« Encore un jour qui commence mal », dit un homme dans le public, clairsemé ( mais si on sème davantage, les tiges étouffent en grimpant).
« C’est l’homme, qui semble clairsemé ? » s’interroge la suave Slave, jamais en reste d’une mécompréhension très volontaire, d’une méconnaissance à pointe, puisque c’est ainsi que les hommes vivent.


Ydit raconte ( c’est- on l’aura noté- ce qu’il préfère).

Il avait été nommé depuis peu dans le département. On avait organisé une « tournée » de rencontres. Ce soir, dans un chef-lieu de canton, il avait dîné avec une dizaine de personnages locaux.
Ils accueillaient l’arrivant avec les habituelles demandes, et l’offre d’histoires locales : ici, disaient-ils, vieille prune en main…

…vers les marais noueux ou les chemins de liège, sorcières et rebouteux savaient les mots de l’indicible. Mais nous sommes des gens simples, et amants de la Lumière, rien de grave.
« Il est tard, vous savez, on n’est pas à Paris, on se couche tôt chez nous ».
Avant le creux blanc du sommeil, toujours lent à conquérir, les autres étaient partis, laissant Ydit payer seul sa dette à l’insomnie.
A chaque fois, trop tôt, pour l’hôtel.
-« Inutile de sonner, il y a un code », disait la patronne. Elle ajoutait : « Vous ne trouverez rien d’ouvert, à cette heure, en ville, ni personne, pas même une dame sur un boulevard, mais il n’y a pas de risque, on est tranquilles, dans nos pays, s’il y avait des voleurs, ils se coucheraient tôt. »


Devant l’hôtel, la voiture noire du service. Natif d’ici, le chauffeur est au lit en compagnie depuis longtemps. C’est l’heure de ne pas rouler.
Ydit raconte : Si l’on déambulait, on passait la place de la République, ancienne place d’armes, puis on tournait vers la belle médiathèque installée dans le marché aux grains. Alors, on descendait par la rue du prieuré, forte pente au flanc de l’ancien oppidum. 

Elle passait devant les deux hôtels particuliers Renaissance réunis par une passerelle de métal blanc, et le bloc durable fait par la vieille salle de réunion où les nazis avaient installé leurs maléfices en 40, face à la maison close.
YDIT :Vite, sans presser le pas, on arrivait en limite de la ville, après le garage Renault et ses grilles peintes en noir. Puis, le sombre silence des prés cachés derrière leurs barbelés. Plus rien, ensuite, sous la nuit de lune mouillée. La question, unique, toujours la même : à quel endroit poser le demi-tour? Ici à gauche, le goudron se fait chemin. Quelques derniers pas, le pied touche la terre, la chair quitte les os, on devient sa propre histoire dans l’immatériel du parcours.


« J’irai jusqu’à cette cahute effondrée. »

Depuis le creux de la pénombre, dans le coeur des ténèbres, une voix l’interrogeait soudain sans brusquerie, lourde et lente, faite d’humeur simple et de bois chaud :
« -Est-ce que vous m’aimez ? »
Ydit raconte qu’il a coupé le fil de la marche.
« Dans l’attrait de ma nuit prend toujours racine la fleur de la terreur. »
La femme – mais la voix disait mal son genre- le presse de ne pas entrer : qu’il reste en lisière de la lune sur le chemin de terre battue. Autour, il y a cette odeur que les vaches donnent à la terre grasse d’ici quand elles ne dorment pas, elles non plus.

La voix, depuis son fond de nuit, à son tour raconte. Mais que Ydit, d’abord, veuille s’asseoir sur la souche encore vivante sous sa forme d’orange cou coupé. Qu’il ouvre les nœuds de la cravate de laine, de vent, de chanvre.
Rien ne se passe.
Pourquoi ce silence ?


Ydit raconte qu’il était impossible d’apercevoir qui parlait sous le toit percé de l’abri. Elle disait : « Je ne mens pas, jamais, sauf à moi-même parfois, si la parole est difficile. Je voyage, on vous l’a dit, que je voyage ? Je bouscule les distances dans le corps d’un effraie, l’oiseau des sagesses anciennes, l’émergeant des lumières d’outre-lieu dans la nuit des hommes .


