A l’instant même YDIT sortait du café que BOB et MORANE venaient de repérer, non seulement parce que le garçon y servait un petit coteau d’Auvergne de très bonne qualité, mais aussi parce que dans le sous-sol de ce jour comme jadis dans ce sous-sol même, des lycéens se retrouvaient.

BOB et MORANE : comme il convient à présent, une fois de plus, les genres sont incertains, au moins pour MORANE- car un certain MORAN , qu’on dit né près de Rennes aux alentours de 650, a été porté, dans la même ville, à la cathèdre d’évêque, en 710, vieux déjà donc en son temps, avant de – sagement, prétend-on -, se retirer dans un monastère italien, ou grec, ou mauresque, voire turc : un monastère ensoleillé, où ne jouaient pas déjà des pianistes grecs, dans le scriptorium désert de l’après-déjeuner, sur un Steinway très accordé au décor. Cela, on racontera bientôt : Sylvanès l’abbaye.
Ce que disait le narrateur convenait à l’état d’esprit des enquêteurs choisis par Fred, la malicieuse, BOB et MORANE. Et donc voici.
RECIT du sous-sol du bistrot où l’on aperçoit Marcel Malbée, long time ago…
YDIT : » J’étais lycéen, et nous passions beaucoup de temps à jouer au poker dans le sous -sol du « Café du lycée et du marché », avec des allumettes. Nous perdions au plus le café du jour, et Gilbert, le garçon visiblement aimant les garçons (ce qui se cachait davantage à l’époque ! ), nous apportait des consommations gratuites, sans jamais rien demander à nos mains plus habiles à la carte qu’à la caresse – encore que, en cet âge de leur vie et cette saison de l’Histoire, les jeunes garçons des lycées non-mixtes manipulaient mieux et allègrement leur propre sexe qu’ils l’auraient (et le faisaient pour certains d’entre eux- impudiques ou vantards ?) fait avec l’intimité complexe et pliée d’une fille.
-« Quelle Phrase », dit BOB…
Au sous-sol, plutôt sec et clair du « Café du Lycée et du Marché », séchant des cours donnés sans plaisir et reçus sans avidité ni tendresse, ils passaient des heures, assis comme des buveurs de Cézanne ou des maquignons de Balzac.
On y a croisé quelques exemplaires de touristes curieux, Lonely Planet en main ( « un endroit très typique du Paris étudiant et populaire ») parfois même de vieillots lettrés, aristocrates éberlués ou montagnards Hébertistes, à la recherche d’ultimes traces de l’ancien « Enclos du Temple »- ce vaste domaine entouré de murailles que posséda longtemps l’ordre guerrier des moines du « Temple ».
( Si le récit nous prête vie, on racontera cela de ceux-là, dans quinze épisodes).

La famille du roi L XVI y fut enfermée dans le donjon subsistant, à la Révolution, et on regrette la destruction d’un édifice construit d’ors arabes, de pierres de Lozère, de sueurs paysannes, et des peurs et prières de 21 Grands Commandeurs successifs ( pour la moitié morts au combat ). C’est tout un quartier de Paris, les rues portent la trace de l’occupation par le Temple, plusieurs fois cent ans plus tard. Mais aussi rue Dupetit-Thouars, en plein centre de l’ex-enclos. MM dit Le Parrain, ici.
Aussi, dans le sous -sol du café, le plus proche du « cœur » du temple, son donjon disparu, il arriva que l’un d’entre nous croisât un chercheur- évidemment pas un universitaire véritable ( ceux-là fréquentent les bibliothèques )- mais l’un de ces illuminés tardifs perdus dans une quête inutile des « Ombres et fantômes » du Temple.

