RESUME EXPRESS : le personnage YDIT, sa mĂ©moire ayant Ă©tĂ© « rĂ©veillĂ©e » par les rĂ©cits rĂ©cents, se souvient desâjours et nuits avec et chez Marcel MalbĂ©e, dit MM, dit Le Parrain, qui lui demandait si- dans le petit appartement rue Dupetit Thouars- le gamin ne voulait pas enlever tout son pyjama, tant il fait chaud. Il n’avait su dire NON Ă la suite. Il sent revenir en lui cette image et cette injustice : James, lui aussi Ă sa façon privĂ© de pyjama et corps convoquĂ©, n’a pu rester si longtemps vif et joyeux. Hanged James. AidĂ© d’un duo bavard d’enquĂȘteurs, BOB et MORANE ; renforcĂ© par TYNE et FRED, deux compagnes de jadis, YDIT se lance Ă la poursuite de Parrain. Tout ceci est Ă©voquĂ©/imagĂ© au flambeau d’une mĂ©moire menteuse. Tout ceci est racontĂ©/illustrĂ© en lambeaux dans un « fatras » de documents expĂ©diĂ© Ă une ex-assistante ( Madame FrĂ©dĂ©rique,âdĂ©signĂ©e prĂ©sentatrice), sous l’appellation « Lettre de A. Version B.« , en hommage Ă l’incipit de « ExtĂ©rieur Monde » (Olivier Rolin). La chasse au Parrain, oĂč l’image parle aussi, est entrecoupĂ©e de diversions diverses. CommencĂ©e en aoĂ»t 2023, la publication prendra fin en aout 2026.
Note de Madame Frédérique :
Note de Madame Frédérique :
« Rue Dupetit Thouars, visite sans guide », enveloppe beige assez froissĂ©e, non numĂ©rotĂ©e, donc peut-ĂȘtre Ă cet endroit de la « succession » ( si j’ose Ă©crire ! ) ou dans une autre « suite » DUPETIT-THOUARS ? Sur tout cela, rien ne peut s’ajouter, fiction, rĂ©alitĂ© en fragments ? Imaginaire dĂ©bridĂ©, ou bribes documentaires ? Point fixe, rĂ©pĂ©tĂ© : toute confusion est Ă Ă©viter entre ce personnage recurrent, « FRED », dont je n’apprecie pas chaque Ă©lĂ©ment (surtout les allusions Ă©rotiques, et ce qui va ĂȘtre racontĂ© Ă propos de Venise), et moi-mĂȘme, qui fut l’Assistante prĂ©fĂ©rĂ©e de I.d’Y, dit YDIT, en quelques occasions de grande proximitĂ© .
BOB et MORANE, l’enquĂȘteur duo, dĂ©tectives pas sages,
forts en ravages et ratages, nul ne peut suivre leurs enquĂȘtes de polichinelles – FRED avait raison : ce sont des personnages de thĂ©atre perdus dans le trou du souffleur (seul le dialogue dĂ©passe du plancher), ce sont des hĂ©ros ratĂ©s de roman pĂąle ( l’inverse du roman rose, seul l’incipit roule ! ).
FRED ? FRED pragmatique et sensitive, gĂ©nĂ©reuse et radicale ; FRED visitant des ruines d’Abbaye nue sous la robe lĂ©gĂšre ( voir S.P.O.) ou quĂȘtant l’Ă©quilibre en wagon-lit depuis Venise ( Ă©pisode CINQUANTE, ici ) ; FRED, inaltĂ©rable socle et source du souvenir, et cependant capable de conseiller Ă YDIT d’engager deux dĂ©tectives sans aiguillage de mĂ©moire, nuls en convoyage de souvenirs.
Septante et davantage Ă©tant venus, YDIT n’a plus le temps de laisser l’enquĂȘteur dĂ©ambuler dans un labyrinthe de cathĂ©drale, sans mĂȘme lever la tĂȘte et apercevoir la sortie ouverte par le grand porche, vers la rue, le parvis, la lumiĂšre, le rĂ©el.
Donc la mĂ©moire…
Aussi, YDIT sâest-il dĂ©cidĂ© Ă aller visiter lui-mĂȘme. En personne. Juge d’instruction, sans procĂšs ni reconstitution. Entreprise radicalement dĂ©nuĂ©e du moindre sens commun, les ami.e.s de YDIT BLOG l’anticipent, mais tel fut son dĂ©sir, les ami.e.s de YDIT BLOG le connaissent…
D’abord, ça visite, ça erre, ça dĂ©ambule, ça funambule : des feux dĂ©conseillent l’avancĂ©e, ou des camĂ©ras l’espionnent.
12 rue Dupetit- Thouard, immersion : il y a, mĂȘme vague, la mĂ©moire de l’appartement oĂč Marcel MalbĂ©e dit MM Die Pate parvint parfois – combien de fois en ces quelques annĂ©es, 5 fois ? 8 fois ? 12 fois ?- rĂ©ussit Ă inviter le garçon pour qu’il passĂąt la nuit, au prix d’on ne sait quel mensonge et quelle ruse ? Ou peut-ĂȘtre simplement parce que ça paraissait banal que Le Parrain emmenĂąt l’enfant quelque part, depuis chez lui, aprĂšs le goĂ»ter, au bouillon Chartier pour dĂźner presque pas cher, rue du Faubourg Montmarte, mais dans la famille tout restaurant paraissait un luxe d’anniversaire des dizaines, Chartier on y arrive vite par les Grands Boulevards, noir et blanc que la mĂ©moire re-colorise
on peut aussi se souvenir
gratuitement dans les « Passages » de Paris sous les immeubles, mĂȘme si on ne connait ni Breton, ni Aragon, ni CĂ©line. Ou peut-ĂȘtre peut-on voir un film au Grand Rex, avec Jean Marais, presqu’en face.

