YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 23/99, Chapitre 7 – fin. Histoires de Stéfania.

C’est au début des années troubles, années de plomb, quand le général de Lorenzo, chef des Carabinieri projette un coup d’état, été 64. Et c’est aussi environ lorsque le purulent Edgardo Sogno avoue (dans son livre  posthume paru en 2000, « Le testament d’un anti-communiste ») qu’il a lui aussi travaillé, et très activement, à une prise du pouvoir sur des modalités antirépublicaines, encore un écho de «Vingt années des chemises noires », des périodes furieuses dont le pays se défait, ici comme d’autres, avec tant de misères et de difficulté. Tant de lenteurs, comme ce récit.

Voici le cœur même des récits de Bassani sur la Ferrare complice, toujours, bourgeois et communauté juive ensemble convaincus des bienfaits du fascisme, jusqu’en 42 pour presque tous, et encore ensuite pour pas mal d’autres, désormais plus discrets. Comme si, un peu, dans cette terre de l’Antique, les murmures nuisibles des empires cassés parvenaient encore, trop nets dans l’aigu, aux oreilles des contemporains déçus de n’avoir pas appris à temps la surdité.

( Ma fragilité : je sais que je vais regretter cette phrase )

J’ai marqué une pause. Parce qu’on n’a pas encore assez fait connaissance pour qu’elle  m’invite dans sa cuisine, Silvia m’aura conduit chez Gourmet Burger, tout près, rue Saraceno, la sauce verte maison qui accompagne la version poulet/aubergine aurait fini par réduire à rien mes ambitions de bien-manger.

Ensuite, j’ai regardé la tasse vide, le verre à demi plein de vin rouge épais et poivré, qui dessinent à deux une sorte de continent obscur, bousculé par l’éclat que pose un fin crayon du sucre en poudre. « Je ne me poudre qu’au sucre », aurait dit le grand Louis XIV , maintenant la Maintenon main tendue vers le maintenant de son chéri mamour. Mais son confesseur, père-propriétaire enrichi en lotissant son terrain du Père Lachaise, laisse filtrer des données un peu contradictoires, le Grand Louis ayant fait importer du Royaume du Bénin une de ces petites merveilles de poudre de corne dont les effets, selon le confesseur, sans conduire à un perpétuel de l’exploit, garantissent à coup sûr, sans coup dur, même bien mûr, de respecter la devise d’un lointain cousin : «  Je maintiendrai ».
(Parfois je m’absente résolument de mon propre sérieux. Détours des tours de langage)

Lorsque la parole dérape, je regrette que nos langages lacunaires et frustes, à Silvia et moi, empêchent les rebonds et les retours de volée.

J’ai envie de lui demander si elle connaît le club de tennis qu’on entend si on lit « Le jardin des Finzi-Contini »? Mais, allez savoir pourquoi (une impatience structurelle sans doute) je perçois chez elle comme une espèce d’agacement.
Je reprends la biographie : je prétends que Stéfania aussitôt travaille dans une conserverie de poissons, des petits anchois au sel et des sardines à l’ail dans l’huile, ce sont les usages de la Sardaigne natale, sardines à l’ail, filles au travail, il n’y a que la Famille qui aille.

Soudain, en ce moment du récit, je prends conscience des lacunes de vocabulaire. La Mafia oui, je vois, La Camora napolitaine, aussi. En Calabre, N’Drangheta, c’est bon. Mais en Sardaigne ? Aucune liste n’est jamais suffisante pour épuiser la diversité malicieuse des inventions désastreuses, et particulièrement s’agissant de sociétés secrètes.
En Sardaigne, près de son village de Calasetta, sur l’île de Sant’Antioco, Stéfania échappe à ce que tout auditeur attendait : pas de prostitution après l’anchois. C’est son choix, ça déçoit si ne déchoit ? Elle habite la petite maison au bout du quai, je l’ai retrouvée.une petite maison 1.JPG

Déjà, une route, beaucoup moins bitumée qu’aujourd’hui, permet de rejoindre Iglésias (au passage, c’est un peu mon métier, je conseille l’étape, les sept places et les remparts). file5-10IMG_0854.JPG

Stéfania rencontre d’autres femmes, plus savantes en huile et sardines, c’est bien, on partage les mains. Sur les murs du café bordant une place entourée de lauriers roses que les touristes brunis éparpillent sans les voir, des photos anciennes de la vie de ces femmes usagées, en grand format Noir et Blanc, témoignent toujours longtemps après, en ce siècle encore, de ce passé sans joie ni douleur.

Quelquefois certains résistent. Ce sont des femmes, aussi. Comme sur cet autre mur aux photos, à  Modène. Echos de pauvreté, résistances au temps.

Sa jeunesse croît, belle, préservée ou prolongée par l’ombre du père veuf, mais connaît pour toile de fond la couleur amère des années de plomb. Sur l’écran de la télévision familiale, elle observe sans y prêter la moindre attention, comme on verrait une publicité pour les produits à laver la vaisselle, elle entend les succès du PCI devenu inopinément « force d’appoint de partis institutionnels« , formule incompréhensible pour elle. Des mois passent. L’appontement est modifié pour accueillir les bateaux d’américaines impudiques dont les pères- ou les oncles- veulent acheter la petite maison, tout se mélange, qu’est ce que ça vient faire au milieu de la  » force d’appoint des partis institutionnels?« .

Dans les commentaires surpris en mettant le couvert, on dit que la résistance commune aux terrorismes, désormais, produit cette entrée massive, même pas rageuse, dans les conseils municipaux, régionaux, et même au parlement, oui, le Parlement majuscule. Parfois, les Américaines impudiques viennent acheter des anchois à l’ail, c’est leur choix
 Est-ce que ça a changé ? « Oui, bien sûr, des craintes encore davantage, et de l’espoir en beaucoup moins, sinon ça va les gars ? « , dirait la Stéfania d’aujourd’hui.
A l’époque, elle ne sait plus à quoi se fier en matière de déraison, à part le bruit sanglant des bombes, et les tiraillements de conscience ressemblent de plus en plus à des crises d’eczéma. On a ce qu’il faut pour ça, à la pharmacie, mais Stéfania ne fréquente pas les pharmacies, elle est en pleine santé. Et puis c’est trop cher.

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Didier Jouault pour  YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 22/99, Chapitre 7- Fin.  Exactement mille mots, quel petit boulot d’été, on n’imagine pas. La suite (car c’est pas fini Stéfania! ) la suite :  chapitre 8, épisodes 24 et 25- les 6 et 9 septembre). Sinon rien de spécial.C’est reparti. En route.

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 22/99, Chapitre 7 – milieu . Histoires de Stéfania.


 

Didier Jouault pour :YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 22/99, Chapitre 7- Milieu . Histoires de Stéfania. Encore un faux départ. La suite ? ça irait, ou c’est encore la sieste dans le jardin de S.?

                            Histoire de Stéfania – Donc ! Encore ( et ce n’est pas fini).

 

Souvent, par la suite, la mémoire de Silvia me surprendra. Ou sa culture venue de livres (mais c’est un peu le même chose).

Sylvia demandera d’un ton comme de ne pas s’y intéresser vraiment si, oui ou non, je me suis déjà mis à raconter l’histoire de la fille de Modène, « Cette pauvre tarte dont elle ne connait pas le nom, juste elle connaît le BnB ringard et le parapluie fêlé. Sans évoquer les traces douteuses d’une surveillance probable » (le contraire irait aussi, toujours les adjectifs peuvent passer d’une pantoufle à l’autre).

Je dirai, au futur : « Silvia, cette fille de Modène, c’est toi dans Ferrare, ou Erika plus tard à Mantoue, les filles sorties de la boue, car le jardin de Ferrare fut conquis sur les marécages désordonnés des origines avant la ville ». Aussi obscur, je reconnais, si on ignore l’histoire de Ferrare, bien que très juste.
Silvia continuerait : « Stéfania, non ? C’est le nom qu’on lui donne ? Elle aussi tu y retourneras, pour saluer les cadre vides sur les murs de l’appartement, rue comment, déjà ? Ah oui, ce nom que tu déformes d’un accent tonique à la Française qui fait rire tout le monde. »

Puis, Modène/ Mantoue/ Ferrare, ne t’ai-je pas dit les trois points de cette figure parfaite sur la carte ? Regarde toi-même.
J’avoue à Silvia que je la sens méprisante, sévère. Stéfania ne le mérite pas. D’ailleurs, voici.

(Oh, ça va , le Trio, les Anciens, les Jeunots, ne triomphez pas si vite…)

Quand elle a eu treize ans à peine, Stéfania, un âge de presque femme lui faisait-on croire, son père a jugé qu’elle avait les formes pour se mettre à travailler. C’était l’Italie des années Soixante, la fin du miracle économique de la Reconstruction. Elle a donc quitté l’école Médiane tandis que ses camarades y allaient de plus en plus nombreuses, toute une génération menée en masse vers les dressages des sœurs et les homélies de frères.
Sans acrimonie, sans impatience non plus, animée simplement (car elle a toujours été simple) par le juste désir de savoir tout de même un peu de quelque chose, dans sa vie.
Cette époque, c’est la Dolce Vita de Fellini, de Rocco de ses frères par Visconti, ou le roman de Pasolini sur Rome, son texte si cruellement, par anticipation, nommé « Une vie violente ».

J’observe volontiers à nouveau que je ne savais pas Silvia si nourrie d’une belle mémoire, bien qu’une mémoire ne soit jamais belle, c’est une formule stupide, la mémoire c’est seulement l’outil qui force les coffre-forts et les sarcophages, l’instrument qui donne le cap au navigateur solitaire ou le top du corps aux muscles du marathonien, rien d’autre.

C’est vrai, que sais-je au fond de Silvia ? De Bassani ?

« Ce genre de question, alors là, mon petit père, tu sauras quand t’y seras, en attendant ça trainouille, Stéfania », envoie le collègue Mark par SMS, déçu en somme de ce faux départ épisode 22 , poursuivant, « Avec toi,  le film en est  déjà au générique de faim, (par oral le jeu de mots marche pas), et toi t’as toujours pas commandé le pop-corn, l’ouvreuse impatiente« . « Même, textoterait le sage Sergio mimant cette impatience, mon vieux frère, ceux de l’Agence commencent à souffler les bougies d’anniversaire et toi tu n’as pas encore lu ton acte de naissance, c’est un peu lent, nait-il ? ». « Peut-être, cher ami, écrirait Cécile sur un papier vergé bleu, cela serait parti plus vite s’il se fut agi d’un héros mâle ? »


Didier Jouault pour :YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 22/99, Chapitre 7- Milieu . Histoires de Stéfania. Encore un faux départ. La suite ? ça irait, ou c’est encore la sieste dans le jardin de S.?

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YDIT- SUIT, en 35 mm ET tout à l’heure ou demain si vous alliez au cinéma?

MAIS on peut entrer sans avoir sous le bras un exemplaire inédit du  » Jardin de Giorgio BASSANI « …

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Didier Jouault pour « Ydit-suit ».

