie, podologue, médecin acupuncteur, accompagnatrice de bien vivre en nature et en soi), des sociétés de micro-production pour des films financés par des institutions et des mécènes, un studio d’art photographique (mais ignore quelles photos ), une officine de scénographie, un espace pluriel où se trouve la rédaction de la revue et la galerie d’art contemporain où YDIT va entrer.
De tout cela, ils auraient fait du texte à relire, Balzac, Zola, Céline, Pérec ( pas Proust : quartier populaire trop éloigné de son monde).
La galerie est un polygone de béton crème que couvre un toit de fausses tuiles provençales, dans une étonnante (ou provocatrice) absence d’architecture.
Long bâtiment de briques peintes en blanc et de vitres encadrées de ferronnerie noire, très typique des espaces professionnels 19e, devenus artisanaux au cours du 20e, puis maintenant dédiés entièrement à diverses métamorphoses de production artistiques.
On peut ainsi lire l’histoire mentale de Paris, mais encore davantage son histoire sociale, l’effacement du monde ouvrier – qui avait encore été celui de la famille YDIT, naguère. Solidarité des pauvres entre eux, mais surtout ce qui ne s’apprend ni ne se transmet : le sentiment partagé de l’existence petite. Dans un coin, mué en placard à balai, le cagibi des toilettes à la turque, si froides aux fesses ouvrières, l’hiver.
Ici, tout est symbole, dit-on parfois dans les réunions avec les Frères. En ce roman-images, de même : la galerie d’art contemporain est l’image inversée ( dans la chambre photographique menteuse de toute mémoire) d’un appartement glacial, pauvre et pas sordide, toilettes sur le palier, immeuble désormais inaccessible à la comparaison Réel/Souvenir, car détruit pour vétusté en 1980.
On ne visite pas sa mémoire quand elle est en poussières, et que la benne précipitée de l’Histoire est déjà passée.
Un jour, bientôt (ou pour commencer la troisième année), un mercredi après-midi sans doute , YDIT vous conduira depuis l’appartement sinistre de la famille, Porte des Lilas, jusqu’au Deux pièces tiède et confortable ( médiocre au regard rétrospectif, mais enviable alors ) de la rue Dupetit-Thouars. ON y est déjà venus, vous vous souvenez ? On y retournera.
Mais c’est trop tôt : les détectives bravaches et pas sages, BOB et MORANE
, progressent si lentement dans l’enquête surnommé « La Chasse au Parrain ».