En rĂ©alitĂ©, ici, on commence Ă savoir qui savait quoi au sujet du garçon tel qu’en objet un pyjama le change, et les Ă©pisodes FRERE (CINQUANTE-DEUX Ă CINQUANTE-HUIT) apporteront d’Ă©puisantes informations utiles.
A l’Ă©poque, tout dĂ©but annĂ©es Soixante, Marcel MalbĂ©e n’aimait pas beaucoup rester dans son quartier, le Temple, le PMU, le Carreau du Temple trĂšs commerçant, on le connaissait sans le dĂ©visager, sans se douter, mais.
Et ensuite, comme il sera tard, et que le mĂ©tro est loin de l’appartement familial, rue du BelvĂ©dĂšre, le garçon va rester dormir Ă la maison Dupetit-Thouars, ce sera plus facile, et n’oublie pas d’emporter ta brosse Ă dents et un pyjama. Et sois sage avec Parrain, obĂ©is lui bien. C’est ton Parrain, il t’aime, il remplace ton pĂšre en cas de … Oui, maman. YDIT a toujours Ă©tĂ© sage en surface. Pratique. On va faire comme tu demandes, MĂšre : OUI. Quant au pĂšre, il est sorti boire un canon, ou bavarder avec le garçon en terrasse, ou -prĂ©sent prĂšs du poele Ă charbon- il n’a rien Ă dire ? En ce temps, YDIT ne s’interroge pas, mais ( ici ) on commence Ă savoir, et plus tard aussi, pourquoi cela lui semble sans sujet.
12 rue Dupetit- Thouard, Exploration : Premier Ă©tage droite : porte de bois, antichambre formĂ©e de rideaux rouges en velours. Sur le gros meuble marquĂ© par le sombre – bois et forme- l’abat-jour vieux rose et- plus nette – la statuette Ă©phĂšbe, David et Donatello, puis pour plus tard la salle d’eau exigue.
La mĂ©moire, maintenant, dĂ©peuple ces lieux : nulle trace de vie, pas un visage, pas une silhouette, et l’univers de cet Ă©trange souvenir se rĂ©sume Ă une voix d’interrogation, un cosy supportant des » SĂ©lection du raeder’s digest » et deux ou trois volumes imagĂ©s sur les Templiers. Le Secret.


12 rue Dupetit-Thouars, introduction. Ici vecurent l’homme caviardĂ© sur les photos et les intĂ©rieurs de pyjamas posĂ©s jambes Ă©cartĂ©es. Jolie paire Ă observer, invisible cependant au milieu de la mĂ©moire d’ici. La premiĂšre fois fut simple pour YDIT visiteur. BOB et MORANE, consultĂ©s, buvant un verre de bon rouge ( un Touraine, un Sancerre ?) au bar des Trois Maillets, bistrot voisin, propice aux « planques » Ă dĂ©veloppement durable, avaient rĂ©pondu par WhatsApp : « C’est facile, Patron. Il y a un code, c’est 12DT21, mais il suffit d’attendre que quelqu’un entre. Plantez vous lĂ un jour oĂč tout le monde passe vers l’heure de sortie des bureaux, nous on n’y est plus, on n’a pas d’heures SUP de week-end, venez avec la patisserie juste Ă l’heure de retour de la messe « – derniĂšre observation attestant une fois de plus leur dĂ©connexion d’avec le rĂ©el, dans ce quartier qui jadis comportait une forte communautĂ© juive, et aujourd’hui est principalement occupĂ© par des bobos trentenaires, tout ça plutĂŽt mauvais client pour la messe, on les reconnaĂźt bien lĂ , MORANE et BOB.
Ce que cet YDIT ci fit, ici, samedi midi. Tout prĂšs, une trĂšs petite librairie Editions installe un Ă©ventaire oĂč l’on montrait quelques livres rares ou Ă tirage confidentiel. Il suffisait de feuilleter en surveillant la porte du 12, rue Dupetit Thouars.
Une jeune femme se prĂ©sentait, A1830B digocodait. YDIT s’est approchĂ© : il avait vĂ©cu lĂ tout enfant, ça lui ferait plaisir au moins de revoir un peu l’immeuble ?
Elle avait cru le visage toujours honnĂȘte de YDIT. Depuis toujours, son bon air, ça lui sert Ă cela : entrer partout sans patte blanche. Ensuite ça avait Ă©tĂ© facile de retrouver, aussitĂŽt Ă droite, la volĂ©e d’escalier qui menait au premier Ă©tage, aprĂšs une porte visiblement rĂ©novĂ©e depuis peu-dans ce quartier le public a changĂ©, l’argent est arrivĂ©-rien Ă voir avec l’ancienne vraie pauvretĂ© de la famille ( pauvretĂ©, pas misĂšre : froid et humiliation, mais pas dĂ©sespoir ni indignitĂ©, pauvretĂ© oĂč parmi les avantages attractifs de Marcel MalbĂ©e, dit MM,Die Pate, on trouvait le chauffage central, la quatre chevaux, le menu de Chez Chartier.)