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 21/99, Chapitre 7 – début. Histoires de Stéfania.

Histoire de Stéfania – Donc !

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La Mura, bastion jour soleil

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Plus tard, bientôt, je serai à Ferrare. C’est mon but, le but avoué de ce voyage, c’est mon désir de visiter ce que j’ai raté la première fois, trompeuse mais répétitive illusion de recommencer en mieux.

Je serai à Ferrare, stabilisé par l’enclos de La Mura, au lieu de me regarder comme perdu dans ma mémoire, cette mémoire en ruban que je déroule comme une frise du temps, affichée au Patafix par Madame Bourgeois, dans une classe maternelle dont les enfants s’amusent à déchirer les murs à coups de pieds,

tu verrais si je me laisserais faire, moi, par ces 33 mômes là, paf, deux cuillers de Neupron, ou quatre gouttes de Théralène, quatre gouttes, faut pas non plus les assommer, la mère Bourgeois, c’est ringard et discours, empathie et socialisation, tu parles, vieille école.

Autonomie et développement personnel ? On rigole, chez les parents.

Ferrare, enfin, enfin, pour mon deuxième passage, je vais devoir me relever un peu mon propre niveau. Incapable de trouver le chemin pour un espace aussi désarmé que la maison et le jardin de Giorgio Bassani,plan de Ferrare in Quarto.JPG je suis aveuglé par le trop de soleil, et d’insouciance, et de soutenir la légèreté de l’être. Ou alors je ne sais pas lire. Ni écrire. Ça doit être ça.

Je ne sais pas non plus pourquoi, par exemple, à Venise, pourtant plus facile à maîtriser ( un canal, des canaux, un musée des museaux), je n’ai jamais trouvé le chemin de la Loge des Frères que Ugo Eugénio Prat, dit Hugo Pratt, IMG_4854

au vu de tous, fréquenta pendant vingt ans, et qu’il introduit dans ses planches. Ce n’est pas une raison pour y retourner, contrairement à Ferrare : je veux savoir de quoi est planté le jardin de Giorgio Bassani, de quels simples le maître illuminait ses tisanes et quelles herbes il fuma- bien qu’on le connut plutôt amateur de bon vin de Chianti, ou de tabac de marine. La Mura, bastion jour soleil

Il paraît qu’un magnifique magnolia marque l’axis mundi du jardin, arbre du souvenir. Je veux voir cela, sans réellement savoir pourquoi, sinon l’humaine curiosité. La pire des choses.

Je fatigue un peu tout le monde, je le sens à travers les retours de SMS, avec Bassani, même moi, je m’en fatigue les oreilles, du Bassani. Trop tard, le personnage s’est mis à exister, et j’aime nos dialogues incolores, inodores et sans saveur, à lui et moi solitude à solitude. Dommage, avec la logeuse du 33B rue Belfiori, qu’on partage, en matière de langue, si peu de sons et quelques menus gestes, sur les menus et l’attente.
Au pied de la terrasse, dans le jardin rose, Silvia retrouvée aura le temps d’écouter.

J’arriverai 33 B, rue Belfiori, pas besoin de plan cette fois. Bonjour chère Silvia. Elle repoussera, d’une main sans équivoque, le mouvement vers la chatte, avec l’autorité d’une qui n’apprécie dans la caresse que son intention, et encore. s3-3« Ils montent toujours sur la table, et je les repousse toujours, « On croirait des souvenirs impatients de l’oubli », dira-t-elle, assez mystérieusement.

Lirait-elle mes notes par-dessus l’épaule du IPhone, continuant :

« Au jardin, ils se croient dehors, et pensent qu’ils ont tous les droits d’errance, mais non, c’est mon jardin, on s’y tient sur ses gardes, comme toi, comme moi, dans le triangle d’ombre que fend à peine la lumière filtrant des oliviers ».

Proposera d’un geste qu’on renouvelle déjà le Spritz prêt à mon arrivée, car notre échange est lent, strié de pages de Hachette bilingue, ou alors nous avons bu très vite. Celui qu’elle fait de ses mains atteint une densité de couleurs incomparable aux Spritz trop légers des terrasses, où le goût du gain l’emporte sur le goût du vin, c’est drôle, dirait-elle, ta formule, on dirait un roman début Vingtième,

« La Madone des Sleepings ? » tu as lu ça ?
Oui, j’ai lu, les sleepings sont davantage mon métier que les madones, même si on ne refuse pas les détours d’itinéraire. Souvent, par la suite, la mémoire de Silvia me surprendra. Ou sa culture venue de livres (mais c’est un peu le même chose). Malheur sur moi, la collègue Cécile détesterait mon stéréotype. Les autres de l’Agence détesteraient ma lenteur du récit. Mais on a le temps, on a le temps : il est déjà mort , le Bassani, et nous pas.

(NB : les photos non caviardées supposées représenter le personnage hôtesse du 33 B Belfiori sont de Silvia B. – que le crédit lui en soit ici donné une fois pour toutes.)___________________________________________________________

Didier Jouault pour YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 21/99, Chapitre 7 – début . Histoires de Stéfania. A SUIVRE . Et ne me dites pas qu’en cette date on a bien entendu mieux à lire.

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BIENTÔT SUR VOS ECRANS

YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 21/99, Chapitre 7 – début. Histoires de Stéfania.

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Comment taire ? ( Entracte, un pique-nique à Taxos, 7/6 )

Il paraît que ces mi-nus mi-cuits  de TAXOS, tels des minois de grisettes, ont suscité plus que de la gêne pour certaines ou certains ? Pour en finir avec le jugement des yeux, et parce  que tout ceci devient un peu trop ennuyeux à force de sérieux, et parce qu’il est temps d’entrer dans  la suite, commençons par les commentaires.

TRADITIONNELLEMENT, pour la «  saison 1 »( YDIT Blog, 1 à 140, ci-devant ), le commentaire un peu caustique passait par le volatile verbiage du vaticinant Voltaire, dit V3 . Mais on ne peut lui confier le courrier des lecteurs, il a la lettre un peu sournoise et surtout philosophique.

CORRESPONDANCES

En conséquence, le tri des nombreux courriels revient à Germaine, la dame SNCF : son objectivité atteint des sommets de volcan si elle annonce de sa voix militante : « Bordeaux,Bordeaux, cinq minutes d’arrêt, correspondance pour Mont-de-Marsan, quai J à 17h32, Correspondance pour Mugron, quai…«

» On se demande pourquoi ces nus, et aussi ce qui viendrait ensuite s’il osait aller au bout du propos ( et pas que ), à condition de montrer quelqu’intérêt pour le sujet, qui en a peu, mais ce type est presque touchant avec ses bredouillis post-ado à défaut d’être post-modernes « (Adeline, Pourrain)

CORRESPONDANTES ET CORRESPONDANTS, DONC,

SANS  COMMENTAIRES.

» Tu poses, tu poses, c’est tout ce que tu sais faire ? » (Raymond, Paris 6 eme)

»  Le plus beau, pas de doute, c’est la terrasse » (Marie-France, Lussan) qui est rejointe par François d’Antony : « Heureusement qu’on a le décor! »

« Je préfèrerais qu’on revienne dans le jardin de Giorgio Bassani, et l’on espère  ne pas voir des photos de lui nu sous le célèbre magnolia, pas de confusion sur Axis Mundi »( Anne, Moulins sur Allier).

» Les filles en short, ça va encore, et même pas sûr, mais le coupé – coulé d’après l’Ouzo, ça vaut pas une scène ! » ( Gil, Paris 19 eme )

» On souhaiterait en ça / voir davantage sur le sujet, mais il n’y a pas urgence, ça va venir !«  ( Catherine, Briançon)

» Poilant ! »(Hervé, Angers)

»Honteusement narcissique et scandaleusement exhibitionné. C’est bien la façon d’un ecrivailleur solitaire « (Marion, Fontenay-sous-Bois)

»Audacieux, mais inutile, et si la plastique volée en éclats valait proposition d’idee, ça fait longtemps que Saint Gobain aurait été élu à l’academie « ( anonyme)

» Le jardin de Bassani s’est mué en jardin d’Eden ? «  (Antoine, Paris 14 eme)

» Et dire que tu refusais presque de te déshabiller dans le vestiaire de la piscine au lycée ! »( Henri, Mexique )

«  Bon, admettons , mais ma terrasse vaut bien celle-ci, et le marché est plus joli! »( Brigitte, Cucuron)

» Vu depuis la Toscane, et observant le saint Sébastien  de chaque  église ici, donc c’est un peu modeste en musculation, immodeste en projet…mais le montré-caché , au moins, éveille mieux l’imagination que le chianti ! « ( Aminata, Bobigny)

» T’avais pas un peu abusé du Retsiné ? Reposé  un peu trop tôt le tablier? Pas pris la vie et tout le reste avec des gants? » ( Jean, Coulaines)

ENFIN la rencontre appelée  CLAUDE, une rencontre qui excluait tout avenir :

«  Je trouve les images décevantes : je regrette les coupures et caviardages, vous paraissiez plus réel en entier. Mais, bien entendu, pas de solution: c’est toujours ainsi,

LA REPRÉSENTATION TRAHIT LE BON MOMENT JOYEUX DU RÉEL, tous ceux qui ont essayé d’écrire le contraire, de faire fou au récit, votre Proust votre Céline, ou d’autres à peine moins grands auparavant, Stendhal ou Flaubert, tous se sont effondrés sur leur erreur comme des papillons de nuit  dans la toile … »

À présent,

on attend la suite…..

Pour l’instant :

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De Ferrare l’ombreuse à Taxos la rude; les distances que façonnent les excès, trop de soleil ,

Pour amorcer la remontée de tension post-séquentielle :

Résumé de ce qui va se passer : alors c’est plus compliqué FERRARE, et le jardin rose de la rue Beifiori, numéro 33, BnB de Silvia, avant d’y revenir pour parcourir les traces abandonnées par l’écrivain et militant Giorgio Bassani ( afin de pénétrer enfin les creux secrets des bosquets et les secrets de l’HISTOIRE !), le voyageur encombré de bagages passe par Modène ( et rencontre Stéfania la sardinière gendarmée pour son malheur) puis par Mantoue ( et croise Erika la galeriste peu avare d’images- tant mieux ).

À chaque fois les images d’une Histoire louchement atténuées en sépia illustrent son voyage dans les ombres de « Renaissance et Résistances ». Finira t il par gagner le silence serein et un peu stupide signant le rose déclinant de FERRARE la faciste ? À la vitesse où ce lent méandre est parcouru par un récit paresseux comme un alligator ligoté vers Saint Laurent des Baronnies, c’est encore un peu tôt pour le savoir, ne croyez vous pas ?..Reste d’ailleurs un beau paquet de chapitres, et encore davantage d’épisodes. A ce rythme, ça va dépasser l’hiver, commandez les fagots, les bérets, les vins chauds.

trop d’obscur, blanc-chair et chair-bleu , brique et vert, les deux espaces peu à peu se superposent et s’opposent, deux faces, deux faons de voir la vie passer dans l’heureuse effervescence de l’absence.