Un fois, l’un d’entre eux ( on s’en souvenait car ils étaient rares) avait tenté de soudoyer Gilbert, le garçon de café, afin qu’on lui laissât visiter la cave du bistrot, à vrai dire deux longs boyaux superposés reliés par un étroit escalier en hélice, dont les marches usées attestaient l’ancienneté, sinon le respect de la stricte observance templière.
Gilbert, que tout incitait à nous dévoiler ses côtés obscurs – et qui n’eut cependant jamais aucun geste dit douteux- avait déjà conduit la visite des lieux profonds pour trois ou quatre d’entre nous. D’ailleurs Philippe et Jean-Pierre, mi rigolards (mais seulement à moitié donc), avaient affirmé que si Gilbert en profitait pour leur demander une petite gâterie, pourquoi pas, en échange de bonnes bouteilles rangées au premier sous-sol.
On avait vu pire.
Mais qu’en fût il ?
Avec les garçons, jamais on ne sait.
Philippe abattait son brelan de valets. En réalité, Philippe et Jean-Pierre, ils en parlaient à mots à peine couverts, et ils avaient suggéré un autre usage de ce temps intime, passaient de très secrets et très fructueux après-midi au dancing de « La Coupole »,
à l’époque célèbre ( auprès de quelques usagères initiées) pour les rencontres dansantes et plus si affinités entre dames mûres et garçons verts. Tout ça manquait déjà vraisemblablement de Vertu. Sinon de Revenus.
YDIT poursuit, avec son idée fixe ( qui est : MM dit Le Parrain, et aussi pourquoi James devint HANGED, et Ydit Septante et plus ) et son propre récit :

Cette pratique ne paraissait choquer personne parmi les joueurs de poker en sous-sol, sauf à penser (ce qui serait juste) que les élèves ici réunis appartenaient au groupe des indociles, aussi lecteurs de Rimbaud ( « La morale est la faiblesse de la cervelle ») et de Radiguet ( deux lectures qui ne leur paraissaient pas antinomiques, preuve d’une vaste inculture), marchant dans les marges sans volonté de le faire, par nature, ni par révolte ni par audace, mais parce que chacun, à sa façon ( ils n’en parlaient que très rarement) avait été conduit – par un adulte à grandes mains ou le hasard aux dents longues – à transgresser une première fois une règle sociale majoritaire.
Le Silence. Le Déni. Oublié le MM dit Le Parrain!
Le TU fais, tu TAIS. 
Pour Ydit, la traversée immense et durable avait pris le visage, la voix, les mains nettes et le corps vouté de Marcel Malbée dit M.M. dit Le Parrain. Mais tout cela ne vivait plus dans aucune des mémoires accessibles. On avait jeté la disquette. On ne savaiT plus se servir des disquettes. On ignoraIt qu’il y avait eu des disquettes, jadis.
Or, le, LUI / LE voici soudain qui descend l’escalier conduisant de la salle du café au sous-sol où ils jouent, LUI c’est Marcel Malbée, dit Le Parrain. Oui. Intuita personnae. On n’invente pas cela. Die Pate. Même s’il y a de cela cinquante ans. On avait oublié qu’il habitait tout près, rue Dupetit-Thouars. On avait oublié le petit appartement suave, entrée couverte d’un rideau sombre, mauvaise reproduction de Donatello sur la commode. Rue Dupetit-Thouars, les rares nuits avec pyjama trop chaud sous les draps et croissants le matin.
Les lycéens – forment autour de deux tables un groupe fumeur, bruyant, brusquement silencieux quand les cartes l’exigent, mais bavard et rieur. Ydit tourne le dos à la porte des toilettes que rejoint MM dit Le Parrain, mais en une seconde, dans le miroir cloué à droite, il aperçoit la silhouette,
immanquablement présente pour toujours dans sa mémoire la plus profonde, même ensevelie sous les gravats de vraie vie. L’inverse de la statue du Commandeur : la statue/le statut du narrateur oblique.
MM dit Le Parrain fait attention aux marches, quel peut-être devenu son age, cinquante ans, soixante? (BOB et MORANE finiront par le savoir, n’en doutons pas ), la vue a faibli, l’escalier est rude et privé de rampe. Bien entendu Marcel Malbée, dit MM, Die Pate jette un coup d’œil sur les vieux adolescents ( à l’époque, à 17 ans, on est un vieil adolescent ) groupés là, trop nombreux. D’ailleurs Marcel Malbée dit Le Parrain semble pressé de pisser, ou fatigué, ou on ne sait quoi. En descendant, il a rangé dans la pochette de la veste plusieurs tickets de Tiercé, un geste qui a aussi éparpillé son attention, de sorte qu’il ne voit pas qu’YDIT est là, en jean’s ajusté, le YDIT du deux pièces-cuisine-salle d’eau avec eau chaude et toilettes à l’intérieur, « Tu n’as pas trop chaud avec ton pyjama ? »
David dans l’entrée,
assis avec des cartes, fermeture éclair vite-fait, chemise bleue rayée de blanc, le YDIT des pyjamas trop chauds, un peu genre veste de pyjama, justement la chemise. Mais oublions cela, le pyjama.