Une fois sur le palier que dire que faire ? Frapper. Sonner. Attendre.
Mais personne.
MĂȘme pas le fontĂŽme du Capitaine Dupetit-Thouars.
BOB et MORANE demandent, depuis chez eux ( c’est samedi, pas d’heures sup.) : oĂč YDIT est ? Puis l’interrogent : Veut-il qu’ils viennent crocheter la porte ?
12 rue Dupetit- Thouard, rĂ©pĂ©tition : Une autre fois, heure de rentrĂ©e de bureau : un quadragĂ©naire un peu fĂ©brile cette fois, mĂȘme chose, Ydit passe derriĂšre lui, et toujours frapper… sonner… attendre.
Toujours personne.
BOB, d’astreinte, se redressa un peu sur le siĂšge du bar. Il jouait Ă l’homme de main prĂȘt Ă tout, allusion Ă Eddy Constantine (mais plutĂŽt dans Alphaville alors), finit cul-sec son verre transparent ( Limonade? Vodka ? Gin ?) – ayant ainsi accompli tous les gestes stĂ©rĂ©otypĂ©s qu’il pensait qu’on attendait de lui, conseilla d’en venir Ă l’action sĂ©ance tenante, selon d’ailleurs le dĂ©sir de tant d’ami.e.s de YDIT. : on avait dĂ©jĂ consommĂ© prĂšs
du tiers des mots sur le budget arrĂȘtĂ© pour le ci-prĂ©sent roman-images. Budget, soit-dit en passant, en dĂ©passement constant.
Nul ne sait oĂč se trouvait MORANE Ă ce moment-lĂ ?

Conseils de BOB, WhatsApp : Rossignol, cagoule, gants de latex, mocassins, lampe torche. Ainsi, Ydit, le patron, ou au moins l’actuel patron puisque le vrai patron dĂ©finitif Ă©tait quand mĂȘme ce bon vieux Samuel, pourrait fouiller dans les livres de Marcel MalbĂ©e, dit Le Parrain, ouvrir les dits livres pour y chercher ce qui pouvait bien intĂ©resser, regarder la photo qui tombe, dans tous les romans il y a une photo qui tombe quand on ouvre un livre, ce serait une photo prise Ă Taormina en 1912, par exemple.
12 rue Dupetit-Thouars, effraction, photos? Non, pas de sens, et puis le parrain ne prenait pas de photos- pas si stupide quand mĂȘme, de plus, annĂ©es Soixante, pas de PolaroĂŻd pas cher Ă l’Ă©poque, de nos jours il aurait eu cinq cent mille photos pĂ©dopornos sur son ordinateur, cadeau royal pour le dĂ©noncer, mais en ce temps lĂ , non, et pas non plus de traces lors de trois ou quatre voyages, souvenir,
surtout, ne laisser non plus de preuve sur les draps des lits d’hĂŽtel. Avec soin et le coin d’une serviette mouillĂ©e, il passait de l’eau sur les aurĂ©oles dĂ©jĂ sĂ©chantes, lorsqu’ils Ă©taient parvenus Ă l’Ă©mission, les deux – fait rare-, ou l’un seulement. Sauf la nuit oĂč ils avaient, en Touraine, faute de place, dormi Ă trois dans le grand matimonial d’hotel, avec la grand’mĂšre, autre histoire, on s’en souvient que Mamie savait ? ( Ce que savait Mamie, autre film ! ). Cela aussi a dĂ©jĂ Ă©tĂ© ou sera de nouveau le moment venu racontĂ©, comme le reste, on ne cache rien, on ne brade pas. Mais on prend le temps. 200.000 mots, trois ans, un bail.
12 rue Dupetit-Thouars, manipulation : ouvrir le tiroir en bas Ă gauche du petit meuble qui se trouvait prĂšs du lit-cosy c’est lĂ que Marcel MalbĂ©e enfouit ses vieux sous-vĂȘtements de fĂȘte, et garde aussi une sĂ©rie de lettres, interdites.
Savoir enfin qui avait Ă©crit ces lettres, ce qu’elles voulaient dire et ne pas dire, rien sur YDIT hors de son pyjama mais hĂ©las pas hors de lui, pourquoi, aussi, le nom du PĂšre y apparaissait, le PĂšre, toujours la question, mais c’est une autre histoire, pour plus tard.
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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison IV…Episode Quarante -Trois, Rue Dupetit Thouars visite par Ydit -soie- mĂȘme, soie, sans guide, sans rage et sans orage – dĂ©but (1 sur 2). L’Ă©tĂ© silencieux et solitaire approche, il est temps de gravir.