Je suis le coeur de son corps en plumets, je vis de mouvements dans l’air, je sais aussi entrer dans l’esprit d’une plante et la déterrer vers sa lumière qu’elle ignore encore. C’est ainsi, mais enlevez votre veston de promeneur innocent, voila pourquoi je peux vous dire comment un chardon nous écoute, et comment une valériane nous entend, vous et nous, les humains, comment elles jugent nos sarcasmes, nos cruautés. »
Ydit avait retiré la veste. La chaleur des repas lourds du soir. On ne voyait plus que cet anonymat nocturne des visages qui marque l’insouciance du réel. Des oiseaux épais se posaient sur un pieu, une échelle mystérieuse.


« Si vous désirez – mais je sais que vous désirez la chaleur, comme tous les hommes, sans connaître les buches ni le feu, alors vous devez sentir le meuble de ma terre sous votre peau… »

Ydit raconte qu’il délaçait les chaussures, approchait pieds nus. La respiration des vaches s’essoufflait derrière la sienne, profonde. La voix lui conseillait de ne plus avancer, il ne verrait de toute façon rien de l’invisible, sauf les masques menteurs des discours
plâtrés, tenus en laisse par des comparses.
Elle se tait. Ydit s’allonge. Elle dit :


« C’est que je suis une sorcière blanche. Ce que je sais faire le mieux…J’ai embrassé l’aube d’été, moi aussi. Elle souffle fort. Ecoutez ce que je fais très bien pour les gens d’ici, c’est cela qu’attendent les parents, c’est m’asseoir auprès de ceux qui vont mourir et me saluent. Comme vous, ils sont allongés, ils sont en cours d’achèvement, pieds nus, leur paletot lui aussi devient idéal, ils vont nous quitter. »
« Ceux qui planent encore entre deux vies, comme les oiseaux, qu’ils hésitent à devenir, enfants et malades perdus par le temps de vivre, alors je m’asseois.
Auprès d’eux je m’assois. »
« Je les écoute, je couds mes plumes d’effraie à la peau de leurs trophées, j’écoute lentement comme ils respirent, au milieu des machines sauvages qui les enchainent à la vie de l’hôpital, à l’illusion que tout corps est durable,
et je suis là, griffes paisibles posées à la tête du lit, regard blanc ouvert, seule dressée dans la vacuité de la nuit des hommes,
je reste là, personne dans la ville sauf les oiseaux, et moi, mon plumage couvre le mourant et son coma de sa fausse présence, je veille sur les hésitations informelles de la forme interrogeant sa propre destinée, pas besoin de les toucher, pas besoin de bouger ni planer, je ne leur parle pas, ou presque jamais,

je suis un oiseau qui sait parler mais veut se taire, je leur adresse la parole, ainsi pour vous ce soir, si je perçois que la ligne de crête d’un coma va les pousser dans l’obscur de l’autre monde, mais je suis une sorcière blanche, une sorcière des lumières,
moi,
je les retiens alors avec des paroles d’oiseau, des paroles d’effraie, afin qu’ils ne quittent pas le bord de la vie blanche pourquoi

je veille, longue veille, pourquoi cette veille,
et je les accompagne, peu à peu, dans leur douleur de vivre et leur inquiétude du passage, dans l’instant que pose la durée de la nuit,
dans la faille,
entre être et partir, et les voici peu à peu qui retournent leur regard moribond vers les pâleurs tièdes et mousseuses de la vie…
Le jour se lève, il est temps de vivre. Les mains de la vie respirent comme des passereaux sans poids que le vent abat sur les champs à la place des glaneuses, mais ils ne perdent jamais le sens du vol.