Dans les bureaux et la galerie – vitres à mi-corps, métal brossé- , d’hospitalières jeunes femmes sautillantes et guillerettes proposent largement plus que le service minimum d’un accueil habituel : sourire couleur yeux bleus ; document glacé mais chaleureux; geste de visage qui se voudrait un peu Madone après le confessionnal (mais certainement pas Vénus d’Urbain !).
peut apercevoir des mèches relevées d’une main certaine de son effet sur le visiteur septuagénaire, surtout le geste qui allume le buste lorqu’elle – l’une ou l’autre- se redresse pour l’accueil, quittant la tablette. Pour peu qu’on soit venu avec assez d’argent ( la famille YDIT n’en avait pas, et l’on ignorait les galeries, sauf sur la 4CV de Marcel Malbée, dit MM, Die Pate, un jour de déménagement de Frere), passé le moment de visite, tout est propice à l’achat, et d’abord le commentaire habile de la jeune assistante, gestes précis, langue précieuse, yeux de vendeuse savoureuse – presque savante aussi(*).
. Septante et davantage étant venus, on est dans ces lieux pour regarder puis acheter. Quand la plus blonde se penche, elle est aussi la plus jeune, l’échancrure joliment déboutonnée ouvre la visite par une ronde peau bruine que limite à peine une dentelle framboise de chez Princesse Tam-tam. Quelle Phrase, dirait MORANE.
Inutile de faire tant de bruit, le tambour de l’acheteur résonne déjà.
YDIT se demande s’il ne va pas prendre la fuite : trop peu d’efforts sur le bâti et tant d’insistance sur le charnel, voilà qui sent un peu la fragile esbroufe parisienne. FRED, en ce temps, n’est pas ici :
sur les passages vertige et chair, sans doute aurait-elle imité le sourire désapprobateur d’une chatte qui voit la souris coincée pour son mauvais choix de chemin. FRED, incomparable observatrice à mots de tendresse.
Ainsi que toujours, mélange du désir et du vendable. Dans les galeries. Souvent aux comptoirs des bistrots, pareil : trop cher pour ce qu’on déguste. La pauvreté de jadis, toujours, allume dans la conscience le signal de l’arnaque, et chez les pauvres, même quand on ne l’est plus, on craint sans cesse de se faire avoir dans la relation du commerce. Ydit, au début, voyait le même signal d’alerte s’allumer de clartés vives et rouges, pour beaucoup d’échanges où le désir exprimé par une autre- si séduisante fût elle- lui semblait une arnaque dans la relation du commerce- amoureux ou proposé tel quel. 
Reste d’une histoire de cordon de pyjama, dénoué en échange de rien– sauf si le passage hâtif d’une jouissance de petit garçon n’est pas rien ?
Pour cette exposition le cartouche -presque bavard- de Lee SHULMAN tente une explication, usant de mots qui annoncent et dénoncent l’image :
– « J’ai voulu présenter les images qui explorent non seulement une mémoire collective mais aussi une conscience collective ; les notions de bien et de mal de vice et de vertu. Fondamentalement ce qui fait de nous des êtres humains ».
« non seulement », » fondamentalement », répétition de « collective », l’auteur est un rustre et le traducteur mal payé (peut être l’une de ces multiples jeunes femmes des galeries d’art, dont on se demande à chaque visite comment elles peuvent être si nombreuses et qui assure leur salaire ? Garantit leur sourire? Commande le redressement du buste à l’arrivée du visiteur ? Choisit le dernier bouton à déboutonner?)
Mais l’émotion est à l’intérieur, derrière le toc de l’apparence et du désir. YDIT a eu raison de ne pas fuir.
Le carton-autre raison de s’enfuir dans son arrogante vacuité- est démenti par la réalité légère et l’émouvante oppression de l’exposition.
Ce que regarde maintenant YDIT : de grands formats constitués (recomposés) de très petites diapos – carton, film – juxtaposées au sein d’un cadre de fortes dimensions. Dizaines, centaine, de mini-cadres dans le cadre. Les origines et les sujets sont identiques, d’un mur à l’autre. Scènes familières de jours ordinaires- si l’on admet que les diners de famille, les barbecues de jardin ou les rires de noel sont ordinaires.
Comme dans la vie, comme dans la nuit, les images sont regroupées par les harmonies de couleur, malicieusement : plutôt jaune ; plutôt bleu ; plutôt rouge. Diapo : instantané, comme le souvenir jamais réellement reproduit à l’identique, diapo souvenir, rien que de légers souvenirs, des mémoires gravissant la gravité, des moments de tendresse simplement vivante, des reflets d’heures simples vécues.
Les scènes proviennent surtout des USA, 50 ans au moins plus tôt, ou de lieux de vacances pour Américains privilégiés. Elles ont été prises par des gens simples, et sur les images ( on doit s’approcher ) ceux qu’YDIT observe ce sont aussi des gens dont la simplicité semble parfois ressembler à une forme de trivialité un peu sotte, dans l’habituel regard très arrogant propre au Parisien amateur de galeries. Mais c’est plutôt une forme d’authenticité sans trucage par le photographe, même si- cela va de soi – souvent le modèle pose…Mais il ou elle (souvent Elle) pose pour un semblable, son frère, un ami. Les images proposent également cela : dans la vie tout le monde tout le temps pose, la différence du « produit » est une question de talent du modèle. Souvent, ici, Elle.
Les milliers de photos n’ont été prises que pour la famille, pour le moment de la photo, donc pour rien de grave ( sauf quelques enterrements).
YDIT ne déchiffre aucune volonté d’héritage, de transmission. On est là, clique, c’est bien, clique, rayon de soleil, clique, verre glacé tendu, clique, T Bone à la braise, clique, baignade de printemps, clique, table de noël, clique, visite chez les oncles, anniversaire de mamie, qui ne sait rien de rien, puis plus rien (justement) dans la bobine, toc.
Ce n’est pas de sa faute si un cosy rappelle la rue Dupetit-Thouars, quartier du temple, et les livres de Marcel Malbée, dit M.M. dit Le Parrain, dans le cosy, sur Les templiers.