SUR HANGED JAMES, aussi, sur cela, aussi :

mystĂšre, HĂ©ritier? Vaguement ! Voyageur d’Orient? Un peu ! Etat : poĂšte, Humeur : dĂ©truite, et ce n’est pas que la faute de Jenny.
Le Secret comme principe et comme volontĂ© d’oubli) , tous les Grands InitiĂ©s sur lesquels il a Ă©crit, non pas pour les dĂ©noncer, mais avec une sorte de sale curiositĂ© un peu fascinĂ©e, de complicitĂ© bravache (mot XIXĂšme), de connivence Ă©bouie, celles du poĂšte devant certains mystĂšres, celles d’AndrĂ© Breton devant un objet venu vers lui aux Puces,celel d’une corde devant la lanterne.




Comme s’il s’agissait de GĂ©rard dĂ©pendu de sa lanterne, qui n’Ă©tait pas une lanterne, mais simplement une grille, cela ne change rien, Ă prĂ©sent rien ne change plus rien, et la voiture rouge qui se hĂąte au milieu de la rue, pourtant il n’y a plus la moindre urgence, une fois encore, et l’on n’insiste mĂȘme pas pour mettre Ă sonner la sirĂšne, Ă quoi bon ? Imaginer cela, et, ici, il y a quelques semaines, dĂ©jĂ , dans ce roman-images mĂȘme, avoir dĂ©jĂ racontĂ© la scĂšne. ImaginĂ© la scĂšne. Menti la scĂšne.
Marcel MalbĂ©e dit MM dit Le Parrain, ni mĂȘme oĂč l’on allait ( Ă Paris?), encore moins d’oĂč ils venaient, tous trois : en simple Ă©vidence les trois Ă©taient dans cet hĂŽtel mĂ©diocre, on n’avait pas d’argent bien sĂ»r, il avait fallu Ă©conomiser ou bien il n’y avait plus de chambres libre ? En tout cas, Mamie la grand-mĂšre Ă©tait lĂ : on la promenait peut ĂȘtre ? On la ramenait de sa campagne pour la mettre dans la maison de retraite ? On avait rĂ©alisĂ© le pĂ©lerinage du bar-tabac PMU de Saumur, hospitalier aux putes pour mariniers de Loire, qu’elle avait « tenu » jadis – selon les rumeurs de famille ? Massive mamie mamelue.
On les voyait, les trois, lĂ , dans un lit double, dans le lit ensemble, simple proximitĂ© familiale que connaissent trĂšs souvent les pauvres (dĂšs qu’on a un peu d’argent on ignore que la promiscuitĂ© est le quotidien de la pauvretĂ©).

Trop de livres, tout le temps. A quoi ça, sert?..





sauf que au premier dßner, trÚs chaud, trÚs lourd, trÚs oppressant, le garçon était sorti à peine le repas commencé.


Il disait le grand plaisir des Ă©changes dans le cloĂźtre dĂ©montĂ© ou lâabbatiale imparfaite. Le presque bonheur des promenades dans la nuit vers lâappartement du « Grand » oĂč avait habitĂ© YDIT, face Ă la ferme, quand l’un raccompagnait l’autre, puis l’un puis l’autre, tiĂšdes ensemble. Il disait- avec diffĂ©rents mots- la sĂ©duction exprimĂ©e par le corps bronzĂ©, par le sourire apaisĂ© de ce trentenaire liseur et marcheur, YdâI. On voyait le bonheur, on lâaurait volontiers partagĂ©.
A commencer par un dĂźner ? Au fait, Y.dâI, Ă©tait-ce une vraie particule ? Yvan d’Ici, par exemple? (demandait le joli reporteur avec son short bleu marine, ses mocassins beiges et son nagra).
HĂ©sitĂ©, certes, hĂ©sitĂ© autant lâavouer, parce quâil y a des gens devenant dĂ©sirables Ă raison du dĂ©sir quâils ont visiblement de vous, et que l’oeil guilleret du joli reporteur de France-Musique chantonnait comme un jazz tendre. Le piĂšge habituel : on aime ĂȘtre dĂ©sirĂ©, puis- ensuite- on sâaperçoit que câĂ©tait seulement cela qu’on aimait. Ainsi quâavec Irma, ou Brigitte, ou Caroline, ou Myriam, dans les siestes de stages dâĂ©tĂ© de Parti ( on racontera cela, mais pas avant le dĂ©but de 2025). Pourtant non, pas cette fois, mĂȘme si cela ne prĂ©sentait rien de commun avec lâĂ©paisseur pointue dâun dĂ©sir injuste comme celui de Marcel MalbĂ©e, dit M.M., Die Pate- dâailleurs enfoui dans l’obscur silence volontaire de la mĂ©moire, en ces temps-lĂ .