Donc, Histoire de Stéfania, Modène, on s’en souvient? Sinon : en bas de cet épisode marginal et répété, flèche vers la gauche : on passe et on passe, et on revient à l’épisode du dimanche 2 aout. Vous y êtes ? Bravo !


AUSSI – et ce n’est pas dans mes habitudes –  d’IMMENSES REMERCIEMENTS à ceux de TAXOS : MICHÈLE ( la seule docteur que je connaisse capable de faire une omelette sans casser les œufs/ e ) et LAURENT( dont le métier est justement de faire parler l’image pour dire le collectif (😎🤩)

Didier JOUAULT, pour Ydit-Suit, Entracte 7/6

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ENTRACTE  6/6 : PIQUE NIQUE A TAXOS, sixième et dernier mot,  le nu vêtu et dévêtu par on ne sait pas trop qui même (et aujourd’hui on a bien tous les droits?)

IMG_1079 ENTRACTE  6/6 :

PIQUE NIQUE A TAXOS, sixième et dernier mot,  le nu vêtu et dévêtu par n’importe qui même ( et aujourd’hui  justement on a bien tous les droits?)

Perplexes depuis le coin de la rue, l’essentiel dans le regard, les Hôtes Absents mais attentifs suivent activement le sein du dessein comme les pérégrinations mentales ou plastiques du Narrateur.

« Fais gaffe, dit Jérémie le psy, dont Germaine désormais se fait accompagner partout, elle en rouge qui enrage, lui en bleu éblouissant, jolis comme une sortie de tranchée Garance, accompagner depuis que tout le monde peut grimacer des dents sous son Covimasque, fais gaffe, te mettre à nu dans l’atelier de Taxos sans réserve ni même un pagne au détour d’un sentier de chèvres, te faire portraiturer l’Integral Épiderme par des personnes de rencontre à la moralité incertaine, t’asseoir sans rien pour te couvrir dans l’immense lumière de l’autre terrasse ( les voisins Achille et Nausicaa ne sont pas encore arrivés pour l’été), c’est donner peut-être la viande à déchirer par les  chiens asociaux et simples des réseaux… »

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D’accord, poursuit-Il, on sait bien que ces poses sont pour le regard précis de quelqu’une, et pas seulement pour toi, mais je te le dis l’ami qui sent l’anis, le thym, la myrrhe et le cabri, et le répète, te montrer ainsi mis à nu par tes faciles rencontres jamais ne dément le chiffre pas secret d’une blessure que toute exhibition narcissique avoue sans réserve…Et, ça, terrible.

Le galimatias pédant du voyageur me fait rigoler, je lui sers un nouvel ouzo, le troisième, qu’il méprise en écrasant de glaçons, et remplis la coupelle de cacahuètes grillées. Trois ouzos, trois mousquetaires, trois poses ( la même et cependant une autre ?)

 Entre temps, CLAUDE avait envoyé un texto : «  C’est amusant ici, sur l’île, j’ai bavardé avec un Moldave qui tend des fils de clocher à clocher, près du musée vide consacré à la poésie des Cyclades. Finalement on va dîner ensemble, aussi  je dois venir plus tôt chez vos amis absents, et pas plus d’une heure. Nous mangerons la lumière d’été sur votre terrasse et je sais comment manipuler une image pour -avec du jour-faire la nuit. Préparez le vin, j’apporte le geste, Vale. »

TAXOS appelle d’autres images ?… Il se peut que les mémoires photographiques s’emmêlent un peu dans le souvenir et l’imaginaire du Narrateur, et que l’illustration malicieuse de cet entracte anticipe sur la reprise à venir du récit majeur : « Le jardin de Giorgio. Bassani ». On ne peut pas en vouloir au Narrateur Spéculatif d’être un peu un Raconteur Alternatif. Pendant l’entracte, on peut encore rêver un peu à la suite du scénario, comme si tout n’était pas déjà donné, puis l’annoncer par un clin d’œil : voici donc ici la future Erika de Mantoue. Saluts à Erika (toujours bienvenue quelle que soit sa langue !)

Le foyer du théâtre fait autant de bruissements et de ruines qu’une pièce de Shakespeare mise en scène par un lecteur de Kafka et joué pour le club  » Bonjour la comédie » d’un Camp de jeannettes (si jamais cette sorte de choses a le malheur d’exister encore). Il est difficile d’y tenir une conversion qui ne se bornerait pas au décompte des bulles dans la coupe.

-« Cependant, grogne V3, dit Voltaire, faux frère s’il en fut, pourtant, naguère quand l’heure venait de projeter les images de contes ou de voyages, et je m’y connais, il fallait changer la bougie, au moins avait-on le temps de regarder. A présent ( il tapote l’écran de son vieux doigt d’écrivain mourant, néglige l’aspersion d’hydroalcoolique) il suffit d’une pression pour qu’éclate le corset de la mémoire ». Et le corps se libère alors. »

V3 fait défiler des images où, c’est juste, on ne peut pas regarder YDIT Le Narrateur Spéculatif sans sortir son masque, son face-à-main, son pinceau à caviarder le trop montré. A nouveau je souris : poser du noir sur du noir, couper juste à temps, barrer d’un trait coloré ou nier d’une touche rose, n’est-ce pas tirer le regard vers ce qu’on refuse de laisser voir, et qui ressemble du reste ( s’il en reste !) si stupidement à tout ce que tout le monde peut voir ici et partout?

Je n’ai, ajoute YDIT, de pudeur que pour mes histoires du dedans,

« Sur les illustrations de YDIT, d’accord, c’est la balade tête lâchée, oui c’est l’entracte (qui touche à sa fin, notez ! ) mais on se demande, murmure Germaine, on se demande tout de même si tout ceci ne devient pas super, comment dire, scolaire? Tout à l’heure, ne m’en veuillez pas, YDIT, si on vous laisse faire, vous allez nous assourdir de synecdoques sournoises ou de métalepses coquines, sans oublier cette écolière ribaude, l’anacoluthe, toujours  à chercher une liaison!« Serait elle purement visuelle ? Monter pour descendre?

-« Et on attend mieux -ou bien pire encore, ricaneV3, – de vous que la pédanterie tartinade en WordPress, et Même en WordPress deux fois par semaine, ça fait beaucoup, ne trouvez vous pas ? »

LA VENGEANCE DE LA FILLE EN SHORT ?

-« Le type tant et trop de fois montré à poil justement aujourd’hui, et pourquoi pas soixante-dix fois ( on sent que ça ne lui aurait pas complètement déplu à Vassiliki), c’est un peu la vengeance de la fille en short, non ? L’exposeur a son tour exposé,  bien fait, bien joué ?«

YDIT, que rien n’affecte pourvu qu’on parle de son texte, car c’est encore la plus habile manière d’éviter qu’on parle de lui, reconnaît que l’illustration pour lui à chaque publication, se donne seulement avec un certain sourire, un sarcasme attendri dénué de cynisme ou d’amertume, un jeu de contrastes, de démentis que l’image oppose au texte, et, comme il perçoit la renaissante lassitude chez Germaine, préfère laisser les comparses ripatonner en scène.

-« Quelquefois quand même », ajoute la Russe Vassiliki ( ah, retrouver ici son accent de Verveine poussée en Sibérie est un bonheur-du-jour sans mélange, bonheur des personnages Renaissants et Résistants) , quelquefois et même un plus que cela, on sent que vous avez eu la flemme. Vous écrivez cheval et montrez une selle, des naseaux, même un facteur, fastoche… »

Les plus fidèles des ZadYdits ( ainsi se sont désignés entre eux quelques lecteurs qui se retrouvent au café Georges Bassane, rue Belles Fleurs ) savent toutefois que s’il évoque ( on se demande pourquoi !) une gaie voltigeuse, plutôt qu’un si léger Degas ou un troublant Toulouse Lautrec, Le Narrateur Spéculatif montre plus volontiers une belle image de Percheron bien rond, quoique non buveur, lui.

Des fatras de ce méli-mémo du foyer dramatique, YDIT reprend, et répète que, à ses propres yeux, l’écran propose à chaque fois, à chaque post, une construction d’échos mensongers  texte-images menteurs vraiment, de préférence en contradiction et en défaut grave de sérieux. Hélas, la lecture ailleurs que sur le site originel, WordPress, déclenche des cascades imprévues de décadrages et glissements, mais on peut encore tirer malgré tout le fil du sens et des contresens que l’effort long de mise en page tente de produite, au moins de suggérer.

-« Chaque mot publié est un coin de peau dévoilé, sourire en sourdine, et gamineries en prime. À cet âge, on croit pouvoir tout se permettre, murmure avec bon sens Germaine, on n’a plus trop de temps pour le reste. »

IMG_3626Mais chut, le drame reprend sur la  scène.

Aujourd’hui même s’achève un certain entracte. Le temps s’élève il est temps de rire.

 GENDARME ! VITE, VITE, VITE :  TROIS COUPS ! RIDEAU !


Didier JOUAULT , pour YDIT-SUIT,  ENTRACTE 6/6 : PIQUE NIQUE A TAXOS, sixième et dernier mot, le nu vêtu et dévêtu par on ne sait pas trop qui même (et aujourd’hui on a bien tous les droits?). FIN .

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ENTRACTE  (5/6) : PIQUE NIQUE A TAXOS : cinquième mot. SUR LA TERRASSE RETOUR DE LA TAVERNE CHEZ NIKOS, FATIGUÉ DE MARCHES ET TROP PLEIN D’IMAGES, LES MOTS s’emmêlent pour le jeu.

ENTRACTE  5 :7FD2C490-60A8-4DB8-9EC8-89B3DBB0B8AA PIQUE NIQUE A TAXOS : cinquième mot. SUR LA TERRASSE RETOUR DE LA TAVERNE CHEZ NIKOS, FATIGUÉ DE MARCHES ET TROP PLEIN D IMAGES, LES MOTS s’emmêlent pour le jeu.

Vite, les personnages de YDIT doivent non pas retrouver l’éclat de la scène, mais se réintroduire dans la pénombre du passé de tant d’épisodes anciens ( on peut les y retrouver en cherchant les épisodes Saison 1 ´OubliEs ´ 2015-2019…). On parle images ( car TAXOS est une image), illustrations,  publications, paroles  menteuses en écho avec les photos dites réelles.

Germaine : « Si on veut illustrer par la répétition ou l’accumulation de détails complémentaires, ou pire encore conduire vers le texte par une image alléchante, c’est simple, tiens V3, au lieu de rêver, dites ou écrivez moi sur TAXOS un passage de bonheur ou de légèreté à illustrer sur le mode d’une grande paresse – Voyage, la Hollandaise qui fait les courses,village charmant….

et hop, pianote Germaine, rapide comme un TGV. ……regardez ci dessous le pêle-mêle    du jour!