Chaque désir à son tour regagne la cage ouverte, et je me dépouille
de mon néant.
Alors, au matin sonné, je quitte leur nuit, je quitte la chambre d’hôpital. Dans quelques minutes l’infirmière de garde arrivera,

elle dira la stupéfaction de la rémission, elle appellera l’interne mal réveillé : l’improbable bascule qu’improvisent les vivants qui ont été poussés à vibrer encore un peu selon les flux du sang, et s’arriment une fois de plus aux berges de la lumière. »
Longtemps, le silence occupe l’espace. On sent la veille des vaches, autour, et leur immense sérénité.
Des lueurs apparaissent vers l’horizon
» Toujours je suis là, si les parents ou ceux qui aiment ont fait appel à moi comme ils savent ici, sans crainte et sans douter du réel secret de ma voix, alors, ceux qui naviguaient leur nuit dans l’incertain du coma se laissent conduire par moi du côté de la vie.


Je suis une sorcière blanche, c’est l’aube, ils vivent, je pars, je me cache, on ne me voit pas dans l’étonnement de la chambre, je pousse mon corps de plumes et de paroles à s’embarquer en silence dans le corps des plantes, dans la silhouette vague d’une promeneuse, et je disparais, à nouveau. »
Ydit raconte qu’il s’éveille sans lourdeur et sans faute. Il fait froid, il avait trop bu de cette vieille goutte, il a dû dormir, il a rêvé sans doute. Des livres anciens seront venus se réciter eux-mêmes dans l’éperdu de la mémoire où l’explosion des ombres veille en sourdine.


Les plis du réel coupent le paysage de ses souvenirs, comme les plis de la chair façonnent les parcours émouvants sur le corps – surtout les vieux corps- dont les visages creusés disent les cheminements intimes, leurs désirs, nos repentirs.
Dans le bosquet ouvert à la mémoire, la sorcière sait-elle où se trouve la clé du blanc et du noir?
Voltaire le sait, il sait tout : « Plus un mot est léger, plus il est clair, et ce qui est grave est clair ». IL demande à Ydit s’il se souvient de tous les livres ?



Ydit répond qu’il a oublié ce qu’il a lu, ce qu’il a bu aussi, mais qu’il se souvient de tout ce qu’il a rêvé, ce qu’il a défait.
Germaine dit que « sa mère étant à l’hôpital, elle avait aussi invité une sorcière blanche, connue sur les quais. Rien de plus, rien de moins. Mais les trains savent partir à l’heure de l’attente, même quand les rails n’ont pas été passés à la paille de fer du langage. »
Vassiliki hésite, elle se passerait bien de parler ; mais comment échapper à l’indissociable du trio : « Le récit de la sorcière ce n’est qu’invention de la mémoire fatiguée, dit-elle.Puis ajoute qu‘elle a connu des lieux où l’on enrichit à la main la mémoire des coupables. »
Quant à lui, Ydit se souvient de son AUBE : « Au réveil, il était midi ».










Peu lisible, le sentier peinait à contourner son immobilité de fort féroce, de redoute retranchée sur son propre échec. Dépassant les ronces et les aubépines, c’était un morceau désuet d’histoire privée de sens et grisonnant de béton, surprenant mélange de barrières et de refus.

De l’autre côté de l’invisible, la voix et son corps le suivaient en parallèle.










-C’est le genre à moitié poupée russe, votre S.P.O. numéro 66, à moitié Dubuffet, avec récit à tiroirs. Vous auriez rêvé de vous balader dans Jacques -le-Fataliste? demande Germaine.
:
D’un geste,

la soeur accepta que le précoce mais imprécis





chez Angélina . 



qui est pure illusion d’envol dans les miroirs vides de l’absence.
Virginie soudain s’était mise assise dans le milieu du drap.