Posant le pied sur la première marche, concluant avec le garçon Gilbert une conversation de comptoir, tête encore tournée vers la salle en haut, Marcel Malbée disait : « La vie, c’est comme le café, pour que ça passe, faut s’en occuper ».
Aucun des joueurs de poker n’entend, ou n’écoute cette phrase de bar, ou de bordel, ou de confessionnal, ou d’amphi de philo avec Jankélévitch aux commandes :
« La vie, c’est comme le café, pour que ça passe faut s’en occuper ».
Ydit, lui, rentre les épaules encore plus que si le surveillant général venait d’apparaître (au lycée, c’est – à, l’époque- un ex sous-officier Vietnamien rapatrié avec la fin des Indochines).
Ou comme si le corps entier de la Mémoire s’imposait en lui d’un coup unique et violent.
Ce genre de phrase, irritante et terrifiante, en même temps. Comment peut-on être si vulgaire et toutefois si véritable ? (l’inverse aussi). Dans un roman, le narrateur avouerait avoir perçu comme un éclair, une douleur, quelque chose de violent, de nouveau. Rien de tel en cet instant, pour le joueur de poker nommé YDIT : c’est tout juste la raison pour laquelle Marcel Malbée dit Le Parrain ne peut recevoir que de la haine : à cause de lui, ce qu’il fut et fit, à jamais YDIT est privé d’une part de ses propres émotions, à jamais coupé à l’intérieur, coupé de son propre intérieur, souvent, protégé contre lui-même et le risque de la présence.
Mais c’est une autre histoire?..
…A moins que ce ne soit celle d’écrire ? 
Marcel Malbée, MM dit Le Parrain entre dans les toilettes ( étroites, pas très soignées), Ydit s’excuse, doit partir, interrompre sa partie, se dépêcher de sortir du « Café du Lycée et du Marché ». C’est la dernière fois qu’il aperçoit Marcel Malbée dit Le Parrain. Mais ça n’empêche pas l’imagination de le retrouver. Pour l’éparpouiller. Le discgracecraquer.
Et ça passe comme un éclair de soleil sur le corps mobile d’une femme au bord d’une rivière tendre, Geneviève en été, d’autres en kayak nu en Ardèche,
Tyne si belle sur les rives d’Andalousie, Fred agrippée à une couchette Venise-Paris (à chaque lieu où se trouvait Fred, c’était la lumière, on racontera cela),
ça passe aussitôt ce jour-là, l’ombre de Marcel Malbée immédiatement est effacée par les refus rigoureux de la mémoire, rien à faire, rien à dire, revenant à la lumière et marchant rue Turbigo, vers le lycée, ce jour-là, Ydit ne sent pas la violence de la haine pas plus que la lourdeur de l’oubli. Trop tôt encore ? …
C’est plus de cinquante ans après, parce que la parole de toutes et tous envahit l’espace secret du silence jusque-là préservé, parce que Septante et davantage étant venus, c’est alors qu’il formule sa conviction à la fois exigeante et simpliste : maintenant, il lui va falloir retrouver Marcel Malbée dit MM Die Pate, l’épuiser, l’étouffer, l’écraser, le faire disparaître. Pas l’enterrer comme une vie de garçon, pas l’emmurer comme un chat noir d’auteur américain. Non. Faire disparaître. Et même ( pardon pour l’horreur de l’image ) l’encendrer comme une victime d’un camp.
Mais ça va prendre du temps : la vie est un long détour par des labyrinthes où ne règne plus personne. En plus, le Minotaure a pris la fuite, encore une fois. Jamais au bon endroit, celui-là.
Pourra-t-on jamais vraiment compter sur l’efficience de BOB et MORANE, engagés par la malicieuse et pragmatique FRED ? Mais alors, sinon, quoi ?
Cette question : Ydit croit entendre la voix impossible de HANGED JAMES, pendu qui flotte un peu au bout de sa branche, qui flotte dans l’air froid du matin comme dans un trop grand pyjama bleu et blanc,
même si le corps est nu dans l’encadré de la fenêtre, un nu sans ailes ni carquois, un nu sans main voilant le sexe, un nu dressé dans l’évidence de son définitif silence, et toutefois,
la tête à hauteur de corde, HANGED JAMES, amical et narquois, bien que bien mort, tué par lui-même d’un coup de corde sans appel, demande :
Alors quoi, mec, il t’a fallu tout ce temps à toi-même
pour t’alerter sur toi-même ?
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Didier JOUAULT, pour YDIT-BLOG, Nouvelle saison, Saison 4, épisode VINGT-SEPT : LES ENQUETES de BOB et MORANE, Le sous-sol de la rue Turbigo, FIN – Les refuges rigoureux de la mémoire.