– V3, Un autre ? Maison et charme – toc pas en toc, que demande Le cheminot ? En prime, je vous offre sel et mer, où gens et ruelles sont un décor, et le regard hélas toujours un peu  absent de l’ETERNITE.

Vassiliki demande si elle peut jouer. Un peu militante démocrate comme tous les employés du chemin de fer depuis  1812, Germaine hésite, ON ne partage pas le fruit de l’Histoire , et Vassiliki, bien formée par l’Ecole des Services, lance :

« Pour tirer sur le texte ? Pour faire parler le silence intérieur ?.. »

Pour balancer l’absence par la fenêtre comme une peau  de banane ? Quoi de mieux ? Le cul ? Non ? le cul comme dernier message de l’Humanité à présent déconfite ? Poserait on jamais un regard sur une statue grecque si on la croisait vêtue en Jean Paul Gaultier? Alors que sur n’importe quel coin grec vêtu de ses couleurs , oui ! Donc, le cul.

Tous s’écrient que non, ça va, la nudité on a comme toujours compris, ça va , la fin du masque pour mieux se masquer, et tout le truc, mais, dans le respect au moins apparent des pudeurs hypocrites des réseaux, on coupe à temps l’image, on cadre en découpe soigneuse et fragile, le cul modifié en gravure de mode pour  Saint Laurent , pas difficile d’imaginer le reste. …. écrire c’est pire que se déshabiller pourtant on montre (presque) un sexe tellement insignifiant de banalité, car quoi de plus imaginable jusque dans son détail, chacun peut de mémoire décrire et colorer, mais on ne raconte pas les intimes blessures de la vie depuis longtemps…et qu’on effleura dans 140 publications de  » OUBLIeS » ?..

CONTROVERSE INUTILE, bien sûr. Pauser la pose de la peau rose pour masquer les idées noires, on sait la méthode depuis toujours, et aussi la fragilité de l’éphémère résultat.

Ils pourraient continuer à ranger les illustrations dans les vitrines qu’on ouvre afin de happer l’attention du lecteur maintenant impatient,

-Le pittoresque ? L’animalier ? Les plus facile de toutes, ces deux dernières séries sans conteste atteignent un niveau de vide improbable, proche des abysses sentimentales pour plongeurs de l’insignifiance, aspirent avidement à une espèce de compassion une peu sale, en tout cas médiocre.

Derniers mots : en souplesse car la comédie reprend, ou va reprendre ( le rideau s’est relevé, au programme « Le Jardin de Giorgio Bassani »chapitre SEPT.) Trois ou quatre spectateurs attardés, femmes revenant des toilettes, hommes rangeant le smartphone, tels un cow-boy son six coups, se glissent comme des souvenirs involontaires dans  une mémoire rétive.

À TAXOS, l’entracte se termine, donc, par la scène (à  jamais célèbre ici et là ) l’inévitable dite « la dernière soirée… ». Des comédiennes issues de Balzac viennent jouer leurs mots habillées telles qu’on les voit aux soirées du Français. Cet après-midi, au détour d’une randonnée vers le fond de l’ile, Claude apparût à une terrasse, buvant du blanc glacé.

– Ne vouliez vous pas faire une série de photos chez vos amis ? Le Narrateur Spéculatif s’inquiète, toujours trop soucieux de l’embarras de lui-même. Mais Claude s’amuse par avance de la soirée. Au moins, le modèle dispose t il d’un appareil qu’on peut adapter au désir ? Ydit rassure, avec l’imaginaire, l’objectif s’avance à la focale du dessein. Ne reste plus que le geste du flottement insensible des heures. Rendez-vous est pris pour le dernier soir à TAXOS : on dînera de porcelet rôti chez Chez Nikos, on boira en l’honneur de Nicephore Niepce. – Je vous donne une heure, dit Claude, pour poser dès le jour des effets de nuit, et je rentre chez moi . – Bien sur, ce qui signifie : On verra.

Allons-y, et sur scène les acteurs sont sur le point de renouer le récit de FERRARE, vite, vite, il reste peu de temps avant la prise en main par l’impératif de la narration.


didier jouault :ENTRACTE  5 :PIQUE NIQUE A TAXOS : cinquième mot. SUR LA TERRASSE RETOUR DE LA TAVERNE CHEZ NIKOS, FATIGUÉ DE MARCHES ET TROP PLEIN D IMAGES, LES MOTS s’emmêlent pour le jeu. Suite et fin, jour ordinaire, le 22 août.

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ENTRACTE 4/6  UN PIQUE-NIQUE À TAXOS, QUATRIÈME MOT : passage pour des images, ou «Marcher passe encore mais songer à cet âge » .

ENTRACTE 4/6  UN PIQUE-NIQUE À TAXOS, QUATRIÈME MOT : passage pour des images, ou «Marcher passe encore mais songer à cet âge » .

Puisque nous sommes au foyer du théâtre, j’aimerais que les comédiens anciens y prennent la parole, répliquant ainsi leurs échanges de la « saison 1 », le temps des 140 et davantage publications de YDIT BLOG, projet d’origine…mes vieux personnages pour lesquels une brève nostalgie d’adolescence me retrouve ce soir,convive imprévu mais disert au dessert dans  la taverne de Nikos…

(pour répondre à une lectrice de Chartres : revenir en arrière, séquence par séquence, est facile, en bas de chaque post on trouve la flèche qui permet de régresser à l’épisode juste précédent. C’est long, mais en passant à chaque fois le post en cours, on revient au début de la saison YDIT-SUIT « Le Jardin de Giorgio Bassani », ou même à la saison YDIT-BIS, « Écrire FERRARE « . Ce qui se lit encore auparavant, YDIT-BLOG, est une sorte de préhistoire : ça commence en 2015…)

C’est là pourtant que dialoguaient mes amis de mots. Germaine, la dame des chemins de fer, porteuse du droit fondamental des horaires et donc régulièrement dévastée par la rude réalité des transports humains… Vassiliki, la Russe, qui m’obtint sans qu’elle ni moi le cherchions, un flux de « commentaires » sur WordPress, en anglais et provenant de lecteurs pittoresques, mais c’était un malentendu, les éloges s’adressaient à un site d’où j’avais pu exfiltrer la photo de la Russe. Je réitère, pour voir. Enfin, V3, dit Voltaire, un vieillard ironique et brillant, vu en perspective à la fin de sa vie (saurait-il jamais l’immense postérité), vétilleux et vaticinant, peu fréquentable et si largement fréquenté ( 1234 voies, lieux, stations de transport public, établissements scolaires, édifices culturels portent son nom).

Pour ma promenade que je ne veux ni rêveuse ni solitaire, je les emmène avec moi, j’agrège leurs pas et leurs mots à mes parcours de soleil et de roc, je les convoque à TAXOS. C’est un peu comme si nous bavardions dans le couloir, entre bar et toilettes du théâtre, entre canapés râpé du foyer et vitrines emplies de programmes anciens. Les masques refleuris couleur COVID dans les vitrines donnent au foyer un air de sépulture antique.

À TAXOS, cet après-midi, la bouteille rangée dans le sac à dos, des cabris passent, des chèvres m’observent d’un air égaré, je pose des mots sur l’image sans passer par le passé. Mais, quand on marche (tout marcheur le sait)( et c’est pourquoi il marche) le dialogue intérieur avec la sueur et le silence ouvre au coupe-coupe les  chemins spirituels. Sur le roc à température solaire  je fais la revue des cartes  postales que le souvenir présente avec  des tours de passe-passe dans un méli-mélo un peu confus. Mais voici pourquoi on voyage, précisément, pour mélanger .

cherchez l'erreur 4IMG_0291cherchez l'erreur 1nu diurne TAXOS

C’est maintenant l’épreuve fatale de toute mise en scène : dans le foyer, par-dessus les bruissements des bavardages où les clapotis de coupes en voie de finitude, résonne la sonnerie de fin d’entracte. Pour le marin perdu vers la baie des trépassés, un peu avant la pointe du Van, la corne soudain signalerait la fin des angoisses : on retrouve la passe. Pour le spectateur, parfois, la sonnerie ne dit rien que le retour à la salle trop chaude, aux craquements du siège trop vieux, aux délabrements d’une pièce trop lente.

Ici, pour que les surprises soient progressives, on glisse des images que fera plus tard Claude, photographe amateur mais ne répugnant guère à tenir un peu l’appareil, en une seule séance de poses, nuit américaine comprise. Dans les présentoirs à dragées que fabrique une mémoire en voie d’extinction, le Narrateur Speculatif, par endroits, subrepticement arrogant, glisse un auto-portrait de lui en statue grecque mal débarrassée de son présent. Il s’impose en s’exposant faussement. Il récite une leçon de philosophie, un  cours de sociologie, et sur la terrasse revit l’apparente contradiction entre Éthique de la conviction / Éthique de la responsabilité, vieille et désormais anachronique opposition : tout le monde est depuis longtemps mis à nu par son insignifiance même.

Peu à peu, dans le théâtre, avec dans le regard cette émotion que provoque une coupe mal vidée, la molle colonne des exilés vers la scène retrouve une route du Devoir. Le récit va reprendre, regagnez vos places. Chez Giraudoux, Pirandello, Anouilh, et même Beckett, on dialogue sur les événements de la scène, sans parler des didascalies bavardes. Ici, non, soyez en ce jour épargnés : retour libre dans Le Jardin de Giorgio Bassani pour faire un tour de fraîcheur sous le grand magnolia qui, dit-on, marquait le centre symbolique de cet espace secret ( espace/ secret, encore un hiatus que le Doyen aurait pointé sur l’écran du Mac…)


didier jouault, pour YDIT-PAUSE  : ENTRACTE 4/6. UN PIQUE-NIQUE À TAXOS, QUATRIÈME MOT : passage pour des images, ou «Marcher passe encore mais songer à cet âge » . A suivre, le 19 août.

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Entracte (3/6) . UN PIQUE-NIQUE À TAXOS TROISIÈME MOT : la déclinaison des mots en US.

Entracte (3/6) .

UN PIQUE-NIQUE À TAXOS TROISIÈME MOT: la déclinaison des mots en US

Dans les travées du théâtre, les spectateurs s’étirent, glissent dans une poche le programme, cherchent du regard l’accès au foyer, au bar. Toujours il y a des bars. Il y a eu des bars. Hemingway aurait-il frotté ses mains de lotion hydroalcoolique en pénétrant au Harry’s de Venise? Le composé « hydroalcoolique » aurait suscité un sursaut, un dégoût. Il se serait mis au thé. Du coup, il n’aurait peut-être pas écrit « A la recherche du temps perdu » ni  » Voyage au bout de la nuit », Hemingway?