On chercherait en vain des Parrains aux genoux ornés de gamins frais, ou des pendus du petit matin. On se souvient tout de même, à l’âge de YDIT, Septante largement passés, des soirées diapos à gémir de rire ou de détresse. Heureusement, la famille ne maniait pas les diapos : rien à regarder sur les genoux de Marcel Malbée, dit MM, Die Pate.
Ektachrome anciens, Ektachromes présents, développés avec la main sûre et le talent ému de l’amateur expert. Quelques gros plans, femme au cigare jouant sa Maryline épatée, (position aguicheuse des jambes sous la jupe courte); tirage rigolant avec le contexte (pour chaque Américain de l’époque le symbole Marilyn joint au cigare contournait les tentatives de censure).

Les rapprochements pourraient avoir été involontaires au moment de la photo, mais « l’artiste compositeur » qui a réuni ces images ne peut ignorer la note un peu chaude de cet érotisme à peine voilé. En tout cas, l’arrière-fond traditionnel est celui d’une existence américaine middle classe du siècle précédent : au fond de la galerie, devant un mur évidemment blanc, des téléviseurs anciens ont été montés comme pour former une croix chrétienne (décalage : dans le Paris de 2022, ni croix ni téléviseur ne sont encore porteurs de sens contemporain). Chaque appareil de télévision comporte une image comportant un téléviseur, pour une mise en abyme un peu simpliste. Cependant, l’émotion de ce « jamais vu et pourtant là » résorbe toutes les réticences, efface toutes les réserves : ici la mémoire grille ses fibrilles et le regard grandit à la taille de cet univers.
Familial. Bienheureux. Festif. Partagé. Transparent. Tout de belle surface brillante. Hypocrite. Familial. 
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YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV, Episode QUARANTE SEPT, Anonymous project, diapos pour d’immémoriels passages (début, un sur trois). La mémoire grille ses fibrilles et le regard grandit
(*) : photo Alain Giami

La Chasse au Parrain n’a pas cessé. La recherche de la Lumière non plus. Marcel Malbée for ever.Le démembrer- surtout dé-membrer ! . Tout à fait parfaitement très bonne perspective.



ensemble
avec moi seul
programmer : résister à l’usure du passage
ensemble avec moi seul, je ne dois rien à personne,
je ne fais que jouer, 







entré en catimini, la conciergé trompée, au premier à droite, ancien appartement de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain, Die pate, ouvrir le tiroir en bas à gauche du petit meuble qui se trouvait près du lit-cosy, c’est là que Marcel Malbée garde une série de lettres, interdites.
Savoir enfin qui avait écrit ces lettres ce qu’elles voulaient dire, pourquoi, aussi, le nom du Père y apparaissait, mais c’est une autre histoire, on saura ça ensuite – avec les épisodes FRERE (CINQUANTE -QUATRE / SOIXANTE, octobre et novembre 2024) , sauf si on n’a trop dépassé le budger de mots.
Facile ! Désir majeur, tout de même : que ça finisse vite. Depuis, très souvent, même si du plaisir en ceci ou cela existe, – même un déjeuner d’amis au soleil -l’involontaire posture de YDIT : qu’on passe à la suite. Blessure machinale auto-infligée, difficulté de profiter : marques dues à Marcel Malbée, dit MM, qui fut toujours trop long.
Manger à pleines mains la confiture de fraises à bas prix qu’on voyait sur la tartine du matin, jeter avec violence le pot à travers le miroir de la salle de bains, arracher la bande papier qui entourait l’ « Aurore« , plié non encore ouvert (mais qui se souvient que des bandes de papiers entouraient les journaux que le facteur apportait ?), casser les tringles, en deux, en dix, brûler les rideaux , disperser les morceaux d’un David de Donatello de Pacotille. Les disperser sur le palier, dans la cour intérieure.
Rigoler de se brûler ainsi les doigts.
Quoi que pour être plus précis ce n’était pas puberté au début, ça commençait à le devenir ensuite, et Marcel Malbée dit Le Parrain s’en amusait : » Ça se voit que tu vas devenir un plus grand garçon, mais ça se voit là aussi, t’as remarqué, elles grossissent un peu« ,
Pendu au bout de sa branche, dans la fenêtre, celle sur le jardin? Hanged James, ça vous dit ? Décroché trop tard ?