…le barman quitte vivement son installation provisoire, une bouteille vide de gin haut de gamme en mains, comme pour la remplacer, puis revient avec la bouteille aux trois quarts pleine : gin de contrebande, à la place du gin cher pour verre d’étudiante. La vie, mode d’emploi, c’est ça. Le type au catogan a déjà trop bu pour s’apercevoir de l’arnaque, et ses fesses n’ont pas encore appris le poids des lendemains de mauvais alcool. La fête à Modène, dans ce lieu étrange et dissimulé, ressemblerait à ce cocktail trompeur, à ces mannequins ?






des Jeunes Turcs de l’Agence : 





Il serait impossible de distinguer entre une forme d’émotion- atténuée mais vive-et une récitation aimable de formules d’adieu stéréotypées, un produit dérivé de la rhétorique courtoise, 





Un Lecteur incivil ( elle me regarde, écarte le soupçon, j’ai toujours eu l’air propre et bien rangé dans mes affaires) l’aura feuilleté, puis déposé ailleurs. Avec la Science fiction? Pourtant, fait rare, c’est rare, dit-elle, mutine, qu’on lise du Bassani. Je me sens commencer à intéresser. Rien de tel : parler de livres rares à des professionnels qui s’ennuient.On pourrait prendre un verre? Mais non, c’est trop tard.
J’ai photocopié quelques passages, croustillants de très inutiles certitudes. L’érudition, c’est ça. Et ça parle de Ferrare?

Quant à l’édition originale de la traduction par Michel Arnaud, elle remontait mpréhistoriquement à 1962.
Rigolant, Mark se demandait si j’allais, maintenant à la retraite, à mon tour proliférer la notuscule, fourmiller l’infrapaginale, prospérer du renvoi en Notes, façons trop faciles de saturer les rapports sans rien dire, et de combler sans coût par des chiffres les trous dans la mémoire.
Je suis un homme de notes et d’images mentales. Pas de place pour le hasard. Je déteste le hasard, serait-il appuyé sur un coup de dés. Ce genre de phrase, ma collègue Cécile m’en fait souvent le reproche, l’allusion déformée à l’obscur Stéphane, une personne sur dix comprend,dans les milieux éclairés.
Pourtant, c’est plutôt presque par hasard que j’ai découvert Ferrare, la première fois, et que je voulais ne pas me contenter d’un séjour à Parme dans l’ombre de la Mosca, ni à Venise : la riche Peggy et ses chiens enterrés dans le jardin près du canal, le Sollers en goguette de gogo plein les mirettes pistant les shorts comme un renard ses poulettes, on ne peut pas rester dans la surface des eaux mortes, des peaux mortes, des âmes mortes. L’ami Sergi trouve que j’ai le profil slave, le soir, dans l’ombre des arcades.










,
d le temps d’une étape.
ce qui les relie en direct -sans changement à Lisieux- avec les voyantes chères à André Breton (même si les départs pour Brest se font dans une autre gare).

sur la marchandise.
du ministre au rez-de-chaussée, un ancien salon aménagé, dorures, cheminée, plafond à hauteur des espérances du ministre, et beaucoup de bazar : parapheurs, épais tas de revues, cadeaux en souffrance, courrier départ, bibelots douloureux, machines diverses, courrier arrivée, briques et brocs, zigues et toques.
aux soubrettes, mais que protègent encore des accès magnétiques.
donc y a intérêt à trouver un truc fissa, je te le dis, mon vieux.
Comme d’habitude, la double porte capitonnée ne permet pas d’entendre de l’intérieur. Mais on frappe, c’est l’usage. Excellence es-tu là? Myriam , haussant les épaules :
ou de hauts comités ou de missions d’urgence, on voit que l’excellence n’a pas fini son dessert : la glace aux amandes effilées relevées de sel noir de Guérande s’épanouit vers le crémeux. L’excellence ne dit rien, toujours hiéroglyphé tendance hiératrique, terminant de lire dans un parapheur qui culmine le tas.
Si je signe, ya un ou deux millions d’élus qui me tombent sur le poil. Sans parler du PM. C’est quoi, cette réponse au député JOJO sur les piscines? C’est de la pure connerie. Et, vous vous y êtes mis à deux ? J’hallucine. A deux pour ça! Vraiment, j’hallucine. Vous vous souvenez que c’est publié au J.O., ou alors vous avez pris vos fonctions y a deux minutes ? »
( elle a tendance, la jupe, à remonter un peu avant de voir le ministre).
Des fantômes alourdis de conseils obscurs, ça court pas vite, c’est déjà ça.




brinquebalant qu’initie le quasi labyrinthe, deuxième passage à badge, ça avance vite, vite.