TAXOS : deuxième déclinaison des noms finissant par US ( ici féminin)

TAXUS/ Taxi

TAXE / Taxi

TAXUM / TAXOS

TAXI / Taxorum

TAXO / Taxis

TAXO / Taxis

Avant J.C. ( ici : Jules César! Mais ça ne change pas grand chose : les annotations savantes des lexico-historiens participent largement de l’imaginaire), le mot TAXUS , d’origine prétendue gauloise, signifie ARBRE. D’accord. Arbre. Point. Roc. Port.IMG_0045

Après, disons vers la fin du premier siècle après J.C. ( Jésus cette fois ) , TAXUS aurait désigné une lance en bois d’if. C’est l’origine du nom donné à cette île, l’une des plus grandes, mais aussi l’une des plus rudes et moins fréquentées par les Anglaises vêtues de cardigans (!) vert émeraude ou les veuves américaines portant le rose survêtement de lin propre, unique habillement que permet encore la baisse tendancielle du taux de profit des fonds de pension archaïques basés sur le cours du Brent.

Ce qui, dans la taverne agréable de Nikos, près de la maison, évite plus d’une rencontre inutile, et d’ailleurs le virus COVID tient à l’écart une part de ce qui en d’autres années, anglo-saxonne l’île au point de la Burgeriser, au moins au port et dans la ville. Le Burger Gourmet de FERRARE, haut lieu de Silvia, c’est mieux, vous verrez !

Mais, chez Nikos, à la table voisine, une personne solitaire et joyeuse met bas les masques 🎭 pour accepter d’abord un partage de l’eau pétillante, puis d’une esquisse de bavardage( tout en refusant à bon escient les propositions de mes œufs durs ). Nous nous amusons à nous promettre de nous croiser sur les chemins arides où les terrasses de tout petits villages, souvlaki et ouzo, belles promesses. – Je vois, dit la personne, que vous photographierez la table ? – Il me faudrait une main pour tenir l’appareil pour un projet d’images dans la  maison de Michele et Laurent ?

Je lui décris mon projet, suffisant et narcissique, ce qui fait rire,

Restons en là. Pour cette fois.

En effet. On s’écarte du fil narratif, on lambine enveloppé de rien dans le pas grand’chose, on vous l’avait dit, c’est l’entracte, mais les habitués qui ont résisté (Résistance et Renaissance, FERRARE revient) aux longs détours de la saison 1 ( cf. YDIT Blog, 140 épisodes précédents !) connaissent le rythme lent de mon récit. J’avoue d’ailleurs que, décidé à jouer la  succession de séries tant que le doigt trouvera la force pour marquer le clavier, ou la voix son timbre pour dicter à la machine, je n’éprouve pas d’urgence à finir. Tout va pas mal, merci.

Nous en étions aux petites manipulations que se permet souvent Le Narrateur Spéculatif. Il suffit de bouger un peu, et voici. Certes, les éléments de l’analyse précédente restent utiles, mais le premier niveau de lecture s’impose : une disposition égrillarde, allusions elles aussi grecques d’une certaine façon ( et encore en 2020) à ce qui marque cette terre dans le fantasme construit autour de son histoire : nudité virile, centaines de vases où le combattant nu dévoile ce qui n’était d’ailleurs pas intime, la encore facilité d’un imaginaire de l’érotisme masculin, statuettes votives (et pas seulement) ithyphalliques.IMG_3840InkedIMG_0254_LIbouteille N et B

L’érection en bleu et blanc, histoire d’œufs (et donc de fertilité ) ne vend rien, cette fois, parce que le contenu de la bouteille – malgré le jaillissement probable – est en contraction avec le sens de premier niveau. Ici tout est symbole, mais symbole qui épuise son sens par une excès d’évidence.

Pause  et POSE terminées, œufs (et le reste) mangés, bouteille bue, Le Narrateur Spéculatif (naguère opératif, mais l’âge vient!) obtient de la personne rencontrée chez Nikos, un portrait dépité de nudité sans geste ni récit,  et  sous le regard navré des caprins, on reprend le sentier des rocs et de la mer. Bien plus tard.  Heure de la taverne chez Nikos, Salade à la taverne TAXOS, et blanc sec.

Claude, désormais photographe de plateau pour cette série en marge, refuse de partager le dîner. D’accord pour l’image, mais pas pour la salade à la Nikos. On se quitte bons amis et Claude reprend sa voiture pour « Chora « , le port.

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Didier Jouault pour YDIT-PAUSE : Entracte .(3/6) . UN PIQUE-NIQUE À TAXOS TROISIÈME MOT : la déclinaison des mots en US. A suivre, le 16 août

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ENTRACTE (2/6)  UN PIQUE-NIQUE À TAXOS. DEUXIÈME MOT. « BUVEZ MOI » .

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ENTRACTE (2/6) 

UN PIQUE-NIQUE À TAXOS. DEUXIÈME MOT.  » BUVEZ MOI  » .

 

L’entracte.

On entend les toussotements retenus, les muscles se dégrippent, on regarde les voisins en se redressant. Attention à ne pas trop s’approcher. Combien de temps pour l’entracte? Assez pour un verre, il faut si chaud, il fait grand vent, on met ses loups, masques faits maison à couleurs d’exotisme, ou masques bleus et blancs désormais si propices aux mensonges du visage ( mais les yeux ne savent pas tromper ).

L’ENTRACTE. Le projet en est venu un jour à TAXOS. Mal dormi ( ou plutôt, comme si souvent, impossibilité d’accepter la survenue du sommeil : on attend). Une nuit elle aussi érectile couvre les débats intérieurs. Depuis la belle maison que lui ont prêtée M et L dans un petit village au centre de l’île, Le Narrateur Spéculatif promène ardemment sa solitude dans les rocs et sur les sentiers caprins (TAXOS, île grecque , on l’a reconnue, fête la sécheresse qui la préserve des touristes dès qu’on s’éloigne du port et des ruelles surpeuplées du centre ville).

Le matin, un peu de travail sur la terrasse, puis la longue promenade au soleil, avant lecture et visite des autres villages de l’île, et dîners à la taverne chez Nikos, à vingt mètres de la maison, juste après la minuscule chapelle au coin de l’escalier – ruelle, toujours ouvertes, chapelle et ruelle, dans cette île. Chacun, ici, reconnaît ses voyages. Ydit suspend les voyages infinitifs vers FERRARE, les détours (on quitte à peine Modène et les photos des victimes, chapitre Six du  » Jardin de Giorgio Bassani »), les attentes. ENTRACTE : TAXOS. Il y a tant de photos provoquées par la lumière.

 IL est seul ici et lit sur un bloc les conseils ressemblant à ceux que Le Narrateur Spéculatif rédige. L’une des randonnées conseillées par Les Hôtes passe par un pont, qui enjambe une source réelle, rare espace protégé du soleil par lauriers et bougainvillées. L’heure grecque est à déjeuner, on s’assied, pose le sac à dos, sort le pique-nique fruste, dispose des objets. Comme toujours et partout, le Narrateur Spéculatif fait des photos, pour rien, la vie, le jeu, la mémoire, car c’est seulement un puzzle d’images, la mémoire- et même – parfois- des photos de lui.

BLEU et BLANC

Dans un creux de roc, l’eau et des œufs, pour s’amuser des lumières, bleu et blanc de ce pays, au moins dans l’œil du voyageur de brochures. Regardant les images : un sourire vient, qui relance le désir d’une réflexion sur les illustrations de YDIT, réflexion aussi vague et débridée que la chaleur de TAXOS est indiscutable dans sa puissance nette.

Les images d’illustrations? Une fable pour écolier privé de son maître viril par la virulence du virus , dont le titre serait : « La bouteille et les œufs durs ».maison de TAXOSIMG_3839

Les mêmes objets, si peu nombreux, posant au hasard de la pause, sont d’abord lisibles au prisme du pittoresque. Ici nous sommes dans le bleu et blanc de la Grèce, affirmation que redouble l’alphabet sur la bouteille. On dirait une publicité pour la marque d’eau. Roc, c’est solide. Petit creux du support, bouteille, et petit creux du déjeuner, c’est ambiance vacances avec virus ambiant, c’est le moment de « l’essentiel », mot à la mode,  qui renvoie, dans la « simplicité »( mot à la mode) des œufs, à la frugalité – bien qu’on ne voie pas de fruit- aux » naturalités » des origines, mais aussi, pour les plus malins, à la philosophie des origines, L’œuf ou la poule ?  et donc à la profondeur exotérique de cet étrange  pays.

C’est le moment du pétillement que cette eau apporte au consommateur ainsi ré-inscrit dans sa culture et ses images – couleurs , mais aussi dans sa « proverbiale » joie de vivre grecque, salut à Zorba comme à ce rigolo de Pausanias. J’oublie Platon, le poseur.

Bleu-blanc-pierre, nature et culture, retour à l’essence des choses dans une visible sérénité du cheminement : « Buvez moi ! » (salut au vieux Dogson). Image de pub, pour dépliant de port.

Publicité pas si dénuée de sens. Mieux photographiée, dorée d’un slogan, ça peut se vendre, ces temps-ci, où l’on décrit tant « Le monde d’Après ».

Et si on déplaçait un peu les quatre objets ( on oublie souvent l’objet cardinal : l’appareil photo) ?

Mais ( ! )  d’abord  deux mots sur TAXOS, peut être ? Ah, merci de votre continuel enthousiasme !

Moment cru creux l’entracte bat son plein. Suspense !


Didier Jouault pour YDIT-PAUSE : ENTRACTE (2/6) UN PIQUE-NIQUE À TAXOS. DEUXIÈME MOT. « BUVEZ MOI » . A suivre ( le 14 aout ! )


 

 

 

 

 

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Entracte (1/6). UN PIQUE-NIQUE À TAXOS Premier mot, décor et rideau.

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UN PIQUE-NIQUE À TAXOS Premier mot, décor et rideau.

Ouf, par cette chaleur, il faut avouer que les textes longs, tendance Claudel avant les coupures en scène, ça oblige à sortir le mouchoir…pour la sueur. Six chapitres de l’encore aride  » Jardin de Giorgio Bassani », un effort qui appelle la pause.Voyage ailleurs ! Petit déjeuner Covidé.

ENTRACTE !

Résumé de ce qui s’est passé jusqu’à cet épisode .

Le narrateur ( qui aime se présenter sous la forme d’une photo noir et blanc d’enfant trouvée sur un trottoir lors d’une promenade réglementée modèle confinement 2020), et se désigner « »Narrateur Spéculatif » ,

raconte ses premiers passages dans la ville de FERRARE, et  pourquoi il se persuade d’y revenir – ayant des questions à poser davantage que de réponses à donner, ce qui est le propre d’un narrateur spéculatif, non ?

L’entracte vient à point.

Il va donner cette imprévisible fraîcheur qu’offre tout changement. Déjà, les spectatrices et spectateurs sont partis en congés, peu importe où. Cécile, notre benjamine, est à Berlin, Mark en France pour débriefing, et Sergio, on ignore tout, avec lui va savoir ! A Tel Aviv? sergio 2Je me suis souvent dit que Sergui/Sergio/Serge avait probablement émargé au Mossad, naguère. Mais depuis longtemps retiré des affaires, petites et grandes.