« Rue Dupetit Thouars, visite sans guide », enveloppe beige assez froissée, non numérotée, donc peut-être à cet endroit de la « succession » ( si j’ose écrire ! ) ou dans une autre « suite » DUPETIT-THOUARS ? Sur tout cela, rien ne peut s’ajouter, fiction, réalité en fragments ? Imaginaire débridé, ou bribes documentaires ? Point fixe, répété : toute confusion est à éviter entre ce personnage recurrent, « FRED », dont je n’apprecie pas chaque élément (surtout les allusions érotiques, et ce qui va être raconté à propos de Venise), et moi-même, qui fut l’Assistante préférée de I.d’Y, dit YDIT, en quelques occasions de grande proximité .
forts en ravages et ratages, nul ne peut suivre leurs enquêtes de polichinelles – FRED avait raison : ce sont des personnages de théatre perdus dans le trou du souffleur (seul le dialogue dépasse du plancher), ce sont des héros ratés de roman pâle ( l’inverse du roman rose, seul l’incipit roule ! ).
Septante et davantage étant venus, YDIT n’a plus le temps de laisser l’enquêteur déambuler dans un labyrinthe de cathédrale, sans même lever la tête et apercevoir la sortie ouverte par le grand porche, vers la rue, le parvis, la lumière, le réel.
Donc la mémoire…
D’abord, ça visite, ça erre, ça déambule, ça funambule : des feux déconseillent l’avancée, ou des caméras l’espionnent.
on peut aussi se souvenir
gratuitement dans les « Passages » de Paris sous les immeubles, même si on ne connait ni Breton, ni Aragon, ni Céline. Ou peut-être peut-on voir un film au Grand Rex, avec Jean Marais, presqu’en face.

Et ensuite, comme il sera tard, et que le métro est loin de l’appartement familial, rue du Belvédère, le garçon va rester dormir à la maison Dupetit-Thouars, ce sera plus facile, et n’oublie pas d’emporter ta brosse à dents et un pyjama. Et sois sage avec Parrain, obéis lui bien. C’est ton Parrain, il t’aime, il remplace ton père en cas de … Oui, maman. YDIT a toujours été sage en surface. Pratique. On va faire comme tu demandes, Mère : OUI. Quant au père, il est sorti boire un canon, ou bavarder avec le garçon en terrasse, ou -présent près du poele à charbon- il n’a rien à dire ? En ce temps, YDIT ne s’interroge pas, mais ( ici ) on commence à savoir, et plus tard aussi, pourquoi cela lui semble sans sujet.
La mémoire, maintenant, dépeuple ces lieux : nulle trace de vie, pas un visage, pas une silhouette, et l’univers de cet étrange souvenir se résume à une voix d’interrogation, un cosy supportant des » Sélection du raeder’s digest » et deux ou trois volumes imagés sur les Templiers. Le Secret.

Une jeune femme se présentait, A1830B digocodait. YDIT s’est approché : il avait vécu là tout enfant, ça lui ferait plaisir au moins de revoir un peu l’immeuble ?

Même pas le fontôme du Capitaine Dupetit-Thouars.

surtout, ne laisser non plus de preuve sur les draps des lits d’hôtel. Avec soin et le coin d’une serviette mouillée, il passait de l’eau sur les auréoles déjà séchantes, lorsqu’ils étaient parvenus à l’émission, les deux – fait rare-, ou l’un seulement. Sauf la nuit où ils avaient, en Touraine, faute de place, dormi à trois dans le grand matimonial d’hotel, avec la grand’mère, autre histoire, on s’en souvient que Mamie savait ? ( Ce que savait Mamie, autre film ! ). Cela aussi a déjà été ou sera de nouveau le moment venu raconté, comme le reste, on ne cache rien, on ne brade pas. Mais on prend le temps. 200.000 mots, trois ans, un bail.
Savoir enfin qui avait écrit ces lettres, ce qu’elles voulaient dire et ne pas dire, rien sur YDIT hors de son pyjama mais hélas pas hors de lui, pourquoi, aussi, le nom du Père y apparaissait, le Père, toujours la question, mais c’est une autre histoire, pour plus tard. 