parcourent des chemins, non pas pour tuer le Minotaure, mais pour se débarrasser de l’idée même du Minotaure, ce qui est une rude ambition. Avouons-le.
On aurait pu, il est vrai, les nommer Gog et Magog, ou Sodome et Gomorrhe, ou Marcel et Albertine. Mais pour BOB et MORANE, le Vieux Samuel avait souri de consentement. Un grand éclat de rire à sa façon.


On aimerait tant LE, LUI, le voir de face.

où vivait Marcel Malbée dit PATE- pouvait apporter sur les mouvements du monde et les évolutions de la conscience humaine des renseignements de première main. Illusion. Cela permettrait de récupérer les traces de ce qu’il resterait, s’il en restait jamais quelque chose, de Marcel Malbée,dit M.M., dit Le Parrain. Force est de constater qu’une telle ambition n’avait pas grand prise sur la réalité, raison pour laquelle sans doute l’immeuble mais incertain duo ne recevait encore pour l’instant et pour émoluments que de maigres fifrelins.
car on ne sait jamais très bien par quel bout prendre un mort, un fantôme, une idée, un fantasme ( tout à fait comme on ne sait pas très bien par quel bout prendre un commencement, mais cette métaphysique interrogation leur échappait aussi, on le devine).




Il parle quelquefois son malaise, en général il le tait, il se tait, tout se tait. Mais tu sais. Tout se sait.
Et cela est bien, pas de lumière, car sa tête est encombrée d’images, sinon. Pas d’images, non, de brèves réminiscences plutôt. Son Parrain à lui – mais on ne saura jamais le détail de ce qui fut, ce qu’on lui fit, cordon de pyjama ou pas, tant mieux. On ignore et cependant c’est pareil.
Il est si fragile Not Yet Hanged James, ce garçon avec sa blondeur et cette couleur étonnante (émouvante car transparente, agaçante car fragile) que sa blondeur intégrale pose sur les parts les plus intimes de lui, celle que tu connais peut-être mieux que lui, ce blond qui ne cache rien, roses renflements légers qui apparaissent dans leurs plis et sous le mouvement. A Ydit, ça lui aurait rappelé TYNE,
la Blonde Africaine, ou les mousses de FRED. Mais FRED ni TYNE ne sont emplies d’images douloureuses, encombrées de mémoire.
.
Cette pâleur même de l’intérieur.
Il y a longtemps que cela ne t’était pas arrivé de manière aussi impérative : tu éprouves le désir de l’entourer des bras, de l’embrasser comme on s’embrasse dans les débuts, ou entre les enfants, et peut-être aussi es-tu dans le désir de le reconduire dans le lit, même si vous n’avez pas trop le temps, pour un rapide mais intense câlin du matin. Jadis, vous le faisiez parfois. Vite et en riant. Jadis.
Hanged James.
Ensuite, pas de recours, pas de retour.

ces années, surtout, ce sont des millions de dimanches sur les genoux de MM Marcel Malbée, dit Le parrain, tout le monde l’appelle sans article « Parrain ».
Marcel Malbée – invisible toujours- lit longtemps et commente un peu un étonnant périodique, « l’Os à moelle ».
Pour Parrain. Pour la chaleur, la fraîcheur, la tiédeur, la candeur ( fausse )( dès l’après première fois, où ne fut pas dit « non »)


Dimanche, c’est match.


Quand il revient dans la salle à vivre, la Grand-Mère-Savait se montre agacée, ce gamin est stupide, et ça gâche la peinture, c’est cher. Mère ne dit rien, elle fera la lessive, et c’est un petit garçon si gentil avec tout le monde, et premier à l’école, il faut bien laisser passer quelques babioles.