 

 

Le toujours trop lourd rideau séparant le réel et le montré descend doucement comme un coucher de soleil dans une toile de Mondrian( oui?). Effet surprise garanti. Rosée du matin sur le Jardin de Giorgio Bassani…poignée de cacahouètes grillées dans les rues de FERRARE…

Michèl et Laurent ont dit : pourquoi n’irais-tu pas dans la maison de TAXOS?

Alors, Ydit est en bateau.

Des animaux de ferry polyglottes traversent (ou parcourent ?) les entreponts et les coursives ventées avec des ventres blancs sous la chemise bleue, ou le polo marqué « payé cher ». A l’un des bars, le short d’une fille faisant la queue est si ras, immature quasiment, qu’on dirait un string élargi au lavage. Un masque bleu en cache bien davantage, sauf si on le confond avec un casque bleu. Ce qui ne se fait pas.

Moi, les yeux crevés de soleil et d’insomnie , je lis  » Zone » après  » Boussole » : je voyage vers une ile. Plutôt que de faire une fois de plus des photos qu’on me reprochera (mais trop tard pour commencer à photographier les garçons en short!), je lance un auto-concours d’assonances stupides. Afin d’occuper l’espace vide par des mots silencieux : principe d’écriture, ici.

Rien de tel que « Paulo  dit du Trocadéro« , l’un de ces/ses vers qui ne se taisent jamais totalement :

LE VENT SE LÈVE , IL FAUT TENTER DE VIVRE.

Le vent se lèvre, il est ganter de cuir.

Le  » PAN » se lièvre, il est bien temps de cuire.

Levant le glaive, il est fou de fuir.

(hommage à la porteuse de short) : Le gland s’élève, il est si bon de vivre.

Disant le rêve, on est loin de l’ire. (pour le psy)

Devant l’élève, il est grand de rire. ( dédié à Socrate).

De temps en temps, il faut aimer un peu son contraire, ça fait du bien à la conscience. Au bar du ferry ( café turc), des formes noires coupantes brillent dans l’épanouissement de la rêverie. Dernier jeu avant le port ?

Nous oublions le passé, nous négligeons l’avenir./ Nous récusons le passé, nous méprisons l’avenir./ Nous déformons le passé, nous dégradons l’avenir. /Nous décrassons le passé, nous purifions l’avenir. Etc !

Nous illustrons l’écrit, c’est pour dérouter le sens.

Sur le pont, YDIT songe ( car que faire sur un pont, sinon?) qu’il faudrait une fois encore évoquer les images d’ici – paraît-il trompeuses ou surprenantes, choquantes même ?


Didier Jouault pour YDIT-PAUSE . ENTRACTE 1/6 : Un pique nique à TAXOS, à suivre, bientôt. Le 12 août.


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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 20/99, Chapitre 6 – fin .

Je peux reprendre ma route vers le chemin du jardin

Enfin, après ce jour sec, la pluie survient. Certains de mes vieux compagnons, quand il pleut, se mettent à couvert, au secret, se taisent. Moi, je marche volontiers sous un peu de pluie. Sans plan ni GPS, d’un seul trajet sans dérive, je rejoins le lit loué (loué soit le lit !) de Stéfania, qui dort, ou prépare des avenirs incertains, avec et chez la voisine Géronima.Ou qui veille, un bol posé contre le mur mitoyen, comme dans une BD d’avant « Le bureau des légendes » -que j’ai trop regardé.

Dans la nuit qu’altère l’excès de soleil diurne, des images de Ferrare surgissent. Elles sont marquées par le mensonge que le rêve ajoute au souvenir. Ce sont de faux semblants où Ferrare ressemblerait à une photo de 1886 décrite par Giorgio Bassani dans «  La promenade avant dîner ». Réveillé, fatigué, je lis quelques pages de Bassani, qui est parfois venu à Modène, au moins à partir de 1938, pour son activité clandestine d’opposant au fascisme, qui apparaît (écrit la notice) surtout à partir de la promulgation de lois raciales, qui le poussent à un engagement jusque-là moins perceptible, peut-être, et alors ?

Je regarderai si le nom de la famille qui l’accueillait à Modène, pour son activité d’opposant, est -hélas-présente sur les panneaux des martyrs, à Ferrare, au Musée de la résistance: Famille RAGGMIAMI.

Au matin, levé tôt, car le jour se nourrit d’orages.


Je marche sous les gouttes trop fortes cette fois, traverse sans m’arrêter ce qui fut l’ancien ghetto, pour passer une heure au palais ducal. Laid et massif, il est fermé,encore fermé, encore une promesse non tenue par le guide, mais tous les guides de voyage sont trompeurs, les informations fugitives. Sur une place minuscule, encombrée de voitures qui ne permettent de prendre aucun recul, le Monumento ai patrioti de 1821/22 est une sorte de bronze figurant la liberté, désarticulée dans le combat. La pluie masque toutes les formes.
Je sais maintenant que Mazzini a été fondateur, vers ces années-là, en 1831 pour être précis, d’une société secrète, encore une, on se croirait dans Da Vinci Code. Surtout, et je dois m’en souvenir lorsque j’arpenterai si souvent la rue Mazzini de Ferrare, il a été le meneur ( comme disaient les cardinaux) de la Résistance à Rome contre les troupes d’Oudinot, envoyées par Badinguet aussi nommé Louis-Napoléon (pas déjà « III ») afin de rétablir le pouvoir temporel dil Papa, non mais de quoi je m’emmêle, pas encore Empereur et déjà si néfaste.

Le projet de la « Société Secrète » dudit Mazzini comportait l’engagement de s’opposer à toutes les oppressions civiles, religieuses et militaires, ça fait du boulot, et la tâche n’est pas achevée! C’est mon rôle de rédiger des notices -pour on ne sait plus qui.

Bassani, plus tard, pourra prendre le dernier train pour Rome avant la rafle
En train, vers enfin Ferrare, je reprends la lecture de mon vieux Bassani, ça devient mon pote comme une rencontre de voyage.

Arrivant à Mantoue, je consulte les mels pour vérifier le numéro de la rue. Il y a un message de la Ferraraise Silvia, sans intérêt.
Et aussi de Stéfania de Modène, déjà dépassée par les marées de la mémoire, pourtant. Elle s’inquiète de ce qui manquerait, de savoir si j’ai bien fermé les fenêtres du balcon, à cause de l’orage, souvent la connaissance du passé peut éloigner l’orage, mais pas cette fois, elle s’inquiète de la clé qui «  accroche », et de ces petits détails par lesquels j’aurai pu être déçu de son BnB. Elle espère que j’ai trouvé les derniers voyageurs, avec un nom de ville pour tout bagage.

J’ai veillé à respecter les consignes, et j’ai remplacé le café par un paquet neuf, de bien meilleure qualité, ajouté des gâteaux frais, une bouteille de jus de fruits …Sa pauvreté discrète m’émeut encore, mais une fois de plus je ne sais que faire, sinon l’adopter ?
Ma conscience est tranquille : je peux penser à mon auteur du jour, comme il y a un plat du mois au Gourmet Burger de Ferrare, Giorgio Bassani, à son engagement dans « Parti d’action », ou plutôt je peux reprendre ma route vers le chemin du jardin, dans la maison de Giorgio Bassani.

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Didier jouault pour YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 20/99, Je peux reprendre ma route vers le chemin du jardin-Chapitre 6 – fin . A suivre, le 02 aout.

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 19/99, Chapitre 6 – milieu .

Modène plan et SPO 2 (1)

 

Sans savoir, ils marchent dans le territoire aisé de leur ignorance, , et comment leur reprocher de ne rien regarder de ce qu’on n’indique pas ?


Une agréable lassitude sensuelle s’installe. Blotti sur l’une des terrasses, je regarde doucement les hommes et femmes allongés par le début d’ombre, et qui se prennent pour des Giacometti rigolards pressés de retrouver les copains pour le Spritz. Aujourd’hui, parce que toute lumière posée sur le plan de la ville, ou le plan de vie, est une véritable caresse qui disperse les détresses et dénoue le tresses embrouillées d’existences parallèles, je peux m’asseoir et les regarder.

Ailleurs,eux-aussi éparpillés loin de l’agence, Moscou ou Césarée, Washington ou Pingstown of the Maine, Paris ou Berlin les vieux compagnons de classe et de chasse lisent à distance les notes prises sur la tablette et s’accablent ensemble de ce vieux style.Ils vont finir par me retirer ma carte de bavard.

 

 

 

 

La terrasse superbement bruyante recueille des fins de trajectoire à vélo. On les pose où on peut, comme on fait des souvenirs qu’on ne monte plus, car enfin leur pas s’est ralenti, leur échine abaissée, leur crinière éparpillée.

Je regarde, comme un vieux sous l’acacia du village ? Non, j’avance très sereinement vers les passés.
Las mais joyeux, je m’offre un dîner sur la terrasse de la place Mazzini, fermée par la synagogue, et une salve muette d’arcades chantant silencieusement sous les dernière lumières.
En face, dans la gelétaria, il n’y a plus que deux serveuses sur trois, en passant je leur ai adressé un petit signe de connivence, elles m’ont reconnu, mais si, mais si, le vieux bavard de ce matin, et je les vois depuis ma table, encore. Je dis mon plaisir à l’iPhone : verdeur des corps, glacé des sorbets, en garniture légère sur l’épaisse spécialité régionale des terreurs fascistes et des lois raciales, la vie, la vie, la vie d’abord, la vie toujours.


Elles se penchent loin dans les basses armoires glacées, pour une jolie parade, quand de dos, cherchant dans un large buffet sculpté les cornets utiles à leur aimable industrie, elles ajoutent à l’éclat du short tendu sur sa brièveté la force malicieuse d’un souvenir en train de se construire à main nue. « Encore une phrase à la mord-moi-le nœud », dirait Mark, si je lui adressai mes notes de séance photo. Mais non, et pas davantage à Cécile ou Sergi. On a ses pudeurs.
Mais je ne fais pas de photos. Comment exposer le bonheur paisible et douloureux de ces superpositions de temps?


A côté de moi, en terrasse, six dineurs mâles, gros commandeurs-bâffreurs, ont empli leur table, serrée, de plats très lourds, pizzas, plâtrées de pasta, vasques de salade. L’un d’entre eux, d’un geste impérieux, pour son confort (car c’est lui qui va payer l’addition) tend brusquement à la serveuse un plat de faïence vidé de ses antipasti. La serveuse, une quadragénaire vive, son plateau est plein, elle est fatiguée, il a fait 36 ° à 16 heures, on est fin aoùt, il est 23 heures. Pourtant, elle saisit le plat, gentiment serviable en serveuse pas servile. Trop vite, trop de gestes depuis le matin, trop d’usure des doigts, ça tombe, se brise, dans beaucoup de bruit. Le client marque un puissant geste d’agacement, on le disturbe, on le pénibilise dans le digestif atone, on le disfracte dans ses intérieurs replets, toute une langue à la Audiard me revient. Elle, elle ne dit rien, ne montre rien. Reste debout, et c’est l’essentiel ici, sur cette place précisément, rester debout. Sur cette piazza encore davantage que partout ailleurs, rester debout.