SUR HANGED JAMES, aussi, sur cela, aussi :

mystère, Héritier? Vaguement ! Voyageur d’Orient? Un peu ! Etat : poète, Humeur : détruite, et ce n’est pas que la faute de Jenny.
Le Secret comme principe et comme volonté d’oubli) , tous les Grands Initiés sur lesquels il a écrit, non pas pour les dénoncer, mais avec une sorte de sale curiosité un peu fascinée, de complicité bravache (mot XIXème), de connivence ébouie, celles du poète devant certains mystères, celles d’André Breton devant un objet venu vers lui aux Puces,celel d’une corde devant la lanterne.




Comme s’il s’agissait de Gérard dépendu de sa lanterne, qui n’était pas une lanterne, mais simplement une grille, cela ne change rien, à présent rien ne change plus rien, et la voiture rouge qui se hâte au milieu de la rue, pourtant il n’y a plus la moindre urgence, une fois encore, et l’on n’insiste même pas pour mettre à sonner la sirène, à quoi bon ? Imaginer cela, et, ici, il y a quelques semaines, déjà, dans ce roman-images même, avoir déjà raconté la scène. Imaginé la scène. Menti la scène.
Marcel Malbée dit MM dit Le Parrain, ni même où l’on allait ( à Paris?), encore moins d’où ils venaient, tous trois : en simple évidence les trois étaient dans cet hôtel médiocre, on n’avait pas d’argent bien sûr, il avait fallu économiser ou bien il n’y avait plus de chambres libre ? En tout cas, Mamie la grand-mère était là : on la promenait peut être ? On la ramenait de sa campagne pour la mettre dans la maison de retraite ? On avait réalisé le pélerinage du bar-tabac PMU de Saumur, hospitalier aux putes pour mariniers de Loire, qu’elle avait « tenu » jadis – selon les rumeurs de famille ? Massive mamie mamelue.
On les voyait, les trois, là, dans un lit double, dans le lit ensemble, simple proximité familiale que connaissent très souvent les pauvres (dès qu’on a un peu d’argent on ignore que la promiscuité est le quotidien de la pauvreté).

Trop de livres, tout le temps. A quoi ça, sert?..




sauf que au premier dîner, très chaud, très lourd, très oppressant, le garçon était sorti à peine le repas commencé.


Il disait le grand plaisir des échanges dans le cloître démonté ou l’abbatiale imparfaite. Le presque bonheur des promenades dans la nuit vers l’appartement du « Grand » où avait habité YDIT, face à la ferme, quand l’un raccompagnait l’autre, puis l’un puis l’autre, tièdes ensemble. Il disait- avec différents mots- la séduction exprimée par le corps bronzé, par le sourire apaisé de ce trentenaire liseur et marcheur, Yd’I. On voyait le bonheur, on l’aurait volontiers partagé.
A commencer par un dîner ? Au fait, Y.d’I, était-ce une vraie particule ? Yvan d’Ici, par exemple? (demandait le joli reporteur avec son short bleu marine, ses mocassins beiges et son nagra).
Hésité, certes, hésité autant l’avouer, parce qu’il y a des gens devenant désirables à raison du désir qu’ils ont visiblement de vous, et que l’oeil guilleret du joli reporteur de France-Musique chantonnait comme un jazz tendre. Le piège habituel : on aime être désiré, puis- ensuite- on s’aperçoit que c’était seulement cela qu’on aimait. Ainsi qu’avec Irma, ou Brigitte, ou Caroline, ou Myriam, dans les siestes de stages d’été de Parti ( on racontera cela, mais pas avant le début de 2025). Pourtant non, pas cette fois, même si cela ne présentait rien de commun avec l’épaisseur pointue d’un désir injuste comme celui de Marcel Malbée, dit M.M., Die Pate- d’ailleurs enfoui dans l’obscur silence volontaire de la mémoire, en ces temps-là.