, comme s’ils ne couraient pas, tortueux tels un lézard, s’ils de résonnaient pas, méticuleux et pédants comme une parole de professeur qui récite les Maximes d’un Duc
: épisodes récents ( janvier 2024), même si les semaines passent, ici depuis le mois d’août 2013, si loin, si près, tant de mots ; ou encore aussi (aussi et autrement) comme si le pendu dans l’horloge, par son battement si conforme, métronome du mal-guérir, implacable mesure de ce qui ne passe plus, ne passera plus, comme si Hanged James ne marquait pas l’inévitable progrès dans la mort de Hanged James, ou l’injuste et parfaite légéreté que raconte ici, impertinent, altéré mais intouchable, le narrateur YDIT, narrateur compulsif et menteur.



la serviette blanche nid d’abeille trop mince épongeant mal des preuves à soustraire à une femme de chambre d’hotel – il est si gentil de t’inviter pour ce week-end à Saumur, où ta grand’mère a tenu un bar PMU;

Au total ce sont des années sans doute de lecture à vide un peu comme si l’on pédalait sur un vélo d’appartement, sans raison. Mais autour de ces livres surgît nécessairement un paysage, plutôt les mémoires colorées des paysages. Reviennent aussi tous les moments brisés par l’ouverture d’un roman ? 




A les voir marcher en groupes ou commander une salade César, Ydit se demande toujours à quoi peut bien ressembler le corps de chacune, si dissemblable et cependant le même, stupeur continue des désirs ; les corps sont tellement les mêmes – sous l’uniforme qui défie leur singularité.
Derrière l’apparente similitude de leur corsage kaki renforcé de poches et de badges (comme autant de barrières au regard) leurs seins, sur la route, balancent le mouvement de formes différentes dans le rythme commun. Elles se nouent le foulard comme on prépare une corde de chanvre, mais pour de rire.
« La patrouille au sauna » : titre imbécile de film années soixante-dix ? Pendant ce temps la salade Caésar refroidit. Et question basique : points communs du sauna et du confessionnal ? La nudité? L’allègement?
occupé à autre chose ( hormis la relecture de chaque épisode la veille de la parution, sauf manquements, nombreux) roman-images presqu’en voie d’oubli, et dont voici pourtant le commencement longuement commencé, pour vous. Jeux du temps.

, maintenant les écouter c’est un peu voyager dans l’espace vers le point éloigné de tous qu’on nomme Big Bang.


Et jamais sa main n’aide à dénouer le cordon, il faut que le gamin n’aie pas dit « non ».
Même Fred en montre en vitrine
.




toujours difficile de se retenir de Fred. Corps et mots, finesse et peaux. Comme ils continuent de regarder le vieux prof qui s’embrouille dans ses ruelles de bibliographie, tandis que les fiches s’enfrichent pour de stériles moissons, elle continue – visage sévère et frange mobile ( l’usage de sa frange par FRED a toujours été d’une parfaite déloyauté) : « L’hypocrise est un dommage que le vice fait à ma vertu« , ajoutant que cette dernière s’en fiche de stériles passions.
…vous n’avez pas l’air de vous y connaitre beaucoup en jeunes femmes ? «








Elle lui parle depuis le passé. Une cigarette moderne à dimension de fuite rapide occupe ses lèvres de pluie douce, trahissant ainsi la réalité d’un récit que la fumée distord.
On sort prendre un café. On se couvre d’un plaid rouge en terrasse. Rue de Bretagne. Rue de Turenne. Les galeries du « Haut-Marais », immeubles toujours superbes et productions parfois médiocres, c’est la vie, l’écrin et la paille. On lira les épisodes de « Anonymus project » deuxième semestre 2024 ( on y vient ! ) Il fait froid. On pourrait s’échauffer ensemble. Elle fume une Camel. Plus tard, elle aurait de petits seins et des gestes affectueux.



Gédéon, la naine noire, quand on croyait à la progression du monde vers le mieux que lui-même, quand on croyait que le progrès des hommes serait le progrès de la fraternité, un peu, de l’équité, peut-être, et maintenant, au cœur de l’anxiété du monde dans la terre ravagée par notre histoire même, qui croire d’autre que le chuintement que murmurent les eaux usées par la lessive du plaisir, et que voir sinon cette arrogance des vainqueurs mâchant le destin des vaincus ?