 

 

Elle porte le plateau comme une princesse lointaine, de ces femmes esclaves jamais colonisées de l’esprit, dans un rite archaïque et beau. Lui, qui est mon voisin, je le regarde au fond de l’impassibilité de ses yeux. Il voudrait se lever, il voudrait me frapper, renverser sur mon visage la puissance violente mais dérisoire de son pouvoir de maître-payeur. Je soutiens son regard, tranquille comme un commandeur pas pressé.
La serveuse ramasse les débris, elle perçoit l’échange des regards, la lance pointée, la monture qui piaffe, le heaume qu’un écuyer maladroit va fermer trop sèchement. Elle, fine comme une femme de quarante ans au milieu d’imbéciles du genre mâle, elle, saisit un verre de Grappa sur le plateau d’un collège qui passe et le tend au client : « Geste commercial monsieur, avec nos excuses pour le bruit ». Il saisit sans remercier, boit d’un trait, balourd et vaincu. Elle et moi nous sourions. Sans rien dire, je plains sa fatigue et sa patience, elle accueille en silence ma complicité.

Sur le banc, je fais des photos du plan couvert par les marques d’un ancien projet abandonné par nouvelle histoire : FERRARE.Modène plan et SPO 2 (1).JPG

Modène plan et SPO 2 (2)

(on peut encore voir très ci-dessous plus d’une centaine d’épisodes de « YDIT »)


Didier Jouault pour YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 19/99, Chapitre 6 – milieu . A suivre, le 29 juillet.

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 18/99, Chapitre 6 – début .

Chapitre 6

Je peux reprendre ma route vers le jardin

Plus tard, sur le Mercato Storico Albinelli, j’achèterai des légumes cuits à la vapeur vendus dans une barquette en bois léger, une part de tarte aux noix. Je visiterai ensuite l’étonnante « Galeria d’Este » cachée au sein du Musée, rencontrant l’éblouissante fulgurance d’une Annonciation, superbe, émouvante, due à Ferrari, rouge et vert et bleu.
Marie est à droite, sur un piédestal une estrade au sommet de trois ou quatre marches, debout et comme ne pouvant comprendre, mais la douceur du visage dit l’acceptation joyeuse. Au-delà, en fond, un porche immense en demi-cercle, dans une perspective implacable de douceur et d’impossible, s’aperçoivent les contreforts du mont, derrière des fragments apaisés de ville, et avant les sommets d’une montagne à peine pointue, qui s’ouvre sur le ciel sans limite, le peintre conduit ainsi- assigne- le regard, il l’y mène vers l’infini de l’infini.

Sans que je la voie, Stéfania prend-elle des photos pour la concurrence?

Il y avait toujours un vecchio pour veiller sur les anges, mais il n’y a plus de vieux qui vaille !

Rares instants où une absolue perception de la perfection s’impose à tout commentaire profane, comme devant la vierge à l’enfant de Bellini, à gauche dans San Zaccaria de Venise, ou la Santa Anna du Vinci, l’indépassable stupeur silencieuse que provoque l’atteinte de l’équilibre définitf. En cela tout est dit, qu’on y croie ou pas, c’est là. Laïcard sans réserve, vieux teigneux, incroyant notoire, et en émerveillement devant ces toiles.

« La beauté se passe de contenu », affirmait Picasso lors d’une discussion, au lit, avec Françoise, en ajoutant : » T’irais pas me faire un café, querida ? »

Retour sur la piazza de la Torre, centre historique.

Un mur entier de l’église, au nord, est consacré à des photos noir et blanc, exposées sur trois panneaux de trois mètres sur deux mètres, en peu en hauteur, plaque et fleurs au pied, portraits tous au même format, tous accompagnés d’une brève notice, images de centaines de résistants exécutés, la plupart après 42, quand Mussolini,

en dictateur vaincu-emprisonné puis libéré-sauvé par Hitler, régnait sur l’illusoire et dérisoire mais vengeresse république de Salo, totalement aux mains des pouvoirs nazis, au premier rang desquels, hélas, la gestapo et le SR. Dans la salle du haut ne siégeait qu’un tribunal désert. Mais les notices ont été enlevées.


Une plaque, abrégée ici, datée de décembre 1947, pour la ville médaillée d’or témoigne… « opponeva la tenacia invincible dell’amore elle libere istatizioni. In 20 mesi di titanica lotta… » Plus loin , une autre plaque, datée du 25 avril 2006, date anniversaire : « Dope l’8 settembre 1943, in Italia, occupazione tedesca i fascismo di Salo portarono deportazioni, rastrellamenti, reppresaglie a colpire chia era vitima di lunga persecuzione, chi lottere… ».

Dali aurait-il affirmé, en prenant une Gala de Balthus sur se genoux : » Tu sais, mon bébé de sucre, les images de souvenir se passent de contenu »?
Sur les trois panneaux, les femmes ne sont pas rares. Une maman assez jeune s’est arrêtée. Elle montre une photo à sa fillette, dix ans. Un grand père ? L’une des victimes, je n’ai pas noté son nom, a pour date de naissance 1870.


Je glane plusieurs images, toutes émouvantes, comme un pauvre cheminot de jadis ramassait les fruits tombés en bord de route. Les portraits proviennent visiblement de documents d’identité, voire d’images familiales, ce ne sont heureusement pas de fiches de police. SMERERI, Umbertina, 1920, l’air déterminé.


A côté, son père sans doute, Guiseppe, comme étonné. TARAVELLI, Emilia,1925 (assassinée si jeune !) apparente naïve, à côté de TASSONI Amélio, 1914, militaire barbu. Les frères VOLPI, Carlo 1920, grave, Renzo 1927, si jeune aussi, souriant.
La famille ZANASI, Valentine, l’aînée, 1915, lunettes d’institutrice, ou la dirait venue d’une nouvelle de BASSANI ; Guiseppe, 1926, un peu hautain malgré l’âge, Augusto, 1922, large sourire. Les images des morts dans la ville assoupie.

l’évacuation en arrière-plan de la fête

testimoniare con il suicido l’assurdita delle leggi razziali

Les photos de Modène sont comme l’écho anticipé d’autres noms sur les trois plaques de Ferrare en hommage aux assassinés de 1943, cette nuit dont Bassani a fait une nouvelle, que je lirai, à force d’en parler.


Des touristes agréables et suant sous la lumière passent en tenant des mégots, des textos, des vélos, des photos, des fardeaux, des dodos, des mélos perso. Ils ne détournent pas la tête car leur trajectoire en oblique sur la place ne conduit pas devant le mur des exécutés.
Sans savoir, ils marchent dans le territoire aisé de leur ignorance, comme plus tard à Ferrare devant la plaque de la rue Mazzini, et comment leur reprocher de ne rien regarder de ce qu’on n’indique pas ?

Seules les données proposées par le blondin pâlot de l’office du tourisme m’ont signalé l’existence de ce mur. Mais il a reconnu en moi, dès mon premier geste, un de l’Agence.

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 17/99, Chapitre 5 – fin. (Modène, ce moment de l’errance où l’agacement l’a emporté sur l’amusement…)

Miettes abandonnées sur la nappe mal tirée de la table de la mémoire, ou dans un lit dont les draps sont trop peu tendus pour interdire aux souvenirs de galoper sourdement vers leur propre disparition programmée. Quand on bouge, ça gratte, on n’échappe.
Là, en général, les juniors s’esclaffent : « ça y est, le vieux a dépassé les trois cafés, la métaphore s’effile ! »

Photo by Anna Shvets from Pexels,merci


« Comparer les souvenirs de résistants à des puces de matelas, c’est un peu méprisant », pourrait dire Stéfania si elle avait la moindre idée de ce que pensent, de la vie, tous ces hommes qu’elle héberge, pour une nuit.Et qu’elle espionne, peut-être ? On ne le saura jamais.Ce matin, pour renouer le fil Internet, j’ai observé de curieuses connexions.Et cette photo de nuit , volée? Imaginée?
Elle ajouterait plusieurs ravageuses observations, sur cette prétendue molle « Résistance au fascisme », mon œil, elle en sait beaucoup, on le verra, en particulier sur la politique de relégation, d’interdiction, d’exil et de résidence surveillée au lieu de l’exécution massive, cet art si méticuleusement mis au point par les précurseurs de la Guépéou, par exemple, au nom des bienfaits qu’espère une populace certes inculte, mais tu vas voir, je vais te lui apprendre la culture du parti et la véritable nature du vrai soviet, moi, à ta populace, Mikaël, passe-moi un autre chargeur.


Et bien entendu également sur cette apparente longue indifférence italienne à la question juive, jusqu’en fin des années Trente. On l’écouterait avec méfiance, pensant à cette accumulation de portraits de Résistants qui forment sur le mur d’un église en centre-ville, près de la place principale, un monument très présent.
Comme souvent, je suis passé à l’office du tourisme.


Avouons ici que c’est le guichet parfait pour des échanges d’informations riches pour l’Agence, et nul n’y perçoit malice : on donne les bonnes adresses, les recommandations, les ultimes nouvelles des réseaux. Les endroits où dormir, dîner, rêver, avoir ou écrire des rapports.
J’ai suivi la conseil. La synagogue date du 19ème et d’ailleurs l’accueil si bienveillant des expulsés a concerné le duché de Ferrare, certes, mais surtout la Cité-Etat elle-même, l’alors capitale Ferrare. Sa façade modeste, où l’étoile de David apparaît à peine, ferme une place sereine, moderne, à dimension de «carré long »comme disaient les maîtres architectes depuis les fameux dessins laissés sur son carnet d’œuvre par Villard de Honnecourt. Les rues rares débouchant ici, et les arbres déjà hauts, façonnent presque une place de village.


Des couples déjeunent d’un panini-fallafel, assis sur la margelle octogonale de la fontaine où alternent les pavés noirs et blancs, marbres usés par beaucoup de mains et de shorts. Une famille Loubavitch passe lentement, perruque, longues jupes, enfants déjà déguisés pour sembler religieux. On se regarde. Ils devinent qui je suis, ce que je cherche, et perçoivent que mon creusement de la mémoire ne vaut nullement respect de leurs intégrismes. Le père hâte la marche des sept enfants, dont un encore à l’abri du ventre maternel. Je n’aime pas ces sortes d’intègres.
Dans la gelateria qu’occupent assez joliment deux ou trois étudiantes habillées en serveuses, je m’offre de quoi ne pas perdre du temps à déjeuner. Du pain aux noix reste dans mon sac en bandoulière, depuis les cafés du matin. La besace du migrant volontaire et confortable ?

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Didier Jouault pour :YDIT-suit : « Le Jardin de Giorgio Bassani », Modène, ce moment de l’errance où l’agacement l’a emporté sur l’amusement…épisode 17/99, Chapitre 5 – fin. A suivre : »Je peux reprendre ma route vers le jardin »

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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 16/99, Chapitre 5 – milieu.