Rafa devrait tout de même faire gaffe.








Gloss-Aire.
Gloss-Aire.





mais (vous vous souvenez?)( mais il y a si longtemps que cette histoire commença), cette tasse, je l’ai payée – cher- en pourboire pour la serveuse, et Bassani détestait le café serré, donc je ne me prends toujours pas pour lui, en dépit de ce que prétend ce bon (?) guide NERO…

..

5 nov 2020 Elle : Ciao Didi, scusi per il ritardo. Ero in Corsica con degli amici(…)Qui, via Belfiore sembra avvolta da un velo di magico silenzio(…)oggi arivano due clientide turisti di Roma ma saranno gli ultimi. Ho capito che in questa fase no è definitamente possibile andare avanti con il turisme e a malincuore ho deciso di affitarli per lungo periodo(…) Sara une nuova avventura aver inquilini fissi!Io sno felice per ho sono persone davverobelle e avro anche piu tempo per pensare al mio futuro e nuovi progetti(…)Ti abbarccio con immenso affetto, la ragaza di Ferrara.
1 er mars 2021 Lui : Tout ce temps ? Bientôt un an de ce virus qui dégrade tellement les libertés et les désirs ( mais c’est ainsi !). Mon espoir est que tu aies pu, malgré les détours de la vie et l’extinction probable ( provisoire ? Je le souhaite ! ) du jardin rose, trouver un chemin qui te plait, et peut-être ailleurs que dans cette vieille garce tant aimée : Ferrare ? Je l’espère et t’embrasse fort, fidèlement.
5 juillet 2021. Elle : 
30 aout 2019 Lui : Silvia, ton « commentaire » sur Airbnb est trop gentil, je suis confus. Pour moi aussi, ta présence très discrète mais quasi amicale, vraiment précieuse, a fait une belle partie de mon plaisir de FERRARA. Sans évoquer le soir du Vieux Ghetto. Je vais continuer à m’intéresser à la ville, au jardin rose, à toi.
3 sept 2019 Elle : Il mio commento è nato del cuore. Sei stato davvero n cliente fantastico, rispettoso et simpatico. La lingua no chi ha aiutato ma spero davvero di no perditi(…)
5 sept 2019 Lui : Tu as raison, ne nous perdons pas. Tu as vu, parfois, que je me mettais « au travail » sur la petite table du jardin. C’est une sorte de blog, une série de petites histoires sur l’oubli, avec mélange d’images et de textes, j’en ai publié 120 ou 130. Mais Ferrare, Bassani, les rues, toi, les nuits, les shorts à vélo : je vais , je crois, pour tout cela, interrompre mon projet et tenter d’écrire, pour ce blog, un récit-feuilleton autour des mystères de FERRARE, mystérieuse et si visible. Il y aura des ruelles, tes chats, un dîner au Burger, des ducs des guides et des juifs. ET toi qui passe sans rien dire devant des églises fermées. Je reviendrai.
17 sept 2019 Elle : Ciao Didier, scrivio in italiano, sara piu semplice(….)Sarebbe belissimo sapere del tuo blog e poter leggere le tue emozioni in questa città come sarei curiosa di saper questa donna con i suoi gatti ti ha ispirato !(…)E stato davvero un piacere incroaciti nella mia storia(…)Abbracio a te.
22 sept 2019 Lui : A Paris, le retour, le rythme, tout est rapide, tout s’éloigne. Mais le projet de blog est devenu ( en train de devenir) un roman, que je vais écrire d’ici la fin d’année. S’il y a une dame, cela ne sera pas toi, et ce sera un peu SILVIA- dont je ne connais que les brins d’histoire que tu laisses dans ton » livre de présentation » du Bnb : vies ailleurs, retour inattendu à FERRARE. Mais on aimerait en savoir plus! Tu veux bien?
11 oct 2019 Elle : Qui a Ferrara si lavora tanto in questo periodo, ma a breve avro tempo per scriverti con calma e raccontarti qualcosa del mio passato. Oggi piove, mi mettero a preparare un po ‘di biscotti e dolci’, in compagnia del gatti. Un abbraccio sincero(…)