On sait que le sentiment du bonheur physique vous donne physiquement l’air de connaître le bonheur. C’est d’ailleurs ce que dit sœur Agathe. Au sujet de Marie. Ainsi soit-il
Sœur Agathe disait : « Pour le festival de Frère André, c’est mieux que ce jeune garçon soit bien soigné. Un reporter de France-Musique ». Bien sûr. Les Granges. Le Soir. Intimité de la prière. Interdit aux non-pratiquants. Short marine à courtes dimensions et longs rebondis, du lin sans probité candide.
Pas de Marcel Malbée embusqué à l’horizon du souvenir, et on ne connaissait pas encore James, futur Hanged.
On restait au soleil, allongés comme des lézards entiers, on devisait musique avec lenteur– Ydit n’en savait que si peu- et livres – Ydit croyait en connaître certains. On marchait dans la campagne voisine, levant à deux les sauterelles en passant devant le préau désaffecté de la mairie-école. Plus loin, les ruines carrées de la commanderie du Temple rappelaient que la pierre passée construit l’avenir. Des arbres de la liberté y poussaient, un par révolution : terre radicale socialiste. MLais arbres essouflés par la durée du Temps.
Ce groupe léger, malin, secret. Non, ce soir, ni demain. Il aurait pu, bien sûr, il avait tout ( presque ?) pour ça, mais non. Il n’était pas très sûr de savoir pourquoi « non« , mais pas la peine d’insister, « non », pas envie de ce groupe léger, malin, discret, malgré les horizons de plaisirs pratiques. Cette fois , certainement, clairement : » NON ».
Ensuite, vous le savez, Ydit a disparu – très mystérieusement, très silencieusement – avant que les posts commencent, l’aventure de « Saison IV » à moi confiée. Ainsi que, sans doute, dix ou vingt exemplaires de » Les Attracteurs Etranges » en pile sur un rayon de placard.
Le jour venu, avec le préfet, un ministre canadien arrivé en hélicoptère avait assisté au concert. Ydit regardait depuis l’un de ces nombreux couloirs dérobés qu’une vieille élève du stage « Icônes byzantines »-, une grande blonde à corps de cathédrale, vite attendrie- lui avait enseignés : comme dans les romans modernes, les abbayes portent en elles des passages clandestins et des secrets d’initiés.
. Il inventait un concert de novices, d’étudiants des beaux arts, de passants sortis d’un labyrinthe. Pour Ydit, personne, ni FRED, ni TYNE, les ombres habillées en soleil..
C’était une bonne idée. L’épouse aurait illustré d’icônes. Comme il buvait volontiers le gros rouge trop fruité du réfectoire – que servait Sœur Agathe- le pianiste parfois somnolait un peu sur les touches, et son jazz paraissait en conduite libre, tendance piano-bar. Ambiance de laisser-vivre, sans risque ni désir. On s’y trompait .

une Clarisse très belle. Cependant, trop Clarisse, elle refusait, en riant, qu’on la photographiât. Mais on restait volontiers dans la cuisine de cette anti-Françoise. On écornait la pomme de terre et le chou rave. Avec son talent, nul ne risquait la mort par indigestion de pommes de terre, pas loin de ce fameux pan de mur jaune, coin du cloître lacunaire. Ici, tout semblait ainsi comme préservé d’une tentation. A tort.
A présent, on voyait le mal partout, et c’étaient même des volontés avérées de nuisance, par certaines catégories de gens d’ici, considérant d’un mauvais œil la renaissance si rapide et lumineuse de l’Abbaye, sortie si vite de ses ruines, dans l’esprit du seigneur, ainsi soit-il… Sans les nommer, elle désignait « ceux de la loge »- on était, il est vrai, en terre de Rouergue : radicale-socialiste-franc-maçonne-gros rouge et saucisson large, tablier en peau et bavette à l’échalote, un rite français.
en plus du temple des Réformés calvinistes ( les pires?) , et les hommes de naguère ( quand la ville était prospère) allaient jusqu’à l’endroit de ce coin d’ombre centre-ville, café douteux pour les Soeurs du Mal, des femmes entre elles, sans confesseur.
Tous ces gens là, pas loin de l’abbaye, dans ce Sud frétillant, ça faisait beaucoup d’ennemis

JAMES, à lui, contre lui, mais dans sa jouissance brève facilement obtenue, un sexe touché comme par une brûlure, des fesses arrondies comme sous le fouet, un corps dénoué de sa pudeur, parce qu’on a trop chaud, bleu et blanc, rouge et vert, le pyjama, (certes pas de lin blanc, ça coûte trop cher, on n’avait pas d’argent, nous, seulement Die Pate, un peu davantage, voiture, couscous chez le Marocain, verre de sylvaner, voyage en Forêt noire, toujours il faut répéter cette différence sale, la pauvreté). SUR JAMMES, quel geste ? 