le faire poursuivre par BOB et MORANE afin de le tenir là, sous les dents, vieux mais vivant, et l’assassiner lentement, l’empayouter, le martifrayer, le gaspitrouer, le déchipercer,
tout cela pour le détruire avant qu’il soit déjà détruit par sa propre finitude d’homme ( on vérifiera cela ! Début 2026… ), au fond – tout cela, les intermèdes FRED l’assistante ou on ne sait trop bien quoi, et Gédéon-le Sénateur et TYNE la pâle voix d’Afrique ( on lira tout cela, en 2025), tous les comparses, les villes, les démarches des filles dans les curieux espaces des villes, au fond toute cette histoire n’est-elle probablement qu’un vaste prétexte, une vaste digression, une puissante excursion extra-diégétique ( batifoleries de langage, dirait MORANE) dont l’unique but et ceci : oser se permettre de saisir la porte d’écrire, la tirer dans violence, et s’enfouir dans les caves des mots, et s’enfuir dans les paroles des terrasses. Disparaître. Cesser enfin d’y être, ici. Nier qu’on est encore là-et pour si peu en fait. Si peu : soi-même.


Il a fallu que YDIT, convaincu par FRED ( facile !
), investi des pouvoirs à lui conférés par le clavier de l’ordinateur-ou par l’ineffable de la mémoire- , en raison de la déraisonnable mais simple ambition : assassiner Marcel Malbée, ( projet reconnu légitime depuis que chacun(e) avoue son passé de victime) , que YDIT fût résigné à l’emploi, au réemploi même de personnages comme de seconde main ( parfois, on les dirait à peine sortis de scène à la fin de la partie) (ça pourrait en fâcher plus d’un?). 
on n’imagine donc pas les rudes inspecteurs arpenter les pavés pour humer le bitume, ventre à terre, nez au vent, à la recherche des fumées de Marcel Malbée.
A poursuite dramatique (?), détectives pathétiques(!). Vieux dicton inventé par un certain Fouché. Maître de chasse. Faux-jumeaux. BOB/MORANE. YDIT/HANGED JAMES. Le théatre de la, vie et son double, de la corde. Pourquoi l’un vit et s’amuse de vivre, pourquoi l’autre peine et se tue de peine?





retournée aussi bien pour regarder le cheminement des fourmis et le visage impatient du lézard -car observer la déraison ddésir justifie toutes les audaces-…sans se préoccuper du de-soi et de soie ainsi montré d’elle-même à YDIT, qui jamais ne nie son intérêt pour les montrées d’elles-mêmes.
Tout à l’heure on ira en ville pour visiter le Temps au musée.

« Ecoute tout le monde s’en fiche, de tes histoires de Parrain, c’est du vieux style ratatiné, de la Fin de Partie dépassée», elle dit, d’une simple piqure de fourmi, Adèle, de cette histoire maintenant débutée à 38° sur la terrasse. « Au fait, elle demande : Pourquoi tu parles Allemand ?». YDIT répond que c’est comme de dire coitus interruptus : ça dit en se cachant de dire. « Et c’est ainsi que les hommes vivent ».
: enquêteur de la sécu, inspecteur de l’URSSAF, contrôleur du fisc, tous ces gens dont l’austère sens du réel pourrait t’aider à retrouver d’authentiques traces de ton Marcel Malbée dit le parrain, au lieu de fantasmer sur des parcours assez labyrinthiques : pourquoi pas Smith et Wesson, si tu leur mets du commun chaussé Luxe; Bob et Robe, si tu leur veux du narratif déconstruit; Ballantines et l’Ombre jaune, si tu te souviens des heures de lecture sur la plage à Saint-Georges-de-Didonne, entre douze et treize ans ou même s’il faut s’amuser avec les couples : Pat Y Bulair, (un peu chéri-bibi non ?) ou mieux encore pour la référence culturelle : Jules et Jim (au reste tu m’as su capable de jouer ma Jeanne, jadis, entre deux Jim, ou ma partie entre deux Jeanne, sourit-elle, en se souvenant ).


Dans les bacs mal entretenus par Nadia et sa famille, les fleurs usées peinent à dresser leur tige et il fait trop chaud pour savoir comment l’on pourrait trouver, trouer le parrain.


dédales anciens du vieux quartier qui descend très vite vers le fleuve, au-delà des remparts encore solides, quoique velus de mousse.