On sait que le sentiment du bonheur physique vous donne physiquement lâair de connaĂźtre le bonheur. Câest dâailleurs ce que dit sĆur Agathe. Au sujet de Marie. Ainsi soit-il
SĆur Agathe disait : « Pour le festival de FrĂšre AndrĂ©, câest mieux que ce jeune garçon soit bien soignĂ©. Un reporter de France-Musique ». Bien sĂ»r. Les Granges. Le Soir. IntimitĂ© de la priĂšre. Interdit aux non-pratiquants. Short marine Ă courtes dimensions et longs rebondis, du lin sans probitĂ© candide.
Pas de Marcel MalbĂ©e embusquĂ© Ă lâhorizon du souvenir, et on ne connaissait pas encore James, futur Hanged.
On restait au soleil, allongĂ©s comme des lĂ©zards entiers, on devisait musique avec lenteurâ Ydit nâen savait que si peu- et livres â Ydit croyait en connaĂźtre certains. On marchait dans la campagne voisine, levant Ă deux les sauterelles en passant devant le prĂ©au dĂ©saffectĂ© de la mairie-Ă©cole. Plus loin, les ruines carrĂ©es de la commanderie du Temple rappelaient que la pierre passĂ©e construit l’avenir. Des arbres de la libertĂ© y poussaient, un par rĂ©volution : terre radicale socialiste. MLais arbres essouflĂ©s par la durĂ©e du Temps.
Ce groupe lĂ©ger, malin, secret. Non, ce soir, ni demain. Il aurait pu, bien sĂ»r, il avait tout ( presque ?) pour ça, mais non. Il nâĂ©tait pas trĂšs sĂ»r de savoir pourquoi « non« , mais pas la peine d’insister, « non », pas envie de ce groupe lĂ©ger, malin, discret, malgrĂ© les horizons de plaisirs pratiques. Cette fois , certainement, clairement : » NON ».

Ensuite, vous le savez, Ydit a disparu – trĂšs mystĂ©rieusement, trĂšs silencieusement – avant que les posts commencent, l’aventure de « Saison IV » Ă moi confiĂ©e. Ainsi que, sans doute, dix ou vingt exemplaires de » Les Attracteurs Etranges » en pile sur un rayon de placard.
Le jour venu, avec le prĂ©fet, un ministre canadien arrivĂ© en hĂ©licoptĂšre avait assistĂ© au concert. Ydit regardait depuis lâun de ces nombreux couloirs dĂ©robĂ©s quâune vieille Ă©lĂšve du stage « IcĂŽnes byzantines »-, une grande blonde Ă corps de cathĂ©drale, vite attendrie- lui avait enseignĂ©s : comme dans les romans modernes, les abbayes portent en elles des passages clandestins et des secrets d’initiĂ©s.
. Il inventait un concert de novices, d’Ă©tudiants des beaux arts, de passants sortis d’un labyrinthe. Pour Ydit, personne, ni FRED, ni TYNE, les ombres habillĂ©es en soleil..
CâĂ©tait une bonne idĂ©e. LâĂ©pouse aurait illustrĂ© dâicĂŽnes. Comme il buvait volontiers le gros rouge trop fruitĂ© du rĂ©fectoire – que servait SĆur Agathe- le pianiste parfois somnolait un peu sur les touches, et son jazz paraissait en conduite libre, tendance piano-bar. Ambiance de laisser-vivre, sans risque ni dĂ©sir. On s’y trompait .

une Clarisse trĂšs belle. Cependant, trop Clarisse, elle refusait, en riant, quâon la photographiĂąt. Mais on restait volontiers dans la cuisine de cette anti-Françoise. On Ă©cornait la pomme de terre et le chou rave. Avec son talent, nul ne risquait la mort par indigestion de pommes de terre, pas loin de ce fameux pan de mur jaune, coin du cloĂźtre lacunaire. Ici, tout semblait ainsi comme prĂ©servĂ© d’une tentation. A tort.
A prĂ©sent, on voyait le mal partout, et câĂ©taient mĂȘme des volontĂ©s avĂ©rĂ©es de nuisance, par certaines catĂ©gories de gens dâici, considĂ©rant dâun mauvais Ćil la renaissance si rapide et lumineuse de lâAbbaye, sortie si vite de ses ruines, dans lâesprit du seigneur, ainsi soit-il… Sans les nommer, elle dĂ©signait « ceux de la loge »- on Ă©tait, il est vrai, en terre de Rouergue : radicale-socialiste-franc-maçonne-gros rouge et saucisson large, tablier en peau et bavette Ă l’Ă©chalote, un rite français.
en plus du temple des RĂ©formĂ©s calvinistes ( les pires?) , et les hommes de naguĂšre ( quand la ville Ă©tait prospĂšre) allaient jusqu’Ă l’endroit de ce coin d’ombre centre-ville, cafĂ© douteux pour les Soeurs du Mal, des femmes entre elles, sans confesseur.
Tous ces gens lĂ , pas loin de l’abbaye, dans ce Sud frĂ©tillant, ça faisait beaucoup d’ennemis

JAMES, Ă lui, contre lui, mais dans sa jouissance brĂšve facilement obtenue, un sexe touchĂ© comme par une brĂ»lure, des fesses arrondies comme sous le fouet, un corps dĂ©nouĂ© de sa pudeur, parce quâon a trop chaud, bleu et blanc, rouge et vert, le pyjama, (certes pas de lin blanc, ça coĂ»te trop cher, on nâavait pas dâargent, nous, seulement Die Pate, un peu davantage, voiture, couscous chez le Marocain, verre de sylvaner, voyage en ForĂȘt noire, toujours il faut rĂ©pĂ©ter cette diffĂ©rence sale, la pauvretĂ©). SUR JAMMES, quel geste ? 