Cela, du reste, commence à peine : J’ai fouillé par anticipation le reste des textes et images et je crains de le dire : le pire-me concernant- est à venir. Et pas seulement dans le Venise-Paris, inconfortable souvenir…
On a toujours peur de quelquechose qui ne devrait plus faire peur. Mémoire.
Le Trouver, puis le faire disparaître (comme je le ferai moi-même ayant écrit ces fragments), l’effacer, le dissiper en feuillets qu’éparpille le vent de Toussaint, le vent d’après Septante. Quand on dicte les notes, l’expression « chasse au parrain » se traduit par haut parrain, -mais ce parrain-là, cela celui-là qu’on va pour toujours chasser, n’est jamais rien de haut, même dans l’intime, qu’il avait bas et baissé.
Se débarasser ? La même chose.
Tout seul sans rien à raconter ? Comment se mouvoir encore sans s’émouvoir ? Ou alors déjeuner cinq fois le jour pour raconter aux cinq fois par jour amis le même impossible récit ? Même s’il n’y en qu’un, même s’il n’y en a qu’une ?
et quitter la Seine ?

TYNE fut comme son introductrice à la langue africaine mêlée à la française, pour les combats du sacré, pour les luttes de libération, pour l’apprentissage renforcé du respect..
Secrets du noir au blanc mélangé,
mais pour s’en démêler.
TYNE ajouta qu’elle avait songé la première fois à lui autrement qu’à un professeur en suivant avec intérêt les mouvements du bassin serré dans le Jeans, tandis qu’il écrivait, des mots noirs au tableau blanc pendant son cours. Ces moeurs n’ont plus cours.
des paroles de forêt jetées à main perdue sur le tambour sacré, dont la peau vient de bêtes vivantes, ou même parfois d’hommes sacrifiés.
comme on arrose le brasier où dore l’antilope avec le sang d’une vierge, comme on tend la corne de vin de palme au sorcier qui va convoquer l’Esprit, comme on pousse d’une lance ravageuse les fesses d’un garçon quand sa classe d’âge le conduit vers le silence de la forêt tout entière dressée pour les terreurs de l’initiation et le silencieux froissement des initiés. De quoi en secret irradier la route molle et ridicule de Gédéon/Le Sénateur, tellement « typique » d’une époque.
De quoi repousser l’image de Marcel Malbée, dit MM, Le Parrain, tapie au milieu des fauves et des singes (à venir eux aussi, entre les épisodes

BOB pour qu’ils apprissent l’adresse de TYNE, tout ce temps plus tard, quarante années ou presque, car le temps paraissait venir d’offrir enfin à TYNE un exemplaire de la thèse, relié en poussière de vie…Pour en finir (peut-être?) avec l’émotion du noir.
Ensuite elle l’aime. Croit-il. Veut-il. Doute-t-il.
, 

trente ou quarante ans plus tard ? Pour y retrouver une silhouette assise au milieu d’un jardin rose ? Et cette adresse, ne serait-ce pas plutôt via Beifiori, Numéro six?
vide, YDIT, là, sur un quai, vide, et le train qui part, et lui ne monte pas, ne fait aucun geste vivant, une fois de plus ne court pas le long d’un quai, vide, comme souvent rate la marche du bon futur, pas bougé, pas monté, pas sorti du clavier de l’ordinateur, et rien n’advient, une fois encore, une fois encore, rien n’advient.
, soutenue ( ou dispersée?) par ce dur duo de BOB et MORANE, est différée par l’immixtion de récits en apparence parallèles – peut-être comme des enluminures inachevées qui borderaient un récit troué ? On perçoit bien sûr, le temps passant, que, résignée à rendre public ce fatras dit « Lettre de A., Version B », par devoir et nécessité d’achever ma tâche d’héritage, après la brutale et inexpliquée « disparition » de YDIT, par périodes, je serais gagnée par une lassitude vaguement agacée, n’eût été la puissance aussi perenne de notre ancienne complicité. Maitrisant (plutôt : ayant pris connaissance de) la totalité du paquet, je peux anticiper d’autres cassures du récit central. Donc, puisque vous fûtes confrontés ( et confrontées) à la « Présentation de FRED », épisode ONZE ( sur près de 140 !) il faut que se supporte ici la « Présentation de TYNE », suite. Encore- oui- cette fracture intime du double, MM et Hanged, Morane et Bob, Ydit et moi, puis FRED et TYNE. « Le réel et son double » écrivait l’un des auteurs que Y.d’I. parfois citait, j’en ai oublié le nom, c’était il y a longtemps, c’est démodé, on ne parle plus de tout ça.