Se retourner exposant ainsi à qui la verrait (mais nul ni nulle ne le verra) une poitrine dont tout est ignoré, depuis au moins 30 ans, depuis que nous ne nous plongeons plus ensemble, au hasard de l’été, dans le ruisseau de la balade, la mer de la crique bretonne, la piscine municipale au fond du Lot, écume exigée, maillot très facultatif ; pourquoi l’étoffe, quand on a le héros : le soleil. 
(photo Alain Giami) Très vite, mon ex-patron avait compris son erreur, et cependant il ne l’avait jamais montré. Quelques fragments, comme celui-ci, paraissent avoir rompu avec cette auto-obligation de réserve. Dans une émission savante de France Culture, j’ai entendu le mot « ENDOPHASIE » ( je crois). Le langage intérieur, quand des mots se forment dans le désordre de la parole qu’on ne prononce pas, qu’on dit – à peine- pour soi. YDIT a sans doute été un véritable Endophraseur quasi professionnel.
Tuer Marcel Malbée dit MM Die Pate, le destin. En retrouvant la piste d’Une chasse au Marcel Malbée, tout semble soudain parenthèse, immense, involontaire, mais parenthèse.
On verra cela encore.
On verra cela plus tard,aussi.

c’est le roman de FRED) . Et bien sûr pas seulement que. Mais les autres ( hormis la famille, préservée dans le silence) sont des ombres près d’un puits au soleil. Fils de sueurs tôt évaporés.
On verra cela plus tard. Encore cent-vingt épisodes, ça laisse de la marge.
rencontré, serré la cravate et les mains, signé, partagé, obéi, roulé, ouvert les manches et les portes, beaucoup obéi (mais ça on ne sait pas encore si on verra plus tard), souvent désobéi en secret, mais de tout petits secrets, pas Le Secret .

(l’abbaye, Sylvanès, on racontera)




Olivier Rolin fait tout évidemment partie d’eux. Voici que j’ai un Frère qui ne sait pas l’être. Un vrai Frère, mon aîné de clavier. Pas comme le Frère de sang – on lira cela plus tard, pénible celui-là, entouré de ses Jackys et de ses pianistes. Rolin, lui. Avec sa mélancolie de vieil activiste, rangé des Affaires Explosives, sa nostalgie de routard fatigués des routes, son goût de l’alcool (et aussi les excès au lendemain complexe), le goût et le désir des femmes, de leur présence, de leurs apparitions, de leur probabilité de renfort, par la force du désir et la puissance de la tendresse, de l’évidence d’une sensualité que le short d’une fille à la fois contient et révèle, dans le jardin du Luxembourg. Sur le pont d’un cargo dérouté. Dématé? Débouté. Dans les couloirs de l’Hotel Crystal.


Il m’arrivait, quand il était vraiment fatigué, de lui signaler une répétition qui allait échapper. A présent qu’il a disparu, je dois me contenter- à regret -de publier les fragments que m’adressa Y.d’I , dit YDIT, ce fatras de « Lettre de A., version B. », sans me permettre aucune intervention. Hélas.
pendu corde à son arbre, celle de James tendu par les vrilles de la fin ?


.



dit M.M., Le Parrain. Die Pate.


« Oh, ça me fait plaisir de te voir »
ensemble
avec moi seul
programmer : résister à l’usure du passage
ensemble avec moi seul, je ne dois rien à personne,
je ne fais que jouer,
plus ou moins,
jouer encore un peu avec WordPress. 

Silhouettes furtives en tâches pâles sur le drap du matin, amitiés d’hommes dissipées dans le reflet de l’aube et le dernier cri du zinc. Où est la gomme?
avec la vieille femme-mémoire, Septante et davantage à force étant venus.

d’éviter les surprises (même si toujours bonnes avec elle, hormis la toute dernière, on verra plus tard, dans presque trois ans ).




Les héroïnes sont vêtues d’une simple chemise d’homme, l’une rose, l’autre bleue, posées sur une plage déserte où monte une mer sans pitié et sans ardeur, dans l’atmosphère effrayante construite par le confesseur Lonsdale…Bref tous ces montages et démontages du langage qui conduisaient le spectateur curieux (aussi agacé) à réviser son traité des Tropes avant de payer sa place au cinéma. Nous avons été beaucoup à aimer ce fer-blanc dézingué, mais Septante et davantage étant venus, les Tropes prennent la fuite…
Le tenir là et faire disparaitre Marcel Malbée…
C’est tendre et protecteur, YDIT aime ça, parce que l’imprévu est souvent douloureux, et que FRED sait comment prévenir l’imprévu. Même si, comme ce soir où il attend la nuit, et rien d’autre, FRED n’est que mémoire vive.