Cela, du reste, commence Ă peine : Jâai fouillĂ© par anticipation le reste des textes et images et je crains de le dire : le pire-me concernant- est Ă venir. Et pas seulement dans le Venise-Paris, inconfortable souvenir…
On a toujours peur de quelquechose qui ne devrait plus faire peur. Mémoire.
Le Trouver, puis le faire disparaĂźtre (comme je le ferai moi-mĂȘme ayant Ă©crit ces fragments), lâeffacer, le dissiper en feuillets quâĂ©parpille le vent de Toussaint, le vent dâaprĂšs Septante. Quand on dicte les notes, l’expression « chasse au parrain » se traduit par haut parrain, -mais ce parrain-lĂ , cela celui-lĂ quâon va pour toujours chasser, n’est jamais rien de haut, mĂȘme dans l’intime, quâil avait bas et baissĂ©.
Se dĂ©barasser ? La mĂȘme chose.
Tout seul sans rien Ă raconter ? Comment se mouvoir encore sans sâĂ©mouvoir ? Ou alors dĂ©jeuner cinq fois le jour pour raconter aux cinq fois par jour amis le mĂȘme impossible rĂ©cit ? MĂȘme s’il n’y en qu’un, mĂȘme s’il n’y en a qu’une ?
et quitter la Seine ?

TYNE fut comme son introductrice Ă la langue africaine mĂȘlĂ©e Ă la française, pour les combats du sacrĂ©, pour les luttes de libĂ©ration, pour l’apprentissage renforcĂ© du respect..
Secrets du noir au blanc mélangé,
mais pour s’en dĂ©mĂȘler.
TYNE ajouta qu’elle avait songĂ© la premiĂšre fois Ă lui autrement quâĂ un professeur en suivant avec intĂ©rĂȘt les mouvements du bassin serrĂ© dans le Jeans, tandis qu’il Ă©crivait, des mots noirs au tableau blanc pendant son cours. Ces moeurs n’ont plus cours.
des paroles de forĂȘt jetĂ©es Ă main perdue sur le tambour sacrĂ©, dont la peau vient de bĂȘtes vivantes, ou mĂȘme parfois dâhommes sacrifiĂ©s.
comme on arrose le brasier oĂč dore lâantilope avec le sang dâune vierge, comme on tend la corne de vin de palme au sorcier qui va convoquer lâEsprit, comme on pousse dâune lance ravageuse les fesses dâun garçon quand sa classe dâĂąge le conduit vers le silence de la forĂȘt tout entiĂšre dressĂ©e pour les terreurs de lâinitiation et le silencieux froissement des initiĂ©s. De quoi en secret irradier la route molle et ridicule de GĂ©dĂ©on/Le SĂ©nateur, tellement « typique » d’une Ă©poque.
De quoi repousser l’image de Marcel MalbĂ©e, dit MM, Le Parrain, tapie au milieu des fauves et des singes (Ă venir eux aussi, entre les Ă©pisodes

BOB pour quâils apprissent lâadresse de TYNE, tout ce temps plus tard, quarante annĂ©es ou presque, car le temps paraissait venir dâoffrir enfin Ă TYNE un exemplaire de la thĂšse, reliĂ© en poussiĂšre de vie…Pour en finir (peut-ĂȘtre?) avec l’Ă©motion du noir.
Ensuite elle l’aime. Croit-il. Veut-il. Doute-t-il.
,
dans leur petite auto grise, leur mini Traban inconfortable, espions dérisoires payés à la semaine. 

trente ou quarante ans plus tard ? Pour y retrouver une silhouette assise au milieu d’un jardin rose ? Et cette adresse, ne serait-ce pas plutĂŽt via Beifiori, NumĂ©ro six?
vide, YDIT, lĂ , sur un quai, vide, et le train qui part, et lui ne monte pas, ne fait aucun geste vivant, une fois de plus ne court pas le long d’un quai, vide, comme souvent rate la marche du bon futur, pas bougĂ©, pas montĂ©, pas sorti du clavier de l’ordinateur, et rien n’advient, une fois encore, une fois encore, rien n’advient.
, soutenue ( ou dispersĂ©e?) par ce dur duo de BOB et MORANE, est diffĂ©rĂ©e par l’immixtion de rĂ©cits en apparence parallĂšles – peut-ĂȘtre comme des enluminures inachevĂ©es qui borderaient un rĂ©cit trouĂ© ? On perçoit bien sĂ»r, le temps passant, que, rĂ©signĂ©e Ă rendre public ce fatras dit « Lettre de A., Version B », par devoir et nĂ©cessitĂ© d’achever ma tĂąche d’hĂ©ritage, aprĂšs la brutale et inexpliquĂ©e « disparition » de YDIT, par pĂ©riodes, je serais gagnĂ©e par une lassitude vaguement agacĂ©e, n’eĂ»t Ă©tĂ© la puissance aussi perenne de notre ancienne complicitĂ©. Maitrisant (plutĂŽt : ayant pris connaissance de) la totalitĂ© du paquet, je peux anticiper d’autres cassures du rĂ©cit central. Donc, puisque vous fĂ»tes confrontĂ©s ( et confrontĂ©es) Ă la « PrĂ©sentation de FRED », Ă©pisode ONZE ( sur prĂšs de 140 !) il faut que se supporte ici la « PrĂ©sentation de TYNE », suite. Encore- oui- cette fracture intime du double, MM et Hanged, Morane et Bob, Ydit et moi, puis FRED et TYNE. « Le rĂ©el et son double » Ă©crivait l’un des auteurs que Y.d’I. parfois citait, j’en ai oubliĂ© le nom, c’Ă©tait il y a longtemps, c’est dĂ©modĂ©, on ne parle plus de tout ça.