30 novembre 2019 Lui : Alors, toujours des touristes affamés qui supplient l’un de ces fameux gâteaux-maison ? Je ne sais même pas quelle est ton activité- à part tout préparer pour les visiteurs ensuite embrassés. Je veux revenir à Ferrara, et à Vérona que je ne connais toujours pas ! Mais les obligations sont nombreuses, et je m’en suis inventé une autre, la plus lourde : je continue à écrire ce « Roman de Bassani »-et du coup je pense à toi. Je t’embrasse fort.
31 décembre 2019 Lui : Une semaine dans une maison louée en Toscane, dans le Chianti, avec ma famille, ravive des soleils de FERRARA. Je suis en train ( parfois la nuit) de revoir les toutes dernières pages de « Le jardin de Giorgio Bassani ». A toi, vraies bises et forts vœux pour cette 2020 que je t’espère belle, avec des nouvelles provenues du jardin rose, et des rencontres.
11 mars 2020 Elle : Buongiorno Didi, prometto che prima o poi ti mandero il racconto di questa donna e della sua vita. Nel frattempo augurodi cure a te(…)Sarebbe bellissimo poterti abbraccare in futuro. Un abbraccio e grazie ancore delle tue parole, Silvia.
21 mars 2020 Lui : Silvia lointaine. J’espère que tu vas aussi bien que possible malgré les très mauvaises nouvelles provenues de chez toi, ton Italie malmenée ? Et que tes proches sont préservés? Donne de tes nouvelles, je suis inquiet. Ici comme en Italie, tout est en train de se fermer, se replier, s’oublier sur une sorte de silence à la fois libérateur et oppressant. Voyage pour FERRARE et SILVIA ? Ce ne sera pas demain ! Dans la tourmente ( mais nous sommes très privilégiés dans notre grand appartement avec balcons et soleil ), je saisis le vide de la parenthèse pour l’emplir avec mon travail nouveau : je reprends mon roman ( jusqu’à ce jour, les éditeurs l’ont refusé), d’ailleurs à présent tout va devenir différent. Je mes suis lancé dans une « Saison » qui va s’étaler sur 80 ou 90 épisodes ( le roman » Le Jardin de Giorgio Bassani » ce sont 33 chapitres et plus de 270 pages : déraisonnable !)(…)
28 mai 2020 Elle : Ciao Didi, scusami se ti scrivo in italiano e cosi in ritardo ma son momenti molto difficili, penso alla tua richiesta et ti prometto che scrivero di me…Qui il silenzio è quello che hai conosciuto ma tutto attorno è molto triste. Al momento ho perso il lavoro, la primavera che doveva essere piena di nuovi ospiti è finita e io sono molto in difficolta visto che questa era la mia vita, il mio lavoro, le mie emozioni. Posso solo pragare che voi stiate, proteggetevi. (…)Un abbraccio soncero. SILVIA
2 juin 2020 Elle : Je suis née à Ferrare il y a quarante-cinq ans, quelques jours avant Noël. Je ne me plaisais pas à l’école parce que je devais y passer trop de temps. Depuis que j’ai 16 ans, j’ai toujours travaillé, parce que j’aimais pouvoir être indépendante. A 21 ans, j’ai obtenu mon diplôme. Mon père était orphelin de mère et il a vécu pas mal d’années dans la grande maison de la Tante Iride, via Belfiori, où tu as dormi. A sa mort, elle a décidé d’acheter cette maison et de la diviser en quatre appartements. Ma Tante Iride était une femme très forte et vivait seule. Elle avait de nombreuses chambres vacantes. Dans les années 50, elle a loué des chambres à des professeurs de l’université, ou à des étudiantes. Pour que sa maison vide soit toujours pleine de monde. Quand j’étais petite, mon père m’a dit que- plus tard- à mon tour , je deviendrais telle Tante Iride, qui était seule et qui accueillait pour gagner de l’argent les gens qui avaient besoin d’un endroit pour dormir. Tu vois qu’il avait raison.