L’université de la ville en ce temps suggérait aux étudiant.es en dernière année de licence, supposé.es bientôt passer des concours, de consacrer une quinzaine de jours à une espèce de stage dans un établissement scolaire- pour le cas où elles et eux auraient eu envie de devenir professeur (un mot qui n’a plus le même sens).


Puis d’un autre, apporté en anglais. Et ainsi de suite. Prétextes choisis pour prendre d’abord un verre ensemble dans les cafés plutôt peu sympathique entourant la fac, entre deux cours – car la présence de stagiaires avait fini depuis longtemps, et cela étonnait Maurice ou Catherine ou Arlette de voir que TYNE souvent rodait en vélo, courte jupe aérienne, dans les alentours du lycée pour attendre YDIT…



Après le dîner sur la terrasse, qu’il a fallu fermer, car déjà le vent est frais, TYNE préfère marcher le long de la mer, tout le monde sait bien ce qui va se passer, leurs apprentissages comme d’adolescents qui s’inventent un savoir neuf, les gestes dits banals qui deviennent découverte magique, rituels secrets et sacrés, l’intime mieux que partagé, offert, une seule chambre à l’hôtel, la serveuse qui s’attendrissait,
, qui admirait TYNE ( attention, ce n’est pas Nadja?)ou les voisins de table qui tentaient d’écouter le dialogue de ces deux là. Ces deux là qui oubliaient ( YDIT qui effaçait) toute idée de la Chasse au Parrain que mènent cependant ( déjà? Pas encore ?) les détectives de sable et de coquille Saint Jacques, BOB et MORANE





Le Secret mis au jour par ses parleuses même.
L’Afrique, pour Ydit, pour toujours s’appelle Tyne, autrement dit une autre forme de l’horizon indépassable de la mémoire heureuse. Encore une formule à la MORANE ?

Mais Tyne ne laisse pas de trace, sauf sur les carrés des photos où elle posait avec douceur et indécence- simplement là et nue, images d’album qu’YDIT inlassablement avait regardées, avant que l’incendie les détruise.




Montée de la Montagne 







effeuillage au rythme de Chostakovitch symphonie numéro 5, la serveuse qui a dépassé Septante et plus peine à servir les verres de gin pur et les sandwiches au Lièvre de Patagonie, à présent il est nuit pleine, l’écrit grapille, gaspille, gambade depuis des heures, on devrait, il faudrait, ce serait mieux de …ou on aimerait mieux pas ?…(on a perdu la référence du texte).

ça veut rien dire pour les directeurs, à gauche ou pas un directeur ça dirige, donc un peu tout de même un sale type, c’est lui qui ferme les postes, donc un sale type, ça existe les sales types de gauche,
visites, tapisserie sans trame, nouvelle politique de cela, félicitations et reproches, projets et rejets, comptages et contages, et pourtant toujours le même bavardage bravache sur le vent, nouvelle politique de rien du tout, soirée théâtre des lycéens, décomptes, courriers, chorale des personnels, festival des lycéens, grève au collège, dîner chez le préfet.
Voila le reproche véritable fait à Marcel Malbée, dit MM, dit Le Parrain : pas ses doigts trop serrés ici-bas, non, ça on fait avec, pas ses lèvres top mouillées par ci par là, non, ça finit en jouissance, pas ses yeux trop déviés, non, le garçon regarde ailleurs, les vieux livres sur l’Ordre du Temple dans le Cosy : mais ceci, marque définitive de l’abus : l’apprentissage de la coupure intérieure, impardonnable.
ici pour cette fois je ne me baigne pas nu, et dans les bois où je cours le footing, aussi la body-guard (elle me suit avec des barres protéinées afin de m’épargner la honte).