L’universitĂ© de la ville en ce temps suggĂ©rait aux Ă©tudiant.es en derniĂšre annĂ©e de licence, supposĂ©.es bientĂŽt passer des concours, de consacrer une quinzaine de jours Ă une espĂšce de stage dans un Ă©tablissement scolaire- pour le cas oĂč elles et eux auraient eu envie de devenir professeur (un mot qui n’a plus le mĂȘme sens).


Puis dâun autre, apportĂ© en anglais. Et ainsi de suite. PrĂ©textes choisis pour prendre d’abord un verre ensemble dans les cafĂ©s plutĂŽt peu sympathique entourant la fac, entre deux cours – car la prĂ©sence de stagiaires avait fini depuis longtemps, et cela Ă©tonnait Maurice ou Catherine ou Arlette de voir que TYNE souvent rodait en vĂ©lo, courte jupe aĂ©rienne, dans les alentours du lycĂ©e pour attendre YDIT…



AprĂšs le dĂźner sur la terrasse, qu’il a fallu fermer, car dĂ©jĂ le vent est frais, TYNE prĂ©fĂšre marcher le long de la mer, tout le monde sait bien ce qui va se passer, leurs apprentissages comme dâadolescents qui sâinventent un savoir neuf, les gestes dits banals qui deviennent dĂ©couverte magique, rituels secrets et sacrĂ©s, lâintime mieux que partagĂ©, offert, une seule chambre Ă l’hĂŽtel, la serveuse qui s’attendrissait,
, qui admirait TYNE ( attention, ce n’est pas Nadja?)ou les voisins de table qui tentaient d’Ă©couter le dialogue de ces deux lĂ . Ces deux lĂ qui oubliaient ( YDIT qui effaçait) toute idĂ©e de la Chasse au Parrain que mĂšnent cependant ( dĂ©jĂ ? Pas encore ?) les dĂ©tectives de sable et de coquille Saint Jacques, BOB et MORANE





Le Secret mis au jour par ses parleuses mĂȘme.
LâAfrique, pour Ydit, pour toujours sâappelle Tyne, autrement dit une autre forme de lâhorizon indĂ©passable de la mĂ©moire heureuse. Encore une formule Ă la MORANE ?

Mais Tyne ne laisse pas de trace, sauf sur les carrĂ©s des photos oĂč elle posait avec douceur et indĂ©cence- simplement lĂ et nue, images dâalbum quâYDIT inlassablement avait regardĂ©es, avant que lâincendie les dĂ©truise.




Montée de la Montagne 







C’est le 18 mars 1314, Ă la pointe de l’ile de la CitĂ©. Les flammes entourent l’homme. En mourant, Jacques de Molay s’Ă©crie :
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effeuillage au rythme de Chostakovitch symphonie numĂ©ro 5, la serveuse qui a dĂ©passĂ© Septante et plus peine Ă servir les verres de gin pur et les sandwiches au LiĂšvre de Patagonie, Ă prĂ©sent il est nuit pleine, l’Ă©crit grapille, gaspille, gambade depuis des heures, on devrait, il faudrait, ce serait mieux de …ou on aimerait mieux pas ?…(on a perdu la rĂ©fĂ©rence du texte).

âça veut rien dire pour les directeurs, Ă gauche ou pas un directeur ça dirige, donc un peu tout de mĂȘme un sale type, câest lui qui ferme les postes, donc un sale type, ça existe les sales types de gauche,
visites, tapisserie sans trame, nouvelle politique de cela, fĂ©licitations et reproches, projets et rejets, comptages et contages, et pourtant toujours le mĂȘme bavardage bravache sur le vent, nouvelle politique de rien du tout, soirĂ©e théùtre des lycĂ©ens, dĂ©comptes, courriers, chorale des personnels, festival des lycĂ©ens, grĂšve au collĂšge, dĂźner chez le prĂ©fet.
Voila le reproche vĂ©ritable fait Ă Marcel MalbĂ©e, dit MM, dit Le Parrain : pas ses doigts trop serrĂ©s ici-bas, non, ça on fait avec, pas ses lĂšvres top mouillĂ©es par ci par lĂ , non, ça finit en jouissance, pas ses yeux trop dĂ©viĂ©s, non, le garçon regarde ailleurs, les vieux livres sur l’Ordre du Temple dans le Cosy : mais ceci, marque dĂ©finitive de l’abus : l’apprentissage de la coupure intĂ©rieure, impardonnable.
ici pour cette fois je ne me baigne pas nu, et dans les bois oĂč je cours le footing, aussi la body-guard (elle me suit avec des barres protĂ©inĂ©es afin de m’Ă©pargner la honte).