Modène, cette nuit de l’errance où l’agacement l’a emporté sur la surprise

Dans Modène, à la suite de quatre heures d’un sommeil traversé de rêves, arrivées/départs à Ferrare, de pigeons amoureux dès l’aube et de volets déroulés au matin par l’accorte voisine, des orages menacent. J’avance comme un toro drogué dans les rues d’une antique ville du sud, avant qu’on ouvre la rue aux afficionados éméchés.


Dans le jour mitigé d’un matin ombre et soleil, je revois certains carrefours de la veille, et je comprends comment j’ai pu me disparaître à moi-même.

Plan de la fête

Après le restaurant et le vieil hôpital où se tenait cette sorte de fête un peu vénitienne, un peu punk, j’aurais dû quitter la ville par le sud. J’avais pris le nord, par moi souvent perdu, car je suis distrait.

Arrière plan de la fête


Tout près, une voiture militaire de « Ville paisible »stationnait, pour défendre les monuments à Garibaldi d’attaques sournoises, je suppose. Les trois soldats, dont une gradée à silhouette agréable dans le treillis ajusté, presque on abandonnerait les préventions contre le militaire, discutaient en paix, cigarette à la main, arme en bandoulière, comme des chasseurs à la pause, davantage sortis pour partager un coup que pour tirer…


Engagé sur la viale delle Rimembranze, et encore par ces noms successifs conduit vers la célébration de la mémoire et des victimes.
A cette heure-ci, à Modène, tout était clos, hormis ces endroits où les touristes se forcent à croire que le jour ne va pas s’arrêter, les vacances finir, la mort rigoler de leur bêtise, à leur faire la bise. C’est aussi un bon moment pour songer à l’Emmanuel, le Kant, et à cette immense rigueur morale qui commençait son cours, dans le plus intime de ses cauchemars : « Faut quand même pas espérer t’en tirer, mon petiot, tout charmant que tu paraisses, si tu écoutes de la musique corse en grignotant des tapas dans ton jeans 501 délavé qui porte des traces de Talisker !», ajoutant qu’il aurait probablement été moins sévère avec un bon Mac Allan ambré, ou un jeans moins serré.
Sans doute est-ce le moment de l’errance où l’agacement l’a emporté sur l’amusement.
Ce matin, après quatre ristretti (la bonne dose pour explorer l’expérience des limites), me voici dans l’escalier qui rejoint les salles du Musée communal.

L’ensemble du palais conserve son plan et ses tapisseries d’époque, celles des Ducs d’Este, mais il est trop grand pour la petite administration de la ville (dans la mesure où ce concept aurait du sens). Des salles, non contiguës, sont aménagées en parcours de visite. La signalétique, due à un fonctionnaire ébréché managé par un édile en ruines, ressemble à un jeu comme on en trouvait dans les fêtes foraines jadis. Palais de glaces, reflets de miroirs, flèches sans suite et suites défraîchies. Labyrinthe. Mes parcours vers Ferrare sont sinueux. C’est bien, on arrive souvent trop tôt, à mon âge, à la fin.
Au détour d’un morne couloir, une dame dactylo, derrière une porte, habite un cagibi aux apparences d’antiquité coûteuse, et son amabilité visible vient d’attirer une équipe de cinq ou six anglaises qui la confondent avec l’accueil lorsque surgit une conservatrice morose coiffée de blond vénitien. Elle s’offusque, pantomime, s’évertue, enfin les chasse ex-abrupto.

J’ai pu voir, dans les interstices du drame, des étagères malingres où s’étiolent des bustes anciens- papys dignement Romains- et des cadres dans lesquels sourient de piteux élus assoupis de poussière.
Jolie leçon pour une hypothétique notice sur la mémoire, « La Résistance et les Renaissances.»

Errance dans Modène, et pourtant comment ne pas se souvenir de ce nom ?


Un pupitre, épargné par la fuite massive des Anglaises, annonce : « Officini, vietato ingresso », mais je suis là pour franchir d’invisibles.

Une plaque, au fond d’une salle qui doit être de cérémonies, rappelle les martyres et dévouements des Résistants à Modène.

Il y a, dans les replis sur l’abdomen de la cité, comme des miettes tombées lors d’un repas cossu, tout de commerce radieux et de tourisme fructueux. Un peu rassies, elles empêchent de s’endormir trop vite dans la torpeur risible de l’oubli. Miettes abandonnées sur la nappe mal tirée de la table de la mémoire, ou dans un lit dont les draps sont trop peu tendus pour interdire aux souvenirs de galoper sourdement vers leur propre disparition programmée. Quand on bouge, ça gratte, on n’échappe. Des filles aero-postales traversent la nuit de la mémoire.

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Didier Jouault pour :YDIT-suit : « Le Jardin de Giorgio Bassani », Modène, ce moment de l’errance où l’agacement l’a emporté sur l’amusement…épisode 16/99, Chapitre 5 – milieu . A suivre. Le 21 juillet…


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YDIT-suit : Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 15/99, Chapitre 5 – début .

Chapitre 5

Modène, ce moment de l’errance où l’agacement l’a emporté sur l’amusement…

Je rêve de Ferrare, son jardin, ses secrets, le ghetto, le Bassani, mon Giorgio ignorant de ma familiarité posthume et je me disperse dans le rêve, c’est agréable de se perdre en chemin.

A Modène, la ville de Stéfania, les voitures camouflées de la force « Ville paisible », imitées du « Vigipirate » français, s’exposent par endroits au milieu des touristes, comme de grosses tortues qu’une vague molle, un matin, aurait échouées près des paillotes à barbecue. Le plus souvent, on les voit aux carrefours près des cathédrales, des monuments mémoriels. Garibaldi tient la corde, Mazzini sur les talons, pour leur course dans l’histoire de ce pays. On voit maintenant que l’armée protège la mémoire ? Que les jeeps conduites par des soldates fréquentent l’érection du souvenir?

la patrouille au pied du monument Garibaldi

La patrouille au bas du clocher


A Ferrare, il n’y a pas, dirait-on, de forces de l’ordre. La ville du dedans et sa « Mura » forment un univers déjà fortement contrôlé en lui-même : passants et touristes, commerçants et vieux en shorts, serveurs pour terrasses pleines et gardiennes de musées vides, pentagone bien tracé : pas de place pour la mauvaise surprise, de lièvre agile dans un potager bien tenu. De très rares voitures de la police municipale, modèle Fiat 500 de collection, transportent en rond deux fonctionnaires usés de canicule et qui paraissent toujours trop grands pour leur siège.
Ferrare toujours a été une ville paisible, Giorgio Bassani raconte ses torpeurs, ses mutismes mutins, sa somnolence sans cauchemars ni ristretto ni Théralène, et ses réveils sans bouche sèche : ici le fascisme mussolinien paraissait semblait-il familier comme une balade d’amoureux sur les remparts, à peine plus menaçant que le passage d’un prêtre sur son vélo noir, va-t-il se prendre les pieds dans la soutane ? Ou relire Savonarole, enfant de la ville ?


Hier soir, à Modène, ou pour dire plus vrai : très tôt ce matin, il était tout de même trop tard pour raconter mon détail de l’errance, et j‘ai fermé le bloc-notes sur lequel je prends mes notes de voyage et de mission, depuis vingt ans, quand la batterie ou les caprices de l’iPhone gèlent mes paroles. Hier soir, quittant le restaurant-devantures maquillées de brouillard- j’ai suivi le pire des itinéraires, avec un réel agacement, car tant de marche au milieu de tant de nuit, si peu de lumière pour une pénombre, une sourde fatigue de l’intelligence à force d’être bousculée par l’imprévoyance, à bientôt soixante-dix ans, on devrait avoir appris à sortir autrement que pour se perdre.

On attend davantage de fraternité, qu’un groupe d’amis vous englobe dans son dessin de chemin-sût et fort. Celui du plusieurs.

Military Personnel Parades on Road
photo Carmen Attal pour Pixels, merci


Moi, je marche dans la vie de la ville, et la ville qu’est la vie, sa gare ouverte dans la clôture des remparts, je parcours les en-ronds de l’espace comme le font les hommes depuis qu’ils sont issus du marécage.
Sortir, passe encore, mais marcher à cet âge.

Ma capacité à faire l’étourdi agaçait un peu Le Doyen, mon patron, bien qu’il ait été à chaque fois contraint de le reconnaître : je m’en étais finalement bien sorti par d’acrobatiques improvisations, et je revenais avec des notices très dodues dans mes filets, et de temps en temps du gros poisson. Ou un dodu dindon, dit-on.

A présent, Le Doyen est mort, on le regrette (et peut-être lui aussi, bien qu’il parût las en fin de mandat) accident de pirogue vers Saint Laurent du Maroni, paix à l’âme du crocodile ayant opéré la dernière transmutation. Ya pire, le Doyen était bien nourri, rien que du Bio de chez Bio C bon, c’était bien payé, Doyen.
Et moi, de nouveau, ce matin, je ripatonne dans Modène, mal éveillé de mal endormi,c’est dur à suivre la construction des voyages, loin du centre à la recherche d’un petit déjeuner, mais dans le Sahara qu’est le quartier de Stéfania, rien, pas un bar ristretto/brioche. Boutiques : «  Tutto meta prezzo », ça tombe plutôt bien, je voulais m’acheter des bottines. Si l’agence me solde mes honoraires de consultant.
La sereine lucidité qu’apporte le réveil après cette nuit trop courte m’invite à parcourir dans le jour les croisements trompeurs de la nuit. J’ai de vieux compagnons, à l’Agence, parmi les plus gradés, qui aiment cette devise commune : Savoir/Comprendre/Agir, bon viatique pour réintégrer des lumières dans l’obscur.

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Didier Jouault pour :YDIT-suit : « Le Jardin de Giorgio Bassani », Modène, ce moment de l’errance où l’agacement l’a emporté sur l’amusement…épisode 15/99, Chapitre 5 – début . A suivre.

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Oh,là là,mille excuses, mauvaise surprise

TRES ENORME maladresse de programmation,

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le disruptif assassin :

ce texte est prévu pour le vendredi 9 octobre !

beau chaleur charmant chaud Photo de Skitterphoto sur Pexels.com

Donc, il est incompréhensible ( encore plus que d’habitude? diraient les amis du trio : bonjour  tous les amis

DONC,♠ à supprimer ♠ tout de suite, oh,là,là

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YDIT-suit ( mais ça suit pas !): Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 41/99, pas possible qu’on ait raté tout le reste ? Chapitre 13, bah non – ça chauffe toujours entre Orient et Occident -second milieu.

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YDIT-suit ( mais ça suit pas !): Le Jardin de Giorgio Bassani, épisode 41/99, pas possible qu’on ait raté tout le reste ? Chapitre 13, bah non – ça chauffe toujours entre Orient et Occident -second milieu.

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