15 juin 2020 Lui : Silvia, comme vous, en France nous retrouvons enfin la jouissance de l’espace ( un peu) et le pouvoir de choisir ( un peu), mais toujours impossible d’aller à FERRARE voir la ville et sa Silvia, deux perpétuelles inconnues. Maintenant, je vais commencer la partie de mon « blog » qui se passe à FERRARE (enfin arrivant à FERRARE par Modène et Mantoue, qui sont en rapport avec la famille d’Este, Bassani, la communauté juive). Puisque toi et ton jardin allez tenir une place importante, je voudrais que tu m’envoies des photos de toi, qui seront de moments joyeux ou attendris de mon blog, des photos dans la ville, dans le jardin, chez toi, spontanées ou posées. Tu veux bien ?
17 juin 2020 Elle : Ciao Didi, il tuo mesaggio mi ha comosso, bello saper che sei li e mi pensi…Anche io ho bevotu un calice di champagne pensando a te, felice che tutto stia passando(…)He avuto momenti difficili e tanti pensieri. Sei nel mio cuore, il tuo soggiorno non lo dimentichero mai e mi spiace solo que non ci siamo parlati come avremmo voluto. Ti ho scritto une mail raccontando di me(…)Mi piace saper che parlerai di me nel tuo blog. Mi fa sentire viva. Ci, ritroveremo, ne sono certa. Ti abbaccio. Silvia di Ferrara.
5 juillet 2020 Lui : D’abord, chère Silvia, je suis très content que tu aies pu échapper à ce virus, et je suis aussi très triste des moments si difficiles que tu as dû vivre, c’est vrai que le jardin rose ( de tes appartements je n’ai connu que celui-là) t’occupait beaucoup mais donnait aussi la joie de belles rencontres ( comme la nôtre!). Je voudrais te dire que je te suis très reconnaissant de ta fidélité lointaine pour le « vieux Français » que je suis, et aussi de cette série de photos, qui disent beaucoup de toi, de différentes façons, merci, merci. J’ai compris : le jardin rose, à Ferrare ne sera plus qu’un souvenir, mais bien entendu avoir trouvé des locataires « à l’année » au lieu de touristes Bnb pour tes lieux permet au moins d’éviter le désastre économique. J’aimerai ( j’espère que Google Trad fait la différence entre futur et conditionnel français…) j’aimerai cependant revenir à FERRARE, pour la ville et pour te voir. Je me dis que la ville, fatiguée, doit être jolie en cette saison sans presque personne ?(…)

Elle parcourt le silence au milieu d’autres passantes, elles aussi très droites dans leur nudité pâle, de formes sombres soutachées aux aisselles et au sexe –chacune ses points.
Abandonner les grimaces d’acteur malhabile.



Plus tard, jour et lui-même levés, face au miroir pour le rasage, le narrateur ( et peut-être aussi les immortels vieillards regardeurs du temps ?) le narrateur impassible ( et impossible) 
Au moins aurait-elle pu garder un string de dentelle noire. Celui abandonné sur un banc, à droite, près d’une culotte blanche, quand on pénètre dans le jardin de la maison de Giorgio Bassani ?



petits agacements et vraie compétition pour la conservation sinon du Vieux, au moins de ses traces, honneur (?) à sauver, ou profits (?) a prévoir, on ne sait. 

Pour Silvia qui ne l’a pas lue, il parcourt la trame narrative et les enjeux de la nouvelle écrite par Bassani : » 
pour lire l’avenir dans les lignes d’un horizon d’avril sur les détours de la Mura. Ensuite : l’épidémie.
Dans FERRARE l’énigmatique, où le narrateur passe lui aussi à l’état d’ombre presque morte…