On y a croisĂ© quelques exemplaires de touristes curieux, Lonely Planet en main ( « un endroit trĂšs typique du Paris Ă©tudiant et populaire ») parfois mĂȘme de vieillots lettrĂ©s, aristocrates Ă©berluĂ©s ou montagnards HĂ©bertistes, Ă la recherche dâultimes traces de lâancien « Enclos du Temple »- ce vaste domaine entourĂ© de murailles que possĂ©da longtemps lâordre guerrier des moines du « Temple ». 

Aussi, dans le sous -sol du cafĂ©, le plus proche du « cĆur » du temple, son donjon disparu, il arriva que lâun dâentre nous croisĂąt un chercheur- Ă©videmment pas un universitaire vĂ©ritable ( ceux-lĂ frĂ©quentent les bibliothĂšques )- mais lâun de ces illuminĂ©s tardifs perdus dans une quĂȘte inutile des « Ombres et fantĂŽmes » du Temple.
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Le TU fais, tu TAIS. 
assis avec des cartes, fermeture éclair vite-fait, chemise bleue rayée de blanc, le YDIT des pyjamas trop chauds, un peu genre veste de pyjama, justement la chemise. Mais oublions cela, le pyjama.
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Tyne si belle sur les rives dâAndalousie, Fred agrippĂ©e Ă une couchette Venise-Paris (Ă chaque lieu oĂč se trouvait Fred, câĂ©tait la lumiĂšre, on racontera cela),
ça passe aussitĂŽt ce jour-lĂ , lâombre de Marcel MalbĂ©e immĂ©diatement est effacĂ©e par les refus rigoureux de la mĂ©moire, rien Ă faire, rien Ă dire, revenant Ă la lumiĂšre et marchant rue Turbigo, vers le lycĂ©e, ce jour-lĂ , Ydit ne sent pas la violence de la haine pas plus que la lourdeur de lâoubli. Trop tĂŽt encore ? âŠ
mĂȘme si le corps est nu dans lâencadrĂ© de la fenĂȘtre, un nu sans ailes ni carquois, un nu sans main voilant le sexe, un nu dressĂ© dans lâĂ©vidence de son dĂ©finitif silence, et toutefois,

parcourent des chemins, non pas pour tuer le Minotaure, mais pour se dĂ©barrasser de l’idĂ©e mĂȘme du Minotaure, ce qui est une rude ambition. Avouons-le.


On aimerait tant LE, LUI, le voir de face.

car on ne sait jamais trÚs bien par quel bout prendre un mort, un fantÎme, une idée, un fantasme ( tout à fait comme on ne sait pas trÚs bien par quel bout prendre un commencement, mais cette métaphysique interrogation leur échappait aussi, on le devine).



Il parle quelquefois son malaise, en général il le tait, il se tait, tout se tait. Mais tu sais. Tout se sait.
Et cela est bien, pas de lumiĂšre, car sa tĂȘte est encombrĂ©e d’images, sinon. Pas d’images, non, de brĂšves rĂ©miniscences plutĂŽt. Son Parrain Ă lui – mais on ne saura jamais le dĂ©tail de ce qui fut, ce qu’on lui fit, cordon de pyjama ou pas, tant mieux. On ignore et cependant c’est pareil.
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Cette pĂąleur mĂȘme de l’intĂ©rieur.
Il y a longtemps que cela ne t’Ă©tait pas arrivĂ© de maniĂšre aussi impĂ©rative : tu Ă©prouves le dĂ©sir de l’entourer des bras, de l’embrasser comme on s’embrasse dans les dĂ©buts, ou entre les enfants, et peut-ĂȘtre aussi es-tu dans le dĂ©sir de le reconduire dans le lit, mĂȘme si vous n’avez pas trop le temps, pour un rapide mais intense cĂąlin du matin. Jadis, vous le faisiez parfois. Vite et en riant. Jadis.
Hanged James.
Ensuite, pas de recours, pas de retour.
âMarcel MalbĂ©e – invisible toujours- lit longtemps et commente un peu un Ă©tonnant pĂ©riodique, « l’Os Ă moelle ».
Pour Parrain. Pour la chaleur, la fraĂźcheur, la tiĂ©deur, la candeur ( fausse )( dĂšs l’aprĂšs premiĂšre fois, oĂč ne fut pas dit « non »)
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Dimanche, c’est match.
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â Quand il revient dans la salle Ă vivre, la Grand-MĂšre-Savait se montre agacĂ©e, ce gamin est stupide, et ça gĂąche la peinture, c’est cher. MĂšre ne dit rien, elle fera la lessive, et c’est un petit garçon si gentil avec tout le monde, et premier Ă l’Ă©cole, il faut bien laisser passer quelques babioles